• Né en 1905 en Lituanie, Emmanuel Lévinas s'exile d'abord en Russie, puis en France, à Strasbourg, où, dès 1923, il commence des études de philosophie.
    Il devient l'ami de Maurice Blanchot. En 1928, il part suivre l'enseignement de Husserl et de Heidegger à Fribourg-en-Brisgau. Suivent la montée de l'hitlérisme et la guerre ; autant d'épreuves et de blessures indélébiles pour ce jeune philosophe qui ne s'est jamais éloigné de ses origines juives et n'a, par exemple, jamais abandonné la lecture du Talmud ni le questionnement métaphysique et éthique qui y est posé.
    C'est sans doute ce qui fait toute la force et l'originalité de la pensée de Lévinas : se situant au carrefour de domaines de l'esprit très différents, il réussit à forger une philosophie résolument moderne qui se veut, ainsi qu'il l'écrivait lui-même, "comme la sagesse de l'amour, au service de l'amour". Emmanuel Lévinas est mort en décembre 1995. S'attachant à l'homme autant qu'à sa pensée et à son itinéraire philosophique, cet ouvrage constitue une excellente introduction à Lévinas.

  • histoire d'une fascination - celle qu'exerça sur l'auteur de ce livre delphine seyrig, inoubliable héroïne de films mythiques tels que l'année dernière à marienbad d'alain resnais ou india song de marguerite duras -, comme une apparition parcourt en liberté les chemins qui mènent de l'autre à soi ou de soi à l'autre.
    tandis que, d'arrêts sur image en digressions, d'événements objectifs en rencontres fantasmées, se dessine le chatoyant portrait de l'actrice prématurément disparue en 1990, françois poirié semble inviter son lecteur à faire sienne, en si "divine" compagnie, un peu de sa belle déraison idolâtre pour redonner droit de cité aux illuminations enfantines, à leurs paradis perdus et à leurs généreuses folies.
    tout en assumant avec détermination et humour les excès mêmes de la ferveur qui l'anime, c'est en peintre et en écrivain que "le fou de delphine" rassemble les éléments - restés jusque-là épars - de la documentation qu'il a passionnément accumulée sur l'actrice afin de convoquer, telle qu'en elle-même, "l'apparition" bien-aimée - vivante lumineuse et fabuleuse icône.
    loin toutefois de relever de la pure et simple célébration, ce livre inclassable est aussi le lieu où s'engage, corps et âme, avec panache et ce qu'il faut d'autodérision, un écrivain rejouant la partie de son propre destin en grand lecteur, en jeune homme ardent puis en homme blessé que ne cessent de mettre en mouvement les puissances de la littérature - laquelle n'est, pour lui, comme delphine seyrig elle-même, que l'autre nom qu'il convient de donner à la vie et au désir.



  • triangle : anne vivait avec joseph qu'aimait nicolas, l'ami d'anne.
    l'un après l'autre, ces trois-là racontent l'histoire, qui les unit et les divisa, d'une communauté en forme de "ménage à trois" pas comme les autres. mais joseph le taciturne a décidé de se retirer du jeu.
    chronique d'un carnage amoureux, de l'insensé complot de l'imaginaire contre l'ordinaire de la vie, rire le coeur est le roman d'une génération qui franchit avec pertes et fracas le cap des illusions sans avoir réussi à faire tomber les frontières érigées entre rires et pleurs, silence et parole, masculin et féminin.


  • Par le jeu du souvenir et de "l'art libératoire du fragment", François Poirié livre un concentré d'idées vivantes et libres autour de quelques thèmes essentiels et pourtant délaissés par les penseurs et les philosophes : la promesse, la perte, la lassitude, l'indécision.
    Penser ce qui dans le registre du délaissé est pourtant essentiel à comprendre, c'est prêter une attention nouvelle aux angles morts de notre pensée, se laisser à nouveau surprendre et ouvrir la voie à des promenades inédites en terrain connu.
    Le guide est espiègle qui se joue des systèmes philosophiques et assouplit les jointures des constructions conceptuelles les plus rigides par le jeu du souvenir et de "l'art libératoire du fragment" - aidé en cela par des philosophes, des écrivains et des penseurs amis auxquels il rend hommage.
    Dans l'étoffe du texte se superposent les accrocs et les brûlures d'une vie, de ce qui se joue dans le rapport humain, de la promesse à la lassitude, en passant par la dette, l'indécision, le compliment ou la gêne. François Poirié y glane la matière d'une vision toute personnelle de l'existence, dont la forme épouse sans les contraindre les mouvements intimes de la pensée, passant sans ambages d'un thème à l'autre, et acheminant son propos vers sa destination : l'enfance. Une enfance ni perdue ni retrouvée, mais toujours là présente, comme une évidence.
    Reconnaître leur force d'attraction et questionner ces évidences, dont il rappelle qu'il est dans leur nature de passer inaperçues, c'est l'objet même de cette pensée qui n'a pas prétention à faire école, si ce n'est buissonnière.

  • Triangle : anne vivait avec joseph qu'aimait nicolas, l'ami d'anne.
    L'un après l'autre, ces trois-là racontent l'histoire, qui les unit et les divisa, d'une communauté en forme de "ménage à trois" pas comme les autres. mais joseph le taciturne a décidé de se retirer du jeu.
    Chronique d'un carnage amoureux, de l'insensé complot de l'imaginaire contre l'ordinaire de la vie, rire le coeur est le roman d'une génération qui franchit avec pertes et fracas le cap des illusions sans avoir réussi à faire tomber les frontières érigées entre rires et pleurs, silence et parole, masculin et féminin.

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