Littérature générale

  • Effroyables jardins

    Michel Quint

    «Certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de Maurice Papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d'audience. [...] L'ancien secrétaire général de la Préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n'est moins sûr. Par la suite l'homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidories. À chaque fois, il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé. Un huissier se souvient de l'avoir entendu dire après que le verdict fut tombé :
    - Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ?» L'auteur dédie ce court texte lumineux, émouvant et métaphorique à la mémoire de son grand-père, ancien combattant à Verdun et de son père, ancien résistant.

  • « Jacky a débarqué hier soir. Tel qu'en lui-même. Avec sa nouvelle femme, Cécile, une beauté mais pas une beauté tragique comme Véro, Cécile est plus conte de fées. Il a commencé par exécuter tous les mannequins de Nedim à la faux, décapités, avant qu'on rentre. Et tout dévasté son atelier. Tu le connais, il est sanguin. À notre arrivée il s'est calmé, même pas fâché, hospitalité par-ci hospitalité par-là, notre vieille amitié et tout le tralala. Il a aidé Nedim à nettoyer le bazar avec tout le monde. Mais Babette n'a pas confiance. Et quand Babette doute de quelque chose, elle n'a pas besoin de me donner ses motifs, je me range à son avis. ».
    Depuis que son épouse s'y est jetée du quatrième étage, Jacky n'a pas remis les pieds à La Vaquerie. Ses retrouvailles avec la propriété familiale sont explosives. Comme avec Tom, son vieil ami, aux prises avec des dettes de jeu. Le passé ressurgit.
    La violence aussi, comme un engrenage. Celle d'hommes qui jouent avec les femmes comme le chat avec la souris. Et qui, de leur corps, font un champ de bataille.

  • Il est marionnettiste, et vient distraire les enfants dans les hôpitaux. Il fait la connaissance de Louis, un adolescent plongé dans le coma à qui il raconte son histoire. La disparition de sa mère, le tête-à-tête avec son père, homme ambigu en affaires et en sentiments, son grand amour, Halva, une jeune Algérienne dont le souvenir ne l'a jamais quitté.
    Après avoir évoqué d'autres périodes troubles de l'Histoire, Michel Quint revient sur la guerre d'Algérie, et évoque les dissensions qui ont opposé les partisans de l'Algérie française à ceux de l'indépendance. Mais que serait ce récit sans la sensibilité et l'humanité dont l'auteur, toujours fidèle à ce devoir de mémoire qui avait tant ému dans Effroyables jardins, honore ces personnages ?

  • Et mon mal est délicieux

    Michel Quint

    Et si, vers juin 40, Chimène se réincarnait, métamorphosée, en Luz, jeune réfugiée de la guerre d'Espagne, au milieu des ruines de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon ?
    Et si Max, jeune fils de juge, devenait chaque soir son Rodrigue fou d'amour ?
    Et si, un de ces soirs, un ténébreux nommé Gérard remplaçait Max dans le rôle de Rodrigue et le coeur de Luz ?
    Et s'il promettait de revenir jouer Le Cid en Avignon, quand il serait devenu comédien ?
    Et si c'était Gérard Philipe... ?

    Une romance d'amour, dans une langue riche et chaude, où le tragique naît du « malentendu d'un baiser attendu et jamais réclamé ».

  • Pippo est petit-fils d'émigrants italiens, mais il ne connaît rien de sa famille. Alors que sa mère perd la mémoire, il décide de partir à la recherche de ses racines. Le voici au sud de Naples, dans le Cilento, une région très pauvre traversée par les migrants. Il y croise la belle Gina, qui travaille au musée de Paestum. Grâce à elle, il découvre que son grand-père avait aidé, quatre-vingts ans plus tôt, deux opposants au régime mussolinien : Paola Zancani et Umberto Zanotti. Ce couple d'archéologues avait découvert un sanctuaire d'Héra prouvant que la Grèce avait colonisé l'Italie des origines... Pippo et Gina se rapprochent à mesure qu'ils ressuscitent l'histoire du duo. Michel Quint nous plonge dans une Italie du Sud solaire et misérable pour un fascinant roman sur ceux qui résistent à la tentation totalitaire, avec courage et passion.

  • Les joyeuses

    Michel Quint

    « Les enfants, le destin est une vaste plaisanterie, une histoire pleine de bruit et de fureur racontée par un idiot. Ce soir, nous avons la réponse à la vieille question, to be or not be : nous sommes, nous vivons, nom de Zeus ! Nous venons de perdre Fenton, et nos commères de Windsor sont orphelines du jeune premier. En gros, je suis dans la merde pour mes représentations ! Alors que notre concours du meilleur Falstaff serve au moins à désigner le successeur de Bruno au bras d'Emma ! Je déclare solennellement Rico gagnant d'une nuit d'amour et désormais titulaire du rôle de Fenton ! Apprends le texte dès aujourd'hui, petit et viens dans mes bras ! » Michel Quint nous invite à partager le quotidien d'une troupe de comédiens délurés. Au-delà d'un éloge du théâtre, c'est à la vie et aux plaisirs de la chair qu'il rend hommage.

  • Rop Claassens, célèbre reporter photographe, trouve la mort lors d'une prise d'otages dans un lycée de Lille.
    Dom, qui tient le bar Dominus Bier, et Judith, son associée, rachètent sa maison. Ils y découvrent qu'une jeune fille y a vécu avant de disparaître subitement. Avec Laura, une serveuse au passé trouble que Dom vient d'engager, ils partent à sa recherche. A force de fouiller les archives de Claassens, le trio est plongé au coeur de la grande histoire, depuis les premiers exploits lillois de la bande à Bonnot, du temps où celle-ci avait encore ses illusions anarcho-pacifistes, en passant par les SS wallons de Léon Degrelle, jusqu'aujourd'hui et les petites horreurs du quotidien.
    Nos apprentis détectives, animés par leur bel enthousiasme et leur soif de vérité, entraînent le lecteur de rebondissement en rebondissement.

  • Une ombre, sans doute

    Michel Quint

    Pas-de-Calais, 2006. Un homme revient dans le village de son enfance, après le suicide de ses parents. Pour comprendre les raisons de ce drame, il enquête, interroge leurs amis et connaissances. Flash-back : nous sommes en pleine Seconde Guerre mondiale, les parents du narrateur viennent de se rencontrer. Ambiance d'un atelier de couture où les ouvrières chantent, aiment et pleurent leurs amours défuntes. Tout est prétexte à oublier les noirceurs de la guerre. Arrive un espion anglais qu'il faut cacher. Mais un soldat allemand n'est pas loin qui peut mettre en péril cet élan généreux. Michel Quint nous offre un roman sur le mal. Son héros est un homme ambigu, qui avoue ses faiblesses. Une ombre, sans doute, d'une densité et d'une richesse étonnantes, devient ainsi une réflexion sur la trahison, la vérité, la compassion et l'amour.

  • En dépit des étoiles

    Michel Quint

    Lyon, septembre 1777. Des textes gaulois sont découverts : ils traitent des origines du peuple français. L'avocat Antoine Fabert se retrouve propulsé au centre d'une bataille dont l'enjeu est colossal. Avec ses proches - un ténor du barreau lyonnais, un historien paralytique, un rédacteur de la première gazette sur l'actualité locale, une comédienne - il se lance à corps perdu sur la trace d'une mystérieuse statuette dont le secret pourrait à lui seul ébranler la royauté à la veille de la Révolution française. Une course-poursuite au coeur d'un sièce fascinant pendant lequel le peuple de France s'est écrit un nouveau destin...

  • Les amants de Francfort

    Michel Quint

    De l'Allemagne qui lui a pris son père, Florent Vallin ne veut pas entendre parler. Mais après un passage obligé à Francfort pour son travail, où une brune incendiaire se trouve sur son chemin, le jeune éditeur à succès décide d'exhumer un passé familial douloureux. Sur les deux rives du Rhin, de Paris à Berlin, entre jeux de masque et secrets de coeur, il s'engouffre dans une époque sanglante où la bande à Baader et les anciens nazis avaient pignon sur rue. Quand l'Histoire rejoint l'histoire, Florent ne peut plus esquiver sa quête de la vérité - à la vie, à la mort.

  • Cake-walk

    Michel Quint

    Ce 1er janvier, au cours des visites rituelles rendues dans le quartier, à la famille, aux amis, à tous ceux qui ont été proches de noré et mélie, nicolas écoute évoquer tous les événements qui précédèrent sa naissance, ceux auxquels il n'a pas assisté et ceux qu'il n'a pas compris sur l'instant la rencontre tragique de ses propres parents, une nuit d'accident, l'empoisonnement collectif aux funérailles du grand-père, les indécences de la tante margot devenue la maîtresse de noré, l'amitié de noré et ses grandes incartades de boisson.
    Il ouvre les yeux. le petit garçon comprend que l'amour fou a dominé sa vie.

  • Aimer a peine

    Michel Quint

    En 1972, au moment des attentats terroristes aux jeux olympiques de munich, le narrateur (le jeune garçon d'effroyables jardins) prépare un mémoire sur les coulisses politiques du milieu sportif.
    A cette occasion, il rencontre l'officier allemand qui fut à l'origine de l'arrestation de son père et de ses amis. se pose alors la question de la responsabilité de la culpabilité d'autant que le narrateur vit une histoire d'amour avec une jeune allemande.

  • Une libraire, ça crée des dettes. D'argent parfois, bien sûr, mais surtout de coeur. Lorsqu'Yvonne meurt, les souvenirs affluent pour Abdel, un jeune professeur de Roubaix, hussard de la République. Il se revoit enfant entre les murailles de bouquins, avec une soif de lecture à avaler tout Balzac sans rien y comprendre. Il ne peut se résigner à ce que le lieu de vie disparaisse. De là à accepter la succession, il y a un sacré pas. que l'inconscient fait à l'aveuglette.
    Le voici bientôt en buttes aux problématiques éco- nomiques du métier. Mais aussi aux dangereuses archives photographiques de son aînée. En fouillant les cartons, c'est tout un pan de la guerre d'Algérie qui renaît, entre partisans du FLN, harkis et OAS.
    Quel rôle y a joué Saïd, habitué de la librairie aux allures de benêt ? Que cache Rosa, qui travaille au même lycée qu'Abdel ? Qu'en pense Zerouane, direc- teur de l'association « Relier » ?
    Les questions se multiplient. Elles sont politiques, mais aussi amoureuses... Comment notre héros va-t-il choisir entre Zita, fausse ingénue aux baisers chamallows, et sa collègue Rosa exubérante et pas- sionnée ?

  • Ma révérence

    Michel Quint

    A l'heure de la retraite, Zoé attend la visite des seize orphelins qu'elle a nourris, cajolés, aimés mais qui l'ont aussi dévorée.
    « Maman, c'est mon métier. Maman professionnelle pendant presque quarante ans. Je paie des impôts sur mon revenu de mère célibataire. On m'a payée pour aimer. De la tendresse au mois, impôts non déduits. Mes petits ont bien réussi. Je les ai élevés et ils m'ont éduquée. J'aime bien cette expression. Leurs devoirs, leurs leçons, ça m'a fait mes universités. » La langue caustique et drôle de l'auteur nous fait cheminer entre la farce et l'émotion.Création de Ma Révérence, le 12 octobre 2011 au Théâtre de la Découverte à la Verrière à Lille dans une mise en scène de Dominique Sarrazin avec Annick Gernez.

  • Misérables !

    Michel Quint

    • Phebus
    • 1 March 2018

    Michel Quint nous offre une oeuvre engagée sur une région en perdition. Un récit qui mêle la précision documentaire au plaisir de l'enquête, pour une fresque passionnante et tragique.

  • Hiver 1953. Hortense Weber, jeune Alsacienne célibataire venue occuper un poste d'institutrice à Equignies, bourg de l'agglomération lilloise, accouche d'un petit garçon. A la maternité , elle rencontre Robert Duvinage, qui pratique, entre autres, l'escroquerie photographique du « bébé du mois ». Parce qu'elle le perce à jour sans le dénoncer, parce qu'il sent la jeune femme porteuse d'un secret, s'installe entre eux une relation d'affection méfiante. Robert suspend un temps ses activités pour faire le commis dans le bistrot-épicerie du maire communiste d'Erquignies et veiller sur Hortense malgré elle. La guerre d'Indochine bat son plein et divise la population, la guerre froide est vécue au quotidien... Les dissensions sont exacerbées par le procès à Bordeaux des nazis qui ont massacré les habitants d'Oradour en 1944. Parmi les accusés, treize malgré-nous, dont un engagé volontaire, alsacien. A Erquignies, on se déchire avec autant de violence que dans toute la France : responsabilité collective ou individuelle dans un crime contre l'humanité ?  Peut-être en raison de ses origines, de son homonymie avec un des accusés, de son statut de fille-mère, Hortense est montrée du doigt. En même temps, ce climat ravive les plaies de la Libération, notamment l'affaire du réseau Voix du Nord, du nom du journal issu de la Résistance et de l'épuration...

  • La folie Verdier

    Michel Quint

    Paraîtrait que le château Verdier est hanté. Moi, je m'en moque, le bâtiment est immense, le parc gigantesque, il y a même une jolie folie dans le fond. Je vais en faire un sublime hôtel de luxe. Dans ce polar qui mêle la petite histoire à la grande, Michel Quint (Effroyables jardins, Avec des mains cruelles) nous montre à quel point les murs ont une mémoire.

  • Dedicace (la)

    Michel Quint

    Il croyait passer un Salon tranquille, à signer ses livres, à écouter les louanges de ses lecteurs...
    La routine. Mais cette femme s'est plantée là, devant le stand, ridicule, vaguement laide, pathétique. Et bavarde. Une " folle " de plus, qui s'identifie à un de ses personnages, qui le prend, lui, pour un de ses héros ? Michel Quint nous révèle ici une facette originale de son talent : l'autodérision, la mise en abyme, le miroir déformant, la dépersonnalisation des personnages. Ch.R.

  • J'existe à peine

    Michel Quint

    Alexandre Sénéchal est un forain, admirateur du transformiste italien Leopoldo Fregoli. Avec sa troupe, il s'amusait à recréer de scabreux faits divers jusqu'à un accident tragique. Lâché par tous après le drame, il se réfugie dans son Nord natal, où il est attendu par Julius, le curé qui l'a pris sous son aile lorsqu'il était un môme maltraité par ses parents adoptifs.
    De retour sur les lieux de son enfance, Alex est rattrapé par son passé. Julius accepte de lui révéler l'identité de sa mère à condition qu'il remonte sur les planches. Ce qu'il fait. Il rencontre à cette occasion l'irrésistible Marion puis Léonore, elle aussi amochée par la vie. Parallèlement, Alex rend visite à sa mère, sans se douter des terribles révélations sur son adoption qui vont s'ensuivre. Affranchi des entraves du passé, Alex arrivera-t-il enfin à exister sans se cacher derrière les nombreux masques qu'il a jusqu'ici arborés ?
    Avec ses mots drus et drôles, Michel Quint joue des niveaux de langues. Il laisse planer le doute et multiplie les pistes, faisant surgir des histoires riches des couleurs et des saveurs du Nord.

    Sur commande
  • Fox-trot

    Michel Quint

    Février 1934. L'affaire Stavisky éclabousse à tous les niveaux la classe politique française. À Paris, de violentes émeutes antiparlementaires menées par les ligues d'extrême droite éclatent. Lisa Kaiser, danseuse de cabaret, se réfugie à l'Hôtel de Crillon où la célèbre Rita Georg, proche de Stavisky, attend un ami. Celui-ci est abattu sous les yeux des deux femmes. Dans la cohue, Lisa subtilise des enveloppes dans la veste de la victime et prend la poudre d'escampette. Direction Lille, sa ville natale, où l'ont conduite les documents dérobés. Deux jours plus tard, elle est retrouvée sauvagement assassinée au Sphinx, le cabaret où elle venait de triompher avec son numéro de trapèze. Un meurtre qui vient alimenter une criminalité exacerbée par les rumeurs d'un coup d'état fomenté par les ligues. Charles, instit et cousin de l'inspecteur divisionnaire Demeyer, est dépêché par Roger Salengro, maire de Lille et proche de Blum, pour être sa taupe chez les Croix de Feu. Sonné par les récents événements, Charles accepte et se laisse embarquer dans ce jeu dangereux.

    Fox-trot est un roman sur la montée des extrémismes et la cristallisation des tensions qui affectent des quotidiens déjà précaires. Nourri par des lectures d'archives, Michel Quint nous entraîne dans une époque sombre, - entre liesse, effroi et paranoïa - où règne la défiance politique. L'intrigue, implacable, est portée par un rythme martelé comme des pas de danse sur un vieux plancher. On se passionne pour ces hommes et femmes avec leurs faiblesses, leurs convictions et leurs désirs.

    Sur commande
  • Lyon. Janvier 43. Un homme vit entre ombre et lumière. Côté lumière, il se fait appeler Jacques Martel, marchand de peintures et bientôt galeriste à Nice. Côté ombre, on le désigne par un prénom, Max, depuis que de Gaulle l'a missionné pour unifier les mouvements de la Résistance. Qui de Max ou de Martel s'est épris d'Agathe, étudiante en histoire de 21 ans? Nul ne le saura... Elle lui apparaît comme une fleur sur un terrain ravagé par la guerre ; il lui fait l'effet d'un provincial exilé de la politique, désormais incapable de s'engager dans la Résistance pour défendre une certaine idée de la France. Entre eux, des mots s'échangent, des émotions où Michel Quint donne à entendre un autre Moulin, lucide sur son destin, mais inquiet parce qu'il lui semble avoir déjà croisé cette jeune femme...

  • Corps de ballet, quatorzième Carnet littéraire de la collection, est le fruit d'une rencontre rendue probable par la tranquille certitude d'un homme promenant sur le monde un oeil de verre magique et par la détermination inflexible d'un autre homme retournant le terreau des fractures de l'histoire pour y faire prendre racine les consciences d'aujourd'hui. Un fruit en noir et blanc. Des ombres et beaucoup de lumière. Plusieurs vies racontées en quelques jours par Maria et sa drôle de tribu auxquelles les photos de Derouineau donnent un écho tantôt brûlant, tantôt décalé, toujours obsédant. Régine Vandamme.

empty