• « J'ai toujours pensé que j'aimerais avoir une tombe sans rien dessus. Pas d'épitaphe. Pas de nom. J'aimerais, en fait, qu'on écrive dessus : fiction. » Quand Andrew Warhola (1928-1987) arrive à New York en 1949, il a tout juste vingt et un ans, et s'est déjà fixé un destin : devenir célèbre. Le jeune homme d'origine ruthène va alors fabriqué Andy Warhol, ce personnage médiatique, adulé, controversé, qui veut tout et fait tout. Il est peintre, sculpteur, photographe. Il est acteur, homme de télévision, mannequin. Il est producteur d'un groupe de rock, directeur de magazine. Il est dramaturge, cinéaste, romancier. Il crée un univers, la Factory, où circulent librement drogue, sexe, artistes, voyous. Il dit vouloir être une machine. Il annonce que bientôt tout le monde connaîtra un quart d'heure de célébrité internationale. Il assure n'aimer que les choses ordinaires et refuser l'originalité. C'est un vrai rebelle, génial, inventif, underground et post-moderne. Derrière sa perruque platine et sa désinvolture affichée se cache un créateur exigeant, fragile, dont la vie et l'oeuvre tendent à notre monde moderne un miroir désenchanté et plein d'humour. Plus qu'un modèle, c'est un mythe : un nouveau Prométhée.

  • Nous mentons tous - parfois avec scrupule, parfois avec un certain plaisir, parfois sans y penser - et cependant nous ne faisons pas du tout la même chose : nous pouvons exagérer, ne pas démentir, simuler, dissimuler, affabuler, délibérément ou dans le feu de l'action. « Mentir » recouvre tout cela, qui n'a pas la même gravité mais suscite toujours un malaise quand le mot surgit, car on le dit assez aux enfants : « Mentir, c'est mal. » La philosophie est marquée par l'approche rigoriste et intransigeante d'Augustin et de Kant condamnant tout mensonge. Qu'en est-il de l'usage commun ? La condamnation morale du mensonge résiste-t-elle à la revendication bravache de la « post-vérité » et à l'irruption contemporaine des « faits alternatifs » ?

    Voici une réflexion pétillante, à hauteur d'individu, qui interroge le sens du mensonge à l'aune de la vie que nous imaginons toujours en partie, faisant de nous des êtres créateurs, à nos risques et périls.

  • Avec une Préparation aux épreuves par Olivier Decroix

  • Que se cache-t-il aujourd'hui derrière l'expression « bons sentiments », résolument péjorative et dépréciative, reflet d'un état d'esprit contemporain qui semble refuser toute place aux émotions et à la sensibilité ?

    Il est de bon ton, aujourd'hui, de parler à tout propos et pour s'en moquer de « bons sentiments ». Mériam Korichi s'interroge sur les raisons de ce rejet dans le monde des médias, des intellectuels, des historiens, des artistes, notamment.
    Afin de retracer et de cerner l'origine de ce sens négatif, elle entreprend un voyage dans l'histoire de la langue commune et philosophique : comment en est-on venu à donner à ces mots un sens contraire à ce que, littéralement, ils sembleraient vouloir dire.
    Le dénigrement systématique des bons sentiments par l'usage courant - aujourd'hui la chose du monde la mieux partagée, de l'homme de la rue à l'Académicien, en passant par l'homme politique et le philosophe - sonne comme une contradiction, un paradoxe que cette enquête stimulante se propose d'examiner, en redonnant sa juste place à la sentimentalité.

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