• 11/12/1960, 5/10/1988, 22/02/2019. Trois manifestations drainant toute une population dans les rues ; des observateurs médusés par l'unité d'un peuple que l'on disait résigné. Le procédé est le même, une réappropriation de l'espace public par la population. Les revendications, voisines : l'affranchissement, la liberté, la vie. L'adversaire, immuable : l'ordre colonial, qu'il soit le fait d'une puissance étrangère ou celui d'une caste locale. Ces dynamiques successives d'union et de fragmentation ont jalonné l'histoire de l'Algérie et ont façonné ce pays. Ce sont ces permanences qu'analyse l'auteur, depuis les débuts de la résistance populaire contre les forces ottomanes puis françaises jusqu'aux récents prémices qui ont donné naissance au hirak - le mouvement populaire - de 2019.

  • - Un portrait emblématique d'un grand juge, Paul Magnaud, qui a fait jurisprudence en acquittant une voleuse "par nécessité" en 1898 ;
    - Une biographie historique écrite par un magistrat ;
    - Une préface d'un grand avocat engagé, maître Henri Leclerc, à la Ligue des droits de l'Homme ;
    - Le 7e titre de la collection de poche "Pépites" ;
    - Un environnement graphique original signé de l'artiste France Dumas ;

  • Prenant comme point de départ la carte des confréries établie en 1884 par Louis Rinn, chef du service des Affaires indigènes en Algérie, cet ouvrage retrace l'histoire des confréries, leur rôle politique et militaire. Il présente une analyse sur la place qu'elles sont amenées à jouer encore aujourd'hui dans des sociétés musulmanes toujours à la recherche du point d'équilibre entre l'islam mystique et l'islam de la norme, et fournit des clés de compréhension sur la relation toujours en construction entre la République française et l'islam. Le phénomène confrérique ou soufi a en effet joué un rôle primordial dans les résistances populaires à l'expansion coloniale en Algérie durant le XIXe siècle. Il a constitué, même après la reddition d'Abdelkader et l'affaiblissement des grandes confédérations tribales, l'ennemi principal des autorités coloniales. Louis Rinn, officier des bureaux arabes et érudit arabophone, est l'un des principaux acteurs de cette rencontre inaugurale entre l'islam et la République française.

  • Qui est responsable de la délinquance ? L'individu qui s'affranchit de règles communes démocratiquement établies ou la société qui produit cet individu et ne lui laisse d'autre choix pour sa survie que d'agir en dehors de ses lois ? Paul Magnaud, président du tribunal de Château-Thierry en cette année 1898, répond de manière fracassante à cette question en acquittant une mère de famille ayant volé un pain, Louise Ménard.
    Tout ce qui compte alors comme hommes politiques, écrivains ou journalistes loue son courage ou au contraire le voue aux gémonies. En construisant une jurisprudence originale particulièrement favorable aux faibles, il cristallisera sur sa personnalité orgueilleuse tous les affrontements idéologiques d'une époque particulièrement fertile en la matière. On croisera sur sa route des personnalités aussi différentes que Georges Clemenceau ou Jules Renard, Courteline ou Marguerite Durand.
    Après une courte carrière d'élu, il tombera malheureusement dans l'oubli. L'histoire retiendra les noms des illustres républicains qui ont donné au pays les lois libérales reconnues aujourd'hui comme intangibles. Les noms de Gambetta, Ferry, Combes, Briand, Jaurès ou Clemenceau brillent au firmament. D'autres moins illustres sont encore cités mais Magnaud, lui, a disparu des mémoires. Ce portrait fugace a pour ambition de faire revivre celui qui jeta un pavé dans la mare judiciaire provoquant une onde de choc toujours d'actualité et qu'on appelait : le bon juge.

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