Denoel

  • Voyage dans un Bucarest tantôt réel tantôt imaginaire, L'oeil en feu déroule une spirale de souvenirs, de visions et de rêves éveillés. Dans un livre-kaléidoscope où la ville, la mémoire et le corps du narrateur ne font plus qu'un, Mircea Cartarescu déploie une fresque historique qui s'assemble par fragments.
    C'est d'abord l'histoire de Vassili, l'enfant sans ombre qui devient capitaine des pompiers dans le Bucarest pittoresque de la fin du XIXe siècle. Puis, dans le carcan de cauchemar de la Roumanie des années 50 et 60, l'enfance du narrateur lui-même, où le rêve façonne entièrement une réalité devenue monstrueuse.
    Livre-carrefour de l'oeuvre de Cartarescu, que beaucoup comparent aujourd'hui à Borges, L'oeil en feu transforme le regard de l'enfance en prisme poétique et fantastique qui capte l'histoire de la Roumanie en une série de fulgurantes apparitions.

  • Pourquoi nous aimons les femmes, c'est ce que s'ingénie à dévoiler Mircea Cartarescu dans ce recueil de nouvelles, petit joyau à la gloire de l'éternel féminin. Au fil des vingt histoires qui composent le livre, l'auteur distille sa vision de cette mystérieuse altérité : les femmes. Il raconte la beauté, l'incompréhension, la douceur, le désespoir aussi. Il raconte l'entêtement des hommes qui du berceau à l'âge mûr, composent, nouent et dénouent une relation avec elles. Ici chaque femme, chaque récit ne prend sens que lorsque l'on regarde l'ensemble de loin ; s'offre alors à nous un étonnant paysage, sorte de mise en images des sentiments complexes qu'elle suscite. Tendres, perspicaces et profonds, ces textes témoignent de l'immense talent de Cartarescu, un des plus grands écrivains de la littérature roumaine contemporaine.

  • " C'était en l'an de grâce 1989. Les hommes entendaient parler de guerres et de révoltes, mais rien ne les effrayait, car tout cela devait advenir. " Premier grand roman sur la révolution roumaine de 1989, L'Aile tatouée est une oeuvre monstre, incandescente, merveilleusement servie par la richesse de la langue et la maîtrise du style de Mircea Cartarescu. Parachevant la trilogie entamée il y a quinze ans avec Orbitor, le récit entremêle différents fils narratifs, différents espaces-temps, créant ainsi un livre-monde à la croisée de tous les grands mouvements littéraires contemporains. Si la chronique toute joycienne des derniers jours du régime communiste scande le texte, ce sont aussi et surtout les dédales intimes de la psyché du narrateur qui donnent toute sa chair à ce roman total. Quête hallucinée du double - Victor, le jumeau perdu -, dissection sauvage et mystique de la petite enfance, voyage onirique dans le labyrinthe de la généalogie familiale, tout converge et tout s'achève ici, en une complétude aussi fugace que le battement d'aile d'un papillon, animal emblématique de l'oeuvre de Cartarescu.

  • Orbitor

    Mircea Cartarescu

    Si je fermais les paupières, je voyais les dizaines de statues que j'avais regardées dans les yeux et j'essayais de comprendre ce que pouvait être la pensée des personnages de bronze verdi et de pierre, ces hommes illustres auxquels des muses replètes tendaient des plumes d'oie ou des couronnes de laurier du même vert-de-gris.
    De comprendre aussi comment ces femmes au vagin de marbre pouvaient faire l'amour. Mais, tard dans la nuit, à l'heure où les bus rentraient au dépôt, les grands hommes descendaient de leur socle, attrapaient les muses par les cheveux et les culbutaient dans les buissons. Les pénis de métal poli les pénétraient, entre les lèvres de pierre humectées par la rosée de la nuit. Les atlantes s'accouplaient avec les gorgones de plâtre au nez cassé, sans se soucier des balcons qui s'écroulaient avec leurs oléandres en pot.

    Labyrinthe aux nombreux passages secrets, Orbitor (" aveuglant " en roumain) est un roman de mondes parallèles, peuplé d'extraordinaires chimères animales ou humaines. Tel un médium, le narrateur nous conduit à travers les paysages de différentes époques, comme en des cercles concentriques du rêve et de la mémoire.

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