Grasset Et Fasquelle

  • " Bonjour, Police de New York.
    Ainsi se présente le héros qui va mener l'enquête sur le type qui aurait sauté du 29, étage, un garçon très gentil, dit la vieille du 28e. Malheureusement, en bas, il n'y a rien, qu'une voiture brûlée. Vous voyez le problème : pas de corps, pas d'enquête. Etage par étage, notre inspecteur du NYPD va descendre et chercher des indices, procéder à l'autopsie de l'immeuble. Tout vivre, tout revivre, tout rencontrer, se promener dans le cerveau-monde de New York, plonger dans ses souvenirs et tomber dans l'amour : to fall in love.
    Tel est le programme de ce livre gratte-ciel. " Polaroïde est l'instantané d'une réalité délirante, traversé de drôles de témoins, de dérives poétiques et d'éclairs policiers, sous la menace d'un nouvel orage terroriste.

  • Ollivier Pourriol est né en 1971. Grandit en Provence, habite à Paris. A vécu un an à Londres, deux aux Etats-Unis. Normalien, agrégé, enseigne la philosophie, avec une prédilection pour Alain, Lagneau, Deleuze, Foucault, et Diogène. Ecrit des scénarios (jeu vidéo, réalisation d'un court-métrage). Mephisto Valse est son premier roman.

    Le Livre :
    Une histoire de vengeance sophistiquée. Le cadre : le Concours Chopin de Varsovie, une des compétitions de piano les plus renommées au monde, qui n'a pas attribué de premier prix depuis quinze ans. La sélection est sans pitié : rivalités exacerbées, public snob et passionné, jury partial. La course au virtuose est ouverte. Et la chasse au pianiste également, puisqu'un assassinat va avoir lieu...
    Notre guide : un pianiste anonyme, sur le point de renoncer à faire carrière, voit sa vie basculer dans le talent et dans le crime. Sous la coupe du fascinant Ostreich, musicien émérite et président du jury, il subit une série d'épreuves qui vont tout à la fois le briser et le révéler. Energiquement secoué par ce grand provocateur, il se met à jouer différemment, aussi bien côté piano que côté coeur...
    Passera-t-il les éliminatoires ? Saura-t-il conquérir enfin une femme ?
    Car le spectre du passé guette : un mystérieux vieillard hante la salle de concert et va faire sombrer cette initiation dans le tragique. L'homme paraît surgi d'une autre époque : cape noire, manchot, il tient des discours aussi incohérents qu'inquiétants. On prétend, dans les couloirs, que ses talents de pianiste l'auraient sauvé des camps de la mort...

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  • « Zao Wou-Ki confesse dans son Autoportrait que s'il n'avait pas été peintre, il aurait certainement été chirurgien. Sans la confiance de son père, dit-il, « peut-être serais-je devenu chirurgien, comme je l'avais imaginé. Métier de vocation, aussi, exercé très souvent parmi mes plus proches amitiés et mes fidèles collectionneurs, comme s'il y avait entre l'exercice de la médecine, notamment de la chirurgie, et ma peinture, des affinités particulières que je n'ai jamais cherché à comprendre. »
    Un peintre et un chirurgien, qu'ont-ils en commun, à part le couteau ? Nietzsche voulait philosopher à coups de marteau, mais précisait-il aussitôt, il s'agissait du marteau des médecins, qui tapote avec précaution sur les cavités. Le scalpel peut-il échapper à la tentation de la frappe chirurgicale, si mal nommée, au fond si bien nommée ? La chirurgie est un acte de violence consentie, ce qui n'enlève rien à sa violence, et lui ajoute même, à vrai dire, une inquiétante étrangeté.
    Un chirurgien fait le portrait d'un peintre « au couteau ». Mais qui porte le couteau ? Le peintre, 85 ans, hospitalisé et opéré, ne peut plus guère exercer. « Docteur, est-ce qu'il pourra repeindre ? » demande sa femme, angoissée. C'est donc le chirurgien qui est armé. Subir le pouvoir des médecins -dont on dit qu'il va déclinant, mais c'est là une appréciation d'abord économique- est une expérience qui nous guette tous, ou que nous avons déjà traversée. Quel espoir nous reste-t-il entre leurs mains ?
    La manière dont le peintre va nous quitter ne laissera pas notre chirurgien indifférent. Elle le laissera exactement différent, comme s'il avait subi non pas un échec médical, mais une initiation, un apprentissage, le temps de quelques conversations avec ce vieil homme cultivé fourmillant d'anecdotes, évoquant un monde disparu, où l'on croise Dubuffet, Camus, Simone de Beauvoir, Nicolas de Staël correspondant avec René Char, Braque, Music, Gischia. Sur son lit de mort, le peintre convoque ses amis, ses fantômes, qu'il va bientôt rejoindre, ses femmes, dont la dernière veille dans la salle d'attente. Après une vie consacrée à la couleur, il prend la vieillesse et la dégradation de son corps comme l'occasion, enfin, de voir, comme disait Rousseau, intus et in cute, à l'intérieur et sous la peau. D'où les couleurs viennent. Les couleurs de la vie.
    Quel couteau permet d'aller au plus profond ? Celui qui tranche ou celui qui étale ? La question est ouverte, par cette amitié singulière entre un grand peintre sur le point de mourir et son chirurgien. Et même si se lier, dit Edmond Jabès, « c'est passer la corde autour d'une lame », c'est un chirurgien au regard métamorphosé qui nous raconte la dernière victoire du peintre. Ou comment finir en beauté. »
    Ollivier Pourriol

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