• Qu'est-ce que tu faisais dans la chambre de maman oe
    J'ai volé une photo. Une toute petite photo.
    Tu lui ressembles tellement, a dit ma soeur.
    J'ai mis la photo dans la poche de mon jean. Je me suis assise dessus pendant trente ans. La photo est ressortie de ma poche ! j'ai dit à mes soeurs. J'ai vu l'homme de la photo !
    Qui oe
    Celui qui porte le même nom que nous, le même nom que moi. Ce n'est pas
    une photo, c'est un homme !
    J'ai donc un père. Que dois-je faire ? Trente ans que je réponds : «Je n'ai pas de père. Je n'ai qu'une photo.» Devant les mines compatissantes, je réponds depuis trente ans : «Je n'ai pas de père, mais je m'en fiche, c'est comme ça.»
    S. T.

    2 Autres éditions :

  • Sybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d'Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s'empêcher d'espérer qu'un pompier vienne la tirer d'affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long métrage va virer au film catastrophe ? Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas. Mais tout va s'arranger, c'est certain. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l'on plume ou celles du dindon de la farce ?



    « Calamity Testud a dégainé un stylo de gros calibre pour flinguer la grande famille du cinéma.

    On en apprend beaucoup sur ce milieu opaque où il faut savoir traverser bien des cauchemars pour pouvoir offrir du rêve aux gens. » Alain Spira, Paris Match.



    « Un pavé dans la mare du cinéma. » Didier Jacob, Le Nouvel Observateur.

  • Sylvie Testud
    Il n'y a pas beaucoup d'étoiles
    ce soir

    Énervée. Affamée. Exténuée. Terrorisée. En retard. Frigorifiée.
    Les journées, pour Sylvie Testud, sont une succession de moments intenses.
    Elle nous emmène à une interview au Plaza, sur un tournage en japonais, acheter du plâtre au BHV, faire l'amour devant vingt personnes pendant huit heures, essayer des robes chez Chanel pour les Césars, tout en refusant d'embrasser un serpent ou de sauter par la fenêtre. Le quotidien d'une actrice, en somme. Sauf que Sylvie Testud fait montre d'un regard ultra-lucide. Comment entre-t-on dans un rôle ? Comment apprend-on à l'aimer, comment le quitte-t-on, comment dire non, comment dire oui ? Où est la limite entre la vie qu'on vit et la vie qu'on joue ? Et si notre existence était un interminable casting oe
    Décalée, d'une voix qui ne ressemble à aucune autre, drôle et sans concession, Sylvie Testud éteint les feux trompeurs de la rampe, et l'on découvre qu'il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir.

    1 autre édition :

  • Dès que je passe la porte de notre appartement, je me transforme.
    Sans plus aucune coquetterie, je retire mes escarpins, je jette mes vêtements dans la panière à linge sale. Je m'attache les cheveux sur le sommet du crâne, remonte mes manches, et c'est parti pour le rodéo de l'ordre et de la propreté. Une chorégraphie d'un genre peu sexy, à laquelle je ne renonce que tombante de sommeil. Pauvre Adrien : il vit avec une mégère. L'image n'est pas folichonne. C'est au bureau qu'ils vivent avec moi.
    Bien habillée, maquillée, coiffée. Pourquoi je me transforme ? Pourquoi je n'arrive pas à suivre le mode de vie d'Adrien ? Pourquoi ça ne tourne pas plus... plus... plus carré ?

    1 autre édition :

  • " t'as peur, t'as peur de tout, sauf du ridicule ", m'a dit mon copain qui est d'une mauvaise foi sidérante ! " il n'y a aucun danger dans cette maison, à part toi ! " il a rajouté.
    [...] si le courage peut se mesurer à la peur à surmonter, alors je me proclame la fille la plus courageuse du monde. je ne suis quand même pas la seule fille qui balise à l'idée de dormir seule ? je ne suis pas la seule fille à dire que se garer dans un parking non surveillé, la nuit, ça fout les jetons ? c'est pas moi qui invente les cambriolages ? les dingues qui vous guettent au coin de la rue ? les monstres pervers pires que des loups ? s.
    t.
    flippée, sylvie testud ? le ciel t'aidera est l'histoire de sa vie quand elle ne joue pas un rôle sur un plateau, l'histoire d'une fille trop imaginative qui rêve de mourir centenaire et dans son lit. alors elle se bat comme un diable : elle planque des couteaux sous ses matelas, se balade avec un ravissant pistolet de dame, s'entraîne au sabre sur ses plantes vertes. c'est vrai qu'elle est flippée, mais il y a quand même des trucs bizarres...
    son copain, lui, trouve que tout est normal, à part elle.

    1 autre édition :

  • Sybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d'Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s'empêcher d'espérer qu'un pompier vienne la tirer d'affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long-métrage va virer au film catastrophe ? Toute à sa passion, l'apprentie cinéaste refuse de se laisser abattre par les problèmes qui s'accumulent. Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas : tout va s'arranger, elle n'en démord pas. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l'on plume ou celles du dindon de la farce ? Comédienne et réalisatrice comme son héroïne, Sylvie Testud est aussi romancière. Avec l'humour et l'autodérision que ses lecteurs lui connaissent, voici les mésaventures drolatiques que lui valent quelquefois sa confiance dans sa bonne étoile et dans le genre humain. Et en bonus une visite inédite dans les couloirs de l'« usine à rêves » cinématographique où le public ne va jamais...

  • Cocotte minus

    Sylvie Testud

    • Seuil
    • 2 March 2017

    « C'est nul d'être petit. On nous laisse rien faire, on nous commande tout le temps. Quand je serai grande, je ferai ce que je veux. Je n'obéirai à personne. Je serai libre. C'est ce que je disais à ma soeur.
    Aujourd'hui, je suis grande et je ne suis pas libre du tout. Mon couple est au bord de la rupture. Tous les six mois Adrien me menace: "Je pars". Il en a marre d'organiser la vie de nos deux enfants: les devoirs, les vacances, la nounou. Il n'a plus de temps pour lui. On n'a plus de temps pour nous. "Moi aussi, j'en ai marre. J'en ai marre que tu fasses le père", je lui gueule. "Si tu faisais plus la mère, je ferais moins le père." Qu'est-ce qu'il raconte celui-là? Il ajoute: les enfants ont besoin de règles, de cadres, d'éducation, de... Et je pense: Ils ont aussi besoin de respirer, de se marrer! De se mettre les doigts dans le nez!
    Est-ce qu'Adrien avait raison? Est-ce que je faisais tout à l'envers? Est-ce que j'avais tort de penser que l'enfance devrait être douceur, oisiveté, rires, et non obéir, encaisser, progresser à marche forcée.
    Mes enfants sont sur le point d'exploser. Moi aussi. Quand ils seront grands... ce qu'ils attendent avec impatience... Moi, je sais! Quand ils seront grands rien ne changera.
    Adrien a proposé un voyage. Rien que nous deux. On serait plus des parents pendant deux jours. On ferait les cons comme avant. Tu crois que c'est à cause d'eux? On a regardé leurs petites têtes tristes avant de prendre l'avion. Ils se demandaient pourquoi leurs parents avaient besoin de les laisser pour vivre. Adrien, tu crois pas qu'on pourrait faire les cons à quatre? » Romancière, actrice, scénariste et réalisatrice, Sylvie Testud est née à la Croix-Rousse dans une famille d'immigrés italiens. En janvier 2016, l'adaptation cinématographique de son dernier roman, C'est le métier qui rentre, réalisée par Diane Kurys, sortira en salle sous le titre Arrête ton cinéma. En avril, le grand public la verra dans Les Visiteurs 3.

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