• C'est comme un météore obscur que Christiane Räntz (1778-1831) traverse une période particulièrement bouleversée de l'histoire allemande.
    Fille des Lumières finissantes, elle meurt au moment où sonnent les premiers clairons du nationalisme germanique. Retracer son parcours fulgurant permet d'observer comment un personnage incarné, qui fut à la fois poétesse lyrique, mystique exaltée, humble domestique et farouche guerrière, finit par se fondre dans l'archétype d'une Allemagne éternelle. Tous les registres sont alors requis dans ce roman à rebondissements : ceux de l'hagiographie classique, de la poésie et de l'épopée, lesquels n'excluent nullement l'humour et la fantaisie.

  • Un livre à la croisée de la biographie et du récit, une plongée dans les racines de l'écriture de Bobin. Avec des inédits de l'auteur.

    Christian Bobin est un écrivain secret. Pourtant, aujourd'hui, il livre ses archives, ses manuscrits, ses carnets et ses photographies, les commente de sa main, faisant le lien entre ses sources d'inspiration et son écriture.
    Au fil des pages surgissent l'enfance au Creusot, les êtres chers, la poésie de Rimbaud ou celle de Marina Tsvetaïeva, , la lumière des noirs de Soulages, la grâce de la petite châtelaine de Camille Claudel... Autant d'éclats qui dessinent le portrait d'un auteur.

  • Ce recueil, qui mêle poèmes en vers et poèmes en prose, introduit le lecteur dans un monde singulier à la fois ancien et nouveau, légendaire et intime. Un monde situé à l'Est, entre Poméranie et Russie, avec des princesses, des vierges et des saintes, mais aussi des brutes et des héros sans nom.
    Dominique Pagnier, qui a l'art de transformer l'anecdote en légende, fait vibrer l'âme de faits et gestes évanouis. Un détail lui suffit pour extraire d'une scène banale (une noce à la campagne, un jour de classe) tout son mystère. C'est un beau recueil étrange et distingué, porté par une langue de haute tenue.

  • Le tramway austro-hongrois est le plus ancien d'Europe, ce qui explique que Vienne l'ait porté à une excellence inconnue ailleurs ; en fait il aurait été une chance pour l'Europe si l'on considère que la première rame circula à Sarajevo. Que, comme tout simple particulier, l'archiduc François- Ferdinand l'eût utilisé le 28 juin 1914 plutôt que sa lourde automobile Gräf und Stift, il aurait sans doute échappé aux balles du bosniaque Prinzip et la face du monde en eût été changée. C'est ce que me racontait parfois Frantisek qui évoquait souvent toutes ces vétilles dues au hasard, qui d'un coup, sans prévenir, orientent les destinées des hommes et des nations.
    Traversées par la musique et ses fantômes installés dans un décor viennois, d'une langue aussi cristaline que tranchante, les quatre nouvelles de Dominique Pagnier qui composent ce volume sondent, sous couvert de nostalgique rêverie, poids et épaisseur de la mémoire.

  • Opéra tout à la fois intime et moderne, Le cénotaphe de Newton dessine une courbe temporelle vertigineuse, de la fin de l'Empire austro-hongrois aux ultimes spasmes de la Stasi allemande communiste.Le roman est mené à la première personne, par la voix d'un fils en quête d'un père mystérieux, prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, agent de renseignement pour les soviets. Cette quête du père se double d'une autre quête, à la recherche du fascinant Manfred Arius, historien du théâtre baroque, auquel le narrateur étudiant a emprunté la paternité d'un mémoire dont il n'est pas l'auteur.L'autobiographie familiale, sentimentale, ne cesse de croiser ici les passions collectives qui animent la vieille Europe, saisie entre son âge d'or des Lumières et les ténèbres du nazisme, du goulag. L'Europe ne sert pas de simple décor à ce roman du désapprentissage : elle est la matière même de ce roman exceptionnel. Le « cénotaphe de Newton », tombeau imaginé pour le grand scientifique par l'architecte français Boullée, vient comme l'emblème allégorique d'une histoire où l'utopie et la catastrophe ont partie liée. La force de ce livre tient à ce que Dominique Pagnier n'y sépare à aucun moment l'intimité du destin individuel de l'ensemble historique vertigineux où il trace son chemin.

  • Alors, dès qu'il a couché les enfants, Leopold, le musicien qui un moment s'est pris pour Mozart, renonce à ses oeuvres, à sa carrière pour travailler au triomphe de l'enfant et à la consolation de l'Humanité.
    Il fait les comptes, étudie les commandes, révise les partitions du fils, prépare les voyages, organise tout jusqu'au moindre détail, parce qu'en plus il est souabe et qu'il n'ignore pas qu'on ne pourra venir à bout de ce monde par la musique seule mais qu'il y faut aussi du calcul et de la politique.

  • La vraie

    Dominique Pagnier

    Dans ce récit, le narrateur anonyme raconte la succession de ses espoirs et de ses échecs dans sa recherche de la jeune fille mystiquement idéale qu'il baptise " la Vraie ".
    En fait, il reprend à son compte une quête héréditaire, commencée pendant la guerre de 1914 par son grand-père, poursuivie par son père au cours de la guerre suivante. Des émois du premier, aérostier sur le front de l'Aisne, aux mésaventures du second, prisonnier détaché au service de petites entreprises allemandes, on passe à ceux du narrateur dans une petite ville de Champagne, où il croit rencontrer " la Vraie " en des jeunes filles qui tour à tour le décevront ou le repousseront.
    La prose de Dominique Pagnier, qui a publié jusqu'ici quatre recueils de poésie, est devenue un cristal parfaitement limpide, où se jouent constamment l'invention verbale pertinente, que font vibrer sans arrêt des images d'une fraîcheur et d'une vérité qui enchantent, en même temps qu'une qualité très particulière d'émotion pure et d'humour.

  • « Schubert, lui aussi, a expérimenté le "bon usage des maladies" et un jour il aura le soupçon que, depuis ses débuts de compositeur, c'est par une plaie que sourd sa musique, mais pour l'heure, tout endolori, sa casquette posée de travers sur son crâne chauve, son papier à musique roulé dans sa main, il traîne la savate dans les longs couloirs de l'Hôpital général pour aller prendre sa médecine, puis se rendre aux commodités avant de se coucher dans cette chambre à quatre où ça ronfle avec une odeur de poumon et de suette. Tandis que le poêle à poix blanche dispense sourdement ses vapeurs basalmiques, à travers la croisée, la lune, comme la soeur de garde, vient poser le linge frais d'un rayon sur son front fiévreux. Malgré les doubles fenêtres, on entend les fous sournois dans leur tour invectiver la visiteuse. Mais du profond de la nuit se déroule la mélodie pour chanter la berceuse du meunier :
    La pleine lune se lève,
    Le brouillard se dissipe...
    Deux fois pour le bercer, deux fois ça suffira. »
    Dominique Pagnier.

    Sur commande
  • On ne trouverait guère plus opposées qu'Autriche et Russie qui offrent leurs décors aux récits composant ce livre. La première est exiguë, son paysage s'inscrit dans la verticalité; elle est le lieu d'une rêverie nostalgique dans un hôtel d'opérette sur les bords d'un lac alpin, et sa capitale est le théâtre baroque d'une singulière expérience. La Russie offre au contraire d'éprouver l'horizontalité, que ce soit à travers les avenues de Moscou ou la vastitude céleste au-dessus d'une datcha perdue au nord de la Volga. Ainsi la vieille république d'Europe centrale confite dans le passé et la Russie ouverte aux révélations, deviennent les deux extrémités d'un itinéraire initiatique dont, avec ce mélange de gravité et d'humour qui lui est propre, Dominique Pagnier livre ici le récit.

    Sur commande
  • Dominique Pagnier est touché d'un mal étrange : l'austropathie galopante. Ce mal revient à aimer l'Autriche et à n'avoir de cesse d'y déambuler ; l'oeil est un aimant qui capte tout (couleurs, femmes et bruits) de la fourmillante limaille de détails épars dans l'air ; derrière le paravent du regard, Pagnier entrepose toute une brocante intime : des décors de théâtre jésuite, des plaquettes en piles de poésie tranchante et névrosée, des chutes d'eau, des nymphes en socquettes de dentelles, des épaisseurs de crème, des bruits de tramway, des rendez-vous manqués et des réveils nocturnes.

    Sur commande
  • Mondschein, en allemand, cela veut dire Clair de lune.
    Et c'est le nom d'une famille autrichienne chez qui un jeune Français a séjourné jadis. Il y avait là deux soeurs, Ingrid et Sophie, et leur cousine Iris. Elles l'appelaient Franzel. Elles n'ont jamais cessé, d'enchanter sa mémoire.
    Quand il revient en Autriche, trente ans plus tard, Sophie, sa préférée, est mariée, mère de famille, et vit d'habitude aux Etats-Unis. Iris est morte. Ingrid, pharmacienne, est mal mariée.
    Sophie pousse Franzel vers Ingrid. La recherche d'un médaillon perdu lance le visiteur dans une série d'aventures sentimentales à travers les paysages de l'Autriche et de Vienne. A travers le passé aussi, représenté, par l'étrange dramaturge d'autrefois, Ferdinand Raimund.
    Il y a un côté féerique dans des événements qui entraînent Franzel, dans les figures qui s'entrecroisent, les jeux plus on moins innocents, les boissons et les baignades, la pâleur lunaire de la chair pendant une éclipse de Soleil, le dédale des extravagances.
    Chaque phrase est un univers que nous offre le miracle de l'écriture.

    Sur commande
  • Sur commande
empty