• "Comment fait-on, en tant que travailleur social mandaté au sein de politiques faisant la guerre à l'insécurité, à la délinquance juvénile, pour être crédible auprès des jeunes en chair et en os qui en forment le public dit « cible » ? De quel côté est-on ? Cette ethnographie assume une problématisation de terrain fondée sur un vécu concret, les noeuds du quotidien, les émotions incorporées et ancrées, voire sur un objectif de survie : « Comment s'en sortir ? »."

  • Comment les jeunes Bruxellois en cursus d'assistant social se projettent-ils dans le métier? Qui sont ces intervenants sociaux - et surtout intervenantes sociales - de demain (dans un secteur fortement féminisé)? La ville de Bruxelles est le théâtre de violentes disparités socio-économiques et d'un enseignement que l'on peut qualifier d'ethnoségrégé. Les liens entre jeunes s'y construisent dès lors avec force sur des bases identitaires - en référence tant au local (commune, quartier) qu'à l'histoire migratoire ou, encore, à la religion. À partir d'entretiens, Maryam Kolly relaie ici une «parole minoritaire» portée par de futurs travailleurs sociaux qui se disent catholiques ou musulmans, descendants de migrants venant du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne. Érigée contre les logiques de disqualification (modernité/islam, Europe/Afrique, jeunesses d'en haut/d'en bas, non croyants/croyants), cette parole nous invite à un décentrement par rapport à l'expérience euro-occidentale.

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