Sciences humaines & sociales

  • Sur les héros

    Philostrate

    Ce dialogue philosophico-religieux, genre dont Platon s'est rendu maître, nous ouvre les portes d'un domaine enchanté. Le propriétaire des lieux, un sage et bon vigneron, y cultive en abondance tout ce que la nature offre de merveilles en grappes. C'est un sage aimé des dieux. Le héros Protésilas protège ses terres et lui confie son amitié. Sous cette divine égide, le vigneron conte à un négociant phénicien incrédule les hauts faits des héros troyens. D'abord réticent, le Phénicien se laisse bientôt séduire par les récits merveilleux du vigneron. Palamède, Ajax, Hector, Achille, Ulysse, Agamemnon et Ménélas défilent dans un cortège d'actes légendaires. On croise aussi la route de héros moins connus, Teucros ou Déiphobe et Polydamas. Enivrés par une telle culture, le Phénicien, aussi bien que le lecteur, s'en retournent avides de nouvelles histoires

  • Le plus gros de la littérature antique s'intéressant à la gymnastique a sombré. On peut comprendre, alors, l'importance de ce traité De la gymnastique. À travers ce traité on aborde la question des rapports entre la forme du vivant, la santé et la beauté. Il retrace donc, dans un premier temps, l'origine des divers jeux (olympiques) avant d'en venir à l'étude des exercices précis et du régime de vie qui permet de se préparer à ces épreuves. Les conseils s'adressent alors principalement aux entraîneurs. Le gymnaste, dit Philostrate, est le meilleur juge de la nature. Ce texte avait été édité et publié pour la première fois par Kayser. Philostrati Libri De Gymnastika quae supersunt, nunc primum edidit et interpretatus est C. L. Kayser, Heidelberg, 1840. Minoïde Mynas l'édita en 1852; Daremberg en donna, la même année, une autre édition fort corrigée et émendée : Philostrate Traité Sur la Gymnastique, texte grec accompagné d'une traduction en regard et de notes par Ch. Daremberg, Paris Didot 1858. C'est le texte que nous proposons, amendé et annoté.

  • Soixante-cinq tableaux réels ou fictifs ?- sont ici décrits par Philostrate, rhéteur du second siècle de notre ère et auteur de la très célèbre Vie d'Apollonios de Tyane. Dans ce texte fondateur, Philostrate institue un dialogue entre le critique et le spectateur, forçant ce dernier à participer à la scène, le plus souvent d'inspiration mythologique, que montre l'oeuvre peinte : ce procédé qu'utilise Diderot dans ses fameux Salons, vise, avec succès, à susciter l'émotion du visiteur.

    La Galerie de tableaux de Philostrate est plus qu'un document unique sur la peinture antique : elle a inspiré les plus grands artistes de la Renaissance, comme le Titien ou Jules Romain, nourri la réflexion sur l'art d'auteurs tels que Goethe, et a, surtout, véritablement créé le langage de l'esthétique.

    Cette édition, qui reprend, en la corrigeant, la traduction d'Auguste Bougot publiée en 1881, est illustrée de quelques unes des gravures maniéristes dont fut enrichie, en 1614, la première traduction française de cette oeuvre.

    François Lissarrague est chargé de recherches au C.N.R.S. (Centre Louis Gernet).

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