• « Je n'existais plus. » Cette phrase, Pascale Jamoulle l'a entendue à de multiples reprises lors de l'enquête de terrain qu'elle a menée, pendant sept ans, pour mieux cerner et comprendre ce fait social contemporain qu'est l'emprise. Prononcés par des personnes qui se sont longtemps tues, ces mots en résument les effets d'anéantissement et de dépersonnalisation. Auparavant libres de penser et d'exister par elles-mêmes, elles sont devenues dépendantes d'un prédateur ou d'un système prédateur, charismatique. En les piégeant, celui-ci s'est approprié graduellement différentes dimensions (physiques, mentales, socioéconomiques, symboliques...) de leur existence.
    Cet ouvrage explore et cherche à élucider les systèmes d'emprise, les passages d'une emprise à une autre, ainsi que les dynamiques d'émancipation qui permettent de s'en libérer. Il croise les lieux d'investigation (le couple, la famille, le soin, le travail, l'économie souterraine) et les récits de personnes touchées. Il pose en particulier cette question anthropologique : les systèmes d'emprise ont-ils la même structure, d'un terrain à l'autre ? Les processus lents et progressifs de la déprise sont-ils similaires ?

  • Comment quitter l'adolescence, devenir un homme et s'affirmer en tant que tel dans les cités et autres zones dénigrées, touchées de plein fouet par la désindustrialisation et son cortège d'insécurités sociales et mentales ? cette enquête de terrain, menée pendant trois ans dans d'anciennes villes ouvrières du nord, montre comment les prises de risque font l'objet d'un processus de production continu, permettant aux jeunes gens de poser les bases de leur identité virile et de construire leur réputation sur un territoire ; puis, de gagner leur vie dans les réseaux souterrains, de diversifier leurs relations et de trouver une manière de répliquer à la honte de vivre dans des lieux stigmatisés.
    A travers les multiples portraits de jeunes gens et d'hommes vivant dans des cités sociales ou dans la rue, pascale jamoulle montre combien la précarisation rend difficile la construction identitaire. fluctuantes, les identités de ces hommes ne sont pas figées et voient alterner les moments de crise avec des tentatives de régulation des risques et de reconstruction.

  • Issu d'une enquête de terrain menée pendant deux ans en Seine-Saint-Denis, cet ouvrage donne la parole à des migrants récemment arrivés et à des familles immigrées de longue date. En se racontant, hommes et femmes, jeunes et parents sortent collectivement du silence. Ils relatent le « travail de l'exil », d'épreuve en épreuve, livrent leurs réflexions et leurs ressentis, font part de leurs questionnements et incertitudes. Au coeur de leurs vies, les « trous de mémoire » des familles et les « blancs » de l'histoire des migrations se conjuguent aux non-dits actuels de la société et interroge les processus d'intégration.

  • Cet ouvrage donne la parole à des praticiens/chercheurs immergés dans des " lieux d'exils ", où vivent des populations d'ici ou d'ailleurs, mises au ban du social, marquées par un entrelacs de relégations et de discrédits. Ces auteurs, issus de divers secteurs (santé mentale, aide sociale, sans-abrisme, école et aide à la jeunesse), " font savoir ", à partir des vécus d'expérience. Leurs enquêtes de terrain donnent à penser ; elles déploient l'innovation professionnelle

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  • Dans les espaces urbains marqués par la précarisation, les sphères de l'intime se fragilisent.
    Cet ouvrage explore la vie émotionnelle, affective et sociale de personnes de toutes origines, souvent marquées par l'épreuve de l'exil, dans un quartier "chaud" de bruxelles, oú les relations hommes/femmes, les quêtes affectives et sexuelles sont d'une grande complexité. l'auteure y a longuement fréquenté des prostituées, des errants avec ou sans papiers, des jeunes issus des anciennes et nouvelles migrations, turques en particulier.
    Elle restitue ici, avec finesse et délicatesse, leurs histoires et contextes de vie, qui contribuent à façonner leurs rapports au corps, à l'autre sexe et à la solitude. prouvés mais altiers, marginalisés mais créatifs, brisés mais tenaces, les interlocuteurs de l'ethnologue font face à l'insécurité sociale et intime. celle-ci peut devenir une quête initiatique, oú s'invente une autre vie urbaine, souterraine et alternative.
    Il en va ainsi de la prostitution libre et courtisane, vécue comme un métier de service; des squats semi-organisés qui protègent de la rue et de l'isolement; des couples mixtes et des inventions transculturelles qui décloisonnent les ghettos urbains. a travers la vie intérieure et secrète de ses interlocuteurs, pascale jamoulle nous invite à découvrir les mondes off des grandes métropoles, à voir comment s'invente la mondialisation par le bas de l'échelle sociale.

  • Résultat d'une enquête de terrain menée sur les lieux de vie et réalisée avec les jeunes touchés par les drogues, ces récits biographiques apportent une information tout en nuances sur les itinéraires des personnes dépendantes de drogues, leurs styles de vie, leurs visions d'eux-mêmes, de la société et des professionnels qu'ils rencontrent, leurs aspirations et leurs systèmes de valeurs.
    Ces représentations sont une donnée essentielle de la construction des connaissances relatives aux usages de drogues. Entre le monde des professionnels et celui des personnes (poly) dépendantes, existent parfois des abîmes d'incompréhension et de suspicion réciproque, particulièrement lorsque leurs trajectoires ont été traversées par des processus de précarisation sur le plan économique, social, judiciaire, psychologique et sanitaire, ce qui les a confrontées au mépris et a alimenté leur méfiance envers la société.
    Apportant une meilleure compréhension du monde social des usagers de drogues, cet ouvrage, lisible par tous, y compris par les parents, permettra d'améliorer le dialogue entre l'usager et les professionnels de l'intervention sociale (assistants sociaux, psychologues, policiers, magistrats, médecins...)

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