• Après l'histoire de la famille, Philippe Ariès a consacré ses recherches à l'histoire des attitudes de l'homme occidental devant la mort. Ce qu'il nous livre ici est l'essentiel de ses découvertes : comment on est passé, lentement, progressivement, de la mort familière, "apprivoisée" (au Moyen Age), à la mort refoulée, maudite, "interdite" (aujourd'hui). Fuir la mort, tentation de l'Occident.

  • L'enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime« À ce procès de la famille, ou pour être plus exact, à l'enquête que notre temps poursuit sur la famille et l'enfance, le livre de Philippe Ariès apporte une contribution capitale. »Claude Mettra, Les Nouvelles littéraires« La leçon de ce livre est immense pour nous Occidentaux scolarisés, familiarisés, oedipianisés... Comme tous les livres d'histoire qui s'enfoncent à cette profondeur dans ce qui constitue notre archéologie, il nous dote d'un savoir comparatif déterminant, il nous permet de penser vraiment que tout n'a pas toujours été pareil. »Raymond Bellour, Le Magazine littéraire« Un livre étonnant, le seul à vrai dire qui propose une approche historique de l'enfance, un travail monumental qu'il faut connaître si l'on ne veut pas rester un imbécile. »Jean-Michel Damian, Politique hebdoPhilippe Ariès (1914-1984)Célèbre pionnier de l'« histoire des mentalités », il s'est imposé par des ouvrages devenus des classiques, notamment L'Homme devant la mort (Seuil, 1977).

  • "Tout en conservant et en perfectionnant son outillage scientifique de recherche, l'Histoire se conçoit comme un dialogue où le présent n'est jamais absent. Elle abandonne cette indifférence que les maîtres d'autrefois s'efforçaient de lui imposer.
    L'historien d'aujourd'hui reconnaît sans honte qu'il appartient au monde moderne et qu'il travaille à sa manière à répondre aux inquiétudes - qu'il partage - de ses contemporains. Son optique du passé demeure liée à son présent - un présent qui n'est pas seulement une référence de méthode. Désormais, l'Histoire cesse d'être une science sereine et indifférente. Elle s'ouvre au souci contemporain dont elle devient une manière d'être dans le temps de l'homme moderne.
    A une civilisation qui élimine les différences, l'Histoire doit restituer le sens perdu des particularités."
    Philippe Ariès.
    Philippe Ariès (1914-1984) a écrit notamment L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien régime et L'Homme devant la mort.

  • Philippe Ariès (1914-1984) préparait longtemps ses livres avant leur publication. Une fois parus, il les prolongeait, longtemps habité par les thèmes qu'il travaillait, par les questions qu'ils posaient à l'historien et au citoyen. Il fouillait la mémoire, dégageait les racines, situait les sentiments involontaires, les habitudes inexprimées, les conduites secrètes ; après une exploration soucieuse des regards autres que le sien, il proposait une explication de nos conduites présentes, de leurs continuités, de leurs ressemblances, de leurs ruptures.
    Du choix de textes présenté ici ont été écartés ceux qui répétaient l'œuvre accomplie, ou qui étaient rendus caducs par elle. On trouvera dix-neuf essais qui s'échelonnent depuis la publication des Traditions sociales dans les pays de France, paru en 1943, jusqu'à un texte posthume de 1983 consacré à nos attitudes devant les handicapés.
    On trouvera en fin de volume une bibliographie générale de l'œuvre de Philippe Ariès.

  • Paru en 1977, le livre a connu immédiatement un succès très important : résultat de quinze ans de travaux sur plus d'un millénaire d'histoire occidentale, cette somme a animé et dominé un vaste mouvement de recherches et de publications sur les attitudes en face de la mort.

  • Philippe Ariès, célèbre " historien du dimanche ", était aussi un journaliste du jeudi. De 1955 à 1966, il a participé à l'aventure de La Nation française, hebdomadaire qui regroupait derrière Pierre Boutang quelques héritiers de L'Action française.
    Ariès y tient une chronique du temps présent qui détonne au cœur des articles politiques du journal. Il se fait le sociologue, l'anthropologue, le peintre de la société où il vit, parlant des mœurs, des mentalités, de la littérature, de la religion, des rites, des coutumes, de la vie quotidienne... Jusqu'au jour où la guerre d'Algérie devient une guerre civile – dans laquelle Ariès ne veut pas manquer au devoir de solidarité. Mais il ne peut empêcher la sécession, qui voit les jusqu'auboutistes quitter La Nation française pour fonder un autre journal.
    Un auteur anticonformiste d'une chronique qui ne l'est pas moins.

  • This remarkable book--the fruit of almost two decades of study--traces in compelling fashion the changes in Western attitudes toward death and dying from the earliest Christian times to the present day. A truly landmark study, The Hour of Our Death reveals a pattern of gradually developing evolutionary stages in our perceptions of life in relation to death, each stage representing a virtual redefinition of human nature.
    Starting at the very foundations of Western culture, the eminent historian Phillipe Ariès shows how, from Graeco-Roman times through the first ten centuries of the Common Era, death was too common to be frightening; each life was quietly subordinated to the community, which paid its respects and then moved on. Ariès identifies the first major shift in attitude with the turn of the eleventh century when a sense of individuality began to rise and with it, profound consequences: death no longer meant merely the weakening of community, but rather the destruction of self. Hence the growing fear of the afterlife, new conceptions of the Last Judgment, and the first attempts (by Masses and other rituals) to guarantee a better life in the next world. In the 1500s attention shifted from the demise of the self to that of the loved one (as family supplants community), and by the nineteenth century death comes to be viewed as simply a staging post toward reunion in the hereafter. Finally, Ariès shows why death has become such an unendurable truth in our own century--how it has been nearly banished from our daily lives--and points out what may be done to "re-tame" this secret terror.
    The richness of Ariès's source material and investigative work is breathtaking. While exploring everything from churches, religious rituals, and graveyards (with their often macabre headstones and monuments), to wills and testaments, love letters, literature, paintings, diaries, town plans, crime and sanitation reports, and grave robbing complaints, Aries ranges across Europe to Russia on the one hand and to England and America on the other. As he sorts out the tangled mysteries of our accumulated terrors and beliefs, we come to understand the history--indeed the pathology--of our intellectual and psychological tensions in the face of death.

  • Philippe Ariès a été en délicatesse avec les RR PP jésuites, un jury d'agrégation, le général de Gaulle, les curés de gauche, l'histoire événementielle, un monstre froid nommé l'Etat, l'administration, l'Université, le bacille de Koch, le national-progressisme de la droite au pouvoir, les enfants de Marx et de Coca-Cola. En revanche, il cousine ou conspire avec les Pieds-Noirs, les Algériens de Maisons-Laffitte, les gauchistes, les maurrassiens hétérodoxes, la liturgie latine, l'histoire selon les Annales, l'ancienne France, les Québécois, la sociabilité méditerranéenne, le vin blanc de Californie, Michel Foucault, Ivan Illich, la Maison de France...
    Historien d'avant-garde, longtemps solitaire, brusquement célèbre, il a pressé notre passé de quelques questions aussi nouvelles que fondamentales : quelles étaient les attitudes de nos ancêtres devant la naissance, l'enfance, la famille, la sexualité, la mort ? Avec lui, la vieille histoire historisante, la chronique des grands, les événements politiques, les guerres entre les peuples ont pris figure d'anecdotes : le tuf de notre passé est ailleurs, en deçà de nos consciences et au-delà de nos manuels.
    Personnalité peu commune, qui avoue ses contradictions avec une franche joie de vivre et un goût prononcé pour l'amitié, Philippe Ariès se rit des étiquettes sous lesquelles on voudrait consigner les individus et contenir les passions. S'il aime une chose entre toutes, c'est la liberté de l'esprit - comme on pourra l'apprécier tout au long de cet auto-portrait.

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