• La dénonciation régulière des « affaires » et des « scandales » laisse croire que les élites économiques et politiques ne sont plus à l'abri des mises en cause et des procès. Ces événements masquent pourtant une tout autre réalité. Les déviances et délinquances des élites restent en effet perçues comme ayant une moindre gravité
    que celles portant atteinte aux personnes et aux biens. Et elles sont loin de susciter la même réaction sociale.
    S'intéresser aux élites délinquantes permet alors de poser des questions qui ne sont jamais soulevées dans les cas d'atteintes aux biens et personnes. Où placer le curseur entre les déviances acceptables et celles qui menacent l'ordre social ? L'existence d'une norme pénale est-elle suffisante pour identifier un acte transgressif ? Les auteurs d'abus sont-ils vraiment mal intentionnés et responsables ? Ne sont-ils pas victimes d'organisations laxistes et d'une grande tolérance collective ? Quelle est enfin la sanction adéquate à ces débordements ? Ces enjeux sont autant intellectuels que politiques et éthiques.
    Afin de pouvoir construire des positions réfléchies sur le sujet, la maîtrise des connaissances scientifiques existantes est un préalable indispensable. Tel est l'apport de cet ouvrage.

  • Confrontés aux questions environnementales, les pays industrialisés ont dû repenser l'action publique pour tenter d'y répondre : que faire, en effet, au niveau national quand la plupart des enjeux écologiques sont autant régionaux que planétaires ? Comment prendre des décisions valides dans un contexte de forte incertitude, quand les informations manquent et que les expertises sont souvent partielles, voire contradictoires ? Comment intégrer à l'action publique des acteurs de la société civile (acteurs économiques, des ONG et de plus en plus des citoyens) fortement mobilisés sur ces sujets, mais aux intérêts divergents ?
    En analysant les politiques publiques de l'environnement menées aujourd'hui, cet ouvrage montre qu'elles transforment peu à peu la manière d'agir en politique. Il pointe aussi les faiblesses de ces nouvelles régulations, depuis leur conception et jusqu'à leur application, au regard des enjeux écologiques si pressants de notre époque.

  • " L'environnement " et ses " problèmes " sont devenus un enjeu d'une telle force d'évidence qu'il paraît presque impossible d'apporter la contradiction à ce projet : " il faut protéger l'environnement ! " C'est précisément cet ordre, au double sens de commandement et d'idéal d'organisation, qu'interroge ce livre profond et informé. L'auteur soutient brillamment le paradoxe suivant : au départ, les revendications écologiques étaient profondément critiques des savoirs scientifiques et techniques et du développement social qu'ils conduisent. Trente ans plus tard, leur traduction en politiques d'environnement débouche au contraire sur un appel croissant aux experts, ingénieurs et techniciens, détenteurs véritables d'un éco-pouvoir montant. La rationalité scientifique et technique, longtemps cible privilégiée de l'opprobre écologique, se prétend désormais au service de la dépollution et de la sauvegarde des milieux naturels. Notre capacité collective à débattre de ces questions demeure en revanche très faible. Les médias, qui donnent trop souvent une représentation naturaliste naïve du monde, ont leur part de responsabilité dans cette situation, et l'auteur en fait une critique sans cession. Mais il analyse aussi avec précision le jeu de l'administration publique dans la gestion des nuisances par débats contradictoires. Il passe enfin au crible le rôle des associations de défense, qui s'exténuent dans des mobilisations et des contre-expertises sans moyens suffisants. Avec le concept d' "éco-pouvoir ", Pierre Lascoumes dévoile l'émergence d'une nouvelle rationalité, qui prétend prendre le contrôle de tous les systèmes vivants, avec les effets de normalisation qui en découlent.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

  • Le pacte civil de solidarité (Pacs) est partout présenté comme l'une des grandes réformes sociales de la gauche française. La loi du 15 novembre 1999 a été adoptée à l'arraché après beaucoup d'incertitudes gouvernementales, de guerres d'experts, de mobilisations sociales, et après un marathon parlementaire très conflictuel. Avec deux ans de recul, la victoire finale est-elle aussi éclatante ? L'un de ses enjeux fondamentaux était la place que la société accorde à l'homosexualité. Certes, depuis vingt ans, nous sommes entrés dans l'ère de la tolérance que l'épidémie du sida a mêlée de compassion solidaire. Mais dès qu'il s'agit d'aller au-delà et de raisonner en termes d'égalité de droits ou en termes de respect des différences dans les orientations sexuelles, force est de constater que l'homosexualité retrouve une partie de sa marginalité. Dans cet ouvrage, Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes montrent que, malgré l'adoption du Pacs, l'homophobie demeure une composante forte de nos sociétés qui, pour démocratiques qu'elles prétendent être, se révèlent en réalité incapables de se penser hors de la norme hétérosexuelle. Retraçant les grandes lignes de la controverse qui a conduit de la revendication d'un partenariat pour les concubins jusqu'au Pacs, ils s'attachent à montrer comment la gauche a finalement contourné l'une de ses valeurs cardinales, l'égalité : si la droite politique assume souvent une homophobie explicite, la gauche est " hétérosexiste " par sa croyance dans une hiérarchie des sexualités qui met l'homosexualité dans une place subordonnée. Les auteurs montrent comment homophobie et hétérosexisme se sont alors associés pour refuser de reconnaître l'existence d'un véritable pluralisme des orientations sexuelles justifiant une égalité réelle dans l'exercice de la citoyenneté, et pour cantonner l'homosexualité dans une place mineure.

  • Les affaires se succdent, devenant parfois des scandales, laminant toujours un peu plus la défiance des citoyens l'égard de leurs élus et des institutions politiques. Quand 65 % des Français considrent les hommes politiques comme plutôt corrompus , on pourrait penser que la cote d'alerte est atteinte.
    Paradoxe de la démocratie française, ce n'est pas le cas. On s'indigne des affaires , on considre que la probité des gouvernants est l'un des fondements de la démocratie mais beaucoup de dirigeants se jouent des rgles et les orientent leur profit et, finalement, souvent complaisants avec le favoritisme et autres formes d'arrangement, les citoyens les sanctionnent peu.
    Pour comprendre cette situation pour le moins contradictoire cet ouvrage aborde sous différents angles l'ambiguté qui domine dans les attitudes l'égard de la corruption . Il montre, en combinant diverses enqutes (monographies locales, expérimentations, sondage) la multiplicité des critres de jugement sur la corruption. La politique n'est pas seulement une affaire de morale, mais aussi d'efficacité et de confiance dans nos institutions. C'est l'arbitrage complexe et mouvant entre ces trois dimensions qui explique l'ambivalence du comportement des électeurs et leur tolérance de fait.
    Ont contribué cet ouvrage : Bruno Cautrs - Flora Chanvril - Jean Chiche - Viviane Le Hay - Nonna Mayer - Oscar Mazzoleni - Guy Michelat - Janine Mossuz-Lavau - Anne Mixel - Pascal Perrineau - Mariette Sineau - Odette Tomescu-Hatto

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Organisé autour de deux approches principales : d'une part l'analyse de la place faite à Max Weber dans différents champs intellectuels, français, allemand, nord-américain, italien, etc. D'autre part, la présentation d'un ensemble de pistes de recherche contemporaine en sociologie du droit d'inspiration wébérienne.

  • Ces dernières années, les domaines d'intervention de l'État ont proliféré. Ce manuel permet de comprendre les dynamiques et les transformations des politiques publiques.Il reprend les principaux concepts et modèles d'analyse  à partir de deux questions fondamentales : Qu'est-ce qu'une politique publique ?  Comment changent les politiques publiques? 
     

  • Alors que la plupart des débats autour des politiques publiques se focalisent sur les objectifs annoncés et sur les résultats obtenus, l'ouvrage dirigé par Pierre Lascoumes et Patrick Le Gals propose de faire porter l'attention sur les instruments de l'action publique. A travers ces études de cas européens, de la rationalisation salariale dans l'administration française la restructuration de l'Etat en Grande-Bretagne, en passant par la réforme de la politique bancaire en Italie, un certain nombre de caractéristiques (des conditions de leur choix, des effets qu'ils produisent, aux rapports gouvernantsgouvernés qu'ils induisent) se dessinent. Au-del, l'analyse des instruments d'action publique démontre sa capacité révéler l'évolution des politiques publiques.

  • Rsistant toutes les contestations, toutes les crises et tous les changements de rgime politique, la prison s'est impose comme un modle universel de sanction sociale et d'isolement d'individus prsums dangereux.
    Elle est devenue un invariant des socits modernes, qui chappe en grande partie l'action des gouvernants, tout en tant profondment ancr dans le politique, et qui dispose d'une inertie propre imposant partout un modle rpressif et disciplinaire. Peut-on cependant diffrencier les recours cette solution punitive selon les contextes culturels et les conjonctures politiques ? Les moments de rupture politique ont-ils t sans cho sur les pratiques pnitentiaires ? Contrairement au lieu commun qui ne retient que l'inertie pnitentiaire, la prison est anime par une obsession rformatrice. N'est-elle tiraille qu'entre moments de crise et mouvements perptuels, recherche d'alternatives partielles et rplication des modles prouvs ?
    Les contributions rassembles dans cet ouvrage s'attachent l'analyse des changements observs dans des contextes politiques majeurs (chute du mur de Berlin, fin de l'apartheid, effondrement de l'URSS, etc.). La prison est aussi souvent impliques dans des crises politiques qui donnent lieu des modles d'enfermement d'exception toujours renouvels (camps de rtention, Guantanamo, etc.). La prison est, enfin, rgulirement l'occasion d'exprimentations et d'innovations.
    Mais jusqu'o cette institution peut-elle tre transforme : est-elle vraiment un modle indpassable?


    Ont contribu cet ouvrage : Madeleine Akrich, Philippe Artires, Michel Callon, Gilles Chantraine, Pierre Delattre, Christian Demonchy, Amanda Dissel, Stephen Ellis, Gilles Favarel-Garrigues, Nicolas Fischer, Fabien Jobard, Pierre Lascoumes, lise Massicard, Jacques Mucchielli, Michelle Perrot, Laurent Ouro, Grgory Salle, Sandra Szurek.

  • Et s'il fallait enfin tirer les conséquences des crises à répétition que nos sociétés traversent lorsqu'elles sont confrontées aux débordements inattendus des sciences et des techniques ? S'il fallait en finir une bonne fois pour toutes avec la vision héroïque des décisions tranchantes et tranchées que le souverain prend en situation d'incertitude et en toute méconnaissance de cause ? Si Alexandre rengainait son épée, le monde s'effondrerait-il ? Non, mais la démocratie, elle, en ressortirait fortifiée. Tel est le propos des auteurs de ce livre. Ces derniers refusent les traditionnelles oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la politique et citoyens ordinaires. Ils concentrent plutôt leur attention sur les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent des controverses sociotechniques et sur les procédures inventées pour les traiter. L'enjeu est de taille : faire apparaître les conditions dans lesquelles les sociétés démocratiques vont se rendre capables d'affronter les défis des sciences et des techniques, redéfinir un espace public réunissant non pas des individus désincarnés mais des femmes et des hommes pris dans des histoires singulières. Après l'âge de la démocratie délégative, celui de la démocratie dialogique ?

  • L'économie capitaliste a trouvé ses " moutons noirs ", ces paradis fiscaux qui sapent la confiance des investisseurs et déstabilisent le libre marché. Une série de scandales politico-financiers a révélé les effets pervers de la mobilité croissante des flux financiers, les usages délictueux et opaques des circuits bancaires, en particulier ceux donnant accès aux places offshore. Un certain nombre d'organismes internationaux (OCDE, FMI, GAFI, etc. ) ont commencé à produire une expertise et à stigmatiser certains paradis fiscaux, accusés de participer à l'" économie du terrorisme ".
    Qu'en est-il précisément ? Dans ce livre, Pierre Lacoumes et Thierry Godefroy révèlent les dessous de cette mobilisation politique soudaine et la fonction de bouc émissaire que l'on fait tenir aux " places offshore ". En effet, tandis que la libéralisation des échanges de biens et de capitaux devenait un dogme universel chez les responsables financiers et politiques, la vague idéologique néolibérale a assuré la promotion et la défense du concept offshore, comme une partie intégrante de ce dogme : le contournement des règles fiscales et financières était justifié par le caractère supposé injuste ou excessif des taxations des grands pays.
    Ce livre ambitieux et informé montre que les pratiques liées aux ressources offertes par les places offshore sont structurellement liées au fonctionnement du commerce et de la finance internationale. C'est pourquoi les régulations restent molles : au-delà des propos d'estrade, non seulement il n'est pas question d'interdire les opérations avec les places suspectes, mais les efforts de normalisation qui les concernent tendent à permettre leur insertion dans les circuits d'échange officiels au faible prix de la stigmatisation de quelques réfractaires.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2004.)

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