• Jean Martin, proviseur du lycée Artaud, dans l'archipel des Allobroges, assure avec autorité ses fonctions de direction.
    Les moyens alloués par le ministère sont insuffisants. Les adjoints, l'acariâtre Simone et le débonnaire Lucas, en constante discorde, peinent à mettre en place les enseignements, alors que l'effectif croît et que l'équipe administrative est débordée.
    Jean vit un concubinage compliqué avec Michelle, veuve dont les manigances ont provoqué le départ de l'épouse initiale. Michelle et ses filles, la douce Amandine et Albion l'aguicheuse, manipulent Martin, pusillanime en privé, et vident son compte en banque.
    Jacqueline, l'assistante de direction, femme libérée, tisse sa propre intrigue autour du chef.
    C'est dans ce microcosme agité que débarque Li Ann, jeune contractuelle, protagoniste initialement insignifiante et d'apparence candide, qui devient progressivement un personnage primordial dans un jeu de dupes obscurci par une sombre tragédie.

  • La passion amoureuse nous vient, d'après le discours d'Aristophane dans "Le Banquet" de Platon, du souvenir de l'époque lointaine où Zeus décida, pour les punir de leur prétention à égaler les dieux, de couper les hommes en deux pour les rendre plus faibles. Depuis, chacun ne cesse de rechercher son complément. C'est ce mythe, dit de l'androgyne, qui constitue le thème obsédant de "La Mystification". Dans ce "proème" (terme emprunté à Francis Ponge pour désigner ici, de façon spécifique, une alternance régulière de textes poétiques et de courts récits en prose), Patryck Froissart, poète et conteur voyageur, emporte son personnage dans une course infinie et éperdue, ponctuée de séparations brutales et de retrouvailles flamboyantes, à travers les lieux, les époques, l'Histoire, les histoires, et les réincarnations.

  • Patryck Froissart met en scène J, un quidam, de sa naissance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à son émancipation, juste après mai 68. J grandit entre Valenciennes et Mons, dans un hameau rural du Borinage à la marge des houillères et des usines, sur la frontière franco-belge, dans une famille communiste qui l'envoie au catéchisme. Ballotté dans les contradictions, les doutes, les incertitudes, et les hypocrisies de l'époque, J construit son personnage, élabore son code moral, et avance, dans un contexte dense et confus, sur le chemin cahotant de l'initiation politique, philosophique et sexuelle, avec le désir de plus en plus lancinant de devenir un homme, pourvu des aptitudes comportementales et physiques qu'il croit nécessaires à la métamorphose.
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  • Le poète écrit, le poème est cri. Le poète est Je, le poème est double jeu. A dire-lire en ce livre une tirelire de cinquante délires aux formes très variées, aux tonalités multiples, sur des thèmes éclectiques, volontiers hétéroclites. Patryck Froissart double-joue, démultiplie et tire sur tout larigot. Prosodie classique ou divers vers dits libres, ponctués et non. Rimes riches, suffisantes, pauvres, croisées, embrassées, plates, ou absentes. Lexique à huppe, mots désuets, termes modernes, ancien français, créole, brusque résurgence du rouchi de son enfance, impertinente irruption de ces mots qu'on dit gros. Bucolisme, érotisme, cynisme, épicurisme, romantisme, banditisme, lyrisme peut-être, et fantaisie jusqu'à la comptine enfantine. L'ensemble, contrairement à ses précédents ouvrages, n'a ni queue ni tête. C'est très bien ainsi. La poésie n'a nul besoin de queue, et se passe aisément de tête.

  • Démontrer la contemporanéité des douze fables les plus connues de La Fontaine est chose facile et souvent chose faite dans les multiples éditions partielles ou complètes, dans les exégèses, et dans les pages des manuels des lycéens consacrées à notre illustre fabuliste. Reprendre une par une les 240 fables, les analyser, les classer par thèmes, et montrer que chacune d'elles, sans exception, est transposable dans notre époque et en illustre parfaitement les moeurs, les coutumes et les comportements les plus actuels, telle est la tâche à laquelle s'est attelé Patryck Froissart, par ailleurs romancier, nouvelliste et poète. Le résultat de ce travail complexe et pointilleux a pour objectif corollaire d'amener les lecteurs à découvrir les 220 fables qui sont moins, ou peu, ou pas du tout connues bien qu'étant, dans leur quasi-totalité, tout aussi savoureuses que celles qui nous sont familières.

  • Un jeune professeur est affecté au coeur du royaume des Mores. Naïf, velléitaire, pusillanime, volontiers soumis, manipulé par un narrateur scandaleusement amoral, il tombe amoureux de toutes les femmes qu'il rencontre et dont il accepte immédiatement l'emprise. Ainsi se saisissent de lui Dragana, Slave de Marseille, Albina, fausse Portugaise, la fière Atlante Damya, Tamchicht, jeune répudiée du village où il enseigne, la puissante Kahina de la médina proche, l'Espagnole Esperanza qui hante les bars de la ville, la Boraine Angèle Coquebin, ex-maîtresse de son père, qui mène de louches activités auxquelles elle a décidé de l'associer, et Tsaâzzoult, une montagnarde supposément candide qui a résolu de l'épouser et de le soustraire aux tentations immorales auxquelles le soumettent les précédentes.
    /> Ce récit initiatique, érotico-sentimental, fortement empreint d'humour et de dérision, constitue un roman facétieux sur fond de questions existentielles qu'il appartient aux lecteurs de découvrir.

  • À quel point le bonheur d'aimer ou d'être aimé peut-il se conjuguer avec l'acceptation de se soumettre aux exigences de l'autre, voire naître et croître à mesure que ces contraintes se changent en un asservissement s'accompagnant d'humiliations, de brimades, et, à l'extrême, de sévices susceptibles de provoquer la mort ? C'est la question que posent les huit nouvelles de cet angoissant recueil de Patryck Froissart. La thématique du plaisir-souffrir est ici sous-tendue par le mythe de la femme fatale, de la sirène, de la Lorelei qui joue de la fascination qu'elle exerce pour précipiter les bateliers contre les rochers où se fracassera leur esquif.

  • La poésie est aussi propre à exprimer toute la beauté de la nature que toutes les laideurs dont l'homme la gangrène jusqu'à la menacer de destruction totale. De même, le poème peut être tout autant l'hymne à la grandeur de l'humanité que le pamphlet mettant à nu ses tares et ses hideurs. L'amour, la haine, la paix, la guerre... Cette question inquiète, l'homme se la pose depuis qu'il a une âme, depuis qu'il est, justement, animé on ne sait par qui, ni par quoi, ni pourquoi. Patryck Froissart, poète, romancier, nouvelliste, brosse dans ce sombre recueil, sans concession ni réserve, un tableau désespéré de l'état de nos sociétés, et en fait porter la responsabilité à Celui ou à Cela qui habite l'homme. Lecture déconseillée aux dépressifs.

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