• Le cours du fleuve ne renonce pas à son lit. Saïd Mohamed écrit le peuple avec brutalité, crudité, férocité. Les pauvres sont des gueux, des mendiants, des loqueteux. Les pauvres sont des femelles et des putains. Il décrit impitoyablement ces hommes et femmes perclus dans leur misère. Ce n'est pas pour se mettre à l'écart ou les prendre de haut, bien au contraire, il s'inclut dans cette masse sordide pour mieux en tirer les ferments de splendeur qu'il sait y dénicher. Qui mieux que Saïd décrira l'âpreté de la vie, dans ses contradictions intestines, avec ses horreurs et ses beautés ? (.)

  • Voyage initiatique, témoignage sur le passé colonial, plongée dans l'univers de la délinquance, avec ce roman Saïd Mohamed propose une photographie sans complaisance et parfois cruelle de ce qui fut son univers.
    La honte sur nous, fresque picaresque d'une famille marginale, nous fait toucher du doigt en permanence le fond du gouffre et le sordide du quotidien.
    Écrit au ras des mots, dans un style réaliste, ce roman dégage une vraie force poétique.
    Saïd Mohamed est un poète qui crée un malaise en parvenant à nous faire rire avec des choses qui dérangent. Tel un griot africain, il raconte une histoire de vie, et le miracle de la parole a lieu car, comme Shéhérazade, il a survécu à la nuit.
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  • Voilà un livre-bilan, bilan du voyage de la vie, de la poésie, d'un constant aller-retour entre ces deux pôles. En tout cas, on ne saurait reprocher à Saïd Mohamed d'en être resté à l'introspection en chambre : la vie, il l'a explorée un peu partout dans le monde :
    Louvoyer dans le coeur du monde. / Goûter à l'outrance des infortunes / aux gloires éphémères promettant l'infini, / garder le cap sur l'horizon / et l'oeil sur le compas des étoiles bienveillantes / pour baliser ce chemin.
    Découvrir des places nouvelles, / Là où celle de l'étrange n'existe plus, / Parcourir des endroits de lumière / Et emprunter des passages inconnus. " Saïd Mohamed entend s'inscrire dans une filiation d'explorateurs de paysages humains qui va de Saadi à Cendrars, en passant par Gibran, Hikmet, Pessoa.

  • (...) Pourtant ces mots ne sont pas terres arables, qui donnent de bons fruits, mais paroles de sable sur lesquelles rien ne se cultive ni ne se construit. Ils sont prononcés par un simple innocent qui prétend que les mains pleines ne peuvent plus rien retenir du hasard, que ce royaume des mots est plus solide que celui bâtit sur la pierre ou l'empire soumis au fil de l'épée. Eux le temps ne les réduit pas en cendres. Ils libèrent l'esclave et emprisonnent celui qui se croit le maître, as-tu coutume de répondre, toi un simple d'esprit, un fourvoyé, un marginal, un intolérant de basse caste. Un poète désespérant, qui vend des recettes d'illusionniste et donne à entendre qu'il est d'autres possibles qui ne soient ciel de décembre, terre qui se dérobe à l'approche de ses rives. (...)


  • on peut lire un enfant de coeur en y plongeant comme dans un fleuve intarissable, ou comme dans une parabole qui nous apprend que la vie n'est jamais que ce que l'on en fait et que le sentiment d'exil peut devenir une patrie.
    la réalité est convoquée sans jamais tomber dans le misérabilisme, elle rebondit, espiègle et joueuse, comme l'enfant sur l'homme qui raconte. un enfant de coeur est une révélation littéraire. le souffle de saïd mohamed emporte sur son passage tous les préjugés qui conduisent à ériger des frontières entre la tristesse et le rire, le beau le laid, l'autobiographie et la fiction. le lecteur ne saurait résister à la sincérité qui se dégage de ce livre nu, cruel et désarmant.
    un livre qui prouve plus sûrement que tous les discours l'absurdité de toute tentative d'identification en dehors du vécu individuel. au joug de l'appartenance arbitraire à une catégorie spécifique, sociale, culturelle ou géographique, il oppose simplement la liberté.

  • Après Un enfant de coeur et La Honte sur nous (prix Beur FM Méditerranée 2000), où il décrivait les milieux de l'enfance inadaptée et de la délinquance, le monde du travail et l'univers du voyage, voici le troisième volet de cette saga qui s'enracine dans la douleur et où le héros cherche la rédemption dans l'amour.
    Ecrite dans la tradition de l'oralité et dans une langue simple, non dénuée d'humour et de lucidité, cette tranche de vie pleine d'énergie, décapante et picaresque, est à lire absolument en cas de doute sur le sens de sa propre existence. Sauf faute de goût, on ne met pas en doute la parole d'un conteur. L'histoire devient réalité dès lors que celui-ci nous captive par son talent. Pour Saïd Mohamed, raconter est un art, écouter un savoir-vivre.

  • « Monsieur Ernesto », baptisé ainsi par les habitués de Chez Nicole, eu égard au béret enfoncé jusqu'aux oreilles qu'il portait en permanence et à son art de tout contester. Longtemps il a réclamé le « monsieur » devant son pseudonyme. Quand un voisin de bar le hélait d'un « Ernesto, viens boire un coup », il corrigeait : « Non, Ernesto ne veut pas boire un coup... Mais, monsieur Ernesto accepte volontiers qu'on l'invite à déguster un verre de grand cru. »

  • Sans doute que les poèmes de Saïd Mohamed ne sont pas seuls à mettre plein dedans leurs pieds dans la difficulté que c'est vivre et parler le vivre en se saisissant de sa matière la plus populaire. Cela se fait, en général, plus souvent par le roman que par le poème, mais de Villon à Yvar Ch'Vavar, en passant par Gaston Couté, Baudelaire, Perros, William Cliff, ou Verheggen, les « petits fauves de papier » autour du « thème » ne manquent pas. Les poèmes de Saïd Mohamed me semblent plus bruts de décoffrage que beaucoup d'autres, et moins enclins à jouer avec les mots qui leur viennent (sans toutefois manquer de discernement sur leur désir d'être des poèmes salis par la vie, ni d'un savoir sourire, amertume encore, de leur prétention aussi à frôler des vérités douloureuses). Cela n'empêche pas pour autant que cette parole « s'attache des souvenirs pour s'inventer une trace à sa vie dans la douceur de l'écriture ».

  • Quand à l'occasion d'une mutation professionnelle, Saïd Mohamed pose ses valises du côté de Pondichéry, c'est sûr, son regard verra et sa plume dira des choses différentes de ce que l'on peut trouver dans bien des guides ou des récits pour touristes goguenards.
    Avec ce voyageur-narrateur on croise des familles d'intouchables, on côtoie mendiants et lépreux, on passe un moment dans une salle de cinéma, film Bollywood garanti : romantisme dégoulinant et sensualité bien trop suggestive à l'écran pour une jeunesse à la libido bridée. On se retrouve au coeur d'un mariage où le Blanc fait figure de porte-bonheur. Au marché aux poissons, les femmes vendent leur camelote à même le sol. L'orphelinat de soeur Dolorès ne manque ni de surprises ni d'enseignements. Ajoutez un petit tour aux urgences ou dans un commissariat... Tout cela ne manque pas de surprendre ou d'étonner comme ces scènes rapportées dans les gares, les trains ou les bus.

  • Putain d'étoile

    Saïd Mohamed

    Racler tout autour, au plus près de soi, jeter rageusement les mots à même la page avec la volonté obstinée de celui qui avance malgré les obstacles mis en travers de sa route, voilà l'enjeu d'écriture qui tend le fil noirci des lignes de saïd mohamed.
    à ce jour, quatre titres parus, d'une voix qui cherche sa vitesse entre cahots et ornières. chaque livre est un pas de plus sur la route du voyageur : cet homme qui marche n'entend guère se laisser ligoter par la rudesse de la tâche, c'est une voix qui avance, le dit du conteur. surtout ne pas tenter d'enfermer ces livres dans un genre trop réducteur, mais les lire. se souvenir que d'illustres devanciers ont promené des individus erratiques dans des vies rêvées de la sorte.
    Au lecteur de décider du contrat qui va le lier pour cette traversée.
    Jacques danton.

  • Ciel de lune

    Saïd Mohamed

    fils d'une normande et d'un marocain, abandonné à lui-même, dès l'enfance, dans une france mal à l'aise des produits de son immigration, le narrateur a fait cahin-caha son parcours du combattant, au fil impétueux de la colère.
    poursuivant une recherche ambivalente pour retrouver des racines qui se dérobent, et dans l'ambiguïté d'un désir mal maîtrisé, il fait la rencontre d'une trop belle et fougueuse marocaine... qu'il épouse.
    aussitôt le "oui " sacramentel prononcé, le quiproquo est cruellement flagrant.
    avec cette rencontre de deux rêves au sein d'un couple écartelé, saïd mohamed balancé un coup de pied littéraire dans la fourmilière hypocrite du " regroupement familial ".
    après un enfant de coeur, la honte sur nous, le soleil des fous et putain d'étoile, saïd mohamed suit imperturbablement la veine romanesque de l'autofiction.
    au cours impétueux des cinq romans de ce cycle (parfaitement indépendants les uns des autres) baptisé histoire d'une vie, il explore le patient travail de construire, à partir d'une identité multiple, une vie d'homme.
    outre son travail romanesque, saïd mohamed a publié une dizaine de recueils de poésie.

  • Il est des fauves dont les yeux de bronze brûlent la terre d'Afrique.

  • « En me levant ce matin, j'ai levé la tête. Des étoiles sont tombées de mes cheveux. Ça m'apprendra à dormir dehors... », s'ouvre ce CD qui dit aussi, entre autres, et au delà de la chute du céleste à nos pieds, les écartèlements de Gibraltar entre Atlantique et Méditerranée, Afrique et Europe, d'une rive l'autre, avec des mots simples pour murmurer encore du Sud vers le Nord qu'il est désormais « difficile de croire encore à l'espace d'un monde souvenir ». De la bohème à l'errance, de l'errance à l'exil du migrant... Une poésie de Saïd Mohamed très en résonance avec l'actualité, parfois, et dont la musique éclairée par l'orgue de cristal de Karinn Helbert (cristal Baschet, directrice artistique de l'ensemble), la voix d'Eric Louviot, le violoniste Manuel Decoq et le chant soufi d'Ahmed Abdelhack el Kaâb de l'ensemble Dounia, trouve aujourd'hui la consécration avec ce 71e Grand Prix de l'Académie, pour de la belle ouvrage donnant à écouter et à... entendre que des reflets du cabossé naissent parfois des firmaments. (Yves Challier la Dépêche du Midi) "Un Toit d'étoiles" de Saïd Mohamed est illustré par Annie COURTIAUD.

    Grand prix 2018 de l'Académie Charles Cros pour le CD qui accompagne ce livre. Direction artistique Karinn HELBERT. Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=4FKGvkm3hfE

  • Ce livret propose un essai de traduction écrite, en comorien et en français, d'un choix de sourates du Coran parmi celles qui sont le plus souvent récitées : "L'Ouverture", Yâ sîn, "L'Evénement","La Royauté", et "La Nouvelle". Il a comme objectif principal de contribuer à l'instruction religieuse de nos jeunes...

  • De nombreuses familles comoriennes se transmettent, souvent sous forme orale, une tradition d'appartenance à des patrilignages d'origine arabe hadrami remontant d'après les généalogies jusqu'au prophète Muhammad. Traduction en français d'un livre publié en arabe en 2001, cet ouvrage se présente sous la forme d'une généalogie commentée, qui évoque le rôle politique de plusieurs membres de ces patrilignages et la transmission des savoirs islamiques à laquelle contribuèrent les savants religieux qui figurent parmi eux...

  • Le projet d'Ali Soilihi mérite, aujourd'hui, une réflexion approfondie pour voir comment il peut contribuer à faire sortir son pays (les Comores) de la crise dans laquelle il est plongé. Cette analyse du Régime d'Ali Soilihi de 1975 à 1978 a été conçue et réalisée à cet effet.

  • Cette autobiographie posthume de Saïd Mohamed Djohar apporte des réponses pertinentes à de nombreuses interrogations sur l'histoire contemporaine des Comores. Son auteur porte un regard singulier, parfois acerbe sur la période coloniale et notre époque, ainsi que sur les élites politiques et civiles de son pays. Voici un éclairage nouveau sur des évènements majeurs qui ont secoué cet Archipel aux Sultans batailleurs, pris en otage à un moment donné par l'ancien mercenaire Bob Denard.

  • Le syndrome d'épuisement professionnel ou burn out est fréquent en milieu d'anesthésie réanimation, avec un taux allant de 20 à 50%. Il combine une fatigue profonde, un désinvestissement de l'activité professionnelle et un sentiment d'incompétence dans le travail. Cet ouvrage a pour but de mesurer la prévalence du burnout chez les professionnels de santé en milieu d'anesthésie réanimation dans les centre hospitalo-universitaire du centre de la Tunisie, de déterminer les facteurs qui y sont associés et de décrire les moyens de prévention possible à cette pathologie.

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  • Le jus naturel de Annona muricata est fortement apprécié par son gout spécifique et ses vertus, malheureusement il est hautement périssable même conservé à froid. L'objectif global est d'étudier les microorganismes, plus principalement les levures responsables de l'auto-fermentation du jus afin de les maitriser durant sa conservation. L'isolement et la caractérisation des souches constituent les objectifs spécifiques. Le test de la présence des levures dans l'échantillon a été effectué dans le milieu YGC liquide et on a constaté qu'il y a eu formation d'un dépôt blanc au fond du flacon. 3 souches blanches d'un diamètre de 0,5 à 2 mm ont été isolées sur le milieu Sabouraud donnant chacune une couleur caractéristiques dans le milieu contenant le vert de bromocrésol. Sur le milieu contenant la lysine seule la souche verte claire est inhibée. Cette souche est donc probablement du genre Saccharomyces. Ces 3 souches ont montré un pouvoir fermentaire remarquable qui se traduit par la montée rapide des cloches de Durham. Pour une conservation prolongée, des conservateurs antifongiques peuvent être utilisés pour la conservation du jus à base de Annona muricata.

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  • En Algérie, la rente pétrolière assure 97% des revenus de l'exportation, le secteur hors hydrocarbures étant toujours en jachère depuis l'indépendance du pays. À l'horizon 2030-2035, avec le rétrécissement du potentiel pétrolier national, le pays serait contraint d'arrêter les exportations des hydrocarbures pour répondre à une demande interne galopante. Mon livre a pour intention d'avertir les pouvoirs publics algériens sur l'absence d'un État-providence en matière de gouvernance visant à libérer l'économie nationale de l'emprise rentière au risque de plonger le pays dans les abysses des disettes d'autant plus qu'à cet horizon l'Algérie sera assise sur une poudrière latente de 50 millions d'habitants et qui peut s'enflammer à tout moment.

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  • This book presents a compilation of the most recent implementation of artificial intelligence methods for solving different problems generated by the COVID-19. The problems addressed came from different fields and not only from medicine. The information contained in the book explores different areas of machine and deep learning, advanced image processing, computational intelligence, IoT, robotics and automation, optimization, mathematical modeling, neural networks, information technology, big data, data processing, data mining, and likewise. Moreover, the chapters include the theory and methodologies used to provide an overview of applying these tools to the useful contribution to help to face the emerging disaster. The book is primarily intended for researchers, decision makers, practitioners, and readers interested in these subject matters. The book is useful also as rich case studies and project proposals for postgraduate courses in those specializations. 

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