• Sonia Combe revisite l'histoire de la RDA sous un angle différent de celui adopté jusqu'à présent qui la criminalise davantage qu'il ne l'interprète. Il s'agit de remonter aux origines du régime pour comprendre ce qui s'est joué - ou plutôt ce qui n'a pas pu se jouer - en 1989. L'auteure étudie l'élite intellectuelle qui, à la fi n du régime communiste, malgré ses désillusions et parfois ses désespérances, dans sa large majorité s'est opposée à la réunifi cation de l'Allemagne et s'est prononcée en faveur d'une RDA non pas « comme elle avait été, mais comme elle aurait dû être » Cette élite a fait faillite. Ces marxistes non dogmatiques furent la caution intellectuelle de la RDA. Membres du Parti ou proches de lui, ils ont observé une « éthique du silence », réservant leurs critiques à l'intérieur du Parti.
    En accord avec les buts du régime, ils n'en approuvaient ni le style ni les méthodes. Ils n'ont vraiment rompu avec cette éthique du silence qu'à la toute fi n. Leur prise de parole (publique) vint trop tard. Ce sont les vrais perdants du régime.
    La lecture des autobiographies croisée avec celle des archives (dossiers de la Stasi, archives du Parti, de l'académie etc.) conduit à un regard différencié de l'expérience socialiste en Allemagne. À travers elles, on voit qu'une pensée plurielle a pu s'exprimer dans ces instances où se déroulaient de véritables conflits.

  • La fin des régimes de type soviétique a suscité un légitime désir d'accéder à des archives d'autant plus convoitées qu'elles avaient été inaccessibles. Bien que leur ouverture soit encore partielle et inégale selon les pays, ces archives ont permis des avancées notables, dont entend rendre compte cet ouvrage, réunissant des travaux d'archivistes et d'historiens de plusieurs pays. Vingt ans après la fin du monde soviétique, ils tentent ici un bilan de l'apport de l'archive à l'historiographie et à l'intelligibilité de l'expérience communiste.

  • À Buchenwald en 1944, des communistes allemands sauvent un enfant juif âgé de trois ans d'un convoi pour Auschwitz en rayant son nom de la liste. Un autre partira à sa place. Les circonstances de ce sauvetage et la découverte de procès secrets de détenus politiques, kapos de Buchenwald, menés à la fin de la guerre dans la zone d'occupation soviétique et en RDA, ont soulevé un débat en Allemagne de l'après-réunification : victimes du nazisme, les antifascistes auraient-ils été aussi des collaborateurs ?
    Fondée sur l'écoute de témoignages (en anglais, allemand, russe et français) essentiellement collectés par la Shoah Foundation, croisés avec la littérature mémorielle ainsi qu'avec des archives personnelles de déportés (notamment de David Rousset), l'étude de Sonia Combe montre comment la substitution de déportés a pu être une modalité de survie dans les camps de concentration dont ont bénéficié aussi bien Stéphane Hessel qu'Imre Kertész ou encore Jorge Semprun. Analysant la pratique de l'échange comme une situation à laquelle médecins déportés et prisonniers politiques ont été confrontés au quotidien, elle s'interroge sur les usages de la révision de l'histoire de l'antifascisme dans l'Allemagne actuelle. Loin d'idéaliser la conduite des détenus comme avait pu le faire une certaine vulgate de la résistance antifasciste, il s'agit de voir dans quelle mesure le jugement porté désormais sur eux serait tributaire d'un nouveau climat politique et d'une reconfiguration des mémoires.

  • Tandis que les travaux sur les pages sombres de l'histoire contemporaine (vichy, puis la guerre d'algérie et les conflits coloniaux) rencontrent de plus en plus l'intérêt du public, l'accès à des archives politiques essentielles reste, quant à lui, souvent difficile voire impossible.
    Et cela, en dépit des promesses d'ouverture et des projets de loi avortés. d'oú l'intérêt de ce livre-choc, qui avait suscité de vives polémiques lors de sa première parution en 1994, et dont l'analyse demeure pertinente en ces années 2000. au travers d'une enquête dans vingt dépôts publics d'archives, sonia combe révèle comment des inventaires succincts, muets, ou parfois même caviardés, ont conduit à la dissimulation, comme dans le cas des archives de l'abwehr, de la gestapo, ou des fichiers de juifs ; comment, grâce à la loi sur les archives qui organise le secret, l'etat s'approprie ce bien public et laisse aux hommes politiques la propriété de leurs archives ; combien, dans son essence même, le système de la demande d'autorisation exceptionnelle de consultation nuit au pluralisme de l'historiographie et, en privilégiant les historiens de métier, fonde l'inégalité entre les citoyens tout en favorisant la figure de l'historien raisonnable.
    S'interrogeant sur le fonctionnement démocratique des institutions, cet ouvrage pose la question du pouvoir de l'administration des archives, de la responsabilité de ses agents et, plus généralement, celle des conditions d'écriture de l'histoire contemporaine.

  • A l'occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le Musée d'Histoire contemporaine, Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, présente à partir de créations artistiques les procédures de destruction de Berlin-capitale de la RDA et leurs inscriptions dans un paysage urbain reconstruit d'où émerge de façon inattendue et spontanée des traces du passé.
    Car si des procédures d'effacement sont bel et bien mises en oeuvre, des traces subsistent néanmoins. Il s'agit donc dans cet ouvrage de rendre visible cette ambivalence entre oubli et mémoire, entre effacement et muséification, désir de détruire et de construire.

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    Sonia Combe

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  • Tandis que les travaux sur les pages sombres de l'histoire contemporaine (Vichy, puis la guerre d'Algérie et les conflits coloniaux) rencontrent de plus en plus l'intérêt du public, l'accès à des archives politiques essentielles reste, quant à lui, souvent diffi-cile et parfois même impossible. Et cela, en dépit des promesses d'ouverture et des projets de loi avortés. D'où l'intérêt de ce livre-choc, qui avait suscité de vives polé-miques lors de sa première parution en 1994, et dont l'analyse demeure pertinente en ces années 2000. Au travers d'une enquête dans vingt dépôts publics d'archives, Sonia Combe mon-tre comment des inventaires succincts, muets, ou parfois même caviardés, ont conduit à la dissimulation, comme dans le cas des archives de l'Abwehr, de la Gestapo, ou des fichiers de Juifs. L'auteur démontre comment, grâce à la loi sur les archives qui orga-nise le secret, l'État s'approprie ce bien public et laisse aux hommes politiques la pro-priété de leurs archives ; elle démontre comment, dans son essence même, le système de la demande d'autorisation exceptionnelle de consultation nuit au pluralisme de l'historiographie et, en privilégiant les historiens de métier, fonde l'inégalité entre les citoyens ? tout en favorisant la naissance de la figure de l'historien raisonnable. S'interrogeant sur le fonctionnement démocratique des institutions, cet ouvrage pose la question du pouvoir de l'administration des Archives, de la responsabilité de ses agents et, plus généralement, la question des conditions d'écriture de l'histoire contemporaine.

  • En novembre 1984, Christa Wolf ouvre une surprenante conférence, celle de l'Association des gynécologues psychosomaticiens de RDA réunis à Magdebourg.
    Dans son discours intitulé « Maladie et privation d'amour », elle s'interroge sur l'évolution de la médecine moderne, dont les progrès en matière d'appareils médicaux éloignent à son avis toujours davantage les praticiens de leurs patients, faisant preuve d'une grande capacité d'anticipation. Le texte de sa conférence, qui constitue la base de ce livre, informe des attentes des femmes qui, ayant pris au mot les promesses d'égalité des sexes en régime « socialiste réel », permirent des avancées en matière politique et sociale. D'où une invitation à introduire une dimension « genrée » dans l'écriture de l'expérience communiste à l'Est.
    /> Quelques années plus tôt, Georges Canguilhem, résistant au scientisme triomphant, se proposait de continuer à penser la médecine comme un art qui devait s'adapter à chaque individu malade. Déplorant la disparition progressive de la clinique, il plaidait pour un dialogue continu entre le patient et le médecin Tandis que Sonia Combe s'appuie sur le discours de Christa Wolf pour appréhender l'expérience communiste à partir de l'étude de genre, revenant sur la double leçon de Christa Wolf et Canguilhem, Antoine Spire se demande dans quelles conditions un retour de la médecine à la pratique clinique pourrait se faire et répondre à la demande des malades.

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