• Piètre stratège, piètre tacticien, d'une nocivité vibrionnante, l'homme s'aliénera alors définitivement la sympathie de ses alliés naturels. Il ne devra sa survie qu'à la protection de l'Union soviétique qui pensera compenser par la Libye la défection de l'Égypte post-nassérienne, à la vigilance des services de renseignements est-allemands qui déjoueront de nombreuses tentatives de coup d'État fomentés contre lui, ainsi qu'à celle des aviateurs nord-coréens et syriens qui assureront une protection permanente de son espace aérien.
    La guerre verbale aura été la seule guerre qu'il aura véritablement menée. L'homme avait en effet développé une phraséologie outrageusement polémique dans le souci d'accréditer l'idée qu'il menait l'avant-garde du combat contre «l'impérialisme américain» et faire oublier ainsi ses connexions antérieures anglo-saxonnes. En se faisant le héraut de la cause nationale arabe, Kadhafi usait, ainsi que ses médias, d'une terminologie à telle point outrancière que la population avait peine parfois à la décoder.
    Se piquant de culture, le «Guide suprême de la Révolution libyenne» édictera son Livre Vert, un condensé de théories contradictoires glanées de l'air du temps qui se présentait comme une sorte de «Troisième théorie universelle». Offert gracieusement à toute personne de passage en Libye ou en rapport avec ce pays, une formalité obligée, cet ouvrage se proposait d'instaurer un socialisme sans socialistes, une démocratie sans démocrates et un pouvoir populaire sans peuple. La «populocratie» «Jamahiriya» qui lui a tenu lieu de substitut, a érigé la bureaucratie en système de gouvernement et le parasitisme en règle de vie.
    A l'heure des combats marqués par le ralliement à la contestation populaire de tous les survivants du groupe des officiers libres, tombeur de la dynastie senoussie, en 1969, de la quasi-totalité des provinces et des tribus du pays, de larges couches de l'administration civile, des forces armées et de la sécurité, les « officiers libres » démissionnaires ont fait planer la menace de poursuites pénales internationales sur le dirigeant libyen, affirmant détenir de preuves sur la responsabilité directe du Colonel Mouammar Kadhafi dans la destruction du Boeing américain au dessus de la localité de Lockerbie (Ecosse).
    Arcbouté sur la garde prétorienne du régime, une milice de 30.000 hommes dirigée par ses quatre fils, Mou'tassem Bilal, Saadi, Khamis et Hannibal, épaulés par un duo de collaborateurs sulfureux, son chef des services secrets Abdallah Senoussi, impliqué dans l'attentat anti français de l'UTA au dessus du Ténéré, et de son ministre des affaires étrangères, Moussa Koussa, abandonné par ses anciens frères d'armes, y compris le commandant en chef de l'armée, le commandant opérationnel des forces spéciales et le ministre de l'intérieur, le colonel Mouammar Al-Kadhafi subit le dernier quart d'heure de son long mandat, retranché dans la caserne militaire d' Al Azizya, à Tripoli, qui lui tient lieu de résidence, ployant sous l'assaut de son peuple dans une véritable guerre de libération populaire contre sa dictature.

  • L'humanitaire est capable du pire comme du meilleur... S'il a permis d'alerter l'opinion internationale sur des situations scandaleuses d'abus de pouvoir et des cas abominables de maltraitance, il a servi de caution à des équipées militaires. L'humanitaire s'est toujours exercé dans une action dictée du Nord vers le Sud.

  • Dix ans après le raid apocalyptique contre les symboles de l'hyperpuissance américaine, les principaux vecteurs d'influence occidentale en terre d'Orient ont été pulvérisés, du commandant Massoud Shah à Benazir Bhutto en passant par Rafic Hariri. Chef du clan américano-saoudien au Liban, l'ancien Premier ministre a été un exécutant majeur de la pantomime du Moyen-Orient et, à ce titre, victime majeure du discours disjonctif occidental. Pur produit de la financiarisation de la vie politique nationale, Rafic Hariri aura, à l'instar d'une bulle financière, implosé.

  • Par trois fois en un siècle, le Monde arabe a perdu la bataille de la modernité et du décollage économique, perpétuant durablement sa sujétion.
    Au seuil du XXIe siècle, aucun état arabe n'a encore rejoint le club des nouveaux pays industriels émergents du Tiers-monde. Longtemps pourvoyeur dociles des besoins énergétiques des économies occidentales et de facilités militaires aux armées anglo-saxonnes, les Etats arabes sont désormais pris en tenaille par la crainte d'un double syndrome, le syndrome de la démocratisation forcée impulsée par l'administration néo-conservatrice du président Georges Bush et le syndrome de radicalisation islamiste.
    La plus grande erreur de l'Occident est d'avoir toujours voulu coexister avec des " Arabes domestiqués " dans la plus grande tradition coloniale. De Nasser à Arafat, comme auparavant Mossadegh en Iran, l'Occident a réagi à l'émergence de dirigeants nationalistes arabes ou musulmans par leur diabolisation, entraînant une radicalisation du combat. Nasser comme Arafat ont été comparés à Hitler. Par mouvement symétrique le nationalisme a cédé la place à l'Islamisme, Nasser à Oussama Ben Laden, Mossadegh à l'Imam Khomeiny, Arafat au Hamas et au Jihad islamique palestinien.
    Dans " Aux origines de la tragédie arabe ", René Naba analyse, de manière précise et étayée, les enjeux géopolitiques et les manipulations stratégiques et médiatiques qui ont mené le monde arabe à son effondrement. " Pour qu'une paix survienne au Proche-Orient, écrit-il, il incombe aux Occidentaux de tirer les enseignements de leur propre histoire et d'offrir aux Arabes non une capitulation déguisée comme en Palestine, ou une servitude volontaire comme en Irak, mais une paix fondée sur la justice ".

  • Première république islamique de l´histoire, le Pakistan, un pays voué à l´islam, a longtemps fait office de bodyguard de la dynastie wahhabite, le gardien des lieux saints de l´Islam, l´incubateur absolu du terrorisme islamique. Mais, face au double défi représenté par le Monde post occidental et l´eurasie, marqué par la montée en puissance de l´asie au premier rang des continents de par son importance économique et démographique, le pays des purs tend à abandonner sa fonction hideuse de base arrière du djihadisme planétaire pour un rôle plus valorisant de partenaire stratégique de la Chine, via le projet OBOR, la première puissance mondiale en devenir. Un boulversement stratégique radical. La vengeance des empires terrestres eurasiatique.

  • Le plus jeune Royaume parmi les grands décideurs de la planète, l'Arabie saoudite, se voulait un phare d'un mondemarqué par la renaissance de la sphèremusulmane, après quatorze siècles de léthargie ottomane et de sujétion coloniale.
    Mais ce pays quasi centenaire, constamment gouverné par des gérontocrates depuis sa fondation en 1929, aura été l'incubateur absolu du djihadisme erratique dans toutes ses déclinaisons, "idiot utile" de la stratégie atlantiste, destructeur des bouddhas de bamyan et des sanctuaires de tombouctou, la meilleure justification à l'islamophobie occidentale. Le meilleur alibi à l'impunité d'israël et à sa sanctuarisation.médine, al madina al-mounawara, la ville illuminée, sous-tend un royaume des ténèbres.

  • Fruit d'une gestation de quarante ans, au gré des reportages dictés par l'actualité, cet ouvrage traite de sujets qui demeurent de la plus brûlante actualité, du jeu régional des puissances grandes et petites au Moyen-Orient, des guerres qui s'y déroulent au Liban, en Irak et en Palestine avec en point de mire l'Iran. Compilation des articles les plus significatifs, De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde vous restitue dans leur intégralité des dépêches à l'état brut. Un tableau d'époque en somme.

  • « Bougnoule » tire son origine de l'expression argotique « Aboul Gnoul » faisant référence aux grandes rasades d'alcool destinées à galvaniser les Arabes et les Africains à l'assaut des lignes allemandes à Verdun et finira par constituer la marque d'une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs. Elle finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l'Empire, piétaille de la République, défenseurs essentiels d'une patrie qui s'est toujours voulue distincte dans le concert des nations.

  • La conquête de l'imaginaire des peuples, gage essentiel de la pérennité d'une nation, constitue un enjeu majeur du XXIe siècle, face au risque de déclassement de l'Occident comme premier bloc planétaire. Ce livre décrit la stratégie des uns, la riposte des autres, les ruses et les subterfuges des uns et des autres ainsi que leurs bévues.

  • Personne n'a rien vu venir. Personne. Absolument personne. Cemot d'ordre, repris en choeur par tous les intellectuels médiatiques, repris en boucle sur les ondes, dans toutes les déclinaisons des réseaux hertziens et numériques, a servi de justificatif à la cécité politique occidentale lors du « printemps arabe » de l'hiver 2011.
    Personne n'a rien vu venir, malgré quatorze tentatives d'attentat ourdis contre le président égyptien Hosni Moubarak en 32 ans de pouvoir, malgré les deuxmille quatre vingt dix (2090) émeutes dénombrées à travers le Monde, en trois ans (2008-2011), dont plusieurs centaines en Egypte et en Tunisie, premières émeutes de lamondialisation, le terreau contestataire sur lequel germera la révolte des peuples arabes de l'hiver 2011.
    L'argument est court. Il masquemal la déroute de la stratégie occidentale et de la pensée européocentriste au seuil du XXI me siècle. Personne vraiment ? Personne alors que leMonde arabe représente la plus forte concentrationmilitaire occidentale, hors Otan, quadrillé par un chapelet d'une quinzaine de bases aéronavales et terrestres du Golfe arabo-persique à la Mauritanie.

    Sur commande
  • Rien ne va plus dans la planète djihadiste : Une guerre fratricide se déroule au sein de la planète djihadiste à coups d'anathèmes, de conflit de légitimité et de procès en incompétence, à l'arrière plan d'une offensive majeure de l'Empire atlantiste visant à éradiquer leurs anciens sous traitants dans la sphère arabo-musulmane à l'époque de la guerre froide américano-soviétique.
    Ce conflit meurtrier met en scène les principaux protagonistes de l'Islam sous-tendant un enjeu de taille: le primat absolu sur la « Muslim Green Belt », la ceinture verte musulmane, autrement dit le leadership sur l'ensemble Musulman, une communauté humaine cimentée, malgré sa diversité, par une langue commune de prière (l'arabe), une continuité territoriale rarissime, à l'articulation des grandes voies de navigation transocéanique, à proximité des grands gisements énergétiques de ma planète. Une religion de dimension planétaire avec près de 1,5 milliards de croyants, dont le déploiement est de portée stratégique. S'étendant sur cinq continents, groupant 55 pays membres de l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), le Monde musulman se situe à l'intersection du Monde européen et du Monde indien. Renfermant les 2/3 des ressources énergétiques mondiales, il contrôle quatre des principales voies de navigation transocéaniques (Détroit de Gibraltar, le Canal de Suez, le Détroit d'Ormuz) avec en prime le Détroit des Dardanelles).
    Un ensemble désigné par les stratèges néo-conservateurs par le vocable de «The Muslim Belt », la ceinture verte de l'espace musulman, ayant vocation à encercler le « Heartland » eurasiatique (la Chine et la Russie) qui détient les clés de la maîtrise du monde.

  • Les révolutions arabes

    René Naba

    • Bachari
    • 17 May 2011

    Correspondant tournant au bureau régional de l'Agence France Presse à Beyrouth (1969 à 1979), responsable du monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP (1978-1989), Conseiller du directeur général de RMC pour l'information (1989-1994), René Naba a couvert les conversations égypto-israéliennes de Mena House (Décembre 1978-janvier 1979), premier négociations directes et publiques israélo-arabes, ainsi que les obsèques d'Anouar El Sadate au Caire (octobre 1981).

  • Au terme d'un millénaire houleux, les partenaires présumés qui ambitionnent de refaire de la Méditerranée un des pivots du 3è millénaire, se livrent à une véritable guerre des ondes qui prend des accents modernes d'une guerre de religion avec la prolifération des méga-radios religieuses occidentales le long de la Méditerranée. Cet ouvrage se propose d'être une contribution à la géostratégie de la communication en Méditerranée.

    Sur commande
  • Après un quart de siècle d'un incommensurable gâchis, le Liban aborde le XXIè siècle en lente convalescence accablé par la guerre et la gestion erratique du Président Elias Hraoui et de son premier ministre Rafic Hariri. Occupant pendant 20 ans le devant de la scène médiatique et politique, le milliardaire libano-saoudien, ami de la France, que ses partisans présentaient comme " le bâtisseur du Liban de demain " s'est révélé être pour ses détracteurs " le fossoyeur du patrimoine national ". sa gestion s'est soldée par un désastre économique.

    Sur commande
  • Pays méconnu, longtemps mis au ban de la communauté internationale, dirigé par un homme qui a longtemps encombré l'inconscient collectif par ses extravagances, la Libye fait son grand retour sinon sur la scène internationale à tout le moins sur la scène médiatique. Ce livre aurait pu s'intituler « La Libye, l'alibi comme révolution », tant les officiels libyens sont passés maîtres dans l'art de triturer la réalité, de torturer la vérité dans l'unique but de s'exonérer de tout ce gâchis.

    Justifiant son virage et ses multiples reniements, Le colonel Kadhafi a confessé dernièrement, en guise d'excuse absolutoire, qu'il s'était trompé durant la première tranche de son règne. Il se murmure à Tripoli, Benghazi, Sebha et Syrte qu'un cauchemar hante les Libyens, celui de se réveiller un jour avec un Kadhafi leur confessant à nouveau qu'il s'est une nouvelle fois trompé les trente années suivantes de son règne.

    Sur commande
  • Le Liban n'est plus ce qu'il était. Il n'a jamais été ce que son géniteur - la France - s'imaginait qu'il serait ou que les voyagistes en mal d'exotisme en ont propagé l'image : un havre de coexistence et de douceur de vivre. État tampo n, il assume avec rudesse sa condition, parfois avec panache comme lors de la dernière guerre destructrice d'Israël contre le Liban, en juillet 2006.
    Dans une lecture en contrechamps, à contre-courant des idées reçues, Roger Naba'a et son frère cadet René, procèdent à une déconstruction des mythes fondateurs du Liban, un paradis de bonheur, rarement, un purgatoire de larmes et de sang, plus fréquemment, un pays au bord du collapsus, certainement.

    Sur commande
empty