• Juin 1816 au bord du lac Léman : un groupe de jeunes gens parmi lesquels Byron, Shelley et Mary, sa future épouse, décident d'écrire des histoires de revenants. Ainsi naquit Frankenstein sous la plume de Mary Shelley, qui ignorait alors qu'elle fondait un mythe contemporain.
    Plus encore, cette fille des Lumières au destin singulier, anticipe là ce qui allait advenir deux siècles plus tard : procréations artificielles, manipulations génétiques, risque d'eugénisme, etc., aujourd'hui au coeur des questions de bioéthique qui préoccupent nos sociétés. De nos jours, la fabrication de l'humain n'est plus imaginaire.
    À partir de la vie et de l'oeuvre de Mary Shelley, Monette Vacquin, dénonce les dangers de la science mis en acte. « La question du chercheur fou est maintenant déplacée vers celle de la science folle » comme l'écrit le biologiste Jacques Testart dans sa préface.
    L'ouvrage est postfacé par le philosophe Olivier Rey.

  • "Le lecteur surpris par ces écarts se souviendra sans cesse de l'imaginaire psychanalytique de l'auteur, mais non moins de l'émotion qui la traverse à l'écoute de cette musique, si puissante qu'elle ne cesse de dire l'humain jusque dans ses aspirations à peine concevables" (Rémy Stricker).

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  • La responsabilité La condition de notre humanité Liberté et responsabilité, libre arbitre et déterminisme, la question ne cesse de se poser. Elle est de celles qui ne souffrent que peu de réponses, d'où son poids. Répondre présent, répondre de l'Autre par ma présence, tel est le premier contenu de la responsabilité. À cela s'oppose une vision de l'homme contraint par des forces naturelles compulsives et plus fortes que lui, donc exonéré des conséquences de ses actes. À croire que le débat ne s'éternise que pour masquer l'évidence, car nous faisons tous l'expérience d'une responsabilité « incalculable et sans répit ». Rien d'étonnant à ce que la question soit au coeur de positions ambivalentes et que chacun se vive écartelé entre ce qui oblige, parle de solidarité, de réciprocité, et l'ordre des plaisirs qui souvent invite à la fuite. Aujourd'hui l'inflation des droits a donné l'illusion qu'on en serait bientôt quitte du catalogue des devoirs, tandis que les récentes avancées techno-scientifiques forçaient les limites du possible, pliant la réalité à nos rêves. Mais ce temps de tous les possibles est aussi le temps du désarroi. Fonction des intellectuels, responsabilité des médias, dissolution du lien civique, refus de la culpabilité, menaces sur les générations futures : les auteurs s'affrontent aux questions qui échoient à notre génération, non sans chercher dans notre héritage ce qui permet de mieux les penser, ni éluder que c'est sur fond d'une crise aiguë de la question de la responsabilité que nous avons à soutenir la nôtre.

  • Moins de vingt ans séparent la première naissance par fécondation in vitro des perspectives annoncées de clonage et de trans-genèse humaine. Dans l'intervalle, c'est à un formidable déchaînement expérimental que nous auront convié les biologistes. Sous couvert de projet parental s'élabore ainsi une inquiétante instrumentalisation de l'être humain. L'embryon simple matériau, se prête aux combinaisons les plus aberrantes : bébés postmortem, grands-mères porteuses, jumeaux conçus à la même date en laboratoire et naissant à des années d'écart...
    Quelles sont les significations profondes de cet acharnement sur la filiation qu'aucune urgence humaine ne rend compréhensible ? C'est à cette interrogation que Monette Vacquin nous invite, cherchant le sens de ces interventions sur l'espèce, dont les conséquences échappent à toute représentation.
    Soulignant la faiblesse de la bio-éthique , ainsi que la stérilité et la violence des controverses actuelles sur le sujet, l'auteur révèle un déficit symbolique sans précédent dans notre société. Aura-t-il pour conséquence ultime une casse irrémédiable de l'homme ?
    Main basse sur les vivants renverse toutes les certitudes acquises. En tentant de cerner ce qui prend la forme d'un redoutable passage à l'acte sur l'espèce, l'auteur affronte l'un des enjeux essentiels de cette fin de siècle.
    Monette Vacquin, psychanalyste, travaille depuis des années avec des biologistes, philosophes, psychanalystes et anthropologues. Elle a publié Frankenstein ou les délires de la raison François Bourin, 1989, réédité chez Julliard), a contribué au Magasin des enfants sous la direction de Jacques Testart (Gallimard, coll. Folio, l990) et a dirigé un numéro de la revue Autrement La responsabilité : la condition de notre humanité, coll. Morales (1994).

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