• Un titre : Comment j'ai écrit certains de mes livres, quelques images, comme celle de la statue de l'ilote faite en baleines de corset, roulant sur des rails en mou de veau, des anecdotes et un profil de dandy millionnaire et extravagant : tout cela assure à Raymond Roussel (1877-1933) une réelle célébrité - sans compter sa mort mystérieuse un 14 juillet à Palerme. La méthode d'écriture qu'il avait mise au point, reposant sur un usage systématique du calembour et du double sens, fait, en outre, qu'il occupe une place singulière dans l'imaginaire français du XXe siècle.
    Ses maîtres étaient Jules Verne, Pierre Loti et H. G. Wells. Il s'est exprimé comme eux dans le roman d'aventures exotiques (Impressions d'Afrique) ou la science-fiction la plus futuriste (Locus Solus). Apprécié des créateurs d'avant-garde, de Salvador Dalí, qui lui a consacré un film et plusieurs tableaux, ou Marcel Duchamp, auquel il a inspiré son Grand Verre, à Georges Perec, il a été salué par André Breton, dans son Manifeste du surréalisme, comme « le plus grand magnétiseur des temps modernes ».
    Chez Roussel, tout peut arriver, y compris (mais rarement) des choses vraisemblables. C'est pourquoi la lecture de ses oeuvres, ici réunies pour la première fois en un seul volume, produit une véritable fascination, qui rejoint les féeries de l'enfance, la magie d'un temps suspendu. L'enfance était le seul univers fréquentable aux yeux de l'écrivain, qui s'était ainsi « érigé une réalité sur mesure », comme le note Yann Moix, l'un de ses plus fervents admirateurs.

  • Impressions d'afrique

    Raymond Roussel


    Qu'on ne s'attende pas à un roman d'aventures, encore
    moins à des souvenirs de voyage : Impressions d'Afrique,
    paru en 1909, est un laboratoire d'expérimentation
    littéraire, où l'histoire commence au chapitre I ou
    au chapitre X, selon le choix du lecteur ; chaque mot en
    recèle un autre, chaque phrase contient en germe un
    roman à venir. Edmond Rostand, le premier, fut fasciné ;
    puis Marcel Duchamp - il dit s'en être inspiré pour
    La Mariée mise à nu -, Michel Leiris, André Breton,
    Georges Perec... Et pourtant, ce texte magistral, où
    les excès de l'imagination n'ont d'égal que l'extrême
    maîtrise de l'écriture, n'intéressa pas même les éditeurs :
    Roussel dut le publier à son compte. Est-ce l'oeuvre
    d'un fou mystificateur ? d'un hermétiste ? d'un oulipien
    avant l'heure ? Peu importe. Comme l'écrivait
    Paul Reboux : «C'est un livre extraordinaire, ahurissant,
    cocasse, chimérique ; donc, ce n'est pas un livre
    indifférent.»


  • Raymond Roussel, dont les Surréalistes furent les premiers à honorer l'importance, ne cesse de voir sa place grandir dans le paysage moderne.

    Grande fortune, d'abord compositeur, mais aussi inventeur, voyageur, il n'y a que la littérature qui comptait pour lui, et on lui fit payer cher son dilettantisme. Il raconte dans "Comment j'ai écrit certains de mes livres" l'accueil fait à ses romans et, encore plus violemment, à ses pièces de théâtre.

    Mais, pour nous, l'essentiel c'est ce bousculement. La mise en avant de la méthode de composition, à un point que nul avant lui (et probablement juste l'Oulipo après lui - et il n'y aurait pas d'Oulipo sans Roussel) n'aura réussi à maîtriser.

    Pas besoin d'aller en Afrique pour écrire les "Nouvelles impressions d'Afrique", et la magie fantastique du "Locus Solus", ici il en donne les recettes.

    C'est ce qui fait l'étrangeté de ce voyage organisé par Roussel lui-même dans la genèse d'une des oeuvres les plus étranges de toute notre littérature. Son testament, publié juste après sa mort, en 1935, ce livre culte n'avait pas été réédité depuis 1963 - il était grand temps d'en proposer une édition numérique.

    FB

  • La doublure

    Raymond Roussel

  • De Raymond Roussel (1877-1933), écrivain, dramaturge et poète français, le grand public ne connaît que vaguement la légende : sa richesse immense (mais il meurt ruiné) ; ses manies étranges (tous les repas quotidiens pris en un seul, ses chemises portées une seule fois) ; ses caprices (la première roulotte automobile de grand luxe) ; ses dépenses énormes pour faire imprimer ou pour faire jouer ses pièces ; sa dernière passion : les échecs ; sa mort mystérieuse.
    Pour André Breton, Raymond Roussel est « Le plus grand magnétiseur des temps modernes » ; pour Proust : « Un prodigieux outillage poétique » ; pour Aragon : « Une statue parfaite du génie » tandis que Paul Eluard écrivait : « Il nous montre tout ce qui n'a pas été ; cette réalité seule nous importe ». Nouvelles Impressions d'Afrique de Raymond Roussel est fondamental pour l'écriture : possibilité de lectures multiples et livre précurseur des réalités virtuelles que nous connaissons aujourd'hui.

  • La chiquenaude

    Raymond Roussel

    Elle montrait du doigt la nuée de petits papillons qui s'envolait toujours dans le rayon de lune, et toute secouée par son hilarité elle s'écriait en se tenant les côtes :
    «Les vers de la doublure dans la pièce du fort pantalon rouge !.» «Pendant quelques années ce fut de la prospection. Auncune de mes oeuvres ne me satisfit, sauf Chiquenaude» dit Raymond Roussel. Ce court et rare récit rompt encore parmi les fils qui le rattachent à la réalité : le «mot» est la seule origine ; il stimule, avance, se dédouble jusqu'à unir deux directions opposées. «Le plus grand magnétiseur des temps modernes», comme le nommait André Breton, agit ici en virtuose.


    Fac simile de la rarissime édition originale de 1900.

  • La silhouette littéraire de Raymond Roussel demeure l'une des plus énigmatiques. Né à Paris, en 1877, issu d'une famille richissime, Raymond Roussel, après une éducation musicale d'excellence, décide de consacrer son existence à l'écriture. Ses livres néanmoins ne rencontreront jamais le moindre succès. Et Raymond Roussel dans des circonstances encore troubles mettra fin à ses jours, à Palerme, en 1933, à l'âge de 56 ans. Son oeuvre cependant lui survivra de manière flamboyante. Des commentateurs de renom y reconnaitront une oeuvre majeure, qu'il s'agisse de Michel Foucault, Michel Leiris, Georges Pérec ou André Breton qui le qualifiera du «plus grand magnétiseur des temps modernes». Les trois histoires réunies sous cette couverture étaient considérées par leur auteur, selon ses plans, comme réussies. Il semblait aussi judicieux d'y adjoindre cette sorte de manifeste : Comment j'ai écrit certains de mes livres, grâce auquel Raymond Roussel nous révèle certains de ses procédés de composition, qui nous font admettre que les jeux de l'écriture et de l'imagination s'imposent comme des activités des plus sérieuses.

  • De Raymond Roussel (1877-1933), écrivain, dramaturge et poète français, le grand public ne connaît que vaguement la légende : sa richesse immense (mais il meurt ruiné) ; ses manies étranges (tous les repas quotidiens pris en un seul, ses chemises portées une seule fois) ; ses caprices (la première roulotte automobile de grand luxe) ; ses dépenses énormes pour faire imprimer ou pour faire jouer ses pièces ; sa dernière passion : les échecs ; sa mort mystérieuse.
    Pour André Breton, Raymond Roussel est « Le plus grand magnétiseur des temps modernes » ; pour Proust : « Un prodigieux outillage poétique » ; pour Aragon : « Une statue parfaite du génie » tandis que Paul Eluard écrivait : « Il nous montre tout ce qui n'a pas été ; cette réalité seule nous importe ». Nouvelles Impressions d'Afrique de Raymond Roussel est fondamental pour l'écriture : possibilité de lectures multiples et livre précurseur des réalités virtuelles que nous connaissons aujourd'hui.

  • Annie Le Brun a publié récemment:

    Vingt mille lieues sous les mots, Raymond Roussel (Jean-Jacques Pauvert chez Fayard) De l'inanité de la littérature (Jean-Jacques Pauvert aux Belles Lettres) Pour Aimé Césaire (Jean-Michel Place) Rappel:

    Soudain un bloc d'abîme, Sade (Jean-Jacques Pauvert chez Fayard)

  • Patrick Besnier est l'auteur d'un Alfred Jarry: (Plon, 1990). Il a édité Lautréamont, Darien et Jarry.

  • L'Allée aux Lucioles est l'unique inédit que Roussel aurait souhaité voir éventuellement publier, bien qu'il n'ait pu le terminer à cause, nous dit-il, de « la mobilisation de 1914 ». Lorsqu'on connaît l'exigence méticuleuse dont il faisait preuve quant à l'achèvement de ses livres, on peut mesurer l'importance qu'il attribuait à cette oeuvre. Aussi, peut-on affirmer que c'est son inachèvement même qui, pour une part, lui donne sa texture de dentelle précieuse et irisée, de façon à former l'auréole fragile, vibrante et élégante de Locus Solus qui l'a immédiatement précédée. Loin d'altérer le texte, la présence de blancs, autant que les différents jeux de mise en abyme, caractéristiques et absolument essentiels au fonctionnement du dispositif mis en place, favorisent l'irruption d'une multiplicité de plans de consistance hétérogènes et apparemment hasardeux dont l'interaction rend problématique toute forme de légitimité. Celle, dans Impressions d'Afrique, de l'empereur Talou VII ou de Frédéric II dans L'Allée aux Lucioles.
    Mais plus fondamentalement encore, dans cet inédit comme dans Locus Solus, c'est la légitimité et le statut mêmes de celui qui se trouve être opératoirement et momentanément le garant de la bonne gestion et du bon fonctionnement des savoirs, soit, respectivement, Flavier et Canterel - deux personnifications du poète - qui se trouvent ici mis en crise. D'où la question posée en filigrane par Roussel : quels types d'agencements machiniques forcément contextuels, toujours à reconstruire, sont aptes à produire dans ce milieu chaotique une réalité nécessaire parce que judicieusement fonctionnelle, vraie, donc jubilatoire et glorieuse, en fonction de son degré d'utilité ? Glorieuse utilité, celle d'un corps : le corps opérateur de Flavier, flavescent parce qu'indéfiniment processuel.

    Sur commande
  • Locus Solus

    Raymond Roussel

    BnF collection ebooks - "Ce jeudi de commençant avril, mon savant ami le maître Martial Canterel m'avait convié, avec quelques autres de ses intimes, à visiter l'immense parc environnant sa belle villa de Montmorency."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • Grand Raymond Roussel : vie hors du commun bien sûr, un héritage qui fait de lui un homme fortuné, libre de se consacrer aux passions qui le brûlent. Compositeur, pianiste de génie, inventeur tous azimuts, sauf qu'incompris. Et, au-des la passion d'écrire : un inventeur, un manipulateur (voir son légendaire Comment j'ai écrit certains de mes livres), un expérimentateur sur comment s'y prendre.
    Et pourtant, à chaque publication, de son vivant, l'échec qui le conduira au suicide, à Palerme, en 1933.
    Il nous laisse, parmi une suite de monstres littéraires qui en mettent toutes les valeurs à bas, au moins une oeuvre en apparence raisonnable : la description du parc, dans la demeure d'un étrange inventeur, Martial Cantarel, et quelques rencontres qu'on y fait.
    Il fallait cela pour que nous entrions, nous, comme dans un rêve, dans ces machines étranges, mêlant l'art du récit à de fascinantes inventions plastiques, machines à arracher les dents et composant ces labyrinthiques oeuvres d'art à partir des dents collectées ?
    "Locus Solus", paru en 1914, au bord de la catastrophe du monde, est un livre des plus immenses, vaguement inquiétant, toujours acide, un défi à notre relation ordinaire au monde.  Il suffit pourtant d'y suivre l'explorateur Échenoz pour être pris par le plus simple, le plus époustouflant et troublant roman.  FB

  • Qu'on ne s'attende pas à un roman d'aventures, encore moins à des souvenirs de voyage : Impressions d'Afrique, paru en 1909, est un laboratoire d'expérimentation littéraire, où l'histoire commence au chapitre I ou au chapitre X, selon le choix du lecteur ; chaque mot en recèle un autre, chaque phrase contient en germe un roman à venir. Edmond Rostand, le premier, fut fasciné ; puis Marcel Duchamp - il dit s'en être inspiré pour La Mariée mise a nu -, Michel Leiris, André Breton, Georges Perc... Et pourtant, ce texte magistral, où les excès de l'imagination n'ont d'égal que l'extrême maîtrise de l'écriture, n'intéressa pas même les éditeurs : Roussel dut le publier à son compte. Est-ce l'oeuvre d'un fou mystificateur ? d'un hermétiste? d'un oulipien avant l'heure ? Peu importe. Comme l'écrivait Paul Reboux : "C'est un livre extraordinaire, ahurissant, cocasse, chimérique ; donc, ce n'est pas un livre indifférent."

  • Raymond Roussel, dont les Surréalistes furent les premiers à honorer l'importance, ne cesse de voir sa place grandir dans le paysage moderne.

    Grande fortune, d'abord compositeur, mais aussi inventeur, voyageur, il n'y a que la littérature qui comptait pour lui, et on lui fit payer cher son dilettantisme. Il raconte dans "Comment j'ai écrit certains de mes livres" l'accueil fait à ses romans et, encore plus violemment, à ses pièces de théâtre.

    Mais, pour nous, l'essentiel c'est ce bousculement. La mise en avant de la méthode de composition, à un point que nul avant lui (et probablement juste l'Oulipo après lui - et il n'y aurait pas d'Oulipo sans Roussel) n'aura réussi à maîtriser.

    Pas besoin d'aller en Afrique pour écrire les "Nouvelles impressions d'Afrique", et la magie fantastique du "Locus Solus", ici il en donne les recettes.

    C'est ce qui fait l'étrangeté de ce voyage organisé par Roussel lui-même dans la genèse d'une des oeuvres les plus étranges de toute notre littérature. Son testament, publié juste après sa mort, en 1935, ce livre culte n'avait pas été réédité depuis 1963 - il était grand temps d'en proposer une édition numérique.

    FB

  • Qu'on ne s'attende pas à un roman d'aventures, encore moins à des souvenirs de voyage : Impressions d'Afrique, paru en 1909, est un laboratoire d'expérimentation littéraire, où l'histoire commence au chapitre I ou au chapitre X, selon le choix du lecteur ; chaque mot en recèle un autre, chaque phrase contient en germe un roman à venir. Edmond Rostand, le premier, fut fasciné ; puis Marcel Duchamp - il dit s'en être inspiré pour La Mariée mise a nu -, Michel Leiris, André Breton, Georges Perc... Et pourtant, ce texte magistral, où les excès de l'imagination n'ont d'égal que l'extrême maîtrise de l'écriture, n'intéressa pas même les éditeurs : Roussel dut le publier à son compte. Est-ce l'oeuvre d'un fou mystificateur ? d'un hermétiste? d'un oulipien avant l'heure ? Peu importe. Comme l'écrivait Paul Reboux : "C'est un livre extraordinaire, ahurissant, cocasse, chimérique ; donc, ce n'est pas un livre indifférent."

  • Qu'on ne s'attende pas à un roman d'aventures, encore moins à des souvenirs de voyage : Impressions d'Afrique, paru en 1909, est un laboratoire d'expérimentation littéraire, où l'histoire commence au chapitre I ou au chapitre X, selon le choix du lecteur ; chaque mot en recèle un autre, chaque phrase contient en germe un roman à venir. Edmond Rostand, le premier, fut fasciné ; puis Marcel Duchamp - il dit s'en être inspiré pour La Mariée mise a nu -, Michel Leiris, André Breton, Georges Perc... Et pourtant, ce texte magistral, où les excès de l'imagination n'ont d'égal que l'extrême maîtrise de l'écriture, n'intéressa pas même les éditeurs : Roussel dut le publier à son compte. Est-ce l'oeuvre d'un fou mystificateur ? d'un hermétiste? d'un oulipien avant l'heure ? Peu importe. Comme l'écrivait Paul Reboux : "C'est un livre extraordinaire, ahurissant, cocasse, chimérique ; donc, ce n'est pas un livre indifférent."

  • BnF collection ebooks - "LA DOUBLURE - Le décor renaissance est une grande salle Au château du vieux comte. Une portière sale Sert d´entrée. Un vieillard, en beaux habits de deuil Et l´air grave, est assis sur le bord d´un fauteuil A dossier haut. Il met sa main sur une table Auprès de lui, disant : C´est là le véritable Moyen ; quoi qu´il en soit, je ferai jusqu´au bout Mon devoir ; vous pouvez vous retirer."

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