Leo Scheer

  • Deux élans contraires déchirent Philippe, le narrateur de ce roman de formation ironique et nostalgique. Il sait, la trentaine venue, qu'il n'a plus le choix, qu'il doit, s'il veut vivre la vie de poète dont il rêve, venir à Paris, se faire connaître, batailler. Mais comment abandonner la vie libre, endiablée, qu'il a menée jusque-là ? Comment se séparer de Sandra, l'adolescente avec qui il vit une passion sans pareille ? Nous sommes à la fin des années 70. Il a connu les utopies réalisées de l'amour libre, de la vie communautaire, expérience indépassable pour lui comme pour toute sa génération. Qu'espérer encore ? Ainsi monte-t-il à Paris, non avec l'enthousiasme du conquérant, mais la mélancolie au coeur, et obsédé par la crainte que le bonheur, à l'heure où une vie nouvelle s'apprête à commencer, ne soit derrière lui.

  • La stagiaire

    Serge Safran

    « Même pour aller trois ou quatre jours à Barcelone, en sachant que le temps risquait de n'être pas clément, il me fut difficile de partir sans la revoir. Lors d'une matinée plutôt calme, elle vint vers moi pour me demander conseil, pour me montrer son travail, pour me proposer du thé. Ce désir de servir était-il inné ? C'était pour le moins une gentillesse qui dépassait la norme car rares étaient les stagiaires avant elle qui m'avaient porté une telle attention. De là à me faire des idées, à m'imaginer que. Nous avions reparlé des soirées à venir. Les occasions allaient se présenter de se voir en dehors du lieu de travail. Lui parler ? »

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