• Penthésilé·e·s (Amazonomania) : Et si Penthésilée s'était volontairement empalée sur la lance d'Achille pour emmener la guerre ailleurs ? Audelà de la vengeance ? Au-delà de la loi du Talion ? Arrêter la machine simple de la haine et de la dominati on ? Proposer autre chose de plus verti gineux ? Une alliance entre les mort·e·s et les vivant·e·s, l'humain et l'animal, le féminin et le masculin ? Créer de la coopérati on plutôt que de la compéti ti on, lutt er avec plutôt que de lutt er contre ?
    Ce texte redonne une place, une voix, des voix, à ces corps parce que les voix sont les premières à s'élever dans les révoluti ons, parce qu'elles ont cett e capacité à se propager comme l'oxygène, une fuite de gaz ou de la poudre et à un moment donné, elles explosent, jaillissent en pleine lumière, à ciel ouvert et elles donnent de l'énergie à celles et ceux encore vivant·e·s pour aller de l'avant, conti nuer la lutt e parce qu'il y a encore à faire pour empêcher la destructi on, défendre la multi plicité des formes et des styles de vies.


    Océanisé·e·s : Chercher une langue qui dise l'étendue, la lumière changeante, le ciel changeant, les vents changeants, le bateau qui s'écrase dans le versant de la houle, le corps poussé en avant et en arrière, les mains qui cherchent des points d'accroche, la cloche qui sonne la verti cale, la rafale, chercher la langue qui empêche le corps de se mouvoir, qui rend tout geste compliqué, diffi cile, parfois inuti le, trouver la langue qui doit aller à l'essenti el, être précise, proche de la chute, de l'échec, la langue qui dérape, qui raconte comment la descente dans la cabine est une descente dans un monde renversé, chaviré, faire senti r les orteils brûlés, la manière dont le vent, la houle, le bateau s'apprivoisent, trouver l'ordre des mots qui va avec la structure du ciel, de la mer, du bateau, des bruits de grince, de gronde, de clapot, de claquement, de roulis, s'approcher au plus près des embruns qui s'abatt ent dans le col, dans les manches, dans les bott es, sur le visage, et le dauphin qui surgit à bâbord, la barre de nuages noirs à tribord, le détail qui te sauvera la peau et l'infi nie beauté qui te traverse en même temps qu'elle t'écrase, tenir le cap comme on ti ent son journal de bord pour ne pas perdre pied.

  • Nous avons été si heureux. C'est écrit à la fin de notre histoire. Ils vécurent heureux, si heureux, tellement heureux ! Bonheur, joie et ravissement de chaque seconde, le bonheur nous a collé aux poulaines, aux ballerines, aux basques, mais il ne colle plus à mes bottes, ce fabuleux bonheur, cette onctueuse insouciance.

    Blanche-Neige et le Prince vécurent heureux... Mais que reste-t-il de leur amour une fois confrontés aux crises politiques, sociales et écologiques de l'époque contemporaine ?

    En scène :

    Blanche-Neige, histoire d'un Prince est créé le 6 au 12 juillet 2019 à la Chapelle des Pénitents blancs lors du Festival d'Avignon (In) 2019 dans une mise en scène de Michel Raskine.

  • Depuis qu'elle est rentrée de l'hôpital psychiatrique, Bernadette passe tous ses après-midis dans la cuisine à se métamorphoser. Un jour elle dit qu'elle est une vaste plaine désertique dont le ciel est traversé d'oiseaux qui trébuchent en plein vol. Au sol, ce ne sont plus que des boules de plumes tièdes immédiatement recouvertes et dévorées par d'inimaginables variétés d'insectes. Un autre jour elle est un monument aux morts avec l'inscription de tous les morts qu'il y a eu autour d'elle depuis qu'elle vit.

  • Une fois bu le café‚ mes yeux dans le fond du marc de mon déjeuner anglais oranges‚ oeufs‚ flageolets‚ toasts à la terrasse du grand hôtel‚ mes bras tombent‚ dégringolent‚ dégoulinent à mes pieds. Impossible désormais de manger‚ je regarde tout qui refroidit‚ pourrit plus ou moins dans le même temps : oranges‚ oeufs‚ flageolets‚ dans le plat. (...) En bas‚ dans la ville‚ le bruit se transforme en un milliard de mouches vertes

  • Me zo gwin ha te zo dour ou Quoi être maintenant ? est une pièce en trois volets ponctués de petites conversations entre Le Taureau fort distingué, La Truie angora rousse et La Brebis carnivore au sujet de leurs conditions de vie et de leurs propriétaires : Boruta Priscillone le sans-papiers revendiqué, Paule Kadillac la fille qui voulait renaître homme, et Elfie Razhad la mère qui voit partir en un seul jour son mari et sa maîtresse. Trop à l'étroit dans leur sexe, leur âge et leur nationalité, ces personnages se débattent et tentent de se libérer du joug de l'identité qu'on leur colle.

    Ce texte est une commande de la Comédie de Valence dans le cadre de la Comédie itinérante. Il est créé le 22 janvier 2007 dans une mise en scène de Michel Raskine.

  • Crash test

    Marie Dilasser

    • Act mem
    • 1 December 2008

    Arsène Droch, directeur d'une usine de volaille, Brit'Butum, employée en CDI et Oyo, le livreur de l'usine se rencontrent pour la première fois...lors d'une grave collision.
    Le chauffeur indemne témoigne de ce qu'il a vu. Dans le coma, entre la vie et la mort, Arsène Droch et Brit'Butum, ignorant leur situation antérieure, rejouent et détournent les rapports de domination et d'exploitation, de violence quotidienne au sein de l'usine.

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