• Vingt histoires de mortels, comme auraient dit les Grecs : vingt histoires de femmes et d'hommes, de tous âges, de tous milieux, de tous pays, de toutes époques, sous la lumière très douce ou très violente de la mort. Avec, après chacun de ces textes, avant celui qui suit, une autre histoire, toujours la même, toujours recommencée, entre deux personnages d'aujourd'hui, un homme, une femme, comme un roman par lettres - ce sont des lettres d'amour, ce sont des lettres d'adieu - à celle qui est partie dans le ciel d' Osaka, il y a quelques jours, et qui n'est pas revenue, et qui ne reviendra pas... Cela fait comme une basse continue, qui assure l'unité de l'ensemble, si savamment construit, qui le justifie, par sa fin, jusqu'à en faire un roman véritable, dont on ne sait plus, dans les dernières pages, si celui qui écrit ces lettres est l'auteur ou le personnage, qui aurait tressé ces morts ( réelles ? imaginaires ? ) pour les offrir, comme un bouquet, comme un tombeau, à l'absente définitive, tellement vivante, tellement aimée, tellement irremplaçable, et qui vient de mourir, comme tous les autres, et qu'aucune tombe jamais ne pourra contenir...

  • Sorianoda

    Patrick Renou

    • L'envol
    • 12 March 2003

    " Il y a bien de vagues souvenances fragiles, affectueuses et délicates pour chaque enfance passée auprès de parents aimés. Dans la lumière laiteuse, je garde et laisse à l'horizon les années délicieuses de ma prime jeunesse, les grâces, les rires de ces paradis perdus. Mais ce qui marqua ma vie d'une impression totalement nouvelle et m'arracha à mon enfance se déploie autour d'une amitié comblée, embrassée par la musique. J'étais transporté, exalté par la présence d'un ami : Simon exerçait sur moi une fascination ".

  • Tu m'entends

    Patrick Renou

    " Dans tout livre sommeille une enfance. Le travail du lecteur, c'est de réveiller l'enfant qui dort en l'appelant par son nom propre. La singularité de ce livre est que l'enfant n'y dort pas, en proie à l'insomnie de cette vérité : il va mourir. Bien sûr, pour nous, lecteur, cette vérité n'est pas recevable. Nous savons qu'aucun de nous ne mourra jamais, bien sûr - sauf celui-là, à qui l'annonce de la fin aura été donnée très tôt sans doute. Dans cet éblouissement-là - trop de jour, trop de nuit - il écrit. Tant qu'il écrit, il peut mourir, c'est donc qu'il est vivant ". Christian Bobin. " Je me souviens. La violence d'une phrase incompréhensible. Sans un gémissement. La vie s'est éteinte. Il fait nuit. Je le sais, il faisait presque jour. Il fait nuit. Je me souviens. Et de l'insoutenable écrasement d'un regard privé de tout, et de l'immobilité d'un corps qui ne respire pas. De sa présence. Il fait nuit. Je le sais. Elle m'étouffe. L'intensité immonde d'un silence dévore tout à la fois. Le ciel, n'importe lequel, se renverse sur le sol. Chaque jour la mort me recouvre. Les rires du matin n'ont jamais existé.".

  • Le rendez-vous

    Patrick Renou

    " On peut se passer du bonheur. Il suffit d'être assez attentif à la vie, assez occupé à l'affronter ou la fuir. Le héros du Rendez-vous s'y emploie avec talent. Il a très peur de mourir. Il est très amoureux. Cela fait deux raisons de continuer.
    Il s'intéresse à tout. Il ne croit à rien. La femme qu'il aime, dont il parle merveilleusement, ne veut aimer qu'un écrivain. Il écrit donc. Quelle meilleure raison ? Ecriture amoureuse. Ecriture de conquête. C'est un roman qui serait une lettre d'amour, une lettre d'amour qui serait un roman.
    On soupçonne un livre autobiographique. Trop de fraîcheur pour être tout à fait inventé. Trop d'étrangeté pour n'être pas vrai. C'est à la fois cocasse et grave, émouvant et déroutant. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Celui-là, oui. Il n'est pas comme les autres ; c'est pourquoi il nous éclaire sur nous-mêmes.
    Le corps de cette femme, pour lui, vaut plus que tous les livres. Cela met la littérature à sa place, qui n'est pas la première. Et ce roman à la sienne, singulière et belle.
    On peut se passer du bonheur. On peut se passer de la littérature. Mais de l'amour, non ".
    André Comte-Sponville.

  • D'une ile a l'autre Nouv.

    Rentrée littéraire 2021.

    " Un roman vraiment merveilleux, sur une his toire merveilleusement vraie. " André Comte-Sponville Feuilletant un livre ancien sur les paquebots, devant la boîte verte d'un bouquiniste des quais, Patrick Renou découvre qu'une passagère clandestine, embarquée sur l'Ile-de-France en novembre 1946, donna naissance à sa fille au large des côtes françaises. Profondément ému, il fait alors des recherches, se plonge dans les archives de Cherbourg, de New York, comprend l'histoire extraordinaire de Milena et décide de réinventer ces sept jours de la traversée, où s'est noué le destin de la jeune femme. On entend le saxo de Charlie Parker le soir, on voit Marcel Cerdan sur le ring, les buffets sont dressés jour après jour. On vit ce temps si particulier des traversées transatlantiques qu'épouse à la perfection le rythme de l'écriture du romancier.

    " Patrick Renou s'est emparé de cette aventure, encore brûlante des terreurs de la guerre et des poursuites infâmes contre les Juifs. Par son style à la fois tendre et persuasif, il donne vie à ce qu'on n'aurait jamais su sans lui. Il n'y a jamais de hasard : l'auteur a su crever l'épaisseur de l'oubli avec ses mots, et c'est là encore son mérite. C'est de là aussi que vient la beauté de ce roman. " Arlette Farge.

    awaiting publication
  • Brisure

    Patrick Renou

    " Là où commence une nuit que je ne sais élucider, l'inquiétude gagne. Je me déplace et je regrette déjà d'avoir bougé. Je ne comprendrai jamais comment je peux respirer. Avec cette certitude de la mort, tous les soleils peuvent bien se lever, même contre soixante ans de santé, je ne ferai pas de pacte avec la vie pour suivre une pente qui s'engouffre de toute éternité dans l'asphyxie. Furieux, avec le fardeau de cette masse de stupeur accumulé, rien ne m'apaise. Plutôt demeurer immobile. A perdre pied. J'ignore le masque du beau, tout du " sentiment océanique ". Les croyances, les consolations m'accablent. C'est toujours en deçà, au-delà du principe de plaisir, c'est-à-dire sans la chair et le sang de la parole et du verbe, que je porte mon regard. C'est dans l'urgence, contre ma douleur, c'est dans la colère, dans un face à face où l'un de nous deux doit sauter ce que j'écris. Autant dire que je n'y mets pas tout mon coeur... je lâche prise... Je sais bien quand ma rage tombera ! "

  • Tina Jolas et René Char ont vécu une histoire d´amour qui a duré trente ans, de 1957 à 1987. Elle était ethnologue, discrète et travaillait avec Claude Lévi-Strauss ; il était un des grands poètes du XXe siècle, célèbre, mondialement connu. Elle habitait à Paris ; lui était ancré en Provence, à Lisle-sur-la Sorgue. Ils n´ont jamais vraiment vécu ensemble, sauf pendant de brèves périodes. Mais ils se sont beaucoup écrit. Des milliers de lettres !

    Cette correspondance ne sera sans doute pas publiée avant longtemps. Mais les enfants de Tina Jolas, Paule et Gilles du Bouchet, ont permis à Patrick Renou de consulter les lettres de René Char à leur mère. Il s´en est inspiré pour écrire « ce roman qui serait vrai » (selon l´expression d´André Comte-Sponville). Il nous emporte dans les tourbillons d´une aventure humaine et littéraire à la fois : la longue passion qui a lié un poète et sa muse.

    René Char est le personnage principal de ce roman . Mais Tina Jolas en est l´héroïne. Une héroïne libre et lumineuse.

  • Durant la guerre, Albert Camus a échangé des lettres avec son ami résistant, journaliste et écrivain, René Leynaud. Cette correspondance, qui couvre les années 1943-44, est publiée dans cet ouvrage, et accompagnée d'un article de Camus paru dans Combat en 1944, dans lequel l'écrivain exprime son admiration pour les hommes de la Résistance. Des photographies inédites illustrent ces documents.
    Par ailleurs, trois écrivains, dont les philosophes André Comte Sponville et Laurent Bove, évoquent Albert Camus, l'homme de l'absurde à la recherche de l'amour; tandis que Patrick Renou nous emmène sur les pas de l'humaniste avant tout.
    Trois auteurs, aux regards inattendus et différents, rendent ainsi hommage à Albert Camus et nous aident à (re)découvrir les yeux émerveillés du grand écrivain devant la lumière du monde.

empty