• Avec ces photographies, je cherche à appréhendre les cicatrices d'une liaison hasardeuse et ses résonnances contemporaines.
    Il ne s'agit pas d'illustrations, ni d'une narration mais d'un état des lieux émotionnel. Un voyage à l'heure bleue. Une conversation entre mes doutes et une part d'humanité brute, celle qui renvoie aux notions de survie, d'existence, d'humilité. Ici j'apprends à voir, à vivre.

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  • Quatre séjours passés à Madagascar. Des mois de patience à suivre des marginaux, à revoir des sans-abri, à parcourir les taudis, à découvrir des prisons, des asiles psychiatriques, des boîtes à putes ou des hôpitaux frelatés. Le Madagascar des laissés-pour-compte, le photographe marseillais Pascal Grimaud l'a rencontré bien avant le début de la crise présidentielle malgache de cette année. Ses premières images remontent à 1999. Son idée était d'évoquer Madagascar comme un " bateau ivre ", à la dérive. Madagascar, embarqué dans un régime politique nourri à coup de trique et de corruption. Madagascar, un des plus riches pays du sud, pillé par le trafic et le népotisme. Et Antananarivo, une capitale des enfants abandonnés, des quat'mis, des vendeurs à la sauvette ou de la prostitution juvénile, avec ses rues sombres pour ultime refuge.
    Gilles Labarthe - journaliste - Octobre 2002

  • Cahiers 2013-2015

    Pascal Grimaud

    « Délimiter un territoire à explorer : la commune par exemple. Le pays (une distance intime avec les paysages). Prendre la carte IGN et ses petits symboles. Des petits points verts ? Les vergers. Les vergers ? Les arbres ne portent plus que des ronces et abritent quelques garennes. Là, je me gare. Et je fais un tour, au hasard, selon les possibles : les brèches, les petits passages, les portails ouverts. Ou le long du canal des Alpines, saignée arborée propice à l'immersion (je m'égare un peu, parfois). Suivre les traces des chevaux, c'est eux qui font les chemins d'aujourd'hui, les sentiers de l'ennui. » Ce cahier retrace une résidence sur le territoire du Département des Bouches-du-Rhône.

  • Pascal Grimaud bouscule et met à mal ces lieux communs rassurants.
    Quittant les circuits balisés, il emprunte des chemins de traverses et nous fait voir tout autrement une partie de la Provence et de ses villages. Ses photos sont comme l'image inversée des clichés d'une région consacrée aux vacances et aux loisirs pour touristes et gens de passage qui ne restent pas longtemps et ne connaissent pas vraiment ceux qui y vivent et y travaillent l'année durant.
    À l'inverse des villages de carte postale, la beauté des paysages, la présence et la vie des habitants n'effacent pas un sentiment de vide et de sourde angoisse qui émanent de nombre de ses photos : des rues, des places, des carrefours sont déserts ; des maisons de village sont à vendre, d'autres aux couleurs sales ou chatoyantes sont en construction ; le bitume s'étale un peu partout ; une route débouche sur un chemin de terre au milieu de terres à l'abandon... Ces photos contrastent avec la beauté de bâtisses et de veilles fermes entourées encore de terres cultivées, lovées au sein d'une nature domestiquée et qui s'harmonisent avec elle.

  • Au nord-ouest de Madagascar, dans l'Océan indien, les Comores. Sous protectorat français jusqu'en 1975, les Comores connaissent depuis une certaine instabilité politique. Devant faire face par ailleurs à des problèmes démographiques et à un manque de ressources naturelles, l'archipel voit partir chaque année des centaines d'émigrants, notamment vers Marseille - appelée par les Comoriens " Capitale des Comores " - où l'on y compte plus de 50 000 ressortissants comoriens.
    Pascal Grimaud, jeune photographe marseillais, a fait plusieurs voyages aux Comores pour s'approprier et saisir le lien entre la culture comorienne de la terre d'origine et celle qui persiste et se transforme dans l'exode et le déracinement à Marseille.
    Il a pour ambition de constituer à la fois une mémoire visuelle du patrimoine culturel des Comores, et de participer à l'écriture d'une mémoire de l'exil, en rendant compte d'une identité en mutation, celle des migrants et plus particulièrement leur deuxième génération, qui cristallise par sa jeunesse le conflit entre modernité et valeurs ancestrales.
    La maquette de l'ouvrage joue sur la confusion des lieux et des situations : les tenues vestimentaires se ressemblent, les décors urbains peuvent induire en erreur, Marseille ou Moroni ?

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