• Le genre humain se découvre, à sa très grande surprise, au bord de l'extinction. A cette menace, il ne réagit que mollement, en tentant de manière dérisoire de dégager un bénéfice commercial de toute tentative de réponse. Sommes-nous outillés pour empêcher notre propre extinction ? Notre constitution psychique et notre histoire jusqu'ici suggèrent malheureusement que notre espèce n'est pas à la hauteur de la tâche : la découverte que chacun d'entre nous est mortel l'a plongée dans une stupeur profonde dont plusieurs milliers d'années de rumination ne sont pas parvenues à la faire émerger.
    Le dernier qui s'en va éteint la lumière propose une description réaliste et véridique de notre espèce, de ses grandes forces et de ses immenses faiblesses. Nous comprendre nous-mêmes est la condition pour renverser la tendance qui nous conduit, si nous ne réagissons pas immédiatement avec la plus extrême vigueur, droit vers l'extinction.

  • Suite à la parution de Le Capitalisme à l´agonie, la question m´a souvent été posée : « Que faudra-t-il mettre à sa place ? » Je m´en étais tenu jusque-là au constat depuis mon avertissement qu´une crise gravissime allait éclater dans le secteur des subprimes. Il fallait maintenant passer à la prospective. Je n´avais pas de réponse toute prête (la réforme sociale n´est pas mon métier !), aussi me suis-je plongé dans l'examen de la question, laquelle est loin d´être simple. Car la crise actuelle en réunit en réalité trois, qui se combinent de manière particulièrement toxique : une crise due au fait que notre espèce se conduit comme une malpropre à la surface de la planète qui l'héberge, une crise due au fait que la maîtrise de la complexité nous a désormais totalement échappé (c´était déjà le cas avant l´invention de l´ordinateur, mais celui-ci a amplifié le problème), enfin la crise financière et économique, conséquence de la « machine à concentrer la richesse » qui constitue le coeur de nos sociétés, dont nous avons en général tiré une grande fierté jusqu´à ce qu´elle nous explose comme aujourd´hui à la figure. Avant de pouvoir dire ce qu´il faudra mettre à la place du capitalisme, bien des questions doivent être résolues : Pourquoi nous sommes-nous satisfaits d´une "science" économique incapable de voir venir une crise de l´ampleur de celle qui est en train de nous engloutir et de prôner ensuite les mesures nécessaires pour nous permettre d´en sortir ? Comment distribuer équitablement la richesse créée ? Poser les bonnes questions, dit-on, c´est déjà y avoir à moitié répondu

  • L'argent nous cause bien des joies et bien des peines. Du coup, certains se sont dits : changeons la manière dont il fonctionne et c'en sera fini de nos soucis. Mais le coupable est-il bien l'argent, ou la manière dont chacun de nous le gagne et... le perd ? Quels sont les véritables mécanismes qui se cachent derrière le mythe de "l'argent-dette" ou la légende des "banques qui créent de l'argent ex nihilo", dont le citoyen ordinaire doit aujourd'hui se contenter ? L'auteur, qui s'est fait connaître du grand public en prédisant la crise des subprimes, a travaillé dix-huit ans au coeur de la finance, à Paris, Londres ou San Francisco, là où l'argent s'échange contre des reconnaissances de dette qui elles se vendent et s'achètent, dont douze années consacrées au "pricing" et à la gestion du risque pour les principales banques américaines des secteurs prime et subprime.

  • Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier haut en couleur, présenta sa candidature à l'élection présidentielle de 2016 du côté Républicain, très peu prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais Président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut vite déchanter : le bouffon caracola en tête.
    Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent importées dans la politique. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale.
    Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : lune chute de jour en jour plus prévisible.

  • Le prix

    Paul Jorion

    Surpris par la manière dont les prix se déterminent dans la pêche artisanale en Bretagne et en Afrique, Paul Jorion voulut en avoir le coeur net : le prix se fixe-t-il bien, comme on le prétend, par la rencontre de l'offre et de la demande ? Ce qu'il découvrit est surprenant : le prix se détermine selon le rapport de force existant entre le groupe des vendeurs et celui des acheteurs, qui se définit à son tour en fonction de la rareté de chacun de ceux-ci à l'intérieur du groupe auquel il appartient.
    Ainsi, la froide logique de l'offre et de la demande s'efface derrière les rapports humains. Et la validité de cette théorie ne se restreint pas aux marchés traditionnels : sa logique se retrouve intacte sur les marchés financiers contemporains. Dans cet ouvrage éclairant, Paul Jorion expose comment s'est constituée au fil des années la boîte à outils qui lui a permis d'être, en 2007, l'un des tout premiers à annoncer la crise des subprimes et à l'analyser.

  • Qui étions-nous  ? Pour répondre à cette question, Paul Jorion dresse l'inventaire de ce que nous, êtres humains, avons pu comprendre jusqu'ici de notre destin. Il convoque pour ce faire les phares de notre réflexion sur nous-mêmes, certains aux noms attendus  : Confucius, Socrate, Aristote, Paul de Tarse, Hegel, Nietzsche et Freud, ou moins attendus, tels Machiavel, Shakespeare et Victor Hugo, voire inattendus, comme Mao Tse-toung et Jacob Taubes.
    Cette évaluation est réalisée en vue d'assurer notre salut, lequel est sérieusement compromis aujourd'hui, dans un contexte de destruction accélérée de nos conditions de vie à la surface de la Terre. Le scénario le plus optimiste parmi les plus plausibles a cessé d'être celui de machines de plus en plus intelligentes à notre service, pour être celui de notre remplacement pur et simple par celles-ci. Si nous voulons survivre en tant qu'espèce, il nous faut sans plus tarder passer la vitesse supérieure. Il faut pour cela réunir l'équipe de ceux qui ne se résolvent pas à notre disparition, des femmes et des hommes qui soient précisément résolus, bâtissant sur les principaux acquis de l'humain, de la réciprocité au génie technologique. C'est l'appel lancé dans cette Défense et illustration du genre humain.
      Anthropologue et sociologue, Paul Jorion révolutionne depuis dix ans le regard que nous portons sur la finance et l'économie. Il a récemment publié chez Fayard À quoi bon penser à l'heure du grand collapse  ?

  • Comment reconstruire la réflexion économique après la crise de 2007 et la débâcle d'une « science » aux ordres de la finance ? En quoi la lecture de Keynes peut-elle nous y aider ?

    S'appuyant largement sur ses écrits, Paul Jorion nous rappelle le destin hors du commun de John Maynard Keynes : pur produit de Cambridge et de sa culture scolastique, proche de Virginia Woolf et du cercle littéraire de Bloomsbury, il a certes produit une oeuvre immense, mais il fut aussi pleinement homme d'action et homme d'État.

    De cette lecture réfléchie de son oeuvre que pouvons-nous tirer ? D'abord, un scepticisme salutaire concernant l'usage des mathématiques et des statistiques en économie. Ensuite, Keynes dénonça très tôt les méfaits du capitalisme et d'une fausse rationalité, destructrice de l'ordre social. Rebâtir avec lui, c'est admettre qu'il n'y a pas de solution purement économique aux problèmes de société et que la science économique n'aurait jamais dû cesser d'être, dès la fin du XIXe siècle, une économie politique.

    Pointant les aspects révolutionnaires mais aussi les zones d'ombre d'une oeuvre foisonnante, Paul Jorion restitue ce qui nous la rend tellement stimulante pour penser notre époque.

  • Le genre humain est riche ; pourtant la plupart d'entre nous sont pauvres. Un paradis en puissance s'ouvre à nous ; au lieu de cela, nous nous opprimons les uns les autres avec une grande cruauté rendant peu à peu notre planète invivable. Nous avons laissé se privatiser le bien commun et permis à ses nouveaux propriétaires d'en faire ce que bon leur semble, que la ressource soit renouvelable ou non. L'argent appelle l'argent, la concentration des richesses a désormais atteint un niveau grotesque, grippant l'économie. La mécanisation est un progrès pour le genre humain tout entier ; or l'emploi disparaît et le propriétaire de la machine s'enrichit davantage.
    Voici le monde tel qu'il est.
    Changeons de cap aujourd'hui même : soyons riches, puisque nous le sommes en réalité ; transformons la terre en paradis. La mécanisation systématique nous libère ; vivons cette liberté dans le loisir que la gratuité autorise. Il ne s'agit pas là d'un choix, puisque dans un monde déboussolé par le chacun pour soi et le démantèlement de la solidarité, la seule alternative au paradis réalisé ici et maintenant est la disparition à court terme du genre humain. Le moment est enfin venu pour Un nouveau monde. Seuls manquaient notre enthousiasme et notre détermination. Ils sont là désormais !
    Créons le monde tel qu'il doit être.

  • Une machine à concentrer la richesse, laissant une poignée de vainqueurs face à une armée de vaincus : voilà ce qu'est devenu le capitalisme. L'État-providence n'aura duré qu'une saison, la révolution technologique en cours réduit le marché de l'emploi.
    Le court-termisme règne en maître, la défense de privilèges aussi exorbitants que médiocres bloque toute tentative de sauvetage.
    La finance et l'économie pouvaient être réformées au lendemain de l'effondrement de 2008. Rien n'a été fait. Le verdict est sans appel : nous n'apprenons pas de nos erreurs ! Si bien qu'aujourd'hui, se débarrasser du capitalisme est devenu, pour l'humanité, une question de survie.
    Paul Jorion propose une analyse sans concession et des pistes d'espoir : oui, la spéculation peut être interdite comme autrefois ; oui, l'État-providence doit être inscrit une fois pour toutes dans nos institutions ; oui, un projet européen ressuscité pourrait être le fer de lance d'un véritable redressement ! Seule la volonté fait défaut. Anthropologue et sociologue de formation, Paul Jorion révolutionne depuis dix ans le regard que nous portons sur la finance et l'économie. Son récent ouvrage, Le dernier qui s'en va éteint la lumière, a d'ores et déjà laissé sa marque

  • On ne s'attendrait pas, spontanément, sous le soleil du littoral californien, à trouver une crêperie picarde où un spécialiste mondial de Baudelaire serait en charge de préparer la soupe à l'oignon. En Amérique, tout est possible, dit-on. Ou serait-ce que, en vacances plus ou moins forcées, l'esprit libre et l'oeil ouvert, Paul Jorion se soit simplement rendu disponible aux rencontres les plus étonnantes, aux situations les plus inattendues  ?
    Car sans doute jamais le mot «  vacances  » ne retrouve-t-il un sens plus proche de son origine étymologique que quand on est contraint de les prendre sans les avoir planifiées, dans un pays de rêve, certes, mais sans projet. On s'invente des aventures, on magnifie des conversations sans lendemain, mais on mesure chaque jour un peu mieux le peu de place qu'on occupe dans le vaste monde.
    A moins que, bien sûr, au hasard d'une séance chez une dentiste...
      Faisant ici ses premiers pas de romancier, Paul Jorion n'en oublie pas pour autant ses qualités d'anthropologue et de sociologue, troussant en quelques phrases des portraits savoureux, observant tout ce dont les êtres humains sont capables pour se faire apprécier de leurs semblables, et s'incluant dans cette étrange danse de séduction avec une autodérision pleine de sagesse.
        Auteur de nombreux ouvrages, Paul Jorion s'est notamment fait connaître par son regard résolument neuf sur l'économie et la finance, qui lui vaut l'attention d'un très large public.

  • Le capitalisme à l'agonie

    Paul Jorion

    • Fayard
    • 16 March 2011

    À la chute du mur de Berlin en 1989, le capitalisme triomphait. Vingt ans plus tard, il est à l'agonie. Qu'a-t-il bien pu se passer entre-temps ?    Une explication possible est que le capitalisme a été atteint du même mal qui venait de terrasser son rival, et la complexité devrait alors être incriminée : l'organisation des sociétés humaines atteindrait un seuil de complexité au-delà duquel l'instabilité prendrait le dessus et où, sa fragilité étant devenue excessive, le système courrait à sa perte. Une autre explication serait que le capitalisme avait besoin de l'existence d'un ennemi pour se soutenir. En l'absence de cette alternative, ses bénéficiaires n'auraient pas hésité à pousser leur avantage, déséquilibrant le système entier. Autre explication possible encore : du fait du versement d'intérêts par ceux qui sont obligés d'emprunter, le capitalisme engendrerait inéluctablement une concentration de la richesse telle que le système ne pourrait manquer de se gripper un jour ou l'autre.    Entre ces hypothèses, il n'est pas nécessaire de choisir : les trois sont vraies et ont conjugué leurs effets dans la première décennie du xxie siècle. Cette rencontre de facteurs mortifères explique pourquoi nous ne traversons pas l'une des crises habituelles du capitalisme, mais sa crise majeure, celle de son essoufflement final, et pour tout dire celle de sa chute.    Anthropologue, sociologue et spécialiste de la formation des prix, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l'économie ; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes. Il est également l'auteur, chez Fayard, de L'Implosion, La Crise et L'Argent.

  • Une description métaphysique et anthropologique de l'espèce humaine, de ses forces et de ses faiblesses. L'auteur explique comment l'épuisement des ressources de la planète, guidé par la course aux bénéfices, conduira vers l'extinction progressive de l'humanité, sauf si des solutions collectives sont trouvées.

  • Responsable des crises économiques et environnementales catastrophiques qui l'affligent et menacent aujourd'hui de l'emporter, le genre humain est paradoxalement aussi un génie technologique. Les fruits de son inventivité sont entrés dans une phase explosive, faisant miroiter à la fois la promesse de l'immortalité individuelle et la déresponsabilisation par le transfert de la gestion des affaires à des machines.
    A quoi bon penser à l'heure où se profile à l'horizon la menace du remplacement de l'homme apprenti-sorcier par le robot, son héritier ? Paul Jorion a acquis sa réputation internationale en prévoyant la crise financière de 2008 et en étant conforté par les faits. Sa formation d'anthropologue et de sociologue, combinée à son goût pour les mathématiques et l'informatique, l'a conduit à jouer un rôle pionnier en anthropologie économique, en intelligence artificielle et en finance.
    Ses mises en garde sur le danger d'un effondrement mettent en accusation les choix politiques inconséquents débouchant sur un risque de collapse généralisé. Esprit libre et érudit, ignorant les approches disciplinaires "en silo", Paul Jorion enrichit les outils de la pensée. Avec Franck Cormerais et Jacques Athanase Gilbert, il revient sur son parcours et sa démarche pour démontrer que seule une anthropologie radicale mobilisant la totalité du savoir que le genre humain a acquis sur son identité profonde est à même de prévenir est à même de prévenir son extinction.

  • A crise du capitalisme américain parut en février 2007, soit six mois avant que la crise n'éclate véritablement.
    L'ouvrage avait été écrit d'octobre 2004 à février 2005. En novembre 2005, Paul Jorion, qui travaillait depuis 1998 dans le secteur du crédit à la consommation aux Etats-Unis, serait recruté par Countrywide, le principal établissement de crédit immobilier américain, bientôt au coeur de la tourmente et dont il resterait cadre jusqu'en octobre 2007. Le capitalisme américain apparaissant à l'époque triomphant, le manuscrit chercha vainement un éditeur pendant plus d'un an.
    Quand la décision de le publier fut prise, l'éditeur, sceptique, en modifia le titre qui devint Vers la crise du capitalisme américain ?Le livre a repris son titre original dans la présente réédition. La " crise des subprimes " éclata en août 2007. Le crédit s'était soudain tari sur les marchés interbancaires quand les prêts immobiliers américains, plusieurs milliers d'entre eux étant reconditionnés à la fois sous forme d'obligations (la " titrisation "), cessèrent de trouver acheteurs.
    La raison en était simple : ils essuyaient désormais de lourdes pertes, de trop nombreux emprunteurs appartenant au fameux secteur à risque des " subprimes " se révélant incapables de faire face à leurs engagements. Limitée au départ aux États-Unis, la crise devait bientôt déferler sur le monde. Le portrait dépeint ici est celui d'une Amérique aux consommateurs surendettés s'engouffrant avec l'aide d'organismes de prêt complaisants et de banques d'investissement rapaces, dans une gigantesque bulle immobilière.
    Si les États-Unis étaient bien les principaux responsables du drame, ils n'étaient cependant pas seuls car la Chine avait financé la bulle par ses achats massifs de bons du Trésor et de titres immobiliers américains, poussant les taux d'intérêt à la baisse et encourageant de fait le consommateur américain à acheter les produits made in China en quantités colossales. Lorsque la bulle creva, le capitalisme américain, entraînant le monde à sa suite, plongea dans une crise historique qui risque désormais de lui être fatale.

  • Cet essai ambitieux se veut une contribution à l'anthropologie des savoirs. Paul Jorion y propose un exercice de décentrement radical par rapport à nos habitudes de pensée. Il montre comment les notions de vérité" et de "réalité", loin d'aller de soi, sont apparues à des moments précis de l'histoire de la culture occidentale. La " vérité " est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, et la " réalité " (objective), dans l'Europe du XVIe siècle. L'une découle de l'autre : à partir du moment où s'impose l'idée d'une vérité, sous l'influence de Platon et d'Aristote, dire la vérité revient à décrire la réalité. Selon Paul Jorion, cette dernière résulte toutefois, sous sa forme moderne, d'un coup de force opéré à la Renaissance par les jeunes-turcs de l'astronomie moderne naissante. Ce coup de force supposait une assimilation de deux univers : le monde tel qu'il est en soi et celui des objets mathématiques. Il en résulta une confusion entre les deux, dont la science contemporaine est l'héritière. A suivre l'auteur, nous sommes entrés dans l'époque des rendements décroissants de ces " inventions " jadis fructueuses. D'où la nécessité de débarrasser l'entreprise de construction des connaissances du mysticisme mathématique et de réhabiliter la rigueur dans le raisonnement. Celle-ci exige de réassigner au modèle, en particulier mathématique, son statut de représentation au sein de l'esprit humain. L'ouvrage constitue ainsi un plaidoyer en faveur d'un " retour à Aristote ", situant l'auteur dans une tradition philosophique où l'on côtoie Hegel et Kojève, mais aussi Wittgenstein.

  • Pour Paul Jorion, nous sommes entrés dans une période pré-révolutionnaire, à un niveau planétaire. Face au nouvel ordre capitaliste mondial, mis en place par les grandes banques, le mécontentement populaire s'amplifie. Une situation qui pourrait mener de nombreux pays, y compris occidentaux, aux bords de la guerre civile.
    Aux quatre coins du globe, des groupes d'individus de plus en plus nombreux ne supportent plus les injustices engendrées par la domination d'une poignée de dirigeants, et organisent des formes de résistance par le biais de l'Internet. C'est le cas des Anonymous, ces cyber-vengeurs masqués qui prirent la défense de WikiLeaks en attaquant les sites Paypal ou Mastercard, et prêtèrent également main-forte aux révolutions tunisiennes et égyptiennes.
    En quoi l'utilisation des réseaux sociaux facilite-t-elle les actes insurrectionnels ? Comment les cyber-résistants s'opposent-ils à la surveillance généralisée des États et des grandes entreprises sur la toile ? En quoi cette guerre est-elle un affrontement entre générations ? Quels sont les points communs et les différences entre ces insurrections numériques et des événements comme la Révolution française, la crise des années 1930, voire la chute de l'empire romain ?
    En anthropologue, en économiste et en blogueur, Paul Jorion répond à ces questions, à partir de l'analyse des mécanismes historiques de la crise financière mondiale et du ressentiment populaire qu'elle a engendré. Il revient également sur son parcours intellectuel et professionnel, et sur la création de son blog, grâce auquel il a pu constituer un véritable laboratoire d'idées.

  • En 2007, une crise financière née dans le secteur subprime de l'immobilier résidentiel américain débouche sur un tarissement du crédit, paralysant peu à peu le monde bancaire international. En 2008, la crise se transforme en crise économique mondiale, puis en authentique crise de civilisation. Tous les établissements privés du prêt hypothécaire américain sont emportés, suivis par les deux colosses du crédit immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, que l'Etat américain se voit forcé de nationaliser. La crise ne s'arrête pas là : les banques d'affaires connues sous le nom de " Wall Street " s'effondrent à leur tour. Cette dévastation sans précédent du système financier restreint alors dramatiquement les choix de placement des investisseurs. Des sommes colossales se retrouvent concentrées sur le marché à terme des matières premières, engendrant une énorme bulle spéculative. Le grain vient à manquer dans des pays du Sud, déclenchant des émeutes de la faim. Le prix exorbitant du carburant contribue à mettre au bord de la faillite les compagnies aériennes ainsi que les constructeurs automobiles américains. Au-delà d'un récit détaillé des événements et de leur mécanisme, l'auteur répond aux questions que se pose le lecteur : quel rôle a joué la Chine dans ce processus ? Notre compréhension des crises antérieures a-t-elle été intentionnellement censurée ? Le capitalisme surmontera-t-il la crise ?

  • « Lorsqu'en 2007 le monde entra dans la crise qui nous tient depuis enserrés, il m'apparut que la narration et l'analyse des péripéties financières et économiques ne suffisaient pas à nous faire comprendre les temps qui sont les nôtres. Disséquer l'actualité ne pouvait à soi seul faire l'affaire et devait être complété de considérations inactuelles déconnectées du tohu-bohu des événements bruts.
    La nature est faite d'une certaine façon, la culture des hommes, bien que sertie dans la nature, d'une autre. Toutes deux sont emportées par le flux du devenir, lequel accélère son mouvement dans les époques de 'grands tournants', comme celui-ci. Des frottements et des chocs entre nature et culture jaillit le surréel : l'esprit, l'amour, l'analogie...
    Pour répertorier ces billets, compacts comme l'aphorisme ou nonchalants comme le 'propos', j'ai créé deux catégories : l'une pour les graves 'Questions essentielles', l'autre pour la très légère 'Vie de tous les jours'. Il m'arriva, une fois terminé l'un des billets que l'on s'apprête à lire, d'hésiter, parce que, pour hommes, femmes et enfants, le grave est parfois léger, et le léger, plus souvent qu'à son tour, grave. Du coup, à la lecture de ces textes innocents, l'on sourit, l'on rit, ou l'on pleure, parce que la vie est à rire et à pleurer, et da-vantage qu'hier sans doute aujourd'hui. » P. J.

  • Dans le premier tome de La chute de la météorite Trump, nous avons vu Un objet populiste mal identifié se frayer sans difficulté un passage dans les primaires du Parti républicain avant de l'emporter à l'élection présidentielle.
    Au moment où s'ouvre « Haute trahison », Trump est président depuis seize mois et les Américains découvrent, les uns dans la jubilation, les autres dans l'incrédulité, que leurs institutions n'ont pas anticipé l'irruption dans le magasin de porcelaine d'un personnage pour qui la frontière entre vérité et mensonge n'existe pas, qui considère son intérêt personnel comme l'unique critère de ce qu'il entend faire, à qui la notion d'un processus collégial est parfaitement étrangère et qui, du coup, fait rapidement le vide autour de lui en termes de conseillers dont il conviendrait de prendre l'avis, à l'exception de Steve Bannon, suprémaciste blanc ayant dirigé sa campagne électorale avant d'être son stratège en chef à la Maison-Blanche.

    Sur commande
  • Paul Jorion est considéré comme le meilleur observateur contemporain de l'actuelle crise financière américaine et a été le premier à annoncer l'enchaînement provoqué par la crise des crédits hypothécaires à haut risque (subprimes), accordés sans contrôle aux Etats-Unis, entraînant une dépréciation des institutions financières (banques en faillite), entraînant elle-même la panique des marchés et la hausse des matières premières. En six mois, la crise a déjà fait chuter le Dow Jones de 16 % et le CAC 40 de 24,4 % en neuf mois. Le cours du pétrole a grimpé de 44 % en neuf mois, et celui de l'or de 43 %. Les pertes liées à la crise des subprimes (provisions passées pour couvrir des dépréciations d'actifs) sont pour l'heure de 18 milliards de dollars pour Citigroup, de 13,5 pour l'UBS, de 14,1 pour Merrill Lynch. On estime à 12 milliards d'euros la perte cumulée actuelle des banques françaises. L'économie américaine étant entrée en récession, nul n'écarte plus l'hypothèse d'une ère de stagflation, combinant regain de l'inflation et croissance molle, étendue à toutes les économies occidentales. C'est dire l'importance que revêt la compréhension de phénomènes qui vont décider des conditions de vie des Européens dans les mois à venir.

    Sur commande
  • Les pecheurs d'Houat

    Paul Jorion

    De dix ans déjà : Paul Jorion avait séjourné dans l'île de Houat de février 1973 à mai 1974. Au moment de la publication du livre, Paul Jorion était enseignant à l'université de Cambridge. Il a ensuite été fonctionnaire des Nations unies en Afrique, chercheur en intelligence artificielle, avant de travailler dix-huit ans dans la finance, en Europe et aux Etats-Unis.
    Il est aujourd'hui commentateur de l'actualité économique et financière sur son blog et dans le supplément économie du journal Le Monde. La quatrième de couverture de l'édition originale soulignait. que Paul Jorion "rend hommage à la dignité d'un métier où seuls l'espoir et de sûres qualités humaines permet lent. de dompter la mer". On y lisait, aussi : "Ce livre saisit. la vie des pêcheurs de l'île de Houat, au large de la presqu'île de Quiberon, au moment où la question de leur survie se pose de façon dramatique.
    Il montre le passage difficile d'un village isolé du XIXe au XXe siècle. Ce petit monde révèle, dans sa politique comme dans sa démographie, le râle encore dominant de l'Eglise. L'équilibre à trouver est difficile : la pêche archaïque ne paie plus ; celle plus moderne détruit. les fonds. La fermeture au monde extérieur s'oppose au tourisme de masse qui asphyxie la vie simple et laborieuse. Il faut réinventer la pêche, maintenir les consolations qu'offre le Ciel et découvrir celles que procurent les hommes".
    Dans un "Avertissement" inédit, l'auteur évoque "Les pêcheurs d'Houat", près de quarante ans plus tard.

    Sur commande
empty