Pu De Rennes

  • Il est devenu inhabituel dans la philosophie contemporaine de faire appel à Dieu, à la nature humaine créée, à l'âme, à la finalité de toutes choses et à celle de l'homme en particulier. C'est pourtant ce que tente ce livre : une métaphysique de l'art et de la vie esthétique dans une tradition réaliste et religieuse.

    Cette métaphysique est adossée à deux idées principales, l) L'art et la vie esthétique sont un aspect de la réalisation, par l'homme, de sa propre nature rationnelle. 2) Par son âme rationnelle, l'homme participe autant qu'il est possible à l'esprit le plus élevé : celui de Dieu duquel dépendent toutes choses. L'art et La vie esthétique sont ainsi des formes du désir naturel de Dieu - telle est la thèse que ce livre entend défendre.

  • Le terme "esthétique" désigne une discipline philosophique. Une épistémologie de l'esthétique est une enquête méthodologique sur cette discipline. Le terme "esthétique" qualifie aussi les notions d'expérience, de propriétés, de pensée. L'épistémologie de l'esthétique porte alors sur les opérations sensibles et cognitives caractérisant les expériences ou les modes de pensée esthétiques.

    La première partie, méta-esthétique, examine différentes façons de faire de l'esthétique (Pierre-Henry Frangne, Jacques Morizot, Roger Pouivet). La deuxième partie de l'ouvrage s'interroge sur les relations conceptuelles qui sous-tendent notre perception des oeuvres d'art (Alessandro Arbo, Guillaume Schuppert, Carole Talon-Hugon). La troisième partie porte sur la valeur cognitive des arts (Derek Matravers, Julia Beauquel, Catherine Elgin).

    La dernière partie explore certaines applications des questions épistémologiques en esthétique (Sandrine Darsel sur l'art conceptuel, Hervé Gaff sur l'architecture, Alexandre Declos sur les jeux vidéo, Vincent Granata sur le blues). On a pu parler d'une "tournant épistémologique en esthétique". Ce livre le prend délibérément.

  • L'art nous apprend-il quelque chose ? La réponse à cette question a parfois été négative : l'art ne nous apprend rien, il nous flatte, voire nous corrompt. En revanche, certains ont suggéré que les arts nous permettent d'accéder à une connaissance supérieure à celle des sciences ou de la philosophie. Ce livre pose le problème de savoir si la valeur cognitive des oeuvres d'art entre dons leur mérite artistique, ou si cette valeur ne s'y attache que de façon contingente et non décisive, ne pouvant alors constituer une norme de leur intérêt artistique. Le livre, organisé en deux parties, examine le problème dans sa globalité, pour tous les arts ; avant de s'attacher à des questions particulières (la relation entre esthétique et mathématiques, la valeur cognitive de la littérature ou de la photographie, celle de la musique et particulièrement du jazz). Qu'elle soit épistémologique ou éthique, la revendication cognitive dans les arts est-elle justifiée ? N'est-elle pas une illusion conduisant à accorder une valeur excessive à l'art, ou à faire une erreur sur ce qu'il peut réellement nous apporter ?

  • Que nous apprend le mouvement dansé sur la nature humaine ? Quelle signification la danse permet-elle de donner à la relation entre le corps et l'esprit ? Les animaux non humains peuvent-ils danser ? Un spectacle de danse n'est-il qu'un divertissement agréable ou la contemplation perplexe d'un monde mystérieux et ineffable ? La danse permet-elle d'affiner notre perception de certaines propriétés expressives, notamment musicales ? A quelles conditions telle oeuvre, Le Lac des cygnes ou Annonciation d'Angelin Preljocaj, est-elle correctement interprétée par les danseurs et bien identifiée par les spectateurs ? Quel est le statut des partitions chorégraphiques dans cette identité de l'oeuvre dansée ? Voici quelques-uns des problèmes auxquels se confrontent les spécialistes internationaux de la philosophie de la danse qui ont participé à cet ouvrage.
    En posant avec clarté certaines questions de philosophie de l'esprit, d'ontologie, et d'épistémologie, ils témoignent à la fois de l'intérêt réel de la danse comme objet philosophique et du rôle unique que peut jouer la philosophie dans une meilleure compréhension de cet art.

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