• Le retour de la religion auquel nous assistons dans les discussions politiques depuis le début du XXIe siècle fait ressurgir des questions anciennes. La religion est-elle compatible avec un esprit résolument moderne? Comment devons-nous envisager la cohabitation entre les croyant.e.s, les non-croyant.e.s et les agnostiques au sein de nos sociétés? Est-il possible d'aménager un espace de dialogue entre les groupes appartenant à différentes religions à l'échelle nationale et internationale?

    Michel Seymour s'engage dans une riche investigation philosophique pour réfléchir à la laïcité des institutions des États démocratiques occidentaux et aux difficultés que pose le pluralisme des conceptions morales, religieuses et philosophiques. Il examine notre rapport à la religion à partir de trois angles différents: le passage de la tradition à la modernité, l'aménagement d'un espace laïque au sein d'une société nationale et les relations internationales envisagées dans la perspective du droit des peuples, en trouvant inspiration chez les penseurs Charles Taylor, Ludwig Wittgenstein et John Rawls.

    Même s'il peut sembler périlleux, l'exercice est d'autant plus nécessaire qu'on assiste à une montée du racisme et de l'intolérance un peu partout en Occident ainsi qu'à l'adoption de lois sur la laïcité qui visent en filigrane le port du foulard islamique. Dénouant le fil rouge qui sépare la raison de la déraison, la tolérance de l'intolérance, le respect du mépris, Michel Seymour nous invite à dépasser nos vieux réflexes manichéens afin de permettre une véritable rencontre entre les sociétés libérales et communautariennes.

  • Michel Seymour a choisi la philosophie analytique comme champ de recherche. La philosophie analytique est un courant de pensée dominé par les intellectuels vivant dans les pays anglo-saxons. Les résultats des recherches effectuées dans ce domaine sont publiés généralement en anglais, et les auteurs qui contribuent à ce courant de pensée se servent du modèle de la science pour donner un sens à leur propre activité philosophique. Le courant dominant y est en outre d´inspiration individualiste. Michel Seymour décrit ici comment se vit l´expérience de la philosophie analytique pour un Québécois francophone anti-individualiste et nationaliste qui croit à la valeur de la diversité des cultures et à l´autodétermination du Québec.
    Michel Seymour est professeur titulaire au Département de philosophie de l´Université de Montréal. Il est l´auteur de plusieurs livres dont L´institution du langage (PUM, 2005).

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  • Existe-t-il un rapport naturel entre un mot et ce qu'il représente ? Est-ce plutôt exclusivement grâce à une décision arbitraire que les mots en sont venus à signifier ce qu'ils signifient ? Michel Seymour répond en affirmant que le langage est essentiellement un système de règles conventionnelles constitutives produit par des groupes d'individus et qui n'est pas réductible à des faits de la psychologie individuelle. Adoptant une approche controversée, basée principalement sur une relecture originale du philosophe Ludwig Wittgenstein, en particulier celui des Investigations philosophiques, l'auteur réfléchit sur le langage tel qu'il s'est développé au sein de l'espèce humaine. Il propose un exposé systématique et une mise en perspective historique de la conception institutionnelle et communautaire du langage.
    Par son ampleur et son érudition, cet ouvrage constitue une contribution majeure à la philosophie du langage. Il s'adresse en premier lieu aux spécialistes, mais est également accessible à un public non initié qui cherche à en savoir davantage sur le fonctionnement de nos langues naturelles.
    Michel Seymour est professeur titulaire au Département de philosophie de l'Université de Montréal. Il a publié et dirigé de nombreux ouvrages en philosophie du langage et en philosophie politique.
    Finaliste, prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des sciences humaines, 2005-2006

  • Le fédéralisme multinational est-il un modèle d'organisation politique viable ? La disparition de certaines fédérations multinationales comme l'URSS, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, de même que la mise à mal de certaines autres expériences fédérales comme la Belgique et le Canada contrastent singulièrement avec le succès relatif des fédérations mononationales comme les États-Unis et l'Allemagne. Dès lors, l'expérience européenne est-elle prometteuse ? Au-delà d'un examen général de la question de l'aménagement de la diversité nationale au sein des régimes fédératifs, cet ouvrage se penche plus particulièrement sur les problèmes juridiques et politiques épineux auxquels sont confrontés certains pays comme le Canada, la Belgique et l'Espagne.

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  • Ce livre est une contribution philosophique engagée au débat sur l'université qui fait rage au Québec depuis quelques années, mais surtout depuis le printemps 2012. Il s'agit d'une contribution philosophique parce que l'auteur s'appuie sur l'approche du grand théoricien de la justice John Rawls. En outre, c'est aussi un travail engagé parce que l'ouvrage constitue une intervention partisane dans le débat.

    Il y est bien sûr question de gratuité scolaire. D'abord, la gratuité à l'université est une recommandation du Rapport Parent. Ensuite, il s'agit d'un modèle viable, comme le prouve l'expérience de certains pays européens. Il y est aussi bien sûr question du sentiment d'assister à la transformation progressive de l'université selon un modèle d'entreprise : hauts salaires des dirigeants, dérive immobilière, clientélisme, dépenses exorbitantes de publicité, etc. Mais encore faudrait-il que nos universités soient bien gérées. Et l'auteur montre, preuves à l'appui, que c'est loin d'être le cas.

    Michel Seymour dénonce le mépris de la démocratie et du travail intellectuel que la crise récente a révélé chez nos élus et nos directeurs d'université. Il fait des propositions concrètes pour que l'université retrouve le rôle qui doit être le sien, celui de fournir des services essentiels non seulement aux étudiants et aux chercheurs, mais à toute la population québécoise.

  • Sous la direction de Michel Seymour En 2007 fut célébré le 200e anniversaire de la Phénoménologie de l'esprit de Hegel. Un atelier international fut organisé pour souligner cet anniversaire. C'était l'occasion de faire un retour sur la problématique de la reconnaissance, qui occupe une place centrale dans la philosophie politique contemporaine. Les textes réunis dans ce recueil sont pour la plupart issus de cet atelier et apportent une contribution majeure et originale à la théorie de la reconnaissance et du multiculturalisme.
    Pour la première fois depuis la crise du multiculturalisme vécue aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et au Canada, des auteurs sont appelés à faire un examen critique du concept de la reconnaissance. Ils dressent ici un bilan des discussions actuelles portant sur ce thème, ils en redéfinissent les enjeux sous-jacents et en cernent les répercussions politiques.
    Depuis l'éclatement des frontières de la défunte URSS et le retour en force des identités culturelles, religieuses et même sociales, le problème de la pluralité des identités s'est graduellement imposé comme un problème d'actualité. Cet ouvrage pourra ainsi permettre une réflexion en profondeur sur les questions qui entourent la reconnaissance des identités. Non seulement est-il possible de faire cette réflexion, mais il devient incontournable de la faire.
    Les auteurs rassemblés dans ce volume sont des chercheurs chevronnés reconnus dans leurs milieux respectifs pour leurs contributions majeures et originales à la théorie de la reconnaissance et du multiculturalisme.

  • Le philosophe Michel Seymour aborde ici le thème de l'État multinational comme modèle d'organisation politique. S'inscrivant directement dans la foulée des travaux de Charles Taylor, de Will Kymlicka et de John Rawls, il se donne pour objectif de formuler une théorie originale des droits collectifs. Seymour traite particulièrement des minorités nationales au sein de l'État-nation ainsi que des peuples inscrits dans des organisations supranationales. Il réfléchit aux conditions qui pourraient garantir la viabilité de toute forme d'arrangement « plurinational », ce qui inclut autant les États-nations rassemblant des minorités nationales diverses que les États multinationaux et les organisations supranationales rassemblant différents États souverains. Il s'attaque à la « reconnaissance politique » des peuples, qui peut apparaître comme une condition sine qua non pour assurer la viabilité de toute forme d'arrangement plurinational, mais qui peut aussi être admise pour des raisons morales. Il examine en ce sens les arguments récents qui sont favorables ou défavorables à l'octroi de droits collectifs pour les groupes nationaux au sein d'une seule et même entité politique. S'il s'intéresse aux droits collectifs, c'est parce qu'il faut faire appel à de tels droits pour que la reconnaissance politique des peuples puisse prendre forme. De la tolérance à la reconnaissance est une contribution majeure à la philosophie politique des droits collectifs. Michel Seymour accomplit un travail essentiel à la conceptualisation et à la définition de notre place si particulière dans le concert des nations.

  • La nation en question

    Seymour Michel

    • Hexagone
    • 20 September 2005
    Indisponible
  • Depuis 2006, le Québec débat âprement des règles gouvernant la laïcité de ses institutions et se trouve confronté à deux modèles apparemment irréconciliables : le républicanisme « jacobin » et le libéralisme individualiste, issus respectivement de la France et du Canada. En s'inspirant de la pensée du philosophe politique John Rawls, les auteurs proposent ici d'explorer une voie médiane mieux adaptée à l'expérience québécoise. Dans ses travaux tardifs, Rawls met en avant une forme de libéralisme républicain affranchi de l'individualisme normatif de Kant et de Mill et récuse le paternalisme qui vise à imposer aux citoyens une certaine éthique de vie. Tout en étant neutre à l'égard des conceptions individualistes et communautarienne de la personne, il cherche à équilibrer les droits collectifs des peuples avec les droits individuels des personnes. C'est donc une conception strictement institutionnelle de la laïcité que présentent les auteurs, qui redéfinissent au passage l'interculturalisme, la liberté rationnelle et le consentement, ainsi que l'expérience religieuse, qui devient hybride, à la fois subjective et objective. En se servant de Rawls, ils expliquent clairement pourquoi l'expression de la religion fait partie de la liberté religieuse, mais aussi pourquoi il faut faire la distinction entre les objets qui relèvent des libertés fondamentales et ceux qui sont sujets à des accommodements. Ils tracent ainsi une authentique troisième voie, qui pourrait bien faire sortir de l'impasse le débat québécois sur la laïcité.
    Michel Seymour est professeur titulaire au Département de philosophie de l'Université de Montréal. - Jérôme Gosselin-Tapp est doctorant au Département de philosophie de l'Université d'Ottawa.

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