• Le manege

    Radiere Thierry

    • Tarmac
    • 29 August 2018
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  • " Dès que je vois Victor sortir du car avec son perfecto noir, j'ai l'impression d'attendre une rock-star. " Maturin a onze ans et adore son grand frère Victor, qui est en terminale. Il joue dans un groupe de rock, il a toujours plein d'idées, il lui raconte ses histoires de lycée avec les filles et ses copains, et lui fait écouter de super morceaux... Il est cool ! Et dès qu'il rentre le vendredi soir, Maturin saute de joie.
    Seulement, il ne se passe pas un week-end sans qu'il y ait une dispute entre Victor et son père. Maturin ne rêve que d'une seule chose : que tout le monde s'entende comme dans une famille normale. Mais comment faire quand on n'a que onze ans et que la maison est devenue une vraie poudrière ?

  • La merveille, on n'a pas besoin de la traquer, elle vient à vous. Il suffit d'oublier votre but, la liste des courses pour qu'elle surgisse. Cette irruption dans votre quotidien ne provoque ni stupeur ni effroi. « La chasse est gentille. » Et cela vous rend aimable, incroyablement humain. « Les marchés le samedi matin avec toi sont des attendrisseurs : ils font venir au fond de ma gorge un goût de partage que je ne connaissais pas. » Qu'est-ce qui nous aimante ici ? « Mais que cherchons-nous au juste ? » Nous n'aurons pas la réponse. Nous ne pourrons que constater. Le rayonnement : « il nous porte à bras le corps hors des frontières et nous laisse retomber au milieu des vestiges d'une guerre en cours que nous menons à petits pas contre les certitudes et la folie des grandeurs. » Extrait de la préface de Denis Montebello

  • Sur son recueil Après la nuit après, Thierry Radière écrit ceci :
    Si, selon Cocteau, les rêves sont la littérature du sommeil, ils deviennent vite, au contact de la lumière du jour, des poèmes avides de raconter des histoires. Après la nuit après est une invitation à un voyage intérieur en apnée. Chacun peut l'effectuer à son rythme, en fonction de sa propre respiration et de ses émotions. Ces textes se lisent comme des enchaînements d'images épinglées au centre d'une feuille blanche, tels des papillons sous verre.

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  • Entre midi et minuit Nouv.

    Dans la vraie vie, Thierry Radière est professeur d'anglais, comme Mallarmé avant lui. Ce métier offrirait-il une porte dérobée vers la poésie de ce monde ? Il faut le croire, tant Entre midi et minuit est habité par un ailleurs, si proche et si loin, qu'il s'agit d'attraper avant qu'il ne se sauve. Le recueil compte trois parties : « Poèmes totémiques », « Je n'aurais pas pu voir » et « J'avais déjà dit un jour ». Les aubes n'y sont pas navrantes. Souvent levé de bon matin, Thierry Radière s'assied à sa table de travail, le laboratoire de ses rêves, cette vigie de fortune.
    Secrétaire de lui-même, il note choses vues, images entraperçues, épiphanies fugaces, merveilleux nuages. Fuir, làbas fuir ? Pour voyager, inutile de faire ses valises : quand il se met à écrire, de minuscules îles se mettent à flotter un peu partout autour de lui.
    L'un des poèmes est dédié à Fernando Pessoa, et certaines pages pourraient être tombées du Livre de l'intranquillité.
    Ici, une femme ouvre une armoire et retrouve sa robe de mariée. Les souvenirs lui montent à la tête. A-t-elle menée la vie qu'elle avait imaginée l'espace d'une soirée, grisée par le champagne ? Chez Thierry Radière, on sourit souvent jaune. Des pères se pendent, d'autres partent, certains essaient d'assurer leur rôle. Entre la nostalgie du soleil et la neige du présent, la mélancolie sert de fil rouge. Dans ces textes intimistes, on parle à voix basse, et coulent les jours.
    Les lecteurs d'Apollinaire et Jean-Claude Pirotte auront plaisir à découvrir un poète qui aide à s'émerveiller et à rêver, le temps de continuer à mourir en douceur.

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