• « Tout le monde, mon frère Gallion, veut une vie heureuse ; mais, lorsqu'il s'agit de voir clairement ce qui la rend telle, c'est le plein brouillard. Ainsi n'est-ce point facile d'atteindre la vie heureuse ; on s'en éloigne d'autant plus qu'on s'y porte avec plus d'ardeur, quand on s'est trompé de chemin ; que celui-ci nous conduise en sens contraire et notre élan même augmente la distance. Il faut donc d'abord bien poser ce qui est l'objet de notre désir, puis examiner avec soin comment nous pourrions le plus rapidement nous diriger vers lui... » Deux textes phares du stoïcisme impérial.

  • Vivre en accord avec le destin, se défaire du superflu, adopter une attitude digne face à la mort et garder, en toutes circonstances, la tranquillité de l'âme : telles sont les leçons que Sénèque enseigne à son disciple Lucilius au fil de cette correspondance pédagogique. Manuel pratique à l'usage de l'apprenti stoïcien, les Lettres à Lucilius (1er siècle apr. J.-C.) nous exhortent de changer nos habitudes afin de nous changer nous-mêmes, et d'apprendre à mourir - pour essayer de vivre.


  • Peut-on être philosophe dans n'importe quelle société et dans n'importe quelle situationoe Ou, plus précisément, peut-on philosopher quand on est l'homme le plus riche de son tempsoe Peut-on philosopher quand on est pris dans les obligations de la vie socialeoe
    Ces interrogations sont peut-être les avatars d'une question plus fondamentale, celle du rapport de la philosophie au pouvoir politique - question qui ne pouvait manquer de passionner Sénèque, philosophe stoïcien, homme fabuleusement riche et précepteur de l'empereur Néron.
    Traductions par José Kany - Turpin et Pierre Pellegrin
    Couverture: Illustration Virginie Berthemet.


  • « Aussi n'est-il plus besoin à présent de recourir à des remèdes trop durs - ils sont désormais derrière nous : tu n'as plus à lutter contre toi-même, à te mettre en colère contre toi-même, à te montrer sévère envers toi-même. Ce qui importe désormais, l'étape finale, c'est d'avoir confiance en toi et d'être convaincu que tu suis le bon chemin, sans te laisser dérouter par les traces de ceux - et ils sont nombreux - qui se sont fourvoyés de tous côtés [...]. Nous allons donc chercher comment l'âme peut avancer d'une allure toujours égale et aisée, se sourire à elle-même, observer avec bonheur ses propres réalisations ; comment, sans interrompre la joie qu'elle en tire, elle peut rester dans cet état de calme et ne connaître ni hauts ni bas : ce sera la tranquillité. Cherchons une règle générale permettant d'atteindre cet état : de ce remède universel, tu prendras la part que tu veux. »

  • Oedipe

    Sénèque

    La peste ravage la ville de Thèbes, royaume d'oedipe et de son épouse Jocaste. Punition divine, car l'assassin du roi Laius, le premier mari de Jocaste, n'a jamais été retrouvé. oedipe décide de mener l'enquête. Mais, victime d'une malédiction - l'oracle de Delphes lui a prédit qu'il tuerait son père et épouserait sa mère -, ne serait-il pas lui-même le responsable des malheurs de Thèbes?
    Tableaux sanglants, détails morbides : Sénèque fait de l'histoire d'oedipe une tragédie baroque avant l'heure, mais aussi un traité de stoïcisme en acte, où il s'interroge en philosophe - comment en vient-on à commettre pareilles transgressions? comment concilier liberté individuelle et fatalité du destin?
    Oedipe est le héros tragique absolu : monstrueux, excessif mais infiniment digne de pitié.oit.

  • L'oisiveté (otium) n'était pas pour les Romains un vilain défaut mais, au contraire, le contrepoint nécessaire au negotium, à l'activité, celle des affaires courantes et extraordinaires, qui dilapident le temps et exacerbent les passions. Pour autant, pas question de « ne rien faire ». Pour le sage, être oisif, c'est choisir la retraite, l'exil intérieur et le repli sur l'activité méditative. Préférer l'étude de la nature et la contemplation, pour trouver le bonheur. Dans notre époque où tout va trop vite, apprenons à nous débrancher. Adoptons le programme de Sénèque.

  • Phèdre

    Sénèque

    Quel feu secret dévore Phèdre? Qu'adviendrait-il pour peu que paraisse au jour la «flamme si noire» de son amour impur?...
    En s'appropriant l'un des grands sujets tragiques de l'Antiquité, Racine a composé la plus sombre, la plus sublime, la plus éperdue de nos tragédies : la marche implacable et funèbre de son intrigue est comme une invite à méditer sur les fureurs du désir et de la passion, sur les monstres tapis dans les replis du labyrinthe de l'âme.

  • « La vie n'est pas trop courte, c'est nous qui la perdons. » Telle est la réponse de Sénèque face à ce qui paraît, aux yeux des médecins, des poètes et des philosophes, comme une injustice : la vie est courte par nature. Dans ce court traité, l'un de ses premiers, Sénèque entreprend de redéfinir la notion de temps. Ce texte est suivi d'un éclairant commentaire de Denis Diderot.

  • Médée

    Sénèque

    Pour Jason, qu'elle a aidé à conquérir la Toison d'or, Médée a trahi son père, tué son propre frère, commis crime sur crime.
    Mais lorsque celui à qui elle a tout donné décide de la répudier pour épouser Créüse, la fille du puissant Créon, sa fureur ne connaît plus de limites : cette mère, pourtant aimante, sacrifiera ses deux enfants innocents sur l'autel de la vengeance...
    Avec Médée, rédigée entre 63 et 64 de notre ère, Sénèque donne l'une de ses plus belles tragédies. L'amour et la passion y conduisent insensiblement à l'acte le plus inhumain : l'infanticide.

  • Dominer la souffrance et s'en défendre grâce à la raison et à la parole - en faisant appel à toutes les ressources de la rhétorique - est au centre de la pensée de sénèque qui rassemble, dans ses consolations, les grands thèmes de la méditation antique sur la douleur et la mort.
    Au cours de son exil en corse ordonné par l'empereur claude qui l'accuse d'intriguer contre lui, sénèque adresse à sa mère, helvia, sous forme de consolation, une réflexion sur l'exil et sur le bonheur véritable. la seconde consolation, destinée à marcia, une femme qui vient de perdre son fils, est une méditation sur le deuil et sur l'ultime recours que peut être la mort face à la tyrannie. ces deux textes sont un irremplaçable témoignage de l'art avec lequel les stoïciens savaient affronter la souffrance et la mort.

  • Conseiller de Néron après avoir été son precepteur, Sénèque est l'un des détenteurs du pouvoir impérial. Lorsqu'il rédige ce court traité, vers 58 après J.-C., il adresse une réponse à tous ses détracteurs, envieux de sa fortune, qui voient en lui un stoïcien de luxe.

    Comment douter que son aspiration au souverain bien et à la vertu soit sincère ? Comment ne pas entendre l'avertissement adressé à tous ceux qui se laissent gouverner par la débauche et à la recherche du plaisir ?

  • Au travers de son expérience exceptionnelle, Sénèque cherche comment prolonger la vie humaine en la débarrassant des mille futilités qui l'encombrent sans lui apporter de richesse supplémentaire. Il nous aide ainsi à évaluer ce qu'est une vie vraiment vécue.

  • Pour aider son ami Sérénus en proie au doute et à l'ennui, Sénèque expose les principes fondamentaux du stoïcisme et les moyens de parvenir à la sérénité, la tranquillité de l'âme.
    Mêlant habilement des exemples concrets à des analyses psychologiques d'une grande finesse, Sénèque nous guide sur le chemin du bonheur et de son austère grandeur.
    « Sachez cependant que, pour préserver quelque chose d'aussi fragile, aucun de ces moyens n'est assez puissant, si nous n'entourons de soins toujours attentifs et vigilants une âme toujours prête à trébucher. » Un traité de savoir-vivre d'une étonnante modernité.

  • « luttez contre vous-même. qui ne peut vaincre la colère est à demi vaincu par elle. si elle fermente au fond de l'âme, étouffez ses premiers symptômes. il nous en coûtera de pénibles efforts, car cette passion veut faire explosion, jaillir des yeux en traits de flamme, bouleverser toute la face humaine. repoussons-la jusqu'au fond de notre âme, qu'elle soit maîtrisée, et non maîtresse.» dans son traité sur la colère, rédigé en 41 après jésus-christ, sénèque instruit, en bon stoïcien, le procès de cette passion destructrice. le philosophe met notamment en garde contre ses effets sur le plan politique et dénonce la tyrannie, à laquelle les gouvernants ne devraient se laisser aller.

  • «Malgré des couleurs toutes prêtes, aucun artiste ne parviendra à obtenir une ressemblance, s'il n'a point fixé l'objet qu'il veut peindre. Notre faute est donc de délibérer sans cesse sur les détails de la vie, jamais sur son ensemble. Il faut connaître la cible, quand on veut lancer une flèche ; ensuite on pourra de la main diriger et régler le trait».

    Des enseignements précieux pour cultiver son bonheur et sa liberté intérieure.

  • Le philosophe stoïcien était aussi un habile homme politique. Il ne met pas en scène dans ses Dialogues un échange de vues à la manière de Platon ou de Cicéron. Son texte s'inscrit dans la tradition des traités sur les passions, mais donne aussi au prince des conseils salutaires pour gouverner sainement l'État ; car les Anciens considéraient la colère comme une maladie.
    Adressés au frère de Sénèque, Novatus, les trois livres que compte cet ouvrage cernent la nature de la colère et proposent un certain nombre de moyens à employer afin de la maîtriser. On sait, en effet, la place fondamentale que les stoïciens accordaient à la maîtrise de soi au sein d'une philosophie éminemment pratique, dont les thèses n'avaient d'autre but que l'harmonie avec soi-même, autrui, la nature et la raison divine.
    « La colère est une courte folie. » Venant compléter les Consolations et De la tranquillité de l'âme, traduits et publiés dans cette même collection, ces pages constituent un petit viatique susceptible de nous guider vers la voie de l'apaisement.

  • Les Lettres à Lucilius constituent, sans discussion le chef-d'oeuvre de Sénèque. Plus que ses traités et son théâtre elles dévoilent sa pensée et sa philosophie. Elles sont un fleuve souterrain qui a nourri de nombreuses vies de ses limons. Beaucoup de grands auteurs ont puisé en elles la plus essentielle des leçons : apprendre à vivre. Montaigne ne les cite pas moins de deux cent quatre-vingt-dix-huit fois dans ses Essais qui leur ressemblent tant.

    Des premiers chrétiens éblouis (Tertullien, saint Augustin) jusqu'à Henry de Montherlant ou André Comte-Sponville - qui n'ont cessé d'y faire référence -, combien furent-ils, au cours des siècles, à rester éblouis par l'éclat de cette correspondance ?

    Devant le succès des précédentes éditions proposant les lettres choisies et traduites par Alain Golomb, une nouvelle édition au format poche s'imposait. On trouvera donc dans cette édition les cinquante-six meilleures Lettres à Lucilius.

    Véritable courrier de l'âme, plaidoyer pour la vraie vie, manuel de détachement, invitation à la sagesse et au bonheur, elles sont à mettre sur les tables de chevet, ou plutôt dans les trousses de secours, à côté des Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, de L'Ecclésiaste, des Quatrains d'Omar Khayyâm, ou de quelques autres livres essentiels, et nécessaires.

  • Ces traités, sous forme épistolaire, accompagnent l'apprenti philosophe sur le long itinéraire qui mène à la sagesse et lui prodiguent des conseils de vie destinés à le libérer des contingences du monde. Au programme de philosophie en terminale.

  • Ce petit chef-d'oeuvre, écrit quatre ans avant la mort du philosophe, pose le problème de la retraite intérieure, du loisir lettré, de l'arrêt de l'activité civique. L'auteur s'y justifie d'abandonner la politique au profit d'une contemplation de la nature ; il montre que contempler, c'est agir, et que participer aux affaires publiques n'est pas une obligation absolue. La contemplation est pour l'homme une façon de se grandir.

  • Theatre complet

    Sénèque

    Si Sénèque est resté longtemps méconnu comme auteur de théâtre - ses tragédies étant aujourd'hui encore trop souvent lues comme des oeuvres littéraires et philosophiques -, le grand dramaturge latin a pourtant été une source d'inspiration majeure pour le théâtre européen de la Renaissance. Sans lui, pas de Shakespeare, pas de Calderón, pas de Corneille, pas de Racine. Florence Dupont l'a retraduit en latiniste inspirée, conservant au texte cette clarté spectaculaire et cette fureur poétique qui ont tant fasciné Antonin Artaud.
    Au sommaire : Phèdre, Thyeste, Les Troyennes, Agamemnon, Médée, Hercule furieux, Hercule sur l'oeta, oedipe, Les Phéniciennes.
    Depuis le début du XXe siècle, les tragédies de Sénèque n'avaient pas été traduites en vue de la scène et Sénèque reste aujourd'hui méconnu comme auteur de théâtre. Son théâtre est lu comme un texte littéraire ou philosophique. Pourtant, le théâtre de Sénèque, à la Renaissance puis à l'âge classique, a été admiré et imité par tous ceux qui ont réintroduit la tragédie en Europe, parmi lesquels Shakespeare, Calderón, Corneille ou Racine.
    Sénèque perdit son prestige au début de l'âge classique au profit des tragiques grecs, sans doute parce qu'il avait incarné, à la Renaissance puis à l'âge baroque, la liberté républicaine et la résistance stoïcienne à la tyrannie. À l'origine de cette image, sa biographie, qui en fait un martyr de la liberté. Né entre 2 av. et 2 ap. J.-C. à Cordoue et mort en 64 ap. J.-C. à Rome, il fut exilé en Corse sous Claude et contraint au suicide sous Néron. Sa richesse et sa naissance en faisaient un représentant de l'élite sénatoriale. À son théâtre furent donc attribuées des significations politiques : les Italiens du trecento par exemple, voyaient dans le roi Atrée de Thyeste la figure d'un tyran de Toscane ; pour les Hollandais persécutés à cause de leur foi, le massacre du peuple d'Ilion dans Les Troyennes devint l'image de la répression catholique contre les protestants. L'absolutisme monarchique censura donc ce théâtre politique et discrédita son inspirateur. En France, Sénèque est une victime du règne de Louis XIV. Dans la première préface à sa Médée, en 1636, Corneille se réclame explicitement de Sénèque ; après 1660, il ne sera plus question que d'Euripide. En 1677, Racine prétendra s'être inspiré seulement d'Euripide pour écrire Phèdre, alors qu'il reprend à la pièce de Sénèque la scène d'aveu, absente de la tragédie grecque.
    Les tragédies de Sénèque mettent en scène des personnages qui sortent des limites de l'humanité pour se transformer en héros monstrueux. L'action de ses pièces suit un scénario unique, toujours le même, qui est une donnée du code tragique. Ce scénario définit un trajet de l'homme au monstre. Au début de l'action, le héros est écrasé sous un malheur surhumain, le dolor, qui devrait l'anéantir ; il a alors le choix entre sombrer et disparaître ou surmonter son dolor en entrant dans le furor. Ce furor s'apparente à une colère vengeresse qui lui permet de retrouver son identité et sa noblesse et donne au héros la force de se libérer des limites morales de l'humanité, en le faisant agir selon des modèles monstrueux qui lui viennent de sa mémoire familiale ou personnelle : Atrée fait manger ses propres enfants à son frère Thyeste, comme Tantale avait sacrifié son fils Pélops pour offrir un banquet aux dieux. Phèdre avec sa passion pour Hippolyte, homme sauvage, suit les traces de sa mère Pasiphaé, amoureuse du taureau. Ce crime que le héros accomplit pour triompher du dolor est un nefas, un crime inexpiable qui fera de lui l'égal des héros du passé et l'intègrera dans une généalogie mythique créée par la tragédie.
    Cette dimension surhumaine du scénario tragique a permis une redécouverte de Sénèque au XXe siècle par Antonin Artaud et son "théâtre de la cruauté" : "Le plus grand auteur tragique de l'histoire, un initié aux secrets qui mieux qu'Eschyle a su les faire passer dans les mots. Je pleure en lisant son théâtre d'inspiré, et j'y sens sous le verbe des syllabes crépiter de la plus atroce manière le bouillonnement des forces du chaos." Après lui, d'autres ont célébré la beauté et la puissance du style de Sénèque.
    Encore faut-il que celui-ci nous soit accessible dans une traduction qui garde au texte sa force théâtrale. Or, les tragédies de Sénèque sont trop longtemps restées prisonnières des traductions universitaires destinées essentiellement aux latinistes, et dont le charabia pompeux ou le néoclacissisme en alexandrins décourageaient toute lecture littéraire ou toute tentative de mise en scène moderne. La traduction de Florence Dupont, publiée pour la première fois en 1991 par l'Imprimerie Nationale, est la seule qui, à ce jour, offre un texte "lisible", et surtout "jouable" tout en respectant absolument la lettre latine. Elle se veut claire, précise, sans effet "à l'antique" et sans connivence culturelle qui exclurait un public populaire ou scolaire.
    Cette traduction a depuis servi de support à de nombreuses représentations par des troupes professionnelles et amateurs, et certaines pièces de Sénèque ont été mises au programme des concours et examens dans la traduction de l'Imprimerie nationale. Actuellement cette édition et sa réimpression sont épuisées : les gens de théâtre utilisent des photocopies et les universitaires (lettres, littérature comparée, théâtre) se plaignent de ne pas pouvoir enseigner plus facilement ce théâtre romain. Une réédition de cette traduction était donc indispensable au plus vite.

  • Ces deux fameux traités, La Colère et La Clémence, sont un réquisitoire contre la violence. L'Homme apaisé illustre la fatalité du malheur mais aussi les certitudes d'une vie pacifiée.

  • Les tragédies de Sénèque ont inspiré directement, et parfois littéralement, Shakespeare, Corneille et Racine, et pourtant, jusqu'au XXe siècle, on les tenait pour injouables et leur réputation était exécrable auprès des critiques.
    Tout a changé à partir de 1932 où Georges et Ludmilla Pitoëff ont monté Médée, suscitant l'enthousiasme d'Antonin Artaud qui dès lors vit en lui « le plus grand auteur tragique de l'histoire [...]. Je pleure en lisant son théâtre d'inspiré, et j'y sens sous le verbe des syllabes crépiter de la plus atroce manière le bouillonnement des forces du chaos ».
    Aujourd'hui, on ne se pose plus la question de savoir si Sénèque est jouable, on le joue.
    L'écriture versifiée est un élément scénique majeur de ces textes dont une grande partie était chantée, voire dansée. C'est entre autres pour cette raison qu'on les trouvera traduits ici, non seulement vers pour vers, mais avec la même variété métrique que dans le texte original.

  • Ce très violent pamphlet écrit par Sénèque contre Claude est peu connu. S'y mêlent prose et vers parodiques, avec une verve comique inattendue chez l'auteur des Lettres à Lucilius.

    Cette "apo-coloquintose" est, mot à mot, un citrouillage-coloquintage de l'empereur Claude, écrit après son élimination par Agrippine, l'épouse du prince. Si comme empereur Claude monte au ciel (apothéose), alors ce ne sera que sous la forme d'une citrouille, et après un vague et grotesque procès où témoignent successivement Hercule, Auguste, Caligula... Rousseau s'intéressa à ce texte (pourquoi ?) et il en livra en 1758 (dans le moment même de la brouille avec Diderot) une très belle et expressive traduction.

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