• Ce livre propose un regard singulier, et dévastateur, sur la société algérienne.
    Sid Ahmed Semiane, dit " SAS ", l'un des journalistes les plus mordants de sa génération, y a réuni une centaine de ses chroniques publiées dans le quotidien Le Matin de 1999 à 2002, mises en perspective par des textes inédits que le recul de l'exil rend particulièrement incisifs. Rédigées à chaud, au fil d'une actualité tragique, ballottée entre des cadavres anonymes s'entassant à la une des journaux et des mensonges d'Etat avalisés par un Occident complaisant, ces chroniques restent d'une brûlante actualité.
    Et elles révèlent une réalité proprement sidérante : sur la terre d'Algérie coexistent aujourd'hui deux pays, séparés physiquement l'un de l'autre. Le premier, riche, corrompu et arrogant, est celui du pouvoir, des généraux et de leurs affidés barricadés dans le fameux " Club des pins ". C'est surtout celui-là que connaît la France officielle, ignorant l'Algérie réelle, pauvre, meurtrie et humiliée, celle d'un peuple abandonné à son propre désespoir.
    Sur un ton caustique et révolté, avec un humour chargé de poésie, Sid Ahmed Semiane nous aide à déchiffrer ce désordre algérien qui désespère tant. Des mots terribles s'y bousculent : torture, disparus, généraux, émeutes, morts, intrigues, misère, terrorisme, putsch, chasse aux couples... Mais d'autres mots affleurent: rêve, démocratie, liberté, jeunesse, espoir, tendresse...

  • Avec ce titre, emprunté aux paroles de l'hymne national algérien, Bruno Boudjelal éclaire une histoire qui est autant la sienne que celle de l'Algérie contemporaine. Sans doute faut-il aussi entendre à travers ce « clos comme on ferme un livre » un lent processus de questionnement intime pour l'artiste qui achève ici la réappropriation de son histoire personnelle pour se confronter au présent d'un pays complexe.
    Il est désormais possible de voyager en Algérie et Bruno Boudjelal saisit cette liberté nouvelle pour explorer le pays de ses origines d'est en ouest, dans un road movie saisissant qui croise tout aussi bien le fantôme de Frantz Fanon que des jeunes immigrés clandestins en route pour l'Europe.
    Un récit photographique dont la chromie singulière renvoie aux incertitudes d'un peuple.

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