• Auschwitz est devenu le symbole à la fois des camps de concentration et de l'assassinat des Juifs, occupant aujourd'hui une place centrale tant d'un point de vue mémoriel qu'historique. Marqué par le gigantisme, qu'illustrent en premier lieu les chiffres - 1,3 million de personnes y ont été acheminées depuis toute l'Europe, dont 1,1 million y sont mortes -, le site fut à la fois le plus important des camps de concentration et le plus meurtrier des centres de mise à mort de la « solution finale ».
    Pourtant, il s'agit d'un lieu d'une rare complexité, qui n'est pas limité au camp de concentration, mais est constitué d'une multitude d'espaces - camps de concentration, centre de mise à mort, industries de tous types - articulés autour de la ville d'Auschwitz, désignée par le régime nazi pour devenir un modèle de développement urbain et industriel au sein du IIIe Reich.
    C'est dans cet espace que se sont croisées et concentrées politiques répressives contre différentes catégories de populations (Polonais, Tsiganes, Soviétiques...), politiques d'assassinat, dont la plus importante fut celle menée contre les Juifs, mais aussi politiques de colonisation et de développement industriel, conférant à Auschwitz une dimension sans égale.


  • mise en place par le gouvernement de vichy dès l'été 1940, la politique antisémite est officiellement lancée avec le statut des juifs en octobre 1940.
    dès lors, l'antisémitisme devient une norme pour l'ensemble des administrations françaises - centrales comme locales - qui participent toutes, à des degrés divers, à sa mise en oeuvre. il ne s'agit pas là des professionnels de l'antisémitisme, tels que le furent les agents du commissariat général aux questions juives, mais bien des fonctionnaires de toutes catégories : agents des préfectures, policiers, personnels judiciaires ou encore employés municipaux, tous se sont vu confier des prérogatives visant à " épurer " la société française des juifs.
    ce livre apporte un éclairage original sur cette dimension essentielle et paradoxalement mal connue du régime de vichy. s'appuyant notamment sur des archives jusque-là négligées, l'auteur s'intéresse tout d'abord à la manière dont le gouvernement a défini et mis en place, en quelques mois, les bases de la politique antisémite. puis, en analysant en particulier la langue administrative, les méthodes de travail, les instructions et leur application, il rapporte précisément la façon dont les fonctionnaires se sont adaptés, le plus souvent sans états d'âme, à leur nouvelle tâche.
    leurs missions en matière de politique antisémite furent considérables, au premier rang desquelles le contrôle et le fichage de la population juive. c'est cette activité des administrations dans ce qui fut la zone libre, puis la zone sud à la suite de son occupation par les allemands et les italiens, que l'auteur évoque dans ce livre, à travers de nombreux exemples locaux.

  • L'un des volets de la politique antisémite mise en oeuvre par l'Etat français entre 1940 et 1944 contre les Juifs de France fut l'organisation de leur dépossession.
    Da le cadre de la politique d'"aryanisation" économique, les entreprises, commerces biens immobiliers furent systématiquement spoliés par l'action des administrations françaises sur l'ensemble du territoire. Cet ouvrage, qui conclut les travaux de la Commission d'enquête mise en place par la ville de Grenoble sur la spoliation des Juifs sous Vichy, s'attache à mettre en lumière ce processus tel qu'il s'est déroulé dans le département de l'Isère et répondre à un certain nombre de questions: quelle fut l'ampleur des biens touchés? Quelles furent les conséquences de cette politique d'exclusion pour les victimes, alors que parallèlement se mettait en place la "solution finale"? Comment, enfin, s'effectuèrent, après la libération, les restitutions ordonnées par la République?

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  • Réunissant les plus grands spécialistes de la question, Déportés et déportation s'impose comme une synthèse incontournable, tant par la rigueur de ses analyses que par ses conclusions pionnières, souvent dérangeantes.
    Un prisonnier de droit commun envoyé dans un camp d'internement allemand est-il un déporté ? Non, selon les textes législatifs de 1948, qui excluent également les victimes du STO. Au regard de la loi française, seuls les juifs, les résistants et les « politiques » qui ont vécu la réalité concentrationnaire peuvent être désignés sous ce terme. De quoi dresser les groupes de victimes les uns contre les autres et faire de la déportation un motif de crispation mémorielle.
    Comparant les politiques de déportation nazies à celles mises en oeuvre par Staline, Mao ou Milosevic, les auteurs ouvrent des pistes jusqu'alors inexplorées sur les notions de crime de masse et de génocide. Autant de regards croisés qui font de cet ouvrage une mine d'informations autant qu'un modèle d'histoire comparée.

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  • La Shoah occupe une place centrale dans la mémoire commune.

    Or, il y a un gouffre entre la manière dont les historiens l'étudient et la manière dont le grand public en parle. C'est pourquoi Tal Bruttmann et Christophe Tarricone se proposent de définir avec la plus grande rigueur scientifique des termes et des notions qui, à bien des égards, sont « piégés ».

    Qui sait par exemple que, depuis plusieurs décennies, les historiens utilisent l'expression « centre de mise à mort » plutôt que « camp d'extermination » ? « Shoah » et « Holocauste » sont-ils strictement synonymes ? Que recouvre réellement le concept de Lebensraum ?

    En faisant le point sur le vocabulaire, mais aussi sur les acteurs, les lieux et les sources, ces 100 mots tentent d'approcher une réalité qu'aucun mot ne peut dire.

  • La Shoah occupe une place centrale dans nos sociétés, tant d'un point de vue médiatique que politique ou mémoriel. Il existe pourtant un gouffre entre la maniére dont les historiens l'étudient et la maniére dont le grand public en parle.
    L'objectif de ce livre est donc de définir avec la plus grande rigueur scientifique des termes et des notions qui, bien des égards, sont « piégés ».
    Par exemple, qui sait que, depuis cinquante ans, les historiens utilisent l'expression « centre de mise à mort » plutôt que « camp d'extermination », contradiction dans les termes puisqu'un camp est destiné à regrouper une population alors que l'extermination est un processus immédiat ?
    Ces 100 mots de la Shoah ont donc pour but non seulement d'éclairer certains aspects historiques, de préciser des notions et de faire le point sur l'historiographie, mais aussi de présenter des exemples concrets (pays, lieux) en abordant des personnes (bourreaux comme victimes) et des oeuvres (témoignages comme fictions).

  • 6 juin 1936. Léon Blum présente son gouvernement à la Chambre. Du haut de la tribune, Xavier Vallat, l'un des chefs de l'opposition, l'interpelle : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif. » Le propos suscite un tumulte incroyable. La gauche proteste tandis que la droite soutient bruyamment l'orateur. L'écho dans l'opinion est grand. Comme il s'en vante dans son discours, Vallat a osé « dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas... » : les jours qui suivent, le député reçoit près de 250 lettres de félicitations, précieusement conservées dans ses archives personnelles.

    Ces réactions saisies sur le vif offrent un témoignage unique et inédit sur l'antisémitisme français à la veille de la défaite et de l'occupation. Vallat deviendra d'ailleurs commissaire général aux Questions juives, et Blum un captif de Vichy puis des Allemands...

  • L'observation de la destruction des Juifs d'Europe à la loupe permet de penser le processus de mise à mort autrement, d'éclairer différemment les relations entre victimes et bourreaux, de replacer les comportements individuels dans leurs environnements sociaux pour conférer à ceux-ci une valeur explicative propre, de renouveler l'histoire de la Shoah.Ce volume aborde l'histoire des persécutions antisémites et de la Shoah à partir d'un angle local. Cette démarche micro-historienne parcourt l'ensemble de cette livraison du Genre humain. Ainsi, il ne s'agit pas uniquement d'identifier et de compter parmi les victimes combien ont été spoliés, cachés, arrêtés ou déportés, mais encore de savoir qui ils étaient et en quoi ils se distinguaient (ou non) de ceux qui ne l'ont pas été. Procédant ainsi, on se donne les moyens de comparer des trajectoires individuelles ou familiales sinon laissées à leur singularité, mais également de dépasser les jugements psychologiques quant aux comportements et actions des personnes observées. Les choix effectués ne sont plus pensés comme des décisions morales censément effectuées en toute connaissance de cause, ni évalués au prisme des catégories de jugement des historien(ne)s ou de ses lecteur(rice)s, mais rapportés au contexte familial, social, économique ou répressif dans lequel ils prennent place. Le changement d'échelle mené de la sorte permet ainsi de rompre avec la seule logique individuelle et nominale, avantage considérable lorsqu'on traite de questions controversées et enjeux de mémoireIl éclaire d'un jour nouveau la place du " moi " dans sa relation avec l'écriture historienne.


  • 6 juin 1936.
    léon blum présente son gouvernement à la chambre des députés. du haut de la tribune, xavier vallat, l'un des chefs de l'opposition, interpelle le nouveau président du conseil : " pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif. " le propos suscite un tumulte incroyable sur tous les bancs. la gauche proteste tandis que la droite soutient bruyamment l'orateur. l'incident est abondamment commenté dans les milieux politiques et la presse du lendemain.
    comme il s'en vante clans son discours, le député a osé " dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas " il est insupportable qu'un " juif " et un " socialiste " dirige le pays. les jours qui suivent, vallat reçoit près de 250 courriers de félicitations, précieusement conservés dans ses archives personnelles. ces réactions saisies sur le vif offrent un témoignage unique et inédit sur l'antisémitisme français des années 1930.
    tous les griefs et les fantasmes antijuifs " populaires " sont ici reproduits et analysés pour la première fois. l'événement marque durablement les esprits. a partir de 1936, xavier vallat fait désormais figure de " héros " pour les antisémites du pays.

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