• A l'échelle mondiale, Noël Carroll est un théoricien bien connu du champ de l'esthétique et des études cinématographiques. Aucun de ses livres, pourtant, n'a été jusqu'ici traduit en français. Sans doute l'approche très rationnelle que propose Carroll de la théorie du cinéma détonne-t-elle un peu dans le paysage de l'esthétique française, où le culte de l'intuition et du je-ne-sais-quoi - les bêtes noires de l'auteur - est encore très vivace. Pourtant, ce n'est pas un livre de désenchantement que cette Philosophie des films; on pourrait même dire que l'ineffable, la poésie et l'informulable commencent là où un travail de catégorisation comme celui de Carroll est terminé. La clé de voûte de ce livre, en effet, est le concept de catégorie, et son moteur la volonté d'éclaircir le discours. De quoi parle-t-on exactement lorsqu'on dit qu'un film est plus cinématographique qu'un autre? Ou, plus simplement, et comme cela arrive tous les jours, lorsqu'on dit qu'un film est meilleur qu'un autre? Tout lui est bon pour répondre : pas seulement les chefs-d'oeuvre estampillés du Septième Art, mais les films du tout-venant, ceux qu'on regarde au quotidien, sur toutes sortes d'écrans, quelquefois à la sauvette.

    Avant-propos et traduction par É. Dufour, L. Jullier et A.C. Zielinska

  • Pourquoi prenons-nous du plaisir à regarder des choses horribles ?
    Depuis Aristote jusqu'à Walking Dead, la série télévisée qui suit une attaque de zombies, la question est posée. Grand connaisseur de tout ce que l'horreur a produit de films et de romans depuis plus de quarante ans, Noël Carroll analyse l'horreur comme un genre se déployant dans de multiples disciplines artistiques, mais reposant sur quelques structures narratives récurrentes. Philosophe, il apporte une réponse argumentée, riche et complexe, à ces deux grandes questions, fondamentales pour nous, grands consommateurs de fiction :
    - comment quelque chose qui n'existe pas peut nous inspirer des réactions si réelles ?
    - pourquoi sommes-nous tour à tour intéressés, fascinés, passionnés, par l'horreur, le gore, le sanglant, le macabre, le fantastique, l'angoissant, le terrifiant, les monstres, le sang, le crime ?
    Mêlant avec aisance la philosophie, l'histoire de l'art et la culture populaire, ce livre est aussi un merveilleux dialogue entre des oeuvres aussi différentes que celles de Stephen King, Mary Shelley, George Romero, Edmund Burke, Roland Barthes ou Howard Phillips Lovecraft.

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