Littérature générale

  • Emma, déclarée folle, incomprise de tous, se réfugie dans son passé, sa langue. Seule Flore, son interprète, pourra délier l'écheveau de souvenirs qui noue la gorge d'Emma. Ensemble elles démêlent le fil de la mémoire, de ces vies qui s'enchaînent fatalement depuis que Kilima, l'aïeule bantoue, a été arrachée à sa terre natale.
    L'intensité des relations tissées entre les générations va crescendo vers un dénouement accepté comme une évidence.
    Marie-Célie Agnant aménage des pauses dans les atmosphères les plus tendues, elle entretient son récit avec tous les registres, de l'émotion à l'ironie. La retenue dans l'écriture nous protège de la violence de ces amours maternelles bafouées ; la distance entretenue entre le lecteur et la tragédie dispense du jugement : la culpabilité peut enfin faire place à l'innocence.
    Grâce au Livre d'Emma nous traversons le temps et les océans pour inventer une parole qui rompt l'oubli et la malédiction et renoue avec l'espoir.

  • Un coin perdu du sud de la France, entre la mer et la montagne. Antoine, nouveau garde-malade, vient au chevet de Rosa, vieille femme fatiguée, usée par la vie. Dans un paysage idyllique, c'est pourtant Haïti qui est au coeur de ce roman où les dialogues prennent des allures de soliloques et où les procès n'ont pas lieu devant un jury. Implacablement, Marie-Célie provoque des rencontres entre un bourreau et sa victime, entre une femme et un homme, un tête-à-tête d'où personne ne sortira indemne. Des années après la mort du dictateur, les blessures sont toujours aussi vives. Pour les panser, certains ont choisi l'exil, d'autres, l'oubli. Chaque fois, il faut partir, partir pour un ailleurs qui est souvent soi. Mais la mémoire veille, brûlante. Alors, il faut parler, dire la douleur, retrouver les mots. C'est ce que fera Antoine, espérant enfin trouver la paix au terme d'une longue errance.

    Marie-Célie Agnant a une écriture ciselée, elle met les mots en dentelle. Les abîmes de l'être humain sont mis en scène et racontés par touches successives. Les rapports complexes entre bourreau et victime, ici sous la dictature des Duvaliers, mais aussi dans n'importe quel lieu sur terre, trouvent un dénouement inattendu.

  • Sur commande
  • Les poèmes pour la plupart prennent la forme de lettres relatant les relations avec la fille, le père, la mère, les gens. Au-delà de portraits de famille, on retrouve en gros plan la figure du pays natal et celle de l'exil, qui s'enchevêtrent. Pour l'auteure Marie-Célie Agnant, la poésie est un « complément au désir de vivre », une manière de poursuivre la route. En photographe, elle décrit et peint des fragments de vécus, elle chante les espoirs comme les joies, les amours comme les peines. Et puis parfois quelquefois... un véritable lieu où se recoupent l'expérience de la vie et celle du langage. De l'intime au collectif, toutes les portes sont ouvertes. Les lecteurs ont devant eux un monde à bâtir en acceptant de déchirer les voiles noirs de la nuit afin de survivre à tous les désarrois.

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