Sciences humaines & sociales

  • Subvertir ? C'est-à-dire détourner, passer au-dessus ou au-dessous des chaînes du pouvoir en place, critiquer de manière vivante et pratique. La chose est entendue : tout intellectuel se doit d'être subversif ou de disparaître dans les marécages de la réaction. Mais comment subvertir ? C'est la question. Mikel Dufrenne se défend d'entrer dans la ronde des pervers car elle se referme sur l'individu, ses désirs et ses petits plaisirs, peut-être déjà travaillés par la pulsion de mort. Il y a des perversions glacées du langage et des signes, il y a des perversions du pouvoir qui retournent à leur origine : non la puissance du désir, mais le désir de puissance. Le subversif ne nage pas dans les eaux et à la traîne de l'avant-garde intellectuelle, il est sauvage, actif et joyeusement insolite.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Subvertir ? C'est-à-dire détourner, passer au-dessus ou au-dessous des chaînes du pouvoir en place, critiquer de manière vivante et pratique. La chose est entendue : tout intellectuel se doit d'être subversif ou de disparaître dans les marécages de la réaction. Mais comment subvertir ? C'est la question. Mikel Dufrenne se défend d'entrer dans la ronde des pervers car elle se referme sur l'individu, ses désirs et ses petits plaisirs, peut-être déjà travaillés par la pulsion de mort. Il y a des perversions glacées du langage et des signes, il y a des perversions du pouvoir qui retournent à leur origine : non la puissance du désir, mais le désir de puissance. Le subversif ne nage pas dans les eaux et à la traîne de l'avant-garde intellectuelle, il est sauvage, actif et joyeusement insolite.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • «Une philosophie de l'existence comme celle de Karl Jaspers n'est pas seulement l'itinéraire d'une conscience individuelle ; elle fait appel à d'autres consciences individuelles et tente à l'extrême de communiquer avec elles, à la faveur d'un langage commun. Mais en retour, si le langage est commun, la pensée qu'il véhicule ne peut être chaque fois qu'individuelle. Je pense, tu penses, et nul ne peut produire à ma place ce courage et cette docilité par quoi la pensée est toujours l'action intérieure d'un individu. Seuls les mots, l'appareil des concepts, la carcasse des arguments, sont entre les consciences, couchés dans les livres, radicalement anonymes, et attendant d'être vivifiés par une expérience unique comme celle de leur auteur et naissant en liaison avec celle-ci. On n'entre donc point en curieux dans une telle pensée, mais par une sympathie active qui n'est d'abord qu'un risque gratuit, mais qui peut devenir un dialogue fécond, même - et surtout - si le dialogue doit être ce combat amoureux qui figure, selon Jaspers lui-même, la forme la plus haute de la communication des consciences.»M. D. et P. R.Depuis que cet essai a été écrit (1947), Jaspers n'a cessé de croître au «firmament des philosophes» du XXe siècle, non seulement à cause de la valeur de sa réflexion philosophique, mais aussi en raison de son intégrité morale. Comme le disent les deux auteurs tout à la fin de ce livre, «il n'est pas indifférent que Jaspers n'ait rien eu à renier de lui-même, et que nous puissions saluer la continuité d'une pensée et d'un destin qui au fond de l'abîme restent égaux à eux-mêmes».

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