• "Depuis longtemps, Marie Balmary lit l'oeuvre de Freud et la Bible en même temps. Indifférente aux diverses traditions intellectuelles qui ont décrété l'hétérogénéité radicale de ces deux univers, elle s'efforce d'explorer les profondes analogies des récits fondateurs qui renvoient à l'expérience de l'inconscient et à celle de la Révélation. Certes, Freud s'était passé de Dieu pour dire l'homme, et la religion, souvent, se plaît à faire l'économie de l'humain pour révéler Dieu. Mais ne fallait-il pas tenter l'aventure d'une réflexion double et susceptible de saisir ce qui - dans le Testament dévoilé par Freud, l'inconscient, comme dans les Ecritures peut parler d'une même voix - Tel est l'objet de ce livre...
    Un y trouvera donc Adam et Eve, l'épisode de Babel, l'histoire d'Abraham dans ses étapes les plus décisives, de son départ à la guérison de Sarah et l'élévation d'Isaac... et, en résonance, des passages évangéliques; tous écoutés à partir de leur langue, comme un psychanalyste écoute un rêve. Il ne s'agit pas ici de traduire Freud dans le langage de ce qu'il tenait lui-même pour une illusion". Il a semblé plus urgent de bâtir une exégèse ouverte et multiple, ce dont cet essai s'acquitte avec rigueur et pertinence.
    Texte intégral."

  • Marie Balmary La Divine Origine Dieu n'a pas créé l'homme On ne peut pas écouter l'autre, en tant que psychanalyste, sans se demander d'où vient à l'homme l'aptitude à dire « je », à parler sa vie, sa mort, en première personne. Car l'efficacité de la cure analytique repose sur l'accès du patient à « je » sujet, ce à quoi aucun animal n'est parvenu. Or la science, après Darwin et avec Freud, croit l'homme « issu de la série animale ».
    Où donc le sujet trouvera-t-il sa généalogie ? Pas dans la nature. Où donc, dans la culture, puisque la religion de l'habitude croit lire au début de la Bible la création de l'homme comme objet vivant par un Dieu tout-puissant oe Ce livre est un nouveau voyage dans nos récits d'origine, en quête de l'apparition du sujet : le premier « je » de Dieu - du diable - et de l'humain ; comment cet humain est bien créé, mais non l'homme et la femme qui n'apparaissent que par leur rencontre ; l'importance de la loi symbolique pour « je » et « tu » dans leur éveil. Marie Balmary revisite ainsi les grandes figures bibliques et évangéliques, leur posant à chacune la question du sujet et de l'autre.
    Jusqu'à ce qu'apparaisse une nouvelle cohérence de ces textes avec l'expérience clinique. Au lieu heureux où l'homme ne se vit désormais plus comme chose, bête ou esclave, mais comme sujet fils, engendré d'esprit. Au-delà de la création et de la mort.

    1 autre édition :

  • Lorsqu'un moine et une psychanalyste - juive et agnostique - s'interrogent ensemble, non pas sur ce qui guérit mais sur ce qui pourrait " sauver ", que peut-il naître de cette rencontre ? Une parole libre dans laquelle le verbe " croire " se passe de complément, et qui exprime une autre idée du désir, pour la psychanalyse comme pour la religion. Parole tendue, confrontation parfois, au sujet de l'Église et de ce Dieu demandeur de sacrifices que la psychanalyste compare à un ogre mangeur d'âmes.
    Parole heureuse, qui conduit les deux interlocuteurs vers des rendez-vous avec Abraham, le Psalmiste et Jésus, mais aussi avec Mozart, Rimbaud mourant auprès de sa soeur, ou Montaigne au chevet de La Boétie.

  • Cent ans d'expérience de la psychanalyse nous invitent à ne pas rester pris dans l'étroite «dictature de la raison» freudienne. Si spiritualité et psychanalyse semblent d'abord incompatibles, Marie Balmary démontre, en creusant quelques questions fondamentales, que la pratique clinique liée à un nouvel accès aux textes spirituels conduit à penser la vie spirituelle comme le luxe salvateur de l'humanité face à ses souffrances. Car si la psychanalyse est un luxe, Dieu aussi.

  • Marie Balmary applique à Freud lui-même la démarche qu'il suivait avec ses patients. Sa méthode, des Grecs à la Bible, de la vie de Freud à ses écrits, est fidèlement freudienne. Elle nous convie à une reconsidération de tout l'édifice psychanalytique.

  • Pourquoi le dieu de la Genèse refuse-t-il l'offrande de Caïn alors que celle d'Abel est agréée oe Cette énigme est le point de départ de la recherche menée par Marie Balmary dans ce livre. Un travail d'élucidation conduit comme une enquête qui, en plus d'être passionnant, renverse un certain nombre d'idées reçues. Par exemple, que le "péché originel" invoqué comme justification de nos souffrances ne figure pas dans le texte de la Genèse et que le mot "faute" désigne ce qui menace l'homme et non ce qu'il commet...

    S'opère ainsi un véritable changement de perspective. Plutôt qu'un paradis perdu, l'Eden n'est-il pas le lieu de l'épreuve première, d'abord trop difficile, par laquelle les créatures humaines accèdent à la parole, la filiation, la fraternité oe Marie Balmary est psychanalyste. Elle est l'auteur de trois essais capitaux : L'Homme aux statues (Grasset, 1979), Le Sacrifice interdit (Grasset, 1986), La Divine origine (Grasset, 1993).

  • Depuis longtemps, Marie Balmary lit l'oeuvre de Freud et la Bible {en même temps}. Indifférente aux diverses traditions intellectuelles qui ont décrété l'hétérogénéité radicale de ces deux univers, elle s'efforce d'explorer les profondes analogies des récits fondateurs qui renvoient à l'expérience de l'inconscient et à celle de la Révélation. Certes, Freud s'était passé de Dieu pour dire l'homme, et la religion, souvent, se plaît à faire l'économie de l'humain pour révéler Dieu. Mais ne fallait-il pas tenter l'aventure d'une réflexion double et susceptible de saisir ce qui, dans le Testament dévoilé par Freud, l'inconscient, comme dans ceux des Ecritures, peut parler d'une même voix ? Tel est l'objet de ce livre...

    On y trouvera donc Adam et Eve, l'épisode de Babel, l'histoire d'Abraham dans ses étapes les plus décisives, de son départ à la guérison de Sarah et l'élévation d'Isaac...et, en résonance, des passages évangéliques ; tous écoutés à partir de leur langue, comme un psychanalyste écoute un rêve. Il ne s'agit pas ici de traduire Freud dans le langage de ce qu'il tenait lui-même pour une "illusion". Il a semblé plus urgent de bâtir une exégèse ouverte et multiple - ce dont cet essai s'acquitte avec une rigueur et une pertinence très singulières.

  • Comme beaucoup de Français qui ont « tout lâché » après avoir été élevés dans la tradition catholique, Sophie Legastelois ne croyait plus au Dieu de ses parents, et n'avait jamais ouvert la Bible. Elle n'avait gardé le souvenir que d'Eve sortie de la côte d'Adam, du péché originel, d'Abraham qui voulait tuer son propre fils au nom de sa foi, du précepte de tendre la joue gauche quand on vous frappe sur la joue droite... toutes choses qu'elle avait en horreur.
    Et puis un jour, une conversation s'engage avec sa tante, qui lui montre en quelques mots les contre-sens monstrueux induits par des traductions fautives, et par des interprétations machistes, culpabilisatrices, mortifères. Dès lors toutes deux décident de revisiter ensemble ces passages litigieux, et Sophie apprend littéralement de Marie ce que lire veut dire. Lecture transformante qui tue en soi le Dieu-Ogre pour libérer le sujet dans toute sa dignité.

  • C'est un fait, le Jugement dernier n'est plus à la mode. Contre le « terrorisme sacré » par lequel l'Eglise a longtemps assis son pouvoir clérical, l'esprit moderne s'est à juste titre rebellé.
    Pourtant, au-delà de ses excès morbides, l'idée d'une rétribution des actes de chacun n'exprimait-elle pas une sorte de révolte contre le Mal si présent en ce bas-monde ? Et nos films (Harry Potter) et séries policières n'en sont-ils pas la résurgence angoissée et omniprésente dans notre monde contemporain ?
    Le théologien et la psychanalyste reprennent ici cette question à sa racine : celle des textes bibliques et évangéliques qui demeurent irréductibles dans leur dureté au moins apparente. Si l'on abandonne sans regret le Dieu-Juge d'antan, que signifie alors la responsabilité de l'homme : implique-t-elle son perpétuel procès (y compris le procès qu'il se ferait à lui-même) ou l'appelle-t-elle à libérer et épanouir son « je » véritable, au-delà des ombres de son inconscient et de la surveillance de son Surmoi ?

    1 autre édition :

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