• Pendant une soixantaine d'années, Bourges est le cadre d'un phénomène spectaculaire : de l'arrivée d'Alciat, en 1529, à la mort de Cujas, en 1590, l'enseignement qui y est donné par les plus grands humanistes du temps fait affluer de partout en Europe des auteurs remarquables et des étudiants destinés à devenir célèbres (parmi lesquels Calvin, Le Caron ou Du Fail), consacrant la ville et son université comme un des plus importants foyers de culture du XVIe siècle. Rabelais ne s'y trompe d'ailleurs pas et y fait étudier Pantagruel « bien long temps » en la faculté des lois.
    L'émergence et le déploiement d'une nouvelle pratique du droit (initiée par le commentaire d'Alciat du De verborum significatione consacré à l'étude du droit, non tel qu'il est prescrit, mais tel qu'il se dit) influencent plus largement les études littéraires et la littérature elle-même puisque, pour le droit comme pour les lettres, ce sont les questions du commentaire, de l'interprétation et de l'explication des textes qui sont au coeur de cette innovation pédagogique.

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  • Le colloque de Sarlat dont ce livre est issu a pris pour angle de lecture du Discours de la servitude volontaire de La Boétie la question - essentielle au moment des guerres de religion - de l'amitié et de la compagnie (que l'on nommerait aujourd'hui plus volontiers le «lien social»). Lu par des spécialistes du droit, de la morale, de la philosophie ou de la littérature de la Renaissance et confronté aux productions du temps, le célèbre texte devient plus complexe et plus original encore.

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  • Ce volume réunit les actes du colloque "Droit et Justice à la Renaissance", tenu au Centre d'Études Supérieures de la Renaissance de Tours en juillet 2001. Il reflète la vitalité et la nouveauté des recherches historiques contemporaines sur le Droit et les droits, ainsi que sur la Justice et les justices, dans l'Europe de la Renaissance. L'accent mis dans plusieurs de ces communications sur les pratiques, par exemple dans les procès de sorcellerie, fait apparaître la variété des attitudes des hommes de l'époque face à la transgression et au châtiment. D'autres études permettent de mieux évaluer la place changeante du droit dans les sociétés de l'époque ainsi que la diversification des milieux et des professions juridiques. Cette diversité est aussi celle de la culture et des engagements politiques et idéologiques, étudiés dans d'autres communications, de certains acteurs du droit. Enfin, dans ces actes, une place importante est accordée à l'étude des représentations du droit et de la justice, représentations qui se multiplient à l'époque de la Renaissance. Pour agrémenter et enrichir ces nombreuses réflexions, nous joignons le catalog ue détaillé de l'exposition - organisée à l'occasion de ce colloque - de livres juridiques, manuscrits et imprimés qui témoignent de l'importance prise par les oeuvres juridiques dans les bibliothèques de l'époque. En appendice, on trouvera également un montage de sources contemporaines qui reflètent l'expérience d'acteurs et de témoins d'un fait de justice en France au seizième siècle.

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  • Au Moyen Âge et à la Renaissance, il n'existe nul cloisonnement entre littérature et droit. Les écrivains empruntent aux juristes leur rhétorique, mais ils s'emparent aussi de leurs interrogations : Montaigne réfléchit sur le statut du témoignage et HenriEstienne sur la notion d'adultère. En retour, les juristes font leur miel de la littérature : les prophéties de Merlin sont des pièces essentielles du procès de Jeanne d'Arc, et Jean de Coras rapproche l'affaire Martin Guerre de l'intrigue de l'Amphitryo de Plaute. Centré sur la question de l'exemplarité du procès, cet ouvrage, qui rassemble les contributions d'historiens du droitet de critiques littéraires, se veut une invitation à réfléchir sur le dialogue qui se noue, du Moyen Âge à la période baroque, entre juristes et écrivains, et sur ce qui permet à la littérature de déplacer et de dépasser les questions posées par le droitpositif. Le champ d'investigation a été étendu aux genres littéraires les plus divers, du roman médiéval à la farce, des poèmesépidictiques des Grands Rhétoriqueurs aux canards. L'iconographie elle-même a été prise en compte. En contrepoint, les historien s du droit rappellent que la littérature est une instance critique : elle fait de Toulouse, où se déroulent des procès pour hérésie, une ville "barbare" ; elle raille, chez les hommes de loi, l'usage du jargon ; elle répond aux frustrations qu'engendrent des procédures judicaires telles que le secret de l'instruction, les audiences et les débats à huis-clos. Le procès, qu'il soit h istorique, légendaire ou fictif, matérialise la réalité juridique, mais il engage aussi la pensée sur d'autres voies, comme celles de la politique, de la morale ou de la théologie.

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