Langue française

  • Lyle, Neville, Ellie Ecureuil et Omar l'araignée ont désobéi à Richard et le verdict est sans appel: ils doivent quitter la vallée, sans espoir de retour. En quittant la vallée de Richard et en se dirigeant vers la ville, le petit groupe va faire moult rencontres - bonnes comme mauvaises - alors qu'en parallèle le lecteur en apprendra un peu plus sur le charismatique mais despotique Richard.
    Sur près de 480 pages, Michael DeForge décrit une étrange odyssée à hauteur d'animaux, et par là même dynamite la bande dessinée animalière. Construit partiellement comme une enquête autour du mystérieux Richard, Par-delà la vallée de Richard décortique et met en lumière, non sans humour, les mécanismes sectaires qui mènent à la manipulation mentale, à l'asservissement et à la perte de liberté. Mais DeForge ne s'arrête pas là, et en confrontant les animaux à la ville, il dresse le portrait des grands centres urbains d'aujourd'hui (et plus particulièrement de Toronto, la ville dans laquelle il vit toujours aujourd'hui) : disparition des commerces de proximité et des lieux culturels, transformation et déshumanisation des quartiers, gentrification galopante, etc.
    Livre après livre, Michael DeForge construit une oeuvre parmi les plus intrigantes, surprenantes et originales de la bande dessinée contemporaine.

  • Brat

    Michael Deforge

    Une énorme star. Voilà qui est Miss D, une énorme star dans son domaine, à savoir la délinquance juvénile. Certes, elle est de moins en moins jeune, certes, il lui reste des fans zélés, certes elle compte bien se maintenir au top, mais la concurrence fait rage, et rester célèbre et adulée est un combat de tous les jours. Face aux médias, face à la compétition, elle doit accomplir un grand coup qui laissera le monde sur l'arrière-train.
    Dans Brat, Michael DeForge fait un pas de côté avec la réalité pour mieux taper sur notre petit monde, qui ne demande rien mais le mérite bien. Reconnaissance éphémère, surmédiatisation du vide, quête stérile de la célébrité, récupération commerciale (de l'acte de rébellion, de l'idée de révolution), jeunisme à tout crin, voilà ce que tacle Michael DeForge, à l'heure où l'attitude a plus d'importance que le sens, où l'image est partout mais ne veut plus rien dire.
    Enfant de la modernité mais pas dupe pour autant, Michael DeForge est une espèce de génie versatile, imprévisible et passionnant à suivre, trublion surdoué de la bande dessinée nord-américaine, dont le travail nous hante et nous obsède. Véritable mine d'idées et d'inventions visuelles, sans barrière ni limite, Michael DeForge prouve, à chaque nouveau livre, l'incroyable potentiel d'un art (la bande dessinée!) qui n'a pas encore tout dit ni tout montré.

  • Dressing

    Michael Deforge

    • Atrabile
    • 17 February 2016

    On aurait sans doute tort de conside rer Michael DeForge comme un dessinateur purement de voue au bizarre, un obse de du glauque et un apo tre du malsain. Certes certes certes, le prodige canadien s'aventure souvent dans des recoins bien sombres, et n'a pas peur de jouer avec les aspects les plus monstrueux de l'e tre humain ; mais ce qui fait que le travail de DeForge est parfois de rangeant tient moins d'une volonte superficielle de se complaire dans le « trash » que d'une certaine faculte a toucher la ou ça fait mal, la ou gî t une ve rite peu agre able a entendre. Cette vision du monde, parfois peu ame ne, parvient au lecteur dans une forme sans cesse renouvele e, le trait s'adaptant au sujet et aux ambitions de chaque histoire.
    DeForge n'est pourtant pas qu'un pur formaliste, et il faut souligner son travail sur la narration, son vrai talent d'e criture et son attachement aux mots. Toutes ces qualite s, on les retrouve dans Dressing. A l'image de certains e crivains orfe vres de la nouvelle pluto t que du roman fleuve, DeForge excelle dans les histoires dites courtes, des re cits de quelques pages aux situations souvent kafkaî ennes, traverse s de personnages victimes des circonstances, ignorant jusqu'au bout le pourquoi de leur destin ; des histoires courtes aux de cors changeant - Mars, le Po le Nord, une chambre d'ho tel, l'inte rieur d'une te te, une jungle emplie d'animaux arme s - mais qui disent bien plus qu'il n'y pourrait paraî tre toutes les blessures et les perversions de l'a me humaine.

  • La fourmilière

    Michael Deforge

    Pauvres pauvres petites fourmis. Dans un monde où grouillent des milliers de vies mi-nuscules, soumises à une reine omnipotente, on pourrait aisément penser que c'est l'ordre et le respect qui règnent. Mais derrière cette masse sans visage, se trouve autant d'indivi-dus et de destins différents - et c'est à certains d'entre eux et à leur toutes petites exis-tences que va s'intéresser Michael DeForge dans La Fourmilière. Car c'est le chaos qui va bientôt frapper à la porte de la fourmilière, sous la forme de fourmis rouges hautement vindicatives, et rendues folles par l'absorption de lait d'araignées. DeForge s'amuse alors à décrire la débâcle qui va suivre, les destins brisés et les histoires individuelles qui vont s'entrecroiser, chacun pourtant son lot de blessures et de secrets inavoués. Car les four-mis de DeForge, bien que menées, voire commandées par leurs instincts, sont également porteuses d'une psychologie hautement humaine, donnant ainsi la vision d'une « comédie humaine » transposée dans le monde des insectes.
    Le jeune prodige canadien n'oublie jamais d'être drôle, et l'humour décapant qui règne dans le livre finit de parfaire cette interprétation tout à la fois pop et trash d'une apocalypse à taille réduite. Derrière un monde qui s'effondre se cachent les promesses d'un renou-veau, multiples, imprévisibles et pas obligatoirement rassurantes.Trahison, mensonge, manipulation dans le monde des fourmis.

  • En toute simplicité

    Michael Deforge

    • Atrabile
    • 12 September 2014

    Quelques mois seulement après la sortie de Lose, voilà un nouveau recueil d'histoires signées Michael DeForge ; car il est urgent d'installer cet auteur génial et incontour-nable dans le paysage de la bande dessinée francophone !
    Du célébré Cerf tacheur au parodique Les Muscles de Peter, on retrouve ici certaines des obsessions de l'auteur, comme, en vrac : les cerfs, Snoopy, la maladie, le corps et ses fonctions - et si DeForge aime distordre la réalité, mélangeant un ton naturaliste et des événements fantastiques, c'est pour mieux révéler tout l'absurde et le gro-tesque qui gît-là, au plus profond de l'esprit humain.

  • Lose

    Michael Deforge

    Michael DeForge est un jeune homme épatant. Quand il ne travaille pas sur la série animée Adventure Time, qu'il ne publie pas des fanzines à tour de bras, il travaille sur son comics, Lose, dont 5 numéros sont parus à ce jour, et dont ce recueil du même nom regroupe une sélection des meilleures pages. Michael DeForge est épa-tant, donc, mais il sait aussi faire peur. Déranger. Mettre mal à l'aise. Dans Lose, les enfants s'habillent de cadavres de bêtes, les chiens dépressifs oublient qu'ils savent voler, les rendez-vous romantiques se terminent en soirée SM, et les zèbres sont des chevaux secrètement déguisés. Lose est ainsi, rempli de visions folles et dé-rangeantes, où DeForge traite de ses obsessions (principalement, mais pas unique-ment, le corps et ses fonctions) et arrive à toucher l'essence même des choses dont sont faites les cauchemars.
    Disons-le tout net : Michael DeForge n'est rien de moins qu'une des meilleures choses à avoir émergé ces dernières années d'Amérique du Nord (du Canada pour être précis), et les jurys des prestigieux Ignatz Awards ne s'y sont pas trompés en lui attribuant pas moins de trois prix !

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