• Menahem Mendel de Kotzk (1787-1859) est l'une des figures les plus marquantes et les plus iconoclastes du hassidisme, ce mouvement mystique juif révolutionnaire, fondé sur la joie et l'adhésion à Dieu offerte à tous. Opposé au dérives somptuaires et superstitieuses du hassidisme tardif, le Kotzker Rèbbè est un maître spirituel exigeant, qui met la Vérité au centre de tout, refuse le rôle d'intercesseur et brise les codes : « J'avais toujours espéré réunir une communauté de disciples pour déambuler avec eux dans la forêt ; et tout ce que j'ai su réunir, c'est un troupeau de boeufs ! », lance-t-il à ses hassidim.

    Le Rèbbè a brûlé ses rares écrits avant sa mort ; les Récits hassidiques de Kotzk (Kotzker Maysses) réunis par Eliezer Bergman (mort dans le ghetto de Varsovie) sont le principal témoignage de ce qu'était vraiment l'enseignement vivant du maître. Nathan Weinstock en a traduit et commenté ici quatorze parmi les plus frappants. Certains sont très connus, mais prennent une autre couleur lorsqu'ils sont rattachés à Kotzk ; d'autres sont de formidables découvertes.

  • Il y a exactement un siècle, alors que la Première Guerre mondiale faisait rage, Londres et Paris procédaient au partage du Proche-Orient arabe, anticipant la défaite de l'Empire ottoman qui s'était allié aux Allemands. C'est dans ce contexte qu'a été rédigée le 2 novembre 1917 la Déclaration Balfour proclamant la Palestine « foyer national » juif, tout en se gardant bien de préciser ce qu'impliquait cette formule.
    Mais alors que cette prise de position qui anticipait la naissance de l'État d'Israël a été rejetée d'emblée par les Arabes, elle a bénéficié en revanche de l'appui du Charif Hussein de La Mecque, l'homme qui avait déclenché la « Révolte Arabe » en juin 1916. Ce faisant, cet émir se situait dans une tradition millénaire, quoique méconnue, incarnée par le Calife Omar, Saladin et Soliman le Magnifique: celle du soutien accordé par l'islam à la présence de l'ahl al-kitâb (le Peuple du Livre) en Terre Promise.
    Se refusant aux clichés réducteurs habituels, l'auteur s'est donné pour tâche de retracer dans cet essai la genèse, la portée et les conséquences d'une décision qui a contribué à modeler le Moyen-Orient actuel.

  • De 1880 à 1940, le mouvement ouvrier juif fut une force généralement décisive dans la vie et l'évolution des communautés juives européennes.
    Nathan weinstock, en une vaste fresque, en a restitué la diversité des organisations, partis, syndicats et journaux. sa connaissance du yiddish, langue dans laquelle pour l'essentiel s'exprimaient les revendications des artisans et des travailleurs, lui a permis d'exhumer des textes qui sont autant de facettes d'une foisonnante activité ouvrière.
    L'europe occidentale, nous expose une première partie, fut le creuset des organisations ouvrières juives : les travailleurs s'organisaient à londres bien avant vilna ou varsovie.
    Et, aux deux extrémités du continent - à salonique et à amsterdam -, on voit surgir aussi une classe ouvrière juive autochtone qui ne doit rien à l'émigration russo-polonaise.
    Nathan weinstock, dans une seconde partie, présente les mouvements ouvriers juifs dans l'europe de 1914 à 1945, période chargée de conflits leur imposant de nombreuses transformations organisationnelles, idéologiques et politiques.

  • Le conflit entre Israéliens et Palestiniens n'a toujours pas trouvé d'issue.
    Quelles en sont les causes profondes ? Pour nous aider à comprendre les passions du présent, ce livre explore les cheminements et les déchirements de l'histoire. Loin des clichés réducteurs, Nathan Weinstock retrace la dynamique conflictuelle qui a façonné, puis opposé deux nationalismes issus d'une même terre. S'appuyant sur des sources rarement exploitées, dont les travaux de chercheurs palestiniens, il renouvelle la lecture de cette histoire sur de nombreux points : le parallélisme entre le sionisme et le mouvement Back to Africa ; les conditions de ventes de terres aux Juifs à la fin du XIXe siècle ; l'engagement du Mufti de Jérusalem et de Ben Gourion aux côtés de l'oppresseur ottoman en 1914 ; les luttes ouvrières menées de front par les ouvriers juifs et palestiniens après la Seconde Guerre mondiale, etc.
    Une somme qui devrait s'imposer comme l'un des ouvrages de référence sur la question.

  • Beria et zimra

    Nathan Weinstock

    L'Histoire de Beria et de Zimra est un conte yiddish qui date de la Renaissance.
    Elle constitue en quelque sorte le pendant juif du mythe d'Orphée et Eurydice. Beria et Zimra s'aiment tendrement mais le père de la jeune fille s'oppose obstinément à leur union. Beria meurt de chagrin et Zimra n'hésite pas à la rejoindre dans l'Au-Delà pour mourir auprès d'elle. Le Ciel s'émeut devant une telle constance. Grâce à l'intercession du Prophète Elie, ils s'uniront au Jardin d'Eden sous la khouppa (dais nuptial).

  • Le yiddish, situé à d'intersection de l'Orient et de l'Occident, brassant les traditions hébraïques et araméennes d'une part, et les apports d'origine celtique, germanique, romane et slave, de l'autre, constitue depuis huit cents ans un véritable creuset de la civilisation européenne. En raison de sa double marginalité - il s'agit d'une culture populaire qui s'est développée en lisière de la culture juive savante et de surcroît au sein d'une communauté déconsidérée - sa littérature a été trop longtemps méconnue et méprisée. Ce recueil se propose d'illustrer sa richesse et sa diversité afin dé lui restituer la place qui lui revient dans la culture occidentale. Cet ouvrage comprend une sélection de textes destinés à illustrer l'histoire sociale du monde yiddishophone au cours des ans. A côté des contes et des légendes (d'inspiration religieuse ou profane), des récits hassidiques, des supplications rédigées à l'intention des femmes pieuses et, bien évidemment, des extraits représentatifs des oeuvres des maîtres des lettres yiddish, on y trouvera de nombreux écrits permettant de saisir sur le vif le déroulement de la vie quotidienne au sein des communautés ashkénazes. Pareil recueil ne peut prétendre à l'exhaustivité : tout en ayant le souci de retrouver la saveur inaltérée d'un passé révolu, Nathan Weinstock a désiré se démarquer d'une tendance à trivialiser la culture yiddish et à la dénaturer en un insipide folklore kitsch aux senteurs de guimauve, à la noyer dans le shmaltz. Le yiddish tel qu'on l'oublie comporte de nombreux inédits dont certains étaient demeurés à l'état de manuscrit. Contrairement à l'habitude qui s'est instaurée dans l'édition francophone de présenter comme " traductions du yiddish " des textes retraduits à partir de versions en langue étrangère, les traductions utilisées ont été vérifiées et corrigées sur le texte original.

  • De 1880 à 1940, le mouvement ouvrier juif fut une force généralement décisive dans la vie et l'évolution des communautés juives européennes.
    Nathan weinstock, en une vaste fresque, en a restitué la diversité des organisations, partis, syndicats et journaux. sa connaissance du yiddish, langue dans laquelle pour l'essentiel s'exprimaient les revendications des artisans et des travailleurs, lui a permis d'exhumer des textes qui sont autant de facettes d'une foisonnante activité ouvrière. dans l'empire russe d'avant 1914, la prépondérance du bund, le grand parti socialiste juif, et sa farouche autonomie face aux bolcheviks et aux mencheviks ne sauraient faire oublier les autres organisations : les poaley-tsiyon, les territorialistes et les sejmistes.
    Ni occulter que les débats au sein du mouvement ouvrier juif ne reflétaient pas seulement des querelles théoriques, mais répondaient à des urgences pratiques : que faire face à la vague d'antisémitisme populaire et de répression policière qui déferlait dans l'empire jusqu'à la veille de la grande guerre ?.

  • Une si longue presence

    Nathan Weinstock

    • Plon
    • 3 January 2008

    Les Juifs qui vivaient dans le monde arabe étaient 900 000 en 1948. Aujourd'hui il n'en reste que 4 500. Il s'agit d'une véritable saignée sur des terres où ils étaient présents bien avant l'apparition de l'islam. Il n'est pas de bon ton aujourd'hui d'évoquer le malheur des minorités qui subissent le joug d'islamistes de plus en plus radicalisés. Dans cet essai rigoureux et documenté, l'auteur retrace le parcours des communautés juives dans chaque état arabe, prises en tenaille entre l'Orient ancré dans ses traditions et l'Occident émancipé. Une trajectoire qui a débouché sur la faillite de notre monde de plus en plus réfractaire à accepter l'autre, et dont on peut craindre de redoutables conséquences sur nos démocraties.

  • En moins de quatre ans (1939-1943), les quelque trois millions de personnes que comptait la communauté juive de Pologne, la plus importante d'Europe, ont été méthodiquement exterminées par les nazis.
    Car la Shoah fut l'éradication planifiée et organisée d'un peuple tout entier, " un meurtre de masse pour délit de naissance ". Parmi les nombreux témoignages d'époque parvenus jusqu'à nous, que leurs auteurs ont rédigés souvent au péril de leur vie, très rares sont ceux qui ont été publiés en français. Chroniques du Désastre en regroupent cinq. Il s'agit de documents d'histoire, écrits à chaud, sans la distance analytique de l'historien.
    C'est ainsi qu'il faut les lire sans prendre à la lettre des jugements rédigés dans la violence et l'horreur inouïes du moment. Les auteurs ont saisi l'ignominie du système nazi consistant à contraindre le Judenrat à participer au processus de destruction de la communauté juive. Ils ont également pressenti rapidement que l'anéantissement du judaïsme européen était en marche.

  • Couleur esperance

    Nathan Weinstock

    Ils s'appelaient " Abraham le Graveur ", " Dovid le Tisserand " ou " Lisa la Couturière ", et vivaient entre deux cultures, la vie juive traditionnelle et le monde industriel qui venait frapper aux portes du shtetl, la bourgade juive fermée sur elle-même.
    Enthousiasmés par l'espoir de bâtir un monde meilleur, ils se sont plongés dans la lutte sociale et ont embrassé avec passion la cause du socialisme. Proclamations, manifestations, grèves, insurrections : ils ont été de toutes les luttes, toujours au premier plan. De toutes les déceptions aussi... Voici, traduits du yiddish par Nathan Weinstock, tels que leurs plumes les ont figés, les mémoires de quelques " fantassins " de ce combat, militants de la base.
    Au-delà du cours des événements dont l'écho s'est tu aujourd'hui, leurs biographies nous émeuvent, car il s'agit de l'histoire d'hommes et de femmes décidés à se dresser contre l'injustice. Ils nous révèlent la lutte d'une génération entière pour conquérir le premier de tous les biens : la dignité. La richesse de ces textes, c'est aussi leur contraste. Tandis que Leon Bernstein nous dépeint l'adhésion au mouvement socialiste comme une entrée en religion qui purifie l'âme, " A Litwak " nous livre une description impitoyable du sous-prolétariat Juif désocialisé de Varsovie.
    Ces écrits autobiographiques, de tonalités et de sensibilités diverses, doivent être considérés comme un document d'histoire sociale exceptionnel. Ils nous restituent une époque révolue et un monde englouti. Nous entendons battre à travers ces lignes le pouls d'un univers rythmé par les rites religieux et enserré dans des cadres sociaux que l'on sent craquer sous la pression des forces du modernisme.

  • Terres promises

    Nathan Weinstock

    " New York, 22 novembre 1909 : une assemblée de travailleurs du textile à Cooper Hall.
    Soudain Clara Lemlich, une frêle adolescente tabassée au cours de la grève, demande la parole. S'avançant vers l'estrade, elle prononce une philippique improvisée en yiddish : " Assez de discours, il faut proclamer la grève générale, immédiatement. " Explosion d'enthousiasme dans la salle. Parvenant enfin à dominer 1e tumulte, le président de la séance, Benjamin Feigenbaum, interpelle l'assemblée : - Etes-vous sincères ? Voulez-vous prêter l'antique serment du peuple juif ? Et les deux mille personnes lèvent la main en prenant l'engagement suivant : - Que ma main se dessèche et se détache de mon bras si je trahis la cause.
    " Fuyant la misère et l'oppression, c'est par centaines de milliers que les Juifs ont émigré d'Europe de l'Est à partir du dernier quart du XIXe siècle. Nourris de l'utopie messianique, leur combat opiniâtre pour la reconnaissance de leur dignité les entraîne au-delà des mers où ils espèrent trouver la Terre Promise. Pour la majorité d'entre eux, cet Eldorado (la goldène medinè) se situe aux Etats-Unis.
    D'autres rêvent d'un foyer juif en Palestine ou en Argentine. On les retrouvera aux avant-postes de tous les combats pour la fraternité humaine, imbus de leurs idéaux égalitaires, anarchistes et socialistes, qu'ils s'emploient à décliner en yiddish. Que ce soit à New York ou à Buenos Aires, à Toronto ou à Jérusalem, ces hommes et ces femmes se sont lancés à l'assaut du monde, parce qu'ils espéraient atteindre " la lumière ".
    Avec Terres Promises, Nathan Weinstock sort de l'oubli une épopée méconnue inspirée par les rêves et les espoirs de toute une population et de toute une époque, parachevant la fresque qu'il avait entamée avec l'étude du mouvement ouvrier juif en Europe (Le Pain de Misère, Ed. La Découverte, Paris, 3 vol., 1984-1986), suivie de la présentation d'une anthologie traduite et commentée des mémorialistes yiddish du monde du travail (Couleur Espérance, Ed.
    Metropolis, 2000).

  • Histoires d'esther, genese et evolution des purimshpiln - la tradition carnavalesque dans la culture Nouv.

    L'histoire biblique d'Esther symbolise, à travers ses différentes versions, l'espoir de la Rédemption et d'une victoire finale des faibles sur les puissants. Les célébrations de la fête de Purim ont donné naissance à un véritable genre théâtral, les Purimshpiln (yiddish), qui ont pris modèle, à l'origine, dans des comédies burlesques médiévales, tel le «?Jeu d'Assuérus?», tradition sans doute elle-même inspirée pour une bonne part des Fastnachtspiele allemands comme ceux de Hans Sachs. Le jeu d'inversion des faibles et des puissants a donné lieu à des formes carnavalesques qui se sont perpétuées dans la littérature yiddish jusqu'au XXème siècle, comme le lecteur pourra en juger à la lecture d'extraits des pièces d'Itzik Manguer et de Haïm Slovès.

    awaiting publication
  • Après l'échec des accords d'Oslo et le déclenchement de la deuxième Intifada, il importe de tenter d'expliquer les impasses de la résolution toujours repoussée du conflit israélo-palestinien. Or, appréhender le conflit, en saisir les enjeux complexes, n'est possible que si l'on se dégage des schémas artificiels et réducteurs et si l'on prend en compte un facteur qui n'a jusqu'à présent fait que fort peu l'objet d'analyse, celui de la dhimmitude : statut avilissant imposé aux non-musulmans en terre d'islam (« dhimmis »), tenus par la charia de courber l'échine. En Terre Sainte, cette négation tenace s'est exprimée dès les tout débuts du mouvement sioniste vis-à-vis de la communauté juive en voie d'hébraïsation par le slogan « Les Juifs sont nos chiens. »


    Le refus arabe opposé à l'émancipation juive, puis au fait israélien et à sa légitimité traverse l'histoire du conflit comme un fil rouge. De là, le rejet de principe de toute forme de reconnaissance de droits nationaux à une minorité honnie tandis que l'identité nationale palestinienne se construisait sur la base de l'exclusion de la composante juive de la population locale. L'existence même d'un État juif est vécue comme une souillure et une humiliation permanentes. Au-delà des non-dits et des occultations de l'histoire palestinienne, l'auteur donne à lire, références documentaires à l'appui, une remise en perspective d'un conflit qui, en dépit de sa spécificité indéniable, comme l'imbroglio chypriote ou l'implosion de l'ex-Yougoslavie, s'apparente aux nombreuses déchirures ethniques endémiques léguées par l'Empire ottoman déclinant.

    Sur commande
  • Le Rouleau d'Esther nous relate que Haman, haut dignitaire du roi perse Akhasveyresh (Assuerus), avait projeté d'exterminer tous les Juifs duroyaume, complot que surent déjouer in extremis la Reine Esther et son cousin Mordekhay (Mardochée). Ce récit biblique est commémoré chaque année lors de la fête de Pourim (« du destin » ou « des lots ») qui revêt l'allure d'une célébration carnavalesque.
    Depuis les Temps Modernes l'usage s'est répandu dans le monde ashkénaze de donner à cette occasion des représentations dramatiques (lesPurimshpiln), jeux de scène carnavalesques préfigurant la naissance du théâtre yiddish au XIXe siècle. Le texte le plus ancien qui nous soit parvenu fut consigné par écrit en 1697 : il s'agit du « Jeu d'Akhasveyresh », traduit ici pour la première fois.
    Dans cette satire, dérision, bouffonneries et grivoiseries illustrent cet humour débridé que Mikhaïl Bakhtine qualifiait de culture comique populaire de la Renaissance. Les dialogues facétieux y illustrent par la force décapante du rire une inversion parodique des règles communes et religieuses, extériorisant ainsi, selon l'heureuse expression de Jean Baumgarten, « une dimension transgressive de critique sociale et d'utopie messianique ».

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