• Nous sommes au début des années 2000. A l'époque, le problème du voile déclenchait des discussions passionnées, mais aucune fille ne portait le foulard à l'école. On ne parlait pas d'islamisme, encore moins d'islamophobie. Ouarda n'est pas un personnage de fiction, elle existe. Elle vit dans un HLM de banlieue de la région parisienne avec ses parents et ses soeurs. Elle va au collège, prépare son BEP, sa vie est bien organisée, mais son existence de gamine sage bascule le jour où elle porte plainte contre son père. D'associations d'aide à l'enfance en placements, plongée dans un océan de bruits et de fureurs, elle se réfugie dans la musique, la danse, les paillettes, la nuit. « Nuit de Chine, nuit câline... Psychédélique, narcotique, titanique, la nuit est en plastique. » Sans complaisance ni apitoiement, elle nous raconte à sa façon son entrée dans le monde des adultes.

    Sur commande

  • Un récit désopillant où l'humour juif trouve son expression féminine. Mais livre du refus, aussi : Sarah apprend à vivre et récuse l'image traditionnelle de la femme douce et soumise à laquelle la société, la religion et sa famille exigent qu'elle se conforme.
    Néé au Maroc, à Casablanca, dans une famille juive, Sarah se révolte et sa vie se tisse, faite de découvertes, de questions, d'abdications et de révolte. Elle s'emberlificote dans les images de petite fille docile, de jeune fille de bonne famille, de femme amoureuse, d'épouse dévouée et de mère sacrifiée, tombe dans les pièges du chantage affectif de sa famille puis de son mari et ne cesse de lever les yeux, de trépigner, de s'indigner. Elle s'aperçoit qu'une femme de sa génération n'est éduquée que pour passer de l'autorité de son père à celle de son mari. C'est cet itinéraire classique, tracé par avance, dans lequel elle a tant trébuché, que raconte Paule Darmon, dans un style alterte et féroce.
    Dans ses tentatives pour sortir du rang, tout en désirant y rester, Sarah nous renvoie une image familière : celle de toutes les femmes enfermées dans leur rôle social, prisonnières d'elle-mêmes et conscientes de l'être, qui ne savent quelles épées fourbir, quel ennemi transpercer, quel combat mener : pour guerroyer, Paule Darmon a choisi les armes de la dérision, de l'anecdote décapante.

empty