• La compréhension d'une société ne peut ne réduire au suivi d'itinéraires individuels. Cela étant, nul ne conteste que les sociétés, même celles dominées par la stabilité ou la viscosité des processus de promotion sociale, peuvent céler des dynamiques familiales et des destins individuels que la quête prosopographique et des analyses de caractère anthropologique ont vocation à mettre en évidence. L'approche structurelle des groupes sociaux peut faire bon ménage avec la perception des trajectoires individuelles, familiales ou lignagères. Cette motion de synthèse que certains trouveront rapide ou commode ne nous exonère pas de nous interroger sur la validité scientifique du projet retenu.Prétendre travailler sur une période de cinq siècles relève d'une certaine mesure de la gageure. Pour ne pas diluer l'objet de notre recherche, nous avons certes souhaité ne pas aborder les profondes mutations ayant affecté le monde populaire des villes au cours du dernier demi-siècle. Il demeure qu'entre le peuple du temps des ducs de Bourgogne et les milieux populaires qui à l'issue des épreuves de la seconde guerre mondiale, s'apprêtaient à vivre les longues heures des Trente glorieuses dans une Europe du Nord-Ouest devenue très majoritairement urbanisée, il paraît y avoir un abîme. Ce sera un des multiples enjeux de ce colloque bi-annuel que de dégager les continuités et les mutations, voire les ruptures.

  • Les discussions épistémologiques agitant le petit monde des spécialistes de l'histoire sociale ne pouvaient que trouver, lors de ce colloque, une nouvelle occasion de se confronter dans un débat fécond. C'est ainsi qu'une tendance historiographique se réclamant du qualitatif se montre aujourd'hui réfractaire aux approches macro-structurelles qui prétendent contribuer à une histoire globale ou totale de la réalité sociale. Deux types de questionnements des méthodes classiquement mises en oeuvre ont donc très logiquement été développés dans les communications et plus encore dans les discussions. Certains historiens de la jeune génération considèrent qu'il n'est pas inutile, mais secondaire de s'interroger sur les délimitations sociales. Les catégories sociales des historiens sont des « opérateurs politiques ». Il faut tenir le plus grand compte du jeu des acteurs dans les représentations qu'ils défendent. Les définitions sociales sont des enjeux qui ne sont pas que symboliques dans le jeu des forces sociales en tension. D'autres historiens comme M. Ruggiu, sans nier l'apport des études sérielles, souhaitent réhabiliter l'échelle d'observation individuelle et lignagère. Valoriser le classement socio-professionnel lui paraît discutable, car on risque de réduire l'individu à une de ses particularités il est vrai fondamentale, le travail, en occultant les comportements de la vie privée, les visions du monde comme les pratiques de consommation. M. Ruggiu mesure certes le risque qu'il y aurait à faire de la lignée un acteur collectif qui serait de son point de vue aussi discutable que les catégories socio-professionnelles englobantes à propos desquelles il émet des critiques. Il demande cependant instamment que par le biais des biographies familiales, le suivi longitudinal des parcours individuels, aujourd'hui si prisé lorsqu'il s'agit de la noblesse, des élites bourgeoises ou des milieux ruraux, soit mis en oeuvre pour les milieux artisanaux et plus particulièrement les dynasties professionnelles inscrites au sein des communautés de métier.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Invite le lecteur à une exploration au coeur même de la société de la capitale de la Flandre wallonne sous l'Ancien Régime, avec son sens de la fête et de la convivialité, en dépit des rudesses des conditions de vie réservées à la majorité de la population, soudée par une forte culture politique et un ensemble de valeurs communes modelées par le catholicisme.

  • Les femmes ont toujours travaillé ! Il importe d'écrire l'histoire du travail des femmes pour faire barrage à l'incessante construction sociale de l'invisibilité du travail des femmes et parce que c'est le meilleur des démentis au mythe de la modernité : "maintenant que les femmes travaillent...". Voici donc les multiples facettes cachées sinon occultées du travail féminin dans les différents secteurs d'activité urbains ainsi que les obstacles qui occultent sa reconnaissance sociale.

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