• L'amour égorgé

    Patrice Trigano

    Un matin de juin 1914, à son réveil, René âgé de quatorze ans découvre le corps pendu de son père à la poutre centrale du salon de l'appartement familial. Ce traumatisme alimentera un besoin de révolte qui ne quittera pas le poète qu'il devint. Tourmenté par sa bisexualité, tiraillé entre l'amour qu'il portait à un peintre américain et à une jeune berlinoise adepte du triolisme, dégoûté par son corps atteint de tuberculose, René Crevel conjurait son mal de vivre en cherchant dans les abus de la drogue, du sexe, et des frivolités mondaines l'apaisement de ses maux. Jusqu'à son suicide en 1935 il rêva à une version régénérée du monde en devenant tour à tour membre du mouvement Dada, du groupe surréaliste et enfin du Parti communiste. En une épopée passionnante, d'une plume alerte, Patrice Trigano fait revivre les moments d'exaltation, les sentiments de craintes, d'angoisses, les douleurs morales et physiques de René Crevel. Il dresse une peinture des milieux intellectuels des années vingt et trente, alors que le fascisme était en embuscade, à travers des portraits saisissants des amis du poète: Gide, Nancy Cunard, Breton, Éluard, Aragon, Tzara, Cocteau, Dali, Giacometti.

  • Artaud-Passion est une pièce sur la dernière période de la vie d'Antonin Artaud. Dans le corps du dialogue sont intégrés des extraits des textes d'Artaud qui entrent en résonance avec la situation développée sur scène.
    L'Argument :
    Antonin Artaud à sa sortie de l'asile de Rodez où il a subi des électrochocs, rencontre une jeune Femme, Florence Loeb que l'auteur a bien connue.
    Edition avec postface de l'auteur, illustrée des photos des répétitions.

  • Fasciné par les hommes révoltés, Patrice Trigano s'est attaché, dans ce quatrième livre, à faire revivre l'un de leurs plus brillants et stupéfiants représentants : Antonin Artaud.
    Loin du rapport factuel des études biographiques, il nous invite, d'une écriture mêlant nerfs et émotion, à pénétrer le parcours tragique de la vie du poète : ses enthousiasmes, ses élans mystiques puis hérétiques, mais aussi ses doutes, ses délires, ses douleurs, ses désarrois... Un Artaud imaginaire en somme, mais sans doute révélé au plus près de lui-même, entre hyper-lucidité et folie : vagabond en quête d'absolu.

  • Le miroir a sons

    Patrice Trigano

    Ce roman-gigogne s'ouvre sur la découverte d'un manuscrit anonyme acheté pour trois sous à l'Hôtel Drouot avant de se poursuivre par le manuscrit en question, lequel est un va-et-vient entre deux voix : celle d'un homme en analyse (le narrateur) et celle de Raymond Roussel, face au docteur Janet.
    Les multiples résonances entre les deux analysants tissent un réseau de renvois dont le "miroir à sons" est la métaphore centrale, d'où irradie la parole libératrice. On y retrouve les thèmes chers à Patrice Trigano, notamment une constellation d'artistes révoltés, parfois à la lisière de la folie. Portée par cette construction spéculaire, l'écriture, à la fois ample et précise, se nourrit du désir d'explorer les arcanes de l'inconscient.
    Et Roussel, personnage magnétique hors du commun, s'avère en constituer un excellent motif.

  • Alfred Jarry (1873-1907) a 24 ans quand il crée Ubu Roi au théâtre de l'oeuvre en décembre 1890. Il a dû batailler avec Lugné-Poë, son directeur, et revoir ses exigences à la baisse mais la représentation a bien lieu le 10 décembre, et c'est le scandale espéré ! Le pari est réussi. Jarry est définitivement lancé dans la vie artistique parisienne. Il passera le reste de son existence à entretenir et peaufiner sa réputation sulfureuse, multipliant les provocations, parlant haut et fort, buvant beaucoup d'alcool et d'éther... Il devient le double du père Ubu, pour le meilleur et pour le pire. Sa vie est un roman, à la fois exubérant et triste.
    Heureusement, à ses côtés, des amis fidèles veillent, qui tentent de le protéger de ses propres excès, à commencer par Rachilde et Alfred Valette, les fondateurs du Mercure de France.
    Patrice Trigano est fasciné par les artistes révoltés, à la lisière de la folie. Ce livre clôt une trilogie commencée en 2010 avec Antonin Artaud (La Canne de saint Patrick) et poursuivie en 2011 avec Raymond Roussel (Le miroir à sons). En évoquant le destin d'Alfred Jarry d'une plume alerte, il retrace aussi avec brio tout un pan de la vie artistique et littéraire de la Belle Epoque.

  • Dandy solitaire, hypocondriaque, rongé par les manies, aux prises avec d'insurmontables problèmes sexuels, Samuel Rosen vit reclus dans son hôtel particulier du VIIe arrondissement de Paris, entouré de ses livres et de ses oeuvres d'art, dans le regret de ne pas être entré en analyse avec Lacan lorsqu'il avait vingt ans. Sur le point de faire publier un « livre- événement » qui fait sa fierté tout en nourrissant ses doutes et ses angoisses, Rosen cherche à apaiser ses conflits intérieurs en s'évadant par la peinture, la musique, la littérature, une ascension du mont Ventoux sur les traces de Pétrarque, un pèlerinage à Rocamadour dans les pas de Francis Poulenc.
    Sans succès, jusqu'au jour où, à l'occasion d'une retraite chez les moines trappistes, tout bascule.

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