• Le pouvoir est une réalité dont on se méfie, que l'on craint et que l'on combat ; il est aussi une réalité que l'on souhaite, pour le renforcer, le transformer ou l'inspirer. Aujourd'hui, dans le cadre de la communication mondialisée, la diversité, la mobilité et parfois la contradiction des attentes à l'égard du pouvoir rendent son interprétation particulièrement difficile. La question pourrait se résumer ainsi : Quel est le statut du pouvoir dans le contexte de la mondialisation et sur le fond d'une grave mise en cause de la modernité ? Les conflits de pouvoir caractéristiques de notre temps peuvent se ramener à des jeux d'alliance et de mésalliance entre trois types d'attente : le pouvoir comme puissance, le pouvoir comme domination et le pouvoir comme processus. La méthode employée vise à faire découvrir intuitivement, de l'intérieur, ce qui fait de chacune de ces positions une demande de sens autant qu'une volonté de pouvoir.

  • « Le mathématicien, le physicien, le logicien, aussi remarquables que puissent être leurs performances, les uns dans la connaissance rationnelle en général, les autres dans la connaissance philosophique en particulier, ne sont toutefois que des artistes de la raison. Il existe encore un maître idéal qui les rassemble tous et les utilise comme des moyens pour le progrès des fins essentielles de la raison humaine. C'est à lui seulement que nous devrions donner le nom de philosophe; mais comme il est lui-même introuvable, alors que l'idée de sa législation se trouve dans toute raison humaine, nous nous en tiendrons exclusivement à cette idée pour mieux définir quelle sorte d'unité systématique prescrit la philosophie. à partir du point de vue des fins.
    Les fins essentielles [.] sont donc ou bien le but final, ou bien les fins subalternes qui lui sont nécessaires en tant que moyens. Le but final n'est autre que la destination complète de l'homme, et la philosophie qui s'y consacre est la morale. ».
    Kant, Critique de la raison pure.

  • Contradictions de l'individualisme, embarras du pluralisme, antinomies du productivisme, autant de tensions morales et politiques qui installent la civilisation européenne dans un sentiment de déclin et d'impuissance. Nos héritages contradictoires causent en partie ce désarroi, mais la gestation d'un monde en formation réclame en urgence un ressourcement créateur d'une société ouverte, de l'intérieur, par sa propre puissance de sublimation symbolique. Quand la réalité devient un ensemble de signes, d'informations, de savoirs, d'images, d'arguments et de récits, les moralismes doctrinaires sont dépassés. On s'intègre dans un tel monde comme traducteur ou inventeur, herméneute, esthète, diffuseur et révélateur de sens.

  • Quand le mot " culture " comprend les traditions, les modes de vie et les mémoires comme des valeurs plutôt que comme des faits, il s'y attache une responsabilité spécifique : celle de leur présentation ou langage public de leur communicabilité.
    II est assurément nâif de croire qu'un nationalisme esthétique pourrait prendre la place du nationalisme belliciste, alors que le contenu sensible et affectif des identifications communautaires contribue, au contraire, à nourrir les ressentiments et les haines qui bellicisent les relations politiques. Toutefois, la distinction faite par la philosophie critique entre le schème et le symbole, c'est-à-dire entre le conditionnement et l'inspiration, tient en réserve un type d'action culturelle qui serait en mesure de conférer aux langages des cultures une légitimité relationnelle universelle, à l'opposé des schématismes qui jouent la lettre d'une identité contre l'esprit d'une culture.
    Quand l'expression de soi, qu'elle soit religieuse ou artistique, choisit la voie de la domination, elle se sert des moyens de pression politiques et médiatiques pour faire la preuve de son pouvoir d'influencer et de contraindre.
    Quand, en revanche, elle se prête à la traduction de soi, elle élève ses ressources symboliques jusqu'au pouvoir d'inspirer et contribue ainsi à la formation d'un monde possible, monde de signes qui a besoin d'interprètes plutôt que de partisans.

  • L'idée s'est largement répandue que le sort de la paix est étroitement lié au destin d'une civilisation mondialisée, uniformisée par la généralisation des mêmes comportements face à l'information et à la consommation.
    La perspective d'une extension planétaire de la rationalité scientifique et technique inspire le sentiment que la paix serait devenue une affaire " postmoderne " ; il est tentant de regarder cette perspective comme une sorte de fin de l'histoire et de croire que la paix pourrait désormais s'administrer comme une chose. Les adeptes d'un gouvernement mondial l'admettent à leur façon, en ramenant la paix à un objectif productible par le moyen d'une homogénéisation des besoins et des satisfactions.
    Mais le XXIe siècle naissant voit apparaître une nouvelle combinatoire du danger, de nouveaux types de conflits et de nouveaux déchaînements de violence. La transformation de la guerre engendre des divisions sur la question de la paix à l'intérieur de la civilisation occidentale, qui devient elle-même une réalité à détruire par ceux qui s'en disent les ennemis. Fait nouveau : c'est au moment où l'on prend conscience de la dimension culturelle de la paix, par-delà sa dimension politique, que ses enjeux culturels deviennent tout autant une arme de guerre qu'une arme...
    De paix.

  • Sait-on encore ce que veut dire : être citoyen ? Quelle différence y a-t-il entre le pacte social et la servitude volontaire ? Qu'est-ce qu'être un citoyen du monde ? Que signifie la citoyenneté en dehors de la nationalité etc.
    À travers les questions qui se posent aujourd'hui sur la nature et les crises de la solidarité citoyenne. Il se confirme que la dimension publique de l'existence qu'est la citoyenneté se nourrit de mobiles inséparablement individuels et communs, de raisons d'agir collectivement individuelles en quelque sorte, puisque la citoyenneté n'existe pas sans une union des citoyens.

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  • Tanguy

    Monique Castillo

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    • 7 January 1993
  • Peut-on être anti-humaniste ? qu'est-ce qu'être humaniste ? le rationalisme des lumières n'est-il que scepticisme ? peut-on penser sans préjugés ? comment distinguer entre un préjugé et un présupposé etc.
    Ce petit ouvrage procède à un examen des questions qui ont été posées aux lumières sur la base des questions qui sont, aujourd'hui, posées à l'humanisme issu des lumières. humanisme éthico-juridique des droits de l'homme, d'un côté. anti-humanisme, de l'autre, qui se fait, aujourd'hui, adversaire de l'humanisme techno-scientifique.

  • Le questionnement éthique se trouve renouvelé par ces analyses du langage en action et comme action, agent par lequel se modulent les pratiques relationnelles, qui l'enrichissent de questions nouvelles sur de nouveaux terrains. Ainsi, une telle éthique, en révélant à autrui sa propre compétence communicationnelle, élève la relation à plusieurs à la hauteur d'un "nous".

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