• Le roman de la politique

    Natacha Michel

    • Fabrique
    • 10 September 2020

    Un magnifique survol d'une époque qu'on peut trouver lointaine mais qui résonne fortement avec ce que nous vivons aujourd'hui.

  • Poser la question du roman, c'est aujourd'hui poser la question de la prose.
    Un préalable, cependant : faire entendre que la prose fait question dans la langue. la modernité, à la lumière de quoi le roman apparaît indéfiniment soupçonnable.
    Il faut donc une autre modernité.

  • On peut résumer Plein présent de diverses façons :
    1. C'est l'histoire d'un échec amoureux raconté par une jeune fille à quatre autres. Chacune en donne une interprétation différente. Un mythe est un récit qui connaît plusieurs versions. Le garçon qui suscite cet amour n'en serait-il pas un ?
    2. C'est l'histoire d'une vengeance entraînant une intrigue qui nous mène en bateau et emporte dans son sillage une vieille et célèbre poétesse, un jeune Paraguayen, des individus aussi extravagants que peu recommandables.
    3. C'est l'histoire des événements politiques qui le balisent : la guerre d'Algérie vue d'en France, du putsch des généraux en Algérie le 23 avril i960 à la manifestation de Charonne le 8 février 1962, en passant ou plutôt en s'arrêtant sur le massacre des Algériens le 17 octobre 19 61. Avec, en prime, un peu d'Espagne de Franco, refuge de l'OAS. Une autre façon de le raconter est celle du livre lui-même dans ce qu'il a de plus intime : l'amitié créatrice entre ces cinq filles, toutes différentes, contradictoires, qui se construisent les unes par les autres. Livre sur la joie d'exister et la difficulté d'être un homme, roman des personnages et d'un élan qui, s'il a pris source dans le passé, demeure plein présent.

  • Sortie de route

    Natacha Michel

    • Nous
    • 17 August 2017

    Existe pour l'écrivain que je suis, une jubilation à « faire des histoires » c'est-à-dire à en inventer et à les donner dans ce livre qui, pour m'avoir fait délaisser tout roman, s'appelle Sortie de route. Ce livre composé de seize histoires ou seize textes, et chacun, c'est la loi d'un texte bref, se hâtent vers sa fin, sa chute, sa résolution s'il y a mystère, son dénouement s'il y a intrigue, et résonnent en tombant plutôt qu'ils ne meurent. Car l'histoire courte éclate à la fin comme la vague, pas comme un ballon. Histoires à indice autobiographique : « La promenade de Simone », « Ma table », qui en effet fut celle de mon père, « Donna Musique », histoire de « Mouche et les neiges du Kilimandjaro » pour laquelle ma chienne a bien voulu poser. Histoires abominables, de trahison ou de vengeance : « Le livre qui tue », « Juste Commonini », « Un héritage de Blanchot », « Le goudron et les plumes ». Histoire traitant de la perte : « J'ai engagé un tueur à gage », « Le coffret », « Le sari rose et blanc ». Histoire sur l'amour de l'art ou de la littérature sinon traitant de l'amour de l'amour : « Le secret professionnel », « La machine résurrectionnelle », « La photo tardive », « Un non amour inoubliable », etc. Sortie de route est une danseuse. Je veux dire qu'il est construit comme ce numéro de cirque, où, sur un cheval qui court sur la piste ronde, une écuyère, vêtue d'un tutu de danseuse, chevauche et saute à terre pour remonter en selle d'un autre saut. Et recommence. Tout cela pendant que le cheval galope. Disons que ce livre est le cheval, et chaque texte, la voltige de l'écuyère en tutu.

  • " Il y a à peine un été, il virevoltait sur la mer tenant par une courroie au bateau, séparant le bon de l'eau de sa Norvège d'écume avec ses skis marins.
    Et à l'automne, je disais, assise à l'avant du corbillard : Allez, allez toujours, chauffeur Borgniol, allez, laissez-moi le tirer, faites le tour de la terre, laissez-moi tirer l'ombre de mon enfant qui virevoltait si gracieusement sur les vagues. Que le corbillard ne cesse pas d'aller, qu'il dépasse le cimetière, qu'il fasse le tour de la terre, je suis bien sur la banquette : je remorque mon fils, attentive à ce qu'il me suive.
    Qu'il me suive, accroché de loin au bateau dans le bercail de l'écume qui découpe ses vrilles en figures animales, qu'il me suive. Qu'il ne me précède pas. ".

  • "qui a entendu le nom de giraudoux l'associe au théâtre. il faut dorénavant l'associer au roman. le théâtre, certes, entra un jour dans sa vie et lui apporta la gloire. mais ce succès afabriqué une naturalité qui n'est pas fondée. l'oeuvre majeure de giraudoux est romanesque et c'est ainsi qu'il faut le découvrir. d'autant que ses romans confirment cette nouveauté que gide et proust lui accordent. alors que la plupart des romans combinent traditionnellement un roman essentiel (ce que l'auteur a réellement à dire, son affirmation propre) et un roman inessentiel (roman de l'intrigue, des ambivalences qui viennent jeter le doute sur l'affirmation offerte). giraudoux n'écrit que le roman essentiel. et pour cela, il use d'une langue qui ignore l'interdit l'empêchant de se mouvoir librement de son pôle poétique à son pôle prosaïque. romans de poète, romans de porcelaine ? nullement. romans de la vigueur de vivre, romans de giraudoux." natacha michel est écrivain et directeur de programme au collège international de philosophie. elle a notamment publié aux editions gallimard : ici commence (1973) et le repos de penthésilée (1980) ; aux editions du seuil (coll. "fictions & cie") : impostures et séparations (1986) ; le jour où le temps a attendu son heure (1990) et ciel éteint (1995) ; aux editions hatier (coll. "brèves") : le rameau subtil (avec martine de rougemont, 1993) ; aux editions verdier (coll. philia") : l'ecrivain pensif (1998).

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  • Canape est-ouest

    Natacha Michel

    • Seuil
    • 1 February 1989
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  • Ciel eteint

    Natacha Michel

    • Seuil
    • 1 February 1995
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  • Ici commence

    Natacha Michel

  • Avec quelle allégresse Sébastien Lechevalier avait abjuré ses convictions maoïstes dans les années 1980 ! Convictions abominables et criminelles, vous en serez d'accord.
    Nous sommes désormais en août 2002. Devenu diplomate, la cinquantaine avancée, Sébastien se rend au Prieuré de Pyuvineux pour le colloque organisé par les compagnons de toute sa vie. Mais qu'arrive -t-il à Sébastien ? Il lui est subitement impossible de reconnaître des amis de toujours, révolutionnaires comme il le fut et, comme lui, ayant tourné bride vers le monde merveilleux qui est le nôtre. Sébastien est-il fou ? En tout cas, il transforme le colloque en foire d'empoigne et ses participants en possédés. Mais la bande de notables a conservé d'anciennes habitudes vigoureuses. Attaqué physiquement, Sébastien ne doit le salut qu'à l'intervention d'une jeune fille.
    D'où sort-elle, celle -là ? D'une cave où, chargée de ranger des papiers, elle est tombée sur des malles pleines d'une littérature subversive datant de plus de trente ans, aussi défraîchie que fulminante et s'y est convertie. Le colloque est en folie, les liaisons en déroute, le burlesque est à son comble, un forcené de quatre -vingts ans (biologiste encore nobélisable), fou d'amour pour la jeune fille, la traque à Pyuvineux pour l'enlever. Et Sébastien, indifférent à ce désordre, seul pour qui se souvenir est affaire de vie et de mort, s'esquive dans le vaste parc. Couché sous un arbre, il se retrouve et nous perd.

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  • Impostures et separations

    Natacha Michel

    • Seuil
    • 1 September 1986
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  • C'est la plus cruelle des réalités qui est dite ici : que Suzanne Klein a perdu il y a un an son fils unique alors âgé de vingt ans.
    C'est cette atroce douleur qui la tient encore debout, c'est avec elle qu'au cours d'une tournée de conférences aux Etats-Unis elle atterrit à La Nouvelle-Orléans, avec elle encore qu'elle se retrouve inopinément, à la suite d'un rendez-vous qu'elle a volontairement manqué à l'aéroport, femme de ménage chez Elise Brac, son mari et ses deux enfants. Sans papiers, sans passé avouable et sous un nom d'emprunt, elle sera désormais Noémie Rosencrantz, ultime maillon de la chaîne du désespoir humain, à la fois héroïne tragique et narratrice silencieuse, occupée à commenter pour elle-même, mais jour et nuit, la mort de son enfant.
    Femme solitaire et travailleuse clandestine, mère qui ne l'est plus, elle se livre à l'éducation de la poussière - qui est comme une psalmodie de l'absence - et à ce qu'elle appelle " la loi cannibale de la douleur ".

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  • " Et puis tout à coup, un homme entra.
    En une seconde, je compris tout : que l'amour me ravage, que le moindre accroc emporte toute la pièce, que je ne puis attendre, que posséder est un supplice qui précède le suivant, celui de la dépossession, qu'il n'y a pas d'autre félicité. Je connus toutes les affres d'un amour puissant développé, quand cet amour n'avait pas encore une minute d'existence. Je n'eus donc jamais à vouloir cet homme. Mes premiers sentiments délivraient avec une clarté anthropométrique le signalement de l'amour, et mon coeur s'éduqua et s'enflamma non par paliers, par degrés, mais instruit sur-le-champ, dans l'expérience de cet amour, dans un amour expérimenté.
    Il fut dès le début un amour accompli, et c'est cet accomplissement qui faussa les perspectives. Je ne vis pas, par exemple, que l'homme était beaucoup plus âgé que moi. J'avais quatorze ans, il devait en avoir au moins trente-huit. "

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  • La monnaie traditionnelle est-elle vouée à disparaître ?
    Les innovations en matière monétaire nous donnent le vertige : diversification des moyens de paiement avec les applications sur Internet et le mobile, apparition des monnaies digitales comme la libra ou de crypto-actifs comme le bitcoin, banalisation des monnaies locales... Comment s'y retrouver entre toutes ces monnaies ?
    Qu'est-ce qui différencie les monnaies digitales des monnaies électroniques ? Quid des monnaies de banque centrale ?
    Au-delà des aspects technologiques, quel est le rôle fondamental de la monnaie ?
    Celui-ci est-il menacé lorsque des acteurs privés cherchent à développer leur propre monnaie ?

    Ce livre veut démontrer que la monnaie est un bien public et que l'accès à la monnaie est une dimension fondamentale de la dignité humaine.
    À ce titre, la monnaie joue un rôle important tant pour les équilibres géopolitiques que pour le verdissement de la finance et la transition écologique des territoires.
    Ce livre y répond et nous explique pourquoi et comment.

  • L'atmosphère est lourde. Des phrases, des situations qui semblaient autrefois anodines sont devenues des crimes. Nous sommes tous coupables : d'avoir bu un verre, d'avoir blagué sur les femmes, de manger de la viande, etc.
    Derrière cette traque aux dérapages et ces entreprises de rééducation, un mécanisme : la tyrannie de minorités qui instrumentalisent des combats essentiels pour les transformer en croisade contre une supposée majorité, celle des « dominants ». Au nom du Bien, on modifie le vocabulaire, on nie le plaisir, on criminalise le désir, on réécrit l'histoire. Ces nouveaux bigots sont les idiots utiles d'un néolibéralisme qui atomise les sociétés et fragilise les structures traditionnelles pour mieux imposer sa vision manichéenne du monde.

  • Comment la macroéconomie et la finance peuvent-elles s'articuler pour comprendre les défis de la globalisation ? L'ambition de cette 6eédition est d'apporter la perspective historique et les éléments théoriques permettant de répondre à cette question. Elle prend pleinement en compte la dimension mondiale des interactions entre finance et économie qui s'expriment par le cycle financier.
    La dynamique qui en émane permet d'éclairer l'importance de la monnaie et explique les crises financières.
    La première partie montre comment les transformations de la finance dans les régimes de croissance façonnent les comportements des acteurs financiers et non financiers. Elle met en évidence les innovations qui ont marqué l'essor de la globalisation financière et sécrété ses fragilités.
    La seconde partie s'ouvre sur une caractérisation des phases de globalisation dans l'histoire du capitalisme. Elle se poursuit par une étude des crises financières en insistant sur la crise systémique la plus récente. Enfin, elle étudie les réponses des puissances publiques en matière de politique monétaire et de stabilité financière. L'enjeu est de faire évoluer la finance vers l'allocation des ressources au service d'un développement inclusif et soutenable.

  • Cet ouvrage propose un ensemble de contributions originales autour des approches critiques des organisations, nourri des apports d'une recherche pluridisciplinaire, regroupant les travaux en gestion des ressources humaines, sociologie du travail, information et communication, droit...

    Les contributeurs ont croisé à un moment de leur vie académique Alain Briole au sein de l'IAE de Montpellier qu'il a dirigé pendant 4 années ou au sein de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3 où il a notamment piloté la filière "Développement social" de l'UFR4 et co-créé l'unité de recherche CORHIS. Les contributions proposées illustrent l'apport notamment de la recherche en SHS au développement humain mais aussi à la prise en compte des responsabilités sociétales des organisations. Elles privilégient une vision critique des organisations. Les auteurs ont échangé avec Alain Briole dans le cadre de nombreux projets de recherche collectifs, d'échanges universitaires nationaux et internationaux. Ce mélange valorise l'originalité d'une carrière qui se caractérise par une grande liberté dans le choix des recherches engagées : employabilité, carrières nomades et entrepreneuriat, management de la diversité et RSE, représentations des seniors, carrière des femmes, évolution des métiers, pilotage de dispositifs sociaux, vulnérabilité sociale, comportements déviants, innovation sociale, relations d'emploi, leadership participatif...

    Il s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à la gestion des comportements organisationnels : étudiants et enseignants-chercheurs en management et en développement social, dirigeants, DRH, directeurs RSE, consultants et experts du domaine.

    Coordonné par Natacha Pijoan et Jean-Michel Plane. Avec les contributions de Sophia Belghiti-Mahut, Adda Benslimane, Yann Bisiou, Manuel Boucher, Stefan Bratosin, Ketty Bravo, Laurent Cappelletti, Adnane Chader, Mohamed Djouldem, Laurence Dreyfuss, Michelle Duport, Ariel Eggrickx, Hajar El Bahri, Christophe Fournier, Anne Fraisse, Soufyane Frimousse, Yves Gilbert, Jacques Igalens, Ilda Ilse Ilama, Jacques Jaussaud, Zino Khelfaoui, Serge Ndayirata, Jean-Pierre Neveu, Florence Noguera, Jean-Marie Peretti, Eric Pezet, Natacha Pijoan, Jean-Michel Plane, Fanny Poujol, Sylvie Rascol-Boutard, Camille Ricaud, Eve Saint-Germes, Hayat Sbai, Jean-Paul Tchankam, Diane-Gabrielle Tremblay, Mihaela-Alexandra Tudor, Jennifer Urasadettan, Odile Uzan.

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