• Le 1er août 1911, Claude Debussy s'installe avec sa famille sur une plage normande. Pendant son séjour à Houlgate, il n'écrira pas une note de musique. Durant un mois, l'auteur de Pelléas et Mélisande se fondra dans la foule et subira le monde trivial des casinos et des hôtels de luxe, des bains de mer et des fêtes enfantines.

    Des photographies intimes témoignent de cet épisode mal connu de la vie du musicien. Ces clichés, conservées dans des albums de famille, peuvent être complétés par les photographies de ceux ayant croisé la route des Debussy comme Jacques-Henri Lartigue mais aussi par les nombreuses cartes postales montrant Houlgate ou le quartier parisien des Debussy.
    À l'occasion du centième anniversaire de la disparition de Claude Debussy, le livre Debussy à la plage mène l'enquête à travers les centaines de photographies rassemblées pour l'occasion. Fouillés à la loupe, les clichés révèlent la vie quotidienne des élites artistiques et mondaines du début du XXe siècle. Au terme du chemin, il n'est plus possible de regarder de la même manière les images de Claude Debussy.

    En partenariat avec la Haute école de musique de Genève.

  • Fondé en 1795, le Conservatoire de Paris a traversé jusqu'à aujourd'hui les vicissitudes politiques, les révolutions pédagogiques et esthétiques et, bien sûr, les transformations du métier d'artiste. Une telle longévité fait évidemment question surtout à l'heure où la notion même d'institution est remise en cause.

    Pour aborder la longue histoire du Conservatoire de Paris, ce livre propose une formule originale. Un bref essai historique analyse d'abord les piliers sur lesquels a reposé pendant près de deux siècles l'une des principales écoles de musique européenne. Puis 16 entretiens avec des personnes formées ou ayant travaillé dans l'établissement reviennent sur ses fondements et éclairent son histoire durant les cinquante dernières années.

    Les entretiens ont été menés avec Jane Berbié, Gilbert Amy, Alain Meunier, Jacqueline Billy-Hérody, Alain Louvier, Catherine Robin, Alain Poirier, Marc-Olivier Dupin, Philippe Dinkel, Claude Delangle, Géry Moutier, Frédéric de Roos, Coralie Fayolle, Bruno Messina, Bruno Mantovani et Alexis Kossenko.

  • Véritable musée imaginaire du spectacle vivant, cet ouvrage réunit le plus grand ensemble de documents jusqu'ici collectés sur tous les aspects de la scène lyrique autour de 1900, alors même que celle-ci connaissait son apogée. Ce nouveau regard porté sur l'opéra ne néglige aucune des formes de la fabrique du spectacle, qu'il s'agisse des enjeux artistiques, pratiques, économiques et humains d'une production - allant des dessous jusqu'aux cintres en passant par les coulisses et les ateliers de construction des décors. La Scène lyrique aborde également le travail scénique du chanteur : celui-ci est aussi acteur et profère sa partie comme un véritable discours. Or, la permanence des règles de la rhétorique et de la civilité au théâtre est frappante jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Se tenir debout, s'asseoir, tomber à terre sont des actions régies par des convenances sociales et dramatiques. En revanche, le chanteur avait l'initiative de son jeu. Une grande part du métier d'artiste lyrique consistait, avec l'aide du costume et du maquillage, à composer un ensemble de gestes et d'expressions physionomiques empruntés à de vieilles traditions toujours vivantes. À partir de la réunion et de l'analyse de plusieurs centaines de gravures et de photographies, les auteurs ont recomposé les infinies combinaisons de gestes expressifs qui caractérisaient l'art du chanteur d'opéra. Sur la scène, de la même manière qu'un peintre compose une toile selon des lignes de force, le régisseur dispose les acteurs afin de former de véritables tableaux vivants. Ces moments d'immobilisation constituent le paroxysme expressif des opéras, autour de 1900, où tous les éléments constitutifs du genre se combinent harmonieusement.
    La Scène lyrique autour de 1900 contient plus de 560 illustrations (gravures, photographies, reproductions de documents d'archives, etc.) ainsi que deux CD incluant l'enregistrement intégral et inédit du premier tableau du troisième acte des Maîtres chanteurs de Nuremberg, de Richard Wagner (1944), et une anthologie d'airs et de pages symphoniques tirés des Maîtres chanteurs de Nuremberg, de Richard Wagner, par Georges Imbart de La Tour, Paul Franz, Marcel Journet, Georges Thill, Gabriel Pierné, etc. (1908 à 1935).

  • Loin de se réduire à un discours sur les oeuvres, l'analyse est aussi une pratique musicale impliquant des actes de lecture, d'écoute et d'écriture. Un groupe de musicologues (analystes et historiens) et de chercheurs venus d'autres disciplines s'interroge dans cet ouvrage sur l'origine et la signification des gestes quotidiens du travail analytique : chiffrage, transcription, réduction au piano, segmentation, écoute intérieure, construction d'une argumentation, fabrication de tableaux, qui donnent forme au propos de l'analyste et qui ont fini par se rejoindre dans une discipline que l'on appelle désormais « analyse musicale ». Au fil de l'ouvrage, qui aborde aussi bien la littérature wagnérienne que les transcriptions d'oeuvres électroacoustiques, les polémiques autour des théories de Riemann, d'Indy ou Schoenberg que les analyses musicales de Leibowitz, Messiaen, Boulez, Rouget, Forte ou Nattiez, se dessine la généalogie d'un savoir-faire aujourd'hui bien présent dans les conservatoires et les universités, mais dont l'histoire est au fond méconnue.

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