• La réalisation, la diffusion et le commentaire des sondages d'opinion se sont aujourd'hui banalisés tant par leur fréquence que par la prolifération des thèmes abordés.
    Chacun s'est progressivement habitué aux " révélations " des enquêtes d'opinion, intégrées dans " l'air du temps " au même titre que la publication des cours de la Bourse, des prévisions météorologiques ou de l'horoscope. On a pourtant toutes les raisons de se méfier des sondages, précisément parce qu'ils se présentent comme évidents et naturels dans le paysage démocratique. Soixante-dix ans après le coup de poker de George Gallup, nous sommes toujours prisonniers du raisonnement circulaire par lequel " l'inventeur " des enquêtes d'opinion devança toute critique raisonnée en faisant du sondage " la mesure de l'opinion publique " et de l'opinion publique " ce que mesurent les sondages ".
    Les métaphores approximatives du baromètre ou de la photographie, comme les argumentaires contradictoires des sondeurs, loin d'éclairer le débat, l'obscurcissent plus encore, en " naturalisant " cette technologie sociale. Sur la base des très nombreuses enquêtes d'opinion publiées au cours des derniers mois en France, trois questions sont abordées dans cet ouvrage : quel est le degré de précision ou d'exactitude de cet instrument de mesure ? que mesure-t-il exactement ? quels en sont les usages et les effets ? Les réponses devraient contribuer à déstabiliser quelques évidences.

  • On a trop tendance à réduire l'actuelle manie sondagière à un culte naïf de l'opinion ou à une futile bataille de chiffres.
    Mais les sondages, on le verra en lisant les entretiens qui composent ce livre, sont bien plus que cela.
    Un sondage, c'est par exemple, comme nous l'explique Patrick Lehingue, un produit scientifique de plus en plus frelaté, dont l'élaboration ignore généralement les principes et les enseignements élémentaires de la recherche.
    C'est aussi, comme le montre Rémy Caveng, un produit commercial, fruit d'une concurrence féroce et d'un dumping social éhonté.
    C'est enfin, comme le souligne Alain Garrigou, l'objet de prédilection (à la fois marchandise, arme et totem) d'une clique politico-médiatique, qui ne cesse de vicier la vie démocratique.
    Au fil de la lecture, on croisera donc, sans jamais s'éloigner des sondages, quelques problèmes essentiels de notre temps?: le règne de la fausse science et des faux experts?; la généralisation du précariat néolibéral?; la domination sans partage de l'oligarchie.

  • À la fois technologie politique et pratique sociale, le vote nous apparaît paradoxalement comme un tissu d'évidences peu susceptible de retenir notre curiosité, mais aussi comme un ensemble d'énigmes dont certaines restent irrésolues.
    Par la vertu des sondages d'opinion, on sait - approximativement - pour qui les électeurs votent, mais beaucoup moins pourquoi ils le font. Quels genres d'échanges se (dé)nouent lors d'une campagne électorale ? Quels types de préférences s'y dessinent ? Quelle part de leur existence sociale et de leur trajectoire biographique les électeurs engagent-ils dans l'acte de voter (ou de ne pas le faire) ?
    Cet ouvrage tente de reprendre ces questions en interrogeant le(s) vote(s) sous trois rapports : l'élection comme institution censée assurer l'expression de convictions politiques en même temps que la désignation de « représentants » ; les modèles d'interprétation des votes et la succession des «écoles » analysant « ce que voter veut dire » ; les controverses autour de la stabilité (versus volatilité) des électeurs, leur degré de compétence et la portée du processus d'individualisation de leurs votes.

  • Cet ouvrage collectif propose une réflexion de politistes et de sociologues qui s'adosse aux travaux de Daniel Gaxie. C'est l'occasion de reprendre le débat autour des nombreux domaines qu'il a défrichés, qu'il s'agisse de travaux sur la représentation et la professionnalisation politiques, sur la politisation des "profanes", sur le militantisme et ses rétributions ou encore sur les luttes au principe de l'action publique. Le pari était le suivant : montrer comment cette sociologie qui, dans les années 1970, dévoilait les ressorts sociaux d'un enchantement largement partagé de la politique démocratique, montrant la faible démocratisation du recrutement des représentants, définissant les contours d'un "cens caché", critiquant une vision héroïsée de l'action publique, pouvait analyser aujourd'hui un monde politique nouveau, largement désenchanté ("crise" de la représentation, suspicions autour de l'activité politique, jugements désabusés sur son impuissance...). La fameuse lutte contre les prénotions qui habitait le métier de sociologue doit désormais emprunter des chemins beaucoup plus escarpés. Les textes réunis posent frontalement la question de l'actualisation des apports de cette sociologie politique et s'interrogent sur les manières de la renouveler en soulignant des manques, en suggérant des prolongements et en proposant des pistes pour l'avenir.

  • En 1966, H. Becker écrivait que « les sociologues aiment parler de fonctionnement, de processus, etc., mais [que] leurs méthodes les empêchent, en général, de saisir concrètement les processus dont ils parlent si abondamment ». Près de cinquante ans plus tard, les techniques permettant de saisir les processus in itinere, que l'on a pris pour habitude de qualifier de longitudinales se sont développées. Ces méthodes de recueil et d'analyse longitudinales sont rarement discutées ensemble et sont au contraire souvent présentées comme constitutives de traditions de recherche opposées. C'est à ces différentes manières de faire usage des techniques longitudinales que cet ouvrage voudrait constituer une introduction.

    Avec le soutien de l'unité de recherche « Mobilité, logement, entourage » de l'Ined - Institut national d'études démographiques, du Curapp et l'université Picardie Jules Verne.

  • Quels sont les liens ordinaires des Français à la politique ? Les études réunies dans ce volume reprennent cette question classique en montrant tout à la fois ce que la politique signifie dans les situations routinières et quotidiennes des citoyens, en quoi les rapports au politique sont inscrits dans des trajectoires biographiques autant individuelles que collectives, et finalement ce qu'est le "cours ordinaire" de nos sociétés démocratiques. L'analyse de ces rapports profanes au politique est conduite à partir de terrains très variés, depuis les lieux d'habitation ou de travail jusqu'aux rares situations de contact avec les élus, en passant par la reconstitution détaillée du lien qu'un seul individu entretient avec la politique le temps d'une campagne présidentielle.

    Contributeurs : Eric Agrikoliansky, Philippe Aldrin, Julien Audemard, Lorenzo Barrault-Stella, Yassin Boughaba, Céline Braconnier, François Buton, Eric Darras, Charlotte Dolez, Guillaume Garcia, David Gouard, Marine de Lassalle, Patrick Lehingue, Camille Magen, Christèle Marchand-Lagier, Nicolas Mariot, Fabrice Ripoll, Jean Rivière, Sabine Rozier, Ivan Sainsaulieu, Muriel Surdez, Sandra Vera Zambrano, Sébastien Vignon, Eric Zufferey.

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