• Le dire et le dit

    Oswald Ducrot

    • Minuit
    • 16 August 2018

    Le Dire et le Dit reprend, avec des remaniements et des mises à jour, un certain nombre de travaux échelonnés au long des années 1968-1984 et relatifs aux problèmes linguistiques de l'énonciation. Le thème général est que le sens d'un énoncé (« le dit »), non seulement comporte des allusions à l'événement historique constitué par l'apparition de l'énoncé, mais n'est rien d'autre qu'un commentaire du dire.
    Dans ce cadre prend place une conception « polyphonique » de l'énonciation, esquissée dans Les Mots du discours et développée systématiquement dans les derniers chapitres du recueil. Ce qui est dit par l'énoncé à propos de son dire, c'est qu'il est le lieu où s'expriment divers « sujets », dont la pluralité n'est pas réductible à l'unicité du « sujet parlant », fondement, jamais mis en question, des théories linguistiques habituellement reçues. D'où une enquête sur les statuts différents attribués à ces sujets, sur leur caractère nécessaire ou facultatif, sur la façon dont ils sont marqués dans l'organisation grammaticale de la phrase.

    Cet ouvrage est paru en 1984.

  • Le structuralisme en linguistique« Notre but est de montrer comment s'est développée, depuis deux siècles environ, l'idée de structure linguistique... Nous cherchons moins à présenter une genèse réelle qu'une genèse idéale, moins à tracer une courbe qu'à marquer des étapes. L'histoire sera donc une sorte de prétexte pour essayer de clarifier, en en distinguant différentes formes de plus en plus exigeantes, l'idée de structure linguistique. »Oswald DucrotDirecteur d'études à l'EHESS, ses travaux concernent l'histoire de la linguistique, les rapports entre la langue et la logique et, surtout, le pragmatique et la sémantique linguistiques.

  • À quelles conditions peut-on, dans un discours réel, utiliser un énoncé comme argument en faveur d'un autre ? La réponse semble aller de soi, au moins si l'on assimile l'argumentation à une espèce de raisonnement - peut-être lâche et flou, mais analogue en son fond à la démonstration étudiée par les logiciens. Dans ce cas, l'enchaînement des énoncés se fonde sur les informations qu'ils véhiculent, sur ce qu'ils disent de la réalité. C'est justement l'inverse que veut montrer la théorie des échelles argumentatives. Selon elle, la structure des énoncés, au sens le plus étroitement grammatical du terme, contient, indépendamment des informations qu'ils donnent, des indications sur le type de conclusions qu'ils peuvent servir. Le sens même de nos paroles doit alors être vu comme étant, de façon intrinsèque, un moyen pour orienter le discours de l'autre, l'intention de dire ne se distinguant pas de l'intention de faire dire. Ce qui fait triompher le structuralisme là où on l'attend le moins, en sémantique : la valeur sémantique d'un énoncé est constituée par allusion à la possibilité d'un autre énoncé - l'énoncé de l'Autre.

    Cet ouvrage est paru en 1980.

  • Le linguiste, quand il étudie une langue, prétend d'abord observer des faits, et ensuite les relier par des lois, ou les expliquer par une théorie. Mais ces « faits » (qu'il se « donne » au départ, et qu'il prend pour évidents parce qu'ils appartiennent à la perception habituelle du langage) sont le produit des théories à travers lesquelles il les voit. Quelques-uns sont le produit de sa propre théorie - et l'on parle de cercle vicieux, d'artefact, ou, d'une façon plus sérieuse, et moins péjorative, de « coût théorique ». La plupart sont le produit de théories anciennes, parfois de théories contre lesquelles l'auteur lui-même se bat. D'où la nécessité de savoir comment la linguistique d'hier a construit les faits dont débat la linguistique d'aujourd'hui. C'est ce que tente de faire cet ouvrage, qui traite de recherches très diverses, aussi bien celles de logiciens médiévaux que de modernes théoriciens de l'énonciation.

  • Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage Ce dictionnaire ne se limite pas à la linguistique stricto sensu ; y figurent aussi les concepts fondateurs, comme celui de signe, et, symétriquement, on y a pris en considération les productions de la langue (d'où la place accordée à la poétique). Quatre grandes parties : les écoles (depuis le XVIIe siècle jusqu'à Chomsky), les domaines (y compris psycho et sociolinguistique), les concepts méthodologiques (du plus fondamental - le signe - au plus dérivé - les genres littéraires), les concepts descriptifs (du plus simple - les unités non significatives - aux plus complexes - du langage et de l'action). Cinquante-sept articles à l'intérieur desquels sont données quelque huit cents définitions, faciles à repérer grâce à l'index final, doublé d'un index des auteurs. Un irremplaçable exposé et un très commode instrument de travail.

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