• L'auteur propose une approche renouvelée de la langue malgache. Pour la première fois dans le cadre d'un dictionnaire malgache, les étymologies ont été recherchées, et des rapprochements avec d'autres langues proposés. Pourvu d'une importante introduction sur la grammaire, cet ouvrage enrichit et éclaire l'ensemble de la langue malgache.

  • Cet ouvrage, consacré aux plantes cultivées à Madagascar avant l'arrivée des Européens au XVIe siècle, retrace l'histoire de leur domestication dans leur aire d'origine et leurs trajectoires vers Madagascar, puis à l'intérieur de l'île. Il s'appuie sur une approche transdisciplinaire, combinant linguistique, génétique, archéologie, histoire, ethnographie et agronomie.

    Les Austronésiens qui arrivèrent à Madagascar vers le VIIIe siècle apportèrent des plantes du Sud-Est asiatique et des systèmes culturaux bien adaptés aux côtes Nord et Est de l'île, ainsi qu'à une partie des Hautes Terres. Les populations africaines, qui se fixèrent surtout dans un premier temps sur la côte Ouest et dans le Sud, au climat plus sec, introduisirent quant à elles des plantes du continent noir, mais aussi d'autres venues de l'Inde, de l'Asie occidentale et de l'Asie du Sud-Est.

    Au fil des siècles, de nombreuses plantes ont connu des introductions répétées, et l'ensemble de l'océan Indien a contribué aux apports des plantes cultivées à Madagascar. Leurs voyages ont suivi ceux des marins et des commerçants dans un océan qui représenta, comme la Méditerranée de Fernand Braudel, un espace culturel tissé par les mouvements des hommes : l'existence d'un commerce transcontinental allant de la Chine à l'est de la Méditerranée et à l'Afrique de l'Est donna aux pays de l'océan Indien une unité historique.

  • Au début du XVIe siècle, des musulmans venus du nord-est de l´océan Indien et installés dans le sud-est de Madagascar, se constituent en aristocratie dans un royaume dit « antemoro ». À partir du religieux s´y élabore une société à castes unique dans l´espace malgache : ce royaume repose sur une hiérarchie de deux ensembles opposés dans le registre du pur et de l´impur : les nobles islamisés, détenteurs du pouvoir, dont la prééminence repose sur l´utilisation d´une écriture en caractères arabes et la possession de manuscrits à contenu magico-religieux et les roturiers autochtones et les serviteurs. Séparation des pouvoirs politique et religieux et existence d´un groupe de parias totalement rejetés caractérisent cette société. Par une « archéologie » du rituel, P. Beaujard s´attache à saisir les influences à l´oeuvre dans la construction de cet édifice politico-religieux, témoignage de la place singulière de Madagascar à la confluence de divers réseaux d´échanges de l´océan Indien.

  • La naissance de l'État et des cités, en Mésopotamie et en Égypte, puis dans la vallée de l'Indus et en Chine, induit les premières « globalisations », impulsées par l'essor des échanges, et des innovations techniques ou institutionnelles. La « Révolution urbaine » est aussi le temps d'une révolution idéologique et cognitive, marquée par l'invention de l'écriture. Ces processus conduisent à l'intégration croissante de régions interconnectées au sein d'économies-mondes qui se succèdent, dans les périodes de l'Âge du Bronze puis du Fer. Des empires se forment, tandis qu'un secteur privé émerge, articulé à l'État.  Au début de l'ère chrétienne, les échanges constituent l'océan Indien en un espace unifié et hiérarchisé, au centre d'un « système-monde » afro-eurasien unique qui montre une première division interrégionale du travail.  Mettant en oeuvre une approche transdisciplinaire, cet ouvrage montre ici la fécondité d'une Histoire Globale renouvelée, prenant en compte l'ensemble de l'Ancien Monde et les périodes anciennes de son histoire.  Philippe BEAUJARD est ingénieur agronome, ethnologue et historien. Il est directeur de recherche émérite au Centre National de la Recherche Scientifique, et membre du Centre d'Études des Mondes Africains (CEMAf ). Il a publié plusieurs ouvrages d'ethnologie et de linguistique consacrés à Madagascar. Il a en outre dirigé l'ouvrage Histoire globale, mondialisations et capitalisme, avec L. Berger et P. Norel (Paris, La Découverte, 2009).

  • En quoi l'actuel renouveau de l'Asie plonge-t-il ses racines dans une " longue durée globale " ? Quelle est la nature des changements structurels accompagnant la croissance démographique, le développement de l'Etat et du commerce, l'accumulation localisée des richesses et des savoirs ? Comment rendre intelligibles une expansion géographique des flux d'échange et le déploiement parfois concomitant du capitalisme à l'échelle nationale, puis mondiale ? Pour la première fois en France, un ouvrage réunit anthropologues, économistes, polilologues, sociologues et historiens pour répondre à ces questions et esquisser les grandes lignes d'un nouveau programme de recherche : l'Histoire globale. Celle-ci recouvre d'abord une analyse du rôle crucial du monde non européen dans l'histoire de l'humanité pour sortir enfin d'une démarche trop " eurocentrée ". Elle constitue ensuite un profond renouvellement de l'analyse en termes de système-monde, au-delà des oeuvres incontournables de Braudel et de Wallerstein. Elle inclut enfin l'analyse comparative des processus de mondialisation. Le pari de cet ouvrage est de présenter l'Histoire globale à partir de textes classiques ou inédits de quelques-uns de ses auteurs les plus marquants. Un prologue propose une synthèse de ses problématiques et recherches les plus caractéristiques, en soulignant leurs enjeux épistémologiques pour les sciences sociales. Les contributions de Beaujard, Bentley, Goody, Hall et Chase-Dunn éclairent les processus pluriséculaires d'intégration intercontinentale ; celles d'Aglielta, Arrighi et Silver, Gills et Denemark, Wallerstein abordent la naissance, le développement et les crises du capitalisme global ; les écrits de Berger, Goldstone, Norel, Pomeranz, Wong analysent les liens entre les épisodes de croissance et de créativité culturelle récurrents (ou " efflorescences "), et les processus de mondialisation.

  • Mythes et contes de madagascar - (tanala de l ikongo) l empreinte du reve Nouv.

    Philippe Beaujard avait souligné le lien entre mythes (et contes), rituels et structure sociale dans son Mythe et société à Madagascar (1991), que le présent ouvrage vient compléter par la présentation et l'analyse d'autres textes recueillis par l'auteur en pays tanala, dans le sud-est de Madagascar. Enracinés dans l'espace social des «Âgens de la forêt» (Tanala) et son environnement, ces récits révèlent également des universaux. La parole du mythe ou du conte, expression de la pensée et de l'inconscient du conteur, reflète en même temps un système de représentations propre à la culture tanala et l'«Âinconscient collectif» de la société. L'analyse combine ainsi une approche psychanalytique et structuraliste avec une recherche de sens ancrée dans une connaissance intime de la société tanala et de son histoire. Elle révèle la complexité des héritages malgaches, résultant d'une histoire inscrite dans le cadre des échanges de l'océan Indien et marquée par l'influence de l'Europe.

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  • L'océan Indien s'est peu à peu construit comme l'espace central d'un système-monde afro-eurasien, par le biais d'échanges sur les routes maritimes « des épices », elles-mêmes articulées aux « routes de la soie ». Ce système, dans lequel les échanges stimulent l'innovation et où la Chine joue un rôle moteur, se développe jusqu'au 16e siècle au fil de quatre cycles économiques. Ces derniers, qui s'accompagnent d'une croissance générale de la population, coïncident avec des évolutions politiques, sociales, religieuses, et semblent souvent refléter des transformations du climat.

    Si l'émergence de l'Europe au 15e siècle débouche sur l'irruption portugaise dans l'océan Indien en 1498, les économies de l'Asie surpassent encore largement - et pour longtemps - les économies européennes.
    /> Cette histoire de l'océan Indien replacé dans un cadre global conduit à une remise en cause de l'eurocentrisme de certaines recherches. Elle éclaire en outre la période ultérieure du système-monde capitaliste moderne, et invite à une réflexion sur les futurs possibles de ce système.

  • Se réclamant de musulmans arrivés au XVe siècle, les aristocrates antemoro du Sud-Est de Madagascar utilisent un parler secret à la fois dans la vie profane et le domaine du sacré. Les recherches étymologiques menées sur les termes recueillis montrent la complexité des source de ce parler, qui comporte d'abord des termes d'origine arabe, mais aussi persane, swahili ainsi que des termes hybrides associant malgache et parler secret. Se pose ici le problème de l'héritage malgache et au-delà " indonésien " intégré par les Antemorro.

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