• Sur le point de savoir si les quatre-vingt-quinze thèses de Luther sur «la vertu des indulgences» ont bien été affichées à Wittenberg le 31 octobre 1517, tout le monde n'est pas du même avis. Mais ce sur quoi, cinq cents ans plus tard, on peut s'accorder, c'est sur les conséquences de cet affichage réel ou supposé : l'étincelle (probablement) allumée ce jour-là allait bouleverser le paysage religieux, politique, social, intellectuel, littéraire et artistique de l'Europe.
    L'édition des oeuvres de Luther dans la Pléiade fait apparaître la diversité de ses écrits, qui reflète celle de ses centres d'intérêt. Le premier volume proposait des textes se rapportant aux débuts du mouvement évangélique. Dans le second, qui regroupe des ouvrages composés entre 1523 et 1546, un nouveau Luther se fait jour. Depuis 1522, il s'est définitivement installé à Wittenberg. Il se consacre à l'enseignement, à la prédication et, de façon incessante, à l'écriture.
    L'établissement dans la durée du mouvement évangélique est loin d'être simple. Les conceptions luthériennes furent contestées de divers côtés. Luther répond aux objections, aux approches spiritualistes ou «enthousiastes» de ses opposants comme à celle des théologiens fidèles à l'Église romaine. Le rapport qu'entretiennent les chrétiens avec l'Ancien Testament fait partie de ses préoccupations. Son attitude à l'égard des juifs devient de plus en plus dure.
    Plus que jamais il se montre attentif aux problèmes socio-politiques. La guerre des Paysans puis les tensions entre les États protestants et l'empereur l'incitent à traiter de la résistance à l'autorité. Il s'inquiète de savoir si un chrétien peut être soldat. Il dit son attachement à une paix laissant libre cours à l'Évangile, tout en concédant aux princes protestants le droit à une légitime défense. Il se prononce aussi sur la menace que font peser les Turcs.
    Le requièrent sans cesse les problèmes liés à l'éducation, voire à la «culture». Son enseignement le conduit à élaborer des séries de thèses qui font l'objet de débats académiques. L'une d'elles expose sa conception de l'homme. Son traité de 1527, Si l'on peut fuir devant la mort, développe des considérations éthiques dans quoi le lecteur du XXIe siècle reconnaîtra parfois ses propres interrogations.
    Luther est enfin poète. Il écrivit trente-six cantiques, dont plusieurs nous sont familiers : Bach les a mis en musique. L'un des plus célèbres, Ein feste Burg ist unser Gott, «C'est une solide forteresse que notre dieu», lui a fourni le texte de sa cantate BWV 80, destinée à la fête de la Réforme 1724 - célébrée, selon l'usage, le 31 octobre.
    Sur les quarante-deux écrits rassemblés dans ce volume, sept ont été traduits du latin, trente-cinq de l'allemand, une langue sur laquelle Luther imprima sa marque, faite de clarté, de simplicité, et de cette verve peu commune qui l'a fait qualifier de «Rabelais allemand».

    Trad. de l'allemand et du latin par Matthieu Arnold, Jean Bosc, Albert Greiner, Franck Gueutal, Hubert Guicharrousse, Frederic Hartweg, Gustave Hentz, Pascal Hickel, Pierre Jundt, Charles Kohser, Georges Lagarrigue, Nicole de Laharpe, Annemarie et Marc Lienhard, Daniel Olivier, Patrice Veit et Michel Weyer. Édition publiée sous la direction de Matthieu Arnold et Marc Lienhard avec la collaboration de Jean Bosc, Albert Greiner, Franck Gueutal, Hubert Guicharrousse, Frederic Hartweg, Gustave Hentz, Pascal Hickel, Pierre Jundt, Charles Kohser, Georges Lagarrigue, Nicole de Laharpe, Annemarie Lienhard, Daniel Olivier, Patrice Veit et Michel Weyer.

  • Les oeuvres réunies dans ce volume furent écrites pendant des années décisives pour l'histoire de la Réforme : entre 1515 et 1523. Rédigées tantôt en latin, tantôt en allemand, pour certaines inédites en français, elles relèvent de divers genres littéraires et traitent de problèmes religieux et philosophiques, mais aussi sociaux : le commerce et l'usure, ainsi que la question de la légitimité de la violence et la conduite à tenir envers l'autorité temporelle.
    Les premiers écrits présentent un Luther théologien, ferraillant avec la scolastique de facture aristotélicienne afin de réinstaurer le primat de l'Ecriture sur la philosophie et sur la tradition, de la foi et de la grâce sur le moralisme. Puis surviennent la querelle des Indulgences et le conflit avec Rome, qui ira se durcissant, jusqu'à l'excommunication de Luther le 3 janvier 1521. On assiste alors à une accélération dans la remise en cause de la doctrine de l'Eglise catholique romaine.
    Des troubles sociaux s'ensuivent, vis-à-vis desquels Luther sait se montrer prudent et pondéré, ainsi que des excès dans le bouleversement de la liturgie, que le Réformateur veut réfréner au nom du respect des consciences. Ainsi s'est déployé un épisode capital non seulement pour la chrétienté, mais pour la compréhension de la modernité.

  • « Un tout petit livre si l'on considère le papier, mais qui contient la somme entière de la vie chrétienne si l'on en comprend le sens » : ainsi Luther présente-t-il en 1520 De la liberté du chrétien. Ce traité appelle à une libération politique et religieuse célébrée depuis comme l'essence de la Réforme. Mais qu'est-ce que cette liberté, au coeur de la théologie luthérienne, qui rend à la fois seigneur et serviteur ? Comment peut-on être libre sans libre arbitre ? La réponse est à chercher selon Luther dans une enquête sur la foi et sur la Parole de Dieu.

    L'entreprise du réformateur est solidaire d'une réflexion sur la langue : De la liberté du chrétien trouve son complément dans les Préfaces à la Bible, minutieuses explications de la Parole de Dieu, de son vocabulaire et de son style. Ce premier traité de philosophie en langue allemande constitue l'une des matrices de la philosophie moderne.

  • Traduire la Bible en allemand pour la rendre accessible à tous fut l'un des points essentiels du programme de Luther pour assurer le succès de la Réforme dont on célèbre cette année le cinquième centenaire. Dès 1522, le Réformateur publie sa traduction du Nouveau Testament qui connaît une très rapide diffusion (110 réimpressions de 1522 à 1525 !), puis s'attaque à l'Ancien Testament avec l'aide d'un groupe d'érudits rassemblés autour de lui. La première Bible allemande complète paraîtra en 1534.
    C'est au cours de ce long travail, en 1530, que Luther publie sa Lettre sur la traduction dans laquelle il explique ses intentions et justifie ses principes de traduction, pour répondre aux polémiques qui n'avaient pas manqué de naître à la lecture des éditions partielles de son travail. Il la complète en 1533 par des Résumés des psaumes et origines de la traduction où il approfondit certains points fondamentaux.
    Texte fondateur pour la pensée de la traduction en Occident, la Lettre sur la traduction de Luther n'avait encore jamais fait l'objet d'une édition bilingue accessible à tous. Catherine A. Bocquet, universitaire et traductrice, dont l'étude sur L'Art de la traduction selon Martin Luther (Artois Presses Université, 2000) a fait date, nous donne ici une traduction complète accompagnée des notes indispensables et d'un commentaire.
    Le texte allemand est présenté en orthographe modernisée.
    La préface, qui insiste plus particulièrement sur le contexte historique, est due à Michel Grandjean.

  • « Ce livre de Martin Luther réussit à allier pratique et profondeur [...] Il mérite d'être relu chaque année. » -Tim Keller.

    Allemagne, 1535. Un barbier du nom de Peter Beskendorf interroge son vieil ami Martin Luther : « Comment dois-je prier ? ». C'est une question essentielle et même vitale, puisque c'est précisément par la prière que le chrétien peut s'adresser au Créateur de l'Univers.

    En toute humilité, Martin Luther lui répond par une lettre ouverte et lui propose une manière simple de prier : il s'appuie sur des textes fondamentaux de la foi chrétienne - les dix commandements, le Notre Père et le credo des apôtres - pour aider son ami à parler à Dieu.

    /> Si, comme ce barbier, vous vous posez la même question, laissez-vous inspirer par les conseils de Luther.

  • On dit souvent les protestants hostiles à Marie par méfiance vis-à-vis du culte qui la vénère. Ce grand texte de Martin Luther montre au contraire que Marie tient pour lui une place centrale dans l'histoire du salut. C'est elle qui accueille le don de la grâce à l'annonciation : c'est la figure de la Bienheureuse, « l'atelier que Dieu s'est choisi et où il travaille ». Écrit en 1521 pour le jeune duc Jean-Frédéric de Saxe, ce commentaire est aussi un texte politique : Luther incite le duc à gouverner avec sagesse, comme Salomon. Il lui rappelle aussi que Dieu renverse les puissants de leur trône et disperse les superbes. Tout un programme. Avec une vraie vigueur d'expression, Luther insiste sur Marie comme servante du monde entier, femme de la simplicité qui nous invite à chanter à sa suite.

  • Le 31 octobre 1517, le moine augustin Martin Luther affiche ses 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l'église du château de Wittenberg. C'est le premier acte d'une réforme qui change le cours de la civilisation européenne. L'autorité de l'évêque de Rome est remise en cause, les dogmes de l Église catho-lique sont réexaminés à la lumière des textes bibliques. La liberté religieuse et la démocratie politique deviennent possibles. Mais les résistances demeurent vives et commence une longue période de guerres et de persécutions religieuses.
    En 2017, les protestants du monde entier fêteront les 500 ans de la Réforme, moment essentiel de la conscience européenne. Mais qui était Martin Luther ? Si son apport est aujourd'hui largement reconnu (sa statue vient même de lui être consacrée au Vatican en octobre 2016), sa pensée demeure mal connue et nombre de ses prises de position suscitent des controverses. Il est celui qui a fait lever en Europe un air de liberté, mais tout autant celui qui a reproduit vis-à-vis des minorités religieuses (Juifs, anabaptistes, etc.) ou des femmes (les sorcières étant le plus souvent des femmes) les mêmes errements qu'il avait condamnés dans l'Église catholique. Un homme tout de complexité et de contrastes que ce Ainsi parlait Martin Luther permet de découvrir enfin directement dans le texte.

  • En 1520, Martin Luther publia le Prélude à la Captivité babylonienne de l'Eglise qui, avec les autres écrits réformateurs qu'il rédigea cette même année, marqua une rupture définitive avec la papauté. Cette image éloquente de la privation de liberté fut utilisée pour condamner la manière dont, par sa conception des sacrements, l'Eglise de son temps opprimait les croyants. Aussi Luther proposa-t-il de réduire les sept sacrements traditionnels à la pénitence, au baptême et à l'eucharistie, célébrée sous les deux espèces, pain et vin.
    Ce grand texte est l'un des principaux écrits fondateurs du protestantisme. D'un point de vue proprement théologique, il attaque le centre de la théologie catholique et formule le noyau des positions protestantes. Au plan culturel, c'est le texte qui inaugure ce que Max Weber appellera le désenchantement du monde, c'est-à-dire la destruction de la compréhension magique du sacrement. Il joue donc un rôle central dans la naissance de l'homme moderne.
    Martin Luther est la grande figure théologique, intellectuelle, politique et culturelle de la Réforme au XVIe siècle. Son action et ses écrits ont profondément transformé la société européenne. Labor et Fides publie ses grands écrits depuis 1957, dont notamment en 2015, des Traités polémiques.

  • "un tout petit livre si l'on considère le papier, mais qui contient la somme entière de la vie chrétienne si l'on en comprend le sens" : ainsi luther présente-t-il en 1520 son traité de la liberté du chrétien.
    Ce texte appelle à une libération politique et religieuse célébrée depuis comme l'essence de la réforme. il constitue une "somme", qui réorganise toute la théologie autour de la question de la liberté - la somme théologique de martin luther. mais qu'est-ce que cette liberté, qui rend à la fois seigneur et serviteur ? comment peut-on être libre sans libre arbitre? la réponse est à chercher selon luther dans une enquête sur la foi et sur la parole de dieu qui nourrit cette foi.

    Le rôle crucial dévolu à la parole de dieu montre à quel point l'entreprise du réformateur est solidaire d'une réflexion sur la langue. de la liberté du chrétien trouve ainsi son complément, à partir de 1522, dans les préfaces à la traduction de la bible, minutieuses explications de la parole de dieu, de son vocabulaire et de son style. or le luther traducteur de la bible est aussi l'inventeur de l'allemand moderne.
    De la liberté du chrétien, premier traité de philosophie en langue allemande, constitue l'une des matrices de la philosophie moderne.

  • Les deux traités traduits et commentés ici témoignent des évolutions du grand Réformateur en même temps que des principaux enjeux de sa controverse avec l'Eglise traditionnelle. Au printemps 1521, la réfutation latine dirigée contre Jacques Latomus, théologien de Louvain, se concentre sur l'explication de la thèse selon laquelle, même justifié, l'homme reste pécheur et qu'il est donc incapable d'accomplir des oeuvres vraiment bonnes ; c'est pour Luther l'occasion de développements importants sur la relation en rhétorique classique et exégèse biblique. En 1541, l'écrit allemand contre Jean le Pitre, contemporain des derniers dialogues politico-religieux avant le Concile de Trente, scelle l'opposition entre deux Eglises, telles que les dépeint le Réformateur : la fausse Eglise, prostituée du Diable et infidèle à l'Eglise ancienne, dont elle a perverti les enseignements et dénaturé les sacrements ; l'Eglise véritable, héritière des préceptes du Christ et des apôtres, fidèle à l'Eglise ancienne même si sa vie reste loin d'être exemplaire.

  • Comment Luther, père de la Réforme, voyait-il Marie ? Dans ce texte d'importance oecuménique et historique, il nous dévoile sa vision de Marie : un regard pur et original à la fois.

    Écrit à une des époques les plus tourmentées de la vie de Luther, ce commentaire du Magnificat (paroles de Marie à sa cousine Elisabeth) est précieux à plusieurs titres. Il permet d'abord une initiation globale et pourtant profonde à la vie et à la pensée du Réformateur. Luther se situe dans ce texte non seulement par rapport à la mariologie de son époque mais aussi par rapport au pouvoir temporel et spirituel. On y découvre aussi toute une part de la sensibilité protestante. Mais c'est avant tout une très originale et très pure vision de Marie qui nous est donnée :
    Celle qui chante la grandeur de Dieu. Une introduction nous aide à mieux saisir la portée et la profonde valeur spirituelle de ce document d'importance oecuménique et historique.
    Traduction d'Albert Greiner.

  • On sait que l'élan spirituel de Luther, son choix de la Réforme, repose sur un désespoir surmonté, une confiance en Dieu qui justifie le pécheur par la grâce de la foi. C'est ce même mouvement vers le salut que l'on retrouve dans ces commentaires du réformateur allemand sur les 6e et 7e psaumes de la pénitence.

  • Luther ne s'est pas contenté de traduire la Bible en allemand. Il a pourvu sa traduction de préfaces : préfaces générales à l'Ancien et au Nouveau Testament, et préfaces à la plupart des livres bibliques. Ce faisant, il s'est inscrit dans une tradition occidentale séculaire, dominée par les prologues de Jérôme. Mais il a enrichi cette tradition de motifs théologiques originaux et s'est distingué par l'attention qu'il porte au lecteur. Dans les préfaces bibliques, il présente notamment le Christ comme le centre de l'Écriture, ainsi que l'opposition entre Loi et Évangile qui structure sa théologie. Il souligne la manière dont, à chaque époque, l'Écriture rejoint le lecteur.
    Au-delà du théologien et du pasteur, ces préfaces permettent de saisir le rapport de l'homme Luther avec l'Écriture sainte et de plonger jusqu'aux racines de sa pensée. Elles représentent une source importante pour comprendre la pensée du Réformateur.

  • Image de la papaute

    Martin Luther

    • Millon
    • 1 November 1998

    L'Image de la papauté est un pamphlet virulent, dans lequel la gravure obscène de Lucas Cranach s'associe à la rage excrémentielle du texte de Luther.
    Il peut donc sembler que les éditeurs, en le sortant de l'obscurité où il était relégué depuis quatre siècles, commettent un double acte de malveillance : à l'égard des deux auteurs qui insultent, à l'égard de la victime qui est insultée. Il n'en n'est rien cependant. S'agissant de Luther, l'auteur du texte et inspirateur des images, il écrivait au pasteur Mathias Wanckel, de Halle, le 15 mai 1545 : "Je sais que je n'ai plus que peu de temps à vivre.
    Pourtant, je dois apprendre encore au monde des milliers de choses sur le pape et son royaume ; j'ai voulu ainsi témoigner à la face du monde entier ce que je pense du pape et de son royaume diabolique. Que ces gravures soient mon testament !" Ce petit volume exauce le voeu de Luther, 450 ans plus tard.

  • Martin Luther (1483-1546) est à l'origine de la Réformation.
    Auteur d'écrits innombrables (traduction et commentaires de la Bible, traités, lettres, catéchismes...), Luther reste l'une des figures majeurs de la chrétienté et de la culture allemande en général. Luther avait commenté les Psaumes une première fois en 1513-1515, utilisant une méthode encore fortement imprégnée par l'exégèse médiévale. Après les turbulences suscitées par les quatre-vingt-quinze thèses sur les indulgences et le déclenchement du procès en hérésie (1517-1518), Luther s'attelle une deuxième fois à une interprétation des Psaumes : les découvertes théologiques qu'il a faites entre-temps doivent se traduire par une lecture renouvelée de ce corpus fondamental.
    Luther ne terminera jamais ce commentaire (les Etudes sur les Psaumes s'arrêtent en 1521 avec le commentaire du Psaume 22). Mais cette oeuvre demeurée inachevée constitue un des textes les plus importants de Luther. Le choix proposé ici se limite à l'exégèse de huit Psaumes, mais il s'agit de passages dé pour la compréhension de la pensée et de la foi du Réformateur, Ainsi, on y voit Luther accompagner celui qui médite l'Ecriture jour et nuit (Psaume 1), gémir et pleurer avec celui qui tremble devant Dieu (Psaume 6) ou discuter avec l'insensé qui dit en son coeur qu'il n'y a pas de Dieu (Psaume 14).
    Et au fil des pages, l'on découvre un traité de l'espérance chrétienne (Psaume 5), une vision de l'être humain (Psaume 8) ou encore une théologie de la croix et de la souffrance (Psaume 22).

  • Au printemps 1543, Luther fit publier la suite de son pamphlet diffamatoire Des Juifs et de leurs mensonges, le traité Du Shem ha-meforash et de la généalogie du Christ, dans lequel il employait des formulations judéophobes parfois plus outrancières encore que dans l'écrit précédent. La raison de cette nouvelle surenchère dans la détestation des Juifs résultait de son intérêt pour un texte de la tradition des Toledot Yeshou, récit médiéval juif à caractère satirique tournant en ridicule et dénigrant la vie du Christ telle qu'elle est racontée par le Nouveau Testament.

    Luther prit pour prétexte la traduction en allemand de ce texte pour entamer une controverse non seulement critique mais aussi d'une extrême agressivité contre les traditions populaires juives et contre la Kabbale - la mystique juive. La deuxième partie de son écrit est notamment consacrée à la vierge Marie, que Luther entend disculper de tout soupçon d'adultère voire d'amours diaboliques.

  • Il est très important de lire, de connaître et de méditer ce psaume. Il contient une excellente doctrine sur les principaux points du christianisme. Il traite, entre autres, de la vraie repentance, du péché, de la grâce, de la justification et de la vraie adoration qui plaît à Dieu.

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  • Nouvelle édition critique et annotée du texte fondamental de la Réforme.

    Les 95 Thèses sont à l'origine du protestantisme : par ces thèses théologiques destinés à quelques initiés, Luther a suscité un débat qui a bouleversé la chrétienté tout entière. Pourtant, en appelant à débattre publiquement au sujet des indulgences, Luther ne songeait pas à diviser l'Eglise, même s'il critiquait sans ménagement certaines conceptions théologiques de son temps : il voulait donner un meilleure image à la Papauté, moins vénale et plus soucieuse du salut des croyants. Il s'attachait à promouvoir une éthique chrétienne, désintéressée et attentive au sort des plus humbles ; il lui importait surtout d'annoncer le Dieu miséricordieux révélé dans la Bible.

    Replacées dans leur contexte historique, les 95 Thèses sont livrées dans une traduction à la fois fidèle au texte source et accessible à un large public. L'annotation et l'introduction mettent en évidence l'agencement de cet écrit, en font ressortir les enjeux théologiques et en esquissent l'impact jusqu'à aujourd'hui.


  • luther écrivait de nombreuses lettres, et parlait beaucoup.
    des disciples, à côté de lui, prenaient aussitôt en note ce qu'il disait, au jardin, à table, au coin du feu après le dîner. voilà pourquoi michelet peut écrire que les confessions de luther sont " éparses, involontaires, et d'autant plus vraies ". avec la pénétration et la générosité qu'on lui connaît, michelet a traduit et assemblé les moindres souvenirs, les moindres " pages de journal " échappés de la plume ou des lèvres de luther.
    il a composé ainsi une autobiographie à la fois rigoureuse et vivante, spontanée. le luther théologien, réformateur, insurgé contre le pape, sujet aux visions, combattant politique, apparaît alors dans toute sa fougue. cela permet au lecteur de suivre avec passion, et comme s'il accompagnait réellement luther, l'une des plus hautes aventures de l'esprit.

  • C'est un traité d'une grande violence que publie Martin Luther en 1543, intitulé de façon injurieuse : Des Juifs et de leurs mensonges. Écrit pour les chrétiens, ce livre entend réfuter les « privilèges » que revendiqueraient les Juifs et démontrer le caractère messianique de Jésus à la lumière de la Bible juive ; il dénonce ensuite ce qu'il considère comme des « calomnies » juives, et expose des superstitions antijudaïques ; il adresse enfin aux puissants du temps des recommandations sur l'action à mener concernant ce peuple.
    Les écrits antijudaïques de Luther ont fait l'objet de nombreuses récupérations antisémites, en particulier au XXe siècle. Il faut pourtant s'efforcer de les lire sans en faire un procès absurde, qui se conclurait par un jugement de culpabilité de Luther pour des crimes commis cinq siècles après lui ; mais, disons-le d'emblée, cette lecture est accablante pour le réformateur.

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