• Témoin des atrocités commises par les bolcheviks pendant les premières années ayant suivi le coup d'État d'octobre 1917, Sergueï Melgounov était persuadé que son devoir d'historien était de rassembler des documents sur « la terreur rouge ». Ce travail, pour lui, était d'autant plus urgent que le pouvoir soviétique détruisait systématiquement les preuves des exécutions massives et répétées. Pour évoquer les horreurs de la guerre civile, Melgounov ne s'en tient pas au terme « atroce » mais il l'explicite pour en étaler le contenu insoutenable. La valeur de ses propos est d'autant plus précieuse qu'il fait parler les victimes et leurs bourreaux, grâce aux nom- breux documents et récits qu'il a pu recueillir. Il reconstitue, sous forme de notes, témoignages et coupures de journaux, l'activité de la Tcheka et des autres organes du pouvoir exécutif. En ce sens son témoignage préfigure celui de Soljenitsyne sur le Goulag. En exil, Melgounov parcourt presque toute la littérature d'émigration, utilise des centaines de témoignages. Tout ce travail n'est, en aucun cas, une tentative de fournir un nombre exact de victimes de la terreur. « Quand on parle d'unités ou de dizaine, la question d'une statistique exacte peut encore avoir une importance primordiale ; mais, dès qu'on passe aux centaines et aux milliers, cela veut dire qu'il s'agit de véritables massacres et que les chiffres exacts passent au second plan. » Dans son ouvrage, au-delà de la critique politique du régime bolchevique, Sergueï Melgounov essaie égale- ment de prouver que la terreur ne peut en aucun cas être justifiée. Il met en garde ses contemporains contre cette justification par le pouvoir soviétique, ce qui ne va pas empêcher plus tard l'URSS d'organiser des famines, la déportation des ethnies, la création des Goulags...
    La Terreur rouge en Russie a été publié pour la première fois à Berlin, en 1923. La préface de l'historien Georges Sokoloff apporte un éclairage indispensable et une dimension historique inédite à cette publication.

  • Cet ouvrage traite des origines des sources financières allemandes (50 millions de marks) se trouvant à la disposition de Lénine et qui ont eu une importance considérable dans la réussite de la Révolution de 17.

    Il démontre en autre, documents à l'appui, comment les Allemands ont tenté, en aidant ainsi la Révolution de convaincre la Russie à demeurer neutre durant la Première Guerre mondiale.

    La somme incroyable reçue par Lénine et ses camarades, écrivait Bernstein, ne pouvait laisser place au doute sur la source de cet argent et pourtant une certaine incertitude existait : c'est dans la poche de Parvus, lié avec le monde socialiste, avec le Ministère des Affaires Etrangères, avec les représentants de l'État-major qu'il faut chercher la clef d'or allemande. Celle-ci révèle le secret du succès extrêmement rapide de la propagande de Lénine.

    Le montant de la somme est peut-être exagéré. On ne peut le savoir puisque l'argent a été remis directement aux léninistes. On pourrait y adjoindre des agissements agressifs visant à corrompre la Russie, que l'État-major allemand menait conformément à un plan préétabli avant la guerre. S.P. Melgunov.

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