• Il n'est qu'à le lire pour s'en rendre compte : ce long poème inédit de Marina Tsvetaeva, que l'on peut, à l'instar de ceux de Pouchkine, qualifier de poème-récit, porté par le célèbre conte allemand dont il s'inspire, est l'une des oeuvres les plus importantes de son auteur. Il a « la rapidité d'une comète » sur les montagnes, de celles qui ont comblé, pour un temps, son besoin d'espace, alors en exil non loin de Prague.
    C'est en effet dans un village de la banlieue de Prague, en mars 1925, que Marina Tsvetaeva a commencé d'écrire Le Charmeur de rats, long souffle d'une modernité époustouflante qui subjugua son premier lecteur Boris Pasternak.
    Le conte sur lequel elle prend appui tout en s'en éloignant guide ce texte d'une langue tout à la fois lyrique et satirique, où personne, du petit bourgeois aux bolcheviks, n'est épargné, le joueur de flûte incarnant ici la poésie arrachée au quotidien.

    Suivi d'un extrait de la « Correspondance Marina Tsvetaeva-Boris Pasternak » (au sujet du « Charmeur de rats ») et de « Mots pour Le Charmeur de rats » par Olivier Gallon.

  • Grands poèmes

    Marina Tsvetaeva

    • Syrtes
    • 27 September 2018

    Marina Tsvetaeva, poétesse russe du xx e siècle est désormais connue en France par la totalité de sa poésie lyrique. Née à Moscou à la fin du xix e siècle, elle commence à écrire des poésies à l'âge de sept ans. Elle a été séduite assez tôt par une forme poétique longue ; non pas ses petites pièces de plusieurs quatrains exprimant une situation émotionnelle donnée, mais des oeuvres poétiques beaucoup plus amples, de plusieurs centaines, voire de milliers de vers.
    L'ouvrage contient vingt et un longs poèmes : les grands poèmes ainsi que les oeuvres inache- vées dans le premier volume, les contes d'inspiration folkloriques dans le second. Les poèmes du premier volume correspondent à des étapes importantes de la biographie de Tsvetaeva, mais la transposition poétique est substantielle. Le Magicien est le premier grand poème narratif de Tsvetaeva, composé au printemps 1914. Resté inédit de son vivant, il a été publié une première fois à Paris en 1976. De la Montagne et De la Fin sont les seuls grands poèmes d'amour, inspirés d'une passion réellement vécue par Tsvetaeva à Prague. L'élément ludique est très présent dans Envoyé de la mer dédié à Pasternak et l'on peut s'étonner en le lisant de savoir que Tsvetaeva prétendait ne pas aimer la mer qu'elle considérait comme un grand espace perdu pour les pro- menades. La mer occupe aussi une place de choix dans La Princesse-Amazone. Mais il s'agit bien sûr de la mer - élément de la nature mythique ou transfigurée et non des plages qu'elle a souvent fréquentées. Chronologiquement, on trouve dans l'oeuvre de Tsvetaeva un long poème narratif qui est une fiction complète mais composée sous une forme folklorique, c'est l'histoire du Cheval rouge. Le folklore est donc pour elle une séduction précoce. Dans l'oeuvre poétique intégrale de Tsvetaeva, pour le moment, l'énigme qui reste est bien Le Poème sur la famille du Tsar, perdu lors du retour en URSS de Marina Tsvetaeva, dont il ne subsiste que des fragments.

    « Il me semble que du point de vue de la nouveauté d'inspiration mais aussi pour bien d'autres motifs, les grands poèmes ouvrent des perspectives riches pour pénétrer dans l'univers poétique de Tsvetaeva, ils montrent que l'on peut lire toujours davantage et creuser toujours plus loin... » Véronique Lossky

  • Mon Pouchkine

    Marina Tsvetaeva

    "Pouchkine fut mon premier poète, et mon premier poète, on l'a assassiné." Cet hommage, qui évoque Alexandre Pouchkine autant que Marina Tsvétaeva elle-même, fut publié en 1937 à Paris dans une revue de l'émigration russe à l'occasion du centenaire de la mort du plus grand poète de Russie. C'est l'un des plus beaux textes jamais écrits sur l'enfance et la littérature.
    "Pouchkine fut mon premier poète, et mon premier poète, on l'a assassiné.
    Depuis, oui, depuis que sous mes yeux, on assassinait Pouchkine dans le tableau de Naoumov - on l'assassinait chaque jour, à chaque instant, on l'assassinait sans cesse, dans mon enfance, dans mon adolescence, plus tard encore, j'ai divisé le monde entre la foule - et le poète ; et j'ai choisi de protéger - le poète ; défendre le poète, contre la foule, quels que soient les habits de la foule, quelles que soient ses dénominations." Marina Tsvétaeva En février 1937, alors qu'une nouvelle vague de terreur fait disparaître sous la torture des millions de personnes, le pouvoir soviétique décide de célébrer le centenaire de la mort de Pouchkine. "Notre Pouchkine", "Pouchkine le révolté", "Pouchkine le révolutionnaire", tels sont les titres des journaux qui se partagent la une avec les annonces des grands procès. Dans le même temps, en France, toute l'émigration russe se réunit et fête aussi Pouchkine, mais un autre Pouchkine, celui de la Russie orthodoxe, la Russie dite éternelle.
    Face au "nous" soviétique et au "nous" orthodoxe, seule, Marina Tsvétaeva (1892-1941) dit "je". Son essai est l'un des plus grands textes jamais écrits sur l'enfance et la littérature. Cette tentative désespérée de rendre du vivant à la vie devait sceller son isolement et son destin tragique.
    Ce texte publié par les éditions Clémence Hiver en 1987 rejoint naturellement la collection Babel pour laquelle André Markowicz a notamment traduit l'intégralité de l'oeuvre romanesque de Dostoïevski, le théâtre complet de Gogol ou de Tchekhov (en collaboration avec Françoise Morvan) mais aussi des oeuvres de Pouchkine : Le Convive de pierre et autres scènes dramatiques (Babel n° 85), Eugène Oneguine (Babel n° 924), La Dame de pique (Babel n° 965) - d'autres sont à paraître. Sur Pouchkine, à signaler également l'ouvrage d'André Markowicz paru chez Actes Sud en septembre 2011 : Le Soleil d'Alexandre. Le Cercle de Pouchkine (1802-1841).

  • Les arbres

    Marina Tsvetaeva

    Composés en 1922, les poèmes réunis dans ce recueil coïncident avec l'exil de la poétesse russe.

  • Le gars

    Marina Tsvetaeva

    En 1922, Marina Tsvétaïeva écrit en russe un poème qui s'inspire du célèbre conte d'Afanassiev, Le Vampire, l'histoire de la belle Maroussia qui tombe amoureuse de celui avec lequel elle a dansé toute la nuit. Le lendemain, elle le suit à l'église et le voit dévorer un cadavre. En 1929, à Paris, elle entreprend de traduire son poème en français. Elle l'intitule Le Gars. Puis elle écrit un conte, toujours sur le même thème, et le fera précéder d'un avant-propos : « Ceci est l'histoire d'une jeune humaine qui aima mieux perdre ses proches, elle-même et son âme que son amour. Ceci est l'histoire d'un damné qui fit tout pour sauver celle qu'il devait infailliblement perdre. D'une humaine devenue inhumaine, d'un damné devenu humain... Et voici enfin, la Russie rouge d'un autre rouge que celui de ses drapeaux d'aujourd'hui. » Plus qu'en simples variations sur le thème de l'amour et de la mort, l'inquiétante étrangeté joue avec la langue. Vie et mort se croisent, se trahissent, se traduisent.

  • ÿþLes récits qui composent la première partie de ce volume s'ancrent dans les difficultés matérielles et morales d'une vie prise dans les tourments de l'histoire, en Russie au lendemain de la Révolution, à Paris où les émigrés russes sont condamnés à l'exil (certains récits - Indices terrestres, Le Chinois, Ta mort et Assurance sur la vie - évoquent la période passée en France). Ils traitent de sujets aussi divers et universels que la nature du sentiment amoureux, la place de l'individu face à l'Histoire, le sentiment maternel, les difficultés du quotidien.Les essais - la seconde partie du volume - sont une somme d'analyses personnelles sur d'autres écrivains, poètes et artistes (Pasternak, Mandelstam, Rilke, Gontcharova) ainsi qu'une puissante réflexion sur l'acte d'écrire (L'Art à la lumière de la conscience).Ce volume révèle encore le style novateur, singulier - fait de laconisme et de densité - d'un des plus grands écrivains russes du XXe siècle.

  • Marina Tsvetaeva, grand poète russe du XXe siècle (1892-1941), a vécu une enfance heureuse dans un milieu intellectuel moscovite. Mais la révolution russe de 1917, les privations et les angoisses de la guerre civile, la mort de sa fille cadette, la déroute de l'Armée blanche l'ont contrainte à faire ses adieux à son pays natal. Elle quitte Moscou pour rejoindre son mari, réfugié à Berlin et va vivre un exil de dix-sept ans en Occident.
    La vie quotidienne se révèle alors difficile, la solitude plus intense et les thèmes poétiques vont s'approfondir. Une réflexion philosophique enrichit les rythmes, des questions métaphysiques se posent auxquelles il est inhabituel d'apporter une réponse poétique. Mais Tsvetaeva emprunte justement cette voie, car selon ses propres paroles, elle ne sait faire rien d'autre qu'écrire. Elle va continuer à composer des poèmes, fidèle à son devoir de création, jusqu'aux derniers retranchements en URSS où son destin tragique la rattrape.
    Sa profonde vision humaniste, revêtue de rythmes toujours riches et sonores, exprimée dans les poèmes de 1921 à 1941, est offerte à présent au public dans son intégralité en langue française.

  • Le Cahier rouge : un simple cahier d'écolier sauvegardé par miracle qui accompagna Marina Tsvetaeva dans un moment décisif de sa vie à Paris en 1932-1933.
    Il aurait dû disparaître étant donné les circonstances mouvementées de son existence et de l'époque, mais elle le confia à un ami avant de quitter la France et de repartir en URSS en 1939. Un cahier inédit où l'on peut lire à livre ouvert le déroulement de sa création poétique. Où l'on observe le poète à sa table de travail écrivant, cherchant et trouvant, tantôt sous le coup de l'inspiration, tantôt dans une endurante patience, le verbe poétique ; où l'on découvre l'écriture en français d'un poète russe qui aurait pu devenir poète français.
    /> Un cahier célébrant deux géants de la poésie, Pasternak et Maïakovski, les amours féminines, les passions charnelles, le bonheur du conte et de l'enfance perdue, tous les démons et les délices de l'imagination. Une histoire de la création sur un fond idéologique et politique qui déchira le siècle. Une époque terrible, où il est question de survie, où le crime totalitaire est irrémédiable, qui voit la fin de toute espérance, la disparition de la génération des poètes de l'Age d'argent, la mort de la poésie.
    Tout cela nous l'éprouvons en feuilletant le cahier, car ce livre comprend aussi l'intégralité du manuscrit autographe. Nous tournons chaque page une à une, suivons chaque phrase ligne à ligne, pour entrer dans le laboratoire de l'écrivain et dans la matière de son écriture. C'est ce cahier rouge, braise incandescente, que nous offrons au lecteur, pour qu'il en saisisse la force inaltérable et qu'il se souvienne de cette merveilleuse énergie de création : celle d'un poète majeur de l'avant-garde russe du début du XXe siècle, Marina Tsvetaeva.

  • inédits jusqu'à ce jour en français, les carnets de marina tsvetaeva, publiés ici dans leur intégralité, sont les documents les plus spontanés et les plus subjectifs dans l'héritage du poète.
    véritable laboratoire d'écriture, ils constituent une oeuvre littéraire majeure puisqu'ils offrent au lecteur la possibilité d'accéder aux sources mêmes de la création poétique. journal, carnets de travail, impressions de lectures, chronique de la vie au jour le jour ? une chose est sûre : ces croquis furtifs et poignants allient le prosaïque au sublime. fidèle à son art poétique, tsvetaeva y conjure les assauts du réel par la magie de sa conscience dans un dialogue avec elle-même qui devient parfois un dialogue entre le moi et le monde.
    commencé peu avant la première guerre mondiale pour prendre fin à la veille de la seconde, cet exercice de lucidité, qui livre les clés des secrets tsvetaeviens tour en ouvrant sur la scène de l'histoire, n'entrave pas son avancée à travers les mondes intimes que le lecteur a appris à côtoyer au gré des poèmes et des proses édités précédemment. dans son face-à-face toujours extrême avec le mot, dans son souci minutieux d'offrir l'éternité à l'infime, le poète se tient sur le qui-vive et entend non seulement le fracas de la destruction qui déferle sur sa patrie - et bientôt sur le monde - mais, aussi, le chuchotement intime des choses elles-mêmes en quête de noms nouveaux.
    pour accompagner l'édition française des carnets, la parole, vivante et complice, est donnée à ceux qui ont connu marina tsvetaeva, l'ont croisée ou aimée, à travers des notes, des réflexions ou des écrits divers. grâce à la collaboration avec les archives russes d'état de littérature et d'art, de nombreux documents, inédits pour la plupart, éclairent ces carnets.

  • Ce livre propose une nouvelle traduction des oeuvres poétiques de Marina Tsvetaeva (1892-1941), dont la plupart n'ont jamais paru en français. Nous avons cherché à réaliser une présentation aussi complète que possible de sa création lyrique en Russie, jusqu'au moment où elle a quitté son pays en 1922.
    Nous avons écarté les deux premiers livres, car elle en a elle-même proposé un choix en 1913, ainsi que les poèmes-contes, afin de préserver l'unité de genre du petit poème lyrique que l'auteur privilégie dans cette période.
    Marina Tsvetaeva publie alors abondamment : de petites plaquettes de vers paraissent en Russie l'une après l'autre et aussi à Berlin au début de la période d'exil.
    Le personnage central de cette poésie est une jeune femme très amoureuse, dont l'avidité de vivre ne se laisse abattre par aucune privation matérielle, aucun malheur, aucun manque. Le grand manque c'est l'absence du jeune époux auquel l'héroïne manifeste un amour infidèle mais passionné. Elle est une mère aussi ambitieuse et possessive qu'elle est une femme amoureuse. Le paysage urbain devient hostile, à cause des circonstances politiques, mais l'auteur ne se laissera jamais dominer par le froid, la faim ou l'inquiétude.
    Elle aime à se représenter comme un chevalier sans peur et sans reproche tout en manifestant franchement la fragilité de sa jeunesse et la profondeur de sa nature féminine.
    Les recueils présentés ici, parus de son vivants ou inédits sont des ouvrages qu'elle a elle-même composés.
    S'y ajoutent les poèmes groupés par année qu'elle n'a pas fait entrer dans ses livres, ceci afin de respecter l'intégralité de la publication.
    Les choix multiples de l'auteur variaient selon les éditions : elle recomposait de nouveaux cycles avec des poèmes déjà publiés, dans nos traductions nous avons essayé de respecter sa volonté au plus près.
    Ce qui demeure à présent, c'est sa force d'expression toujours extrême. Car la poésie, selon Tsvetaeva est semblable à une marche sur le fil du rasoir ou au bord d'un abîme, mais elle est aussi sa raison d'être à jamais.

  • Au cours de l'été 2001, W. Zawistowski, poète et dramaturge polonais, découvre dans le grenier de la maison de sa grand-mère, Natalia, douze longues lettres que lui a envoyées Marina Tsvetaeva entre 1934 et 1939, alors qu'elle vivait à Paris. L'étonnant n'est pas tant la découverte en elle-même de cette correspondance, mais c'est surtout la figure de la destinataire qui sidère : Natalia, une petite enseignante de Vilnius, en Lituanie, n'ayant aucun rapport avec la vie littéraire, inconnue à Moscou comme à Paris et qui, pourtant, a occupé avant la Deuxième Guerre mondiale et pendant plusieurs années consécutives une place indéniable dans la correspondance et la vie de la poétesse. Les lettres de Tsvetaeva en disent long sur la poétesse, mais également beaucoup sur sa correspondante, ses espoirs et ses désenchantements. Natalia Giejewski est née en 1890 en Pologne de parents d'origine russe. Son père était directeur d'un lycée d'Etat et sa mère, Hélèna, élevait ses nombreux enfants. Neuf ans plus tard, la famille déménage à Wilno (Vilnius) et c'est à partir de ce moment-là que la majeure partie de la vie de Natalia sera liée à cette ville. Comme Tsvetaeva, Natalia aspirait à être indépendante et à travailler. Créature excentrique, peut-être même déconcertante, elle éveillait pourtant instinctivement le respect et la considération, de par son incroyable ouverture d'esprit et sa culture - elle a fait des études de lettres à La Sorbonne. Mais l'occupation soviétique lui ôtera tout espoir de mener une carrière littéraire et théâtrale. Les réponses de Tsvetaeva aux plaintes et aux questions de Natalia que, malheureusement, nous ignorons (les lettres de Natalia n'ont jamais été retrouvées), témoignent des tourments et des déceptions de celle-ci. Les deux femmes pleurent sur leur jeunesse, lointaine, et qui ne reviendra jamais, bien que leur vie se soit tissée de manière totalement différente pour l'une et pour l'autre. Natalia soutient Marina Tsvetaeva en lui envoyant de petites sommes d'argent et des cadeaux. Cette correspondance s'interrompt en 1939, l'année où Tsvetaeva rejoint son mari à Moscou. Natalia ignorera tout de son sort.Outre l'histoire de la découverte de ces lettres de Tsvetaeva à sa parente et amie, une découverte miraculeuse (70 ans plus tard, dans un grenier de Vilnius !), non moins touchante est la teneur de ces lettres. L'année 1934 a été un tournant dans la vie de Tsvetaeva, peut-être bien déterminante de son suicide 7 ans plus tard. Ces douze lettres éclairent souvent de manière crue les zones d'ombre des lettres adressées à Anna Teskova que l'on a pu découvrir dans Lettres à Anna. Car ce qui était alors passé sous silence crie. Ici, Marina Tsvetaeva fait fi de toute pudeur : l'âme, la politique, la famille, mais aussi bien ses préoccupations terre à terre et domestiques - tout peut se dire à une parente lointaine, inconnue, et tout ce qui se dit est bouleversant.

  • L'amitié entre Marina Tsvetaeva et Anna Teskova débute en 1922, lorsque cette dernière invite Marina à une soirée littéraire. Ces lettres témoignent des dix-sept années d'exil de la voix poétique la plus déchirante du XXe siècle. Marina y dit l'amour et la poésie, le maternel et le féminin, la nostalgie, l'arrachement et la solitude, sa foi dans la vie et dans l'homme. De l'infiniment petit à l'infiniment grand, on la suit dans la démesure et l'on perd le souffle devant cette prodigieuse capacité à conjuguer à tous les temps et à tout les modes le verbe aimer.

  • Ce recueil de textes, étagés de 1922 à 1936, années de l'émigration et de la prégnance du souvenir, nous fait (re)découvrir les voix majeures de la poésie russe du début du siècle. Lyrisme, rencontres remémorées, anecdotes, analyses de la façon d'écrire ou d'être des poètes qui la touchent. Ces textes permettent aussi de retrouver l'une des plus grandes poétesses russes, déchirée par l'exil et la solitude, soutenue par son amour des êtres et de la parole.

  • L'idéologie soviétique de l'époque. Composer ce livre dans la situation politique du moment était un défi. Marina Tsvetaeva savait qu'il était impossible que son ouvrage paraisse dans son pays, d'autant qu'elle revenait après des années passées en Occident et que presque toute sa famille était arrêtée ou exilée.
    Présenter ce livre aujourd'hui, c'est rendre son dû à un grand poète, lui redonner le droit de dire un dernier mot avant de mourir. Mais ce livre est aussi le dû d'un poète à son pays : au retour d'exil, une parole de fidélité. C'est aussi son dû à la France : un recueil complet de poèmes, publié pour la première fois : son dernier choix, sans coupures ni regrets, en russe et en français.

  • Poèmes inédits

    Marina Tsvetaeva

    • Cerf
    • 23 September 2010

    "Chaque fenêtre - un regard, / Et dans toutes - une personne ! / Le fronton dans la glaise / Chaque fenêtre - une icône / Chaque regard - une fenêtre, / Les visages, des ruines, / Les arènes de l'histoire, / Marronniers du passé / Moi j'y chante et j'y vis." Marina Tsvetaeva, (La Maison, 1935) Poème traduit par Véronique Lossky.

  • Marina Tsvetaeva (1892-1941) est un des plus grands écrivains du XXe siècle ; son destin fut un des plus tragiques. La révolution d'Octobre... Le long exil, d'abord à Prague puis en France... Une fille morte de faim, une autre déportée vers le Goulag... L'hostilité de l'émigration russe, l'indifférence du Paris littéraire... Des échanges passionnés avec Rilke et Pasternak... Un dévouement indéfectible pour son mari, de nombreuses amours illusoires... Le retour contraint en Union soviétique... Des appels désespérés à Beria ou Staline... et jusqu'a son propre suicide - tout cela Marina l'a écrit, avec une minutie poignante. D'un bout à l'autre de son existence, cette mécréante ne cesse de se confesser. Elle le fait dans des lettres, adressées tantôt à des amis proches, tantôt à des inconnus. Elle poursuit sans relâche son monologue dans des cahiers de brouillon et des carnets. Seule la mort brutale l'a empêchée d'en faire un livre. Vivre dans le feu parachève ce dessein. Pour établir ce qui constitue une véritable autobiographie de Tsvetaeva, mais aussi une méditation unique sur la création, la vie des femmes et une époque en bouleversement, Tzvetan Todorov a extrait de dix tomes d'écrits intimes publiés en russe la matière d'un volume, où l'on peut suivre au jour le jour le destin de cette femme de génie. Un chef-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle ignoré jusqu'à présent peut enfin voir le jour.

  • Grand format N.C.
    Prix indicatif - Contacter votre libraire
    Épuisé
  • Ce livre propose une nouvelle traduction des oeuvres poétiques de Marina Tsvetaeva (1892-1941), dont la plupart n'ont jamais paru en français. Nous avons cherché à réaliser une présentation aussi complète que possible de sa création lyrique de maturité, depuis le moment où elle a quitté son pays en 1922 pour passer en exil dix-sept années de création, et jusqu'à sa mort en 1941, au retour dans son pays.
    Nous avons écarté les grands poèmes narratifs épiques et folkloriques ainsi que la dramaturgie, afin de préserver ici une unité de genre. Et nous avons privilégié l'ordre chronologique, suivant en cela son propre désir. Elle écrivait en effet à un ami et futur biographe : « La chronologie est mon bâton de pèlerin.
    » Il s'agit donc d'une collection qui recherche l'exhaustivité. Les deux premières parties sont un choix d'auteur, tandis que les autres rassemblent la totalité des publications éparpillées dans les périodiques russes de l'époque, ainsi que les textes inédits, retrouvés depuis et publiés à titre posthume. Les « Poèmes à la Tchécoslovaquie » sont placés un peu en rupture avec la chronologie en fin de volume. Les parties sont d'inégale longueur pour des raisons biographiques.
    Nous avons cherché à rendre en français les aspirations à la transcendance de Tsvetaeva. Sa thématique est souvent ardue et les prouesses techniques difficiles à rendre en traduction. La lecture des poèmes demande donc un effort conscient de la part du lecteur. Mais nous espérons que cet ouvrage lui procurera le bonheur esthétique, souvent évoqué par Tsvetaeva dans ses écrits sur sa propre création.
    Et on voudrait dire, en paraphrasant l'une de ses déclarations que si l'on est fatigué de cette lecture, c'est qu'on a bien lu et qu'on a lu quelque chose de bien !

  • Ariane

    Marina Tsvetaeva

    Grand format N.C.
    Prix indicatif - Contacter votre libraire
    Épuisé
  • Grand format N.C.
    Prix indicatif - Contacter votre libraire
    Épuisé
  • Après avoir lu Le Poème de la Fin, Pasternak écrit dans une lettre à Marina Tsvétaeva, le 25 mars 1926 :
    « C'est le quatrième soir que j'enfourne dans mon manteau un morceau de nuit pragoise, où l'on patauge dans le noir, avec le pont qui est là, tantôt dans le lointain, tantôt tout d'un coup avec toi, juste sous mes yeux, que je file chez l'un ou l'autre suivant le hasard de mes obligations ou le jeu de ma mémoire et que je les initie d'une voix syncopée à ce gouffre de lyrisme meurtrissant, de déploiement digne de Michel-Ange, d'opacité tolstoïenne qui a pour nom Le Poème de la Fin. Il m'est tombé entre les mains par hasard, dactylographié, sans ponctuation (...) Avec quelle émotion on le lit ! Comme si l'on jouait soi-même dans la tragédie. Chaque soupir, chaque nuance vous sont soufflés. Quel grand, quel diaboliquement grand artiste tu es, Marina ! Mais plus un mot du poème, ou alors je serais obligé de t'abandonner, d'abandonner mon travail, d'abandonner les miens, et, vous tournant à tous le dos, d'écrire sur l'art sans pouvoir m'arrêter (...) L'important, c'est ce que tu fais. L'important, c'est que tu construis un monde que vient couronner l'énigme du génie. »

    Poche N.C.
    Prix indicatif - Contacter votre libraire
    Indisponible
  • La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XX e siècle est un événement littéraire exceptionnel. Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s'étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont véritablement découverts à travers leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d'une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu'à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement.
    Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une oeuvre à part entière. Véritable laboratoire d'écriture, mais également laboratoire de la vie, car c'est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie. Les mots échangés sont dérobés à la vie, au quotidien, à la famille.

  • La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du xxe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Exceptionnelle, elle l'est d'ailleurs doublement, cette relation épistolaire entre poète soviétique et poète de l'émigration, à l'heure que, après une phase de liberté surveillée où les échanges étaient encore possibles, la culture russe se scinde en deux - et ceci pour toute la durée de l'expérience soviétique.Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s'étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont véritablement découverts au travers de leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d'une densité extrême et d'une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie, sur fond d'époque historique et d'histoire littéraire. Plus de trois quarts de ces lettres échangées entre ces deux êtres radicalement différents sont inédits. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu'à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement.Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une oeuvre à part entière. Loin d'être en marge de leur destin littéraire, les lettres étaient au coeur même de celui-ci, laboratoire de l'écriture - mais également laboratoire de la vie, car c'est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie. Les mots échangés sont dérobés à la vie, au quotidien, à la famille. La fille de Tsvetaeva, Ariadna Efron, avait décidé que ces lettres ne devaient être publiées qu'après cinquante ans, à condition que cette édition soit intégrale. Elle les confia aux Archives nationales de Moscou qui n'autoriseront leur parution qu'en l'an 2000.

empty