• Après son divorce, une quadragénaire s'apprête à chercher un nouveau conjoint. Elle ignore qu'elle ne vaut plus rien ou presque sur le « marché matrimonial », ainsi que les difficultés relationnelles en tout genre qui l'attendent. Or, loin de se résigner, l'héroïne de ce récit trouve une solution révolutionnaire : se mettre en couple avec elle-même. Elle ne se contente pas de trouver le bonheur de cette curieuse manière ; désormais, elle est persuadée qu'à l'avenir, chacun comprendra que cette recette est la seule viable pour l'humanité toute entière.

  • « En France, la révolte contre les violences sexuelles qui suivit l'affaire Weinstein prit sa force et sa forme de l'injonction controversée qui la fit naître : #balancetonporc.
    Quelques jours plus tard, 200 000 messages avaient été postés sous le hashtag. [...] Il faut avouer qu'il est très difficile de rester muette ou de ne pas avoir d'opinion lorsqu'une autre femme vous invite à balancer votre porc. »

  • Traite de figures insolites dans le domaine juridique telles que le mariage des impuissants, la prohibition des rapports sexuels entre personnes handicapées mentales et valides, le fait de porter plainte pour ne pas avoir avorté, l'homoparentalité, etc...

  • En 1857, un groupe de jeunes gens s'abandonnant aux joies d'une partouze dans un hôtel particulier sont condamnés pour outrage public à la pudeur, parce qu'un curieux les épiait par le trou de la serrure.
    En 1893, les étudiants des quatr'z arts déclarent aux juges la guerre du nu. dans les années 1960, les nudistes et les femmes en monokini provoquent des controverses passionnées. chaque fois les mêmes questions se posent : où finit le public et où commence le privé ? que peut-on montrer, que doit-on cacher ? a travers une enquête qui mêle le droit, l'architecture, la littérature et la psychiatrie, marcela iacub raconte l'histoire de la pudeur publique.
    On y découvre comment le droit a longtemps partagé le monde visible entre licite et illicite, substituant à l'espace réel un espace institutionnel et politique. aujourd'hui, ce vieux mot de pudeur a disparu de nos codes pour être remplacé par celui de sexe. mais, loin de faire le récit épique d'une liberté durement conquise, marcela iacub analyse les transformations des techniques par lesquelles l'etat s'est donné notre sexualité en spectacle au cours des deux derniers siècles, et a conditionné nos espaces, nos vêtements, nos pratiques et même certaines de nos maladies mentales.
    Elle invite ainsi à une histoire politique du regard. on retrouve dans par le trou de la serrure les ingrédients qui ont fait le succès des précédents ouvrages de marcela iacub : un examen sans concession des illusions de notre prétendue libération sexuelle, et un art tout particulier de faire du droit une discipline totale, à la fois poétique et critique.

  • Tout le monde sait que la mère d'un enfant est celle qui l'a accouché. Y a-t-il rien de plus naturel et de plus universel oe


    Il suffit pourtant de franchir l'Atlantique ou d'aller à Londres pour constater que là-bas, on peut devenir mère sans avoir accouché ni adopté.


    Plus simplement, il suffit d'ouvrir le Code civil de 1804 pour découvrir que d'autres règles peuvent présider à la définition de la filiation : à l'époque, les enfants ne naissaient pas nécessairement du corps de leurs parents, mais de leur mariage. Or, depuis les années 1970, toutes les possibilités d'être mère sans accoucher sont punies systématiquement et l'accouchement, cet acte biologique, est devenu une véritable affaire d'État. Excluant du même coup de l'ordre de la filiation les femmes incapables de gestation ou ménopausées, les hommes célibataires et les couples homosexuels. Établissant surtout de nouvelles hiérarchies entre les filiations : non plus les légitimes et les illégitimes, mais les « vraies », qui ont pour elles les corps, et les « fausses », qui n'ont pour elles que la volonté, comme les filiations adoptives.


    Alors que l'empire du ventre triomphe et s'impose sous les fausses évidences du droit naturel, Marcela Iacub, à partir d'un travail d'archives neuf, prend la mesure des transformations intervenues depuis 1804, propose une critique originale de ce que nous prenons pour notre modernité familiale, et ouvre des voies nouvelles à l'imagination politique dans ces domaines si intimes qu'on en oublierait qu'ils ont une histoire, et donc un avenir.

  • « Il y a quelques mois, un événement tragique a complètement transformé l'idée que je me faisais de mon passé. Depuis, je sais que la seule chose digne d'intérêt qui me soit arrivée, c'est le fait d'avoir mangé de la viande. »Marcela Iacub est directrice de recherches au CNRS, juriste et écrivain.

  • La fin du couple

    Marcela Iacub

    • Stock
    • 28 September 2016

    Le couple est-il en train de disparaître ? Le nombre de divorces, la baisse de la conjugalité, les plaintes pour violences conjugales sont les indicateurs de la fin d'une institution que nous prenons pour naturelle et éternelle, et non pas le prix à payer pour notre liberté amoureuse.
    Voilà l'hypothèse de cet essai savant et surprenant qui ne se contente pas de montrer la fin d'un monde et ses tristes lendemains de solitude mais s'efforce d'en rechercher les alternatives. Si le couple se meurt par la manière dont le sexe a été modelé par les institutions depuis deux siècles, ne devrions-nous pas le reconcevoir ? En s'appuyant sur la théorie de la philanthropie sexuelle de Charles Fourier, Marcela Iacub montre que cette activité loin de nous séparer pourrait devenir le socle d'une nouvelle sociabilité susceptible de remplacer le couple actuel et l'ensemble des liens qui nous attachent aux autres.

  • Belle et bête

    Marcela Iacub

    " Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin. Tu étais égoïste, tu étais brutal et tu n'avais aucune culture. Et j'ai été folle de toi. Non pas qu'il y ait un rapport de cause à effet entre tes défauts et les sentiments océaniques que j'ai éprouvés. C'est une curieuse coïncidence. Même au temps où ma passion était si fastueuse que j'aurais échangé mon avenir contre une heure dans tes bras je n'ai jamais cessé de te voir tel que tu étais : un porc. C'est ma compassion pour ces animaux si dénigrés qui a éveillé mon intérêt pour toi. Tu étais le grand persécuté, le bouc émissaire. Je me suis sentie obligée de prendre ta défense pour dire : "Les porcs ont le droit d'être des porcs. Une société qui met ces créatures en prison aux seuls motifs qu'ils ont des goûts propres à leur espèce n'est pas une société libre et juste ".

    Sur commande
  • Une société de violeurs ?

    Marcela Iacub

    • Fayard
    • 11 January 2012

    Ce qui s´est joué en France autour de l´affaire du  Sofitel de New York, c´est moins la vérité des accusations  contre un homme promis à la magistrature suprême que le procès de l´impunité du viol dans notre pays. Pourtant,  depuis le début des années 1980, la France est, avec  les États-Unis et la Grande-Bretagne, l´État démocratique qui réprime le plus sévèrement et le plus efficacement ce  crime. Alors, que réclament donc les mouvements féministes  concernant le droit du viol ? À travers une lecture décapante  et implacable des interprétations de l´affaire du Sofitel qu´ont  livrées ces mouvements et les médias, Marcela Iacub analyse  le contenu de ces nouvelles revendications juridiques ainsi que  les risques qu´elles font peser sur nos libertés, les rapports  entre les sexes et l´émancipation des femmes. C´est parce que  le viol est un crime particulièrement grave qu´on ne peut pas accepter qu´il soit instrumentalisé par une idéologie faisant de la  haine des hommes et de l´horreur du sexe ses principaux objectifs  politiques. Il est peut-être temps d´entendre une voix féministe  alternative pour tenter de comprendre ce qui s´est réellement joué  en France à l´occasion de cette affaire.

  • Aucun pays na pris la liberté dexpression plus au sérieux que
    les Etats-Unis. Au regard du régime dexpression européen,
    lAmérique fait figure dun eldorado où toutes les paroles paraissent
    bonnes à dire. Marcela Iacub raconte comment ce régime de liberté
    dexpression résulte dune sorte de coup dEtat institutionnel mené
    par la Cour suprême à la fin des années 1930. En se fondant sur
    lanalyse de tous les arrêts de cette dernière au XXe siècle, elle
    montre quen Amérique on ne peut pas tout dire. Certes, dans le
    domaine des opinions politiques, les Américains sont les dignes
    héritiers des Lumières. Mais tous les discours ne sont pas traités de
    la même manière. Et au sein de ce système de protection de la
    parole à plusieurs vitesses, la catégorie la plus mal lotie est
    incontestablement celle qui concerne le sexe. Exemple de
    libéralité : la Cour suprême autorise les outrages au drapeau
    national car, selon elle, cest parce quil est un symbole révéré que
    le drapeau mérite dêtre outragé. Signe de restriction : la même
    Cour interdit lusage du mot fuck à la télévision pendant les heures
    de grande écoute, car ce mot évoque de manière trop forte lacte
    sexuel. Expliquer ce paradoxe par la seule culture religieuse et
    puritaine, cest manquer un des fondements essentiels de la
    démocratie américaine. En pensant ensemble la libéralisation
    absolue de la parole politique et la restriction exacerbée de tout
    discours à caractère sexuel, Marcela Iacub propose une analyse
    totalement originale du système politique américain et montre
    comment, à travers ce cas, cest lavenir de la liberté dexpression
    dans nos sociétés qui est en jeu.


  • Un débat très actuel avec le jugement de la cour de cassation (arrêt Perruche du 17 novembre 2000) ayant reconnu le bénéfice d'une indemnisation à un enfant né handicapé à la suite d'une erreur médicale ayant privé la mère de la possibilité d'avorter ainsi que la proposition de loi du député Jean-François Mattéi (DL) hostile à toute indemnisation. Les politiques font des lectures différentes de l'arrêt Perruche : certains estiment que le préjudice indemnisé est "le fait d'être né" ce qui équivaut selon eux à un "préjudice de vie" d'autres expliquent que le préjudice indemnisé est le handicap lié à la faute ou l'erreur médicale. Les médecins et échographes quant à eux menacent de faire la grève de nombreux examens anténataux, leur prime d'assurance augmentent considérablement.

    D'où la nécessité d'une réflexion éthique argumentée sur ces questions : Marcela Iacub a écrit un texte à paraître dans "Le Monde" sur l'arrêt Perruche, texte qui reprend les arguments développés dans son ouvrage.

  • Cinquante ans après sa mort, en octobre 1967, Che Guevara demeure une figure aussi mythifiée que controversée.
    Marcela Iacub, dont la grand-mère avait un poster du Che accroché dans sa chambre, qu'elle embrassait chaque jour avant de se coucher et en se levant, a toujours été fascinée par la figure de son compatriote.
    Ni plaidoyer ni réquisitoire, son livre vise à saisir la vérité de l'homme par-delà sa légende. Saint ou demon, criminel ou bienfaiteur de l'humanité ? En se fondant tout à la fois sur ses recherches et sur son intuition, voire sur son imagination, l'auteur brosse un portrait très personnel, lucide et sensible, du dernier héros révolutionnaire. « Les comportements du Che furent si étranges du point de vue de la rationalité ordinaire, souligne-t-elle, qu'il est impossible de les comprendre sans savoir ce qu'ils ont signifié pour lui. Ce que les biographies classiques n'arrivent toujours pas à saisir... ».
    Marcela Iacub se fonde sur un fait déterminant, mais le plus souvent passé sous silence, pour décrypter la personnalité et le destin du Che : la falsification par sa mère de la date de naissance de son fils, venu au monde dans un climat familial hostile et ainsi dissocié d'une condition misérable pour être transfiguré en enfant parfait et idéal. La mère d'Ernesto le fit naître officiellement non le 14 mai mais un 14 juin, date de naissance d'un héros de la guerre d'Indépendance cubaine célébré pour sa bravoure.
    À partir de ce double à la fois angoissant et galvanisant que le Che portait en lui, elle montre comment Guevara s'est construit non en tant qu'homme mais en tant que personnage. Un personnage à « l'étrange beauté » dont « le destin, écrit-elle, était de tuer ses ennemis et d'atteindre la gloire par le martyre au nom d'une cause supérieure, la révolution, fondée sur un rêve de pureté inatteignable, qui fit de lui le héros des vaincus ».
    Marcela Iacub raconte l'itinéraire et les combats mais surtout l'invention par lui-même de celui qui nourrit très tôt le rêve d'« un destin grandiose » en se comparant à Don Quichotte. Elle analyse sans pathos ni préjugés les raisons de sa « folie meurtrière », une guerre totale pouvant seule à ses yeux permettre « la rédemption du genre humain ».
    Le sort du Che, assassin et martyr, s'apparente pour Marcela Iacub à celui des jeunes djihadistes d'aujourd'hui invoquant leur idéal pour tuer et mourir. Mais ce qui distingue le leader cubain de ces kamikazes, agissant sur ordre, c'est le refus de se soumettre au destin et la volonté de n'obéir qu'à soi jusque dans le choix de sa propre destruction finale pour « survivre dans l'esprit des autres » en incarnant la figure du sacrifié qui s'est « immolé pour la libération des peuples opprimés ».

    Sur commande
  • Transformer les espaces de vie pour susciter des nouvelles manières de nous lier les uns aux autres est un vieux rêve de la pensée politique occidentale. Souvent taxés d'utopiques, ces projets n'ont pas cessé d'être conçus et parfois réalisés. C'est à partir de l'un d'entre eux, Les Grands Voisins, la plus importante des utopies urbaines contemporaines réalisées, que nous avons réuni les textes de ce volume.
    Situé en plein Paris et conçu à l'origine comme logement d'urgence pour les sans-abri, le succès des Grands Voisins nous a incités à faire une autre histoire de ces projets utopiques, en particulier des phalanstères de Charles Fourier et des cités radieuses de Le Corbusier. Ces analyses et ces expériences nous ont permis de jeter un nouveau regard sur les façons de nous loger dans les sociétés post familiales d'aujourd'hui. Notamment sur l'essor spectaculaire de la vie en solo, la transformation la plus décisive de notre modernité.

    awaiting publication
  • Le droit, discipline aux charmes méconnus, s'avère ici un exercice extravagant et quasi fantastique, mais aussi une pratique de vérité et de critique politique. Extravagant et fantastique parce qu'il traite de figures insolites telles que le mariage des impuissants, la prohibition des rapports sexuels entre personnes handicapées mentales et valides, le fait de porter plainte pour ne pas avoir été avortée, ou encore de ces vivants que l'on déclaré cérébralement morts pour mieux les tuer.
    Ces cas limites qui concernent la sexualité, les genres et la famille mettent Marcela Iacub sur la voie de ce que l'on pourrait appeler les raisons du droit. Ils nous apprennent que le droit fait plus que légiférer sur une réalité préétablie. L'exception arrache à la règle les dehors sous lesquels elle se rend acceptable. Les cas limites démasquent les idéologies qui soutiennent le droit existant et empêchent de le transformer.
    Dans le contexte actuel de forte juridicisation des questions politiques, on a pu dire que le droit devait nous «donner des repères» - comme si nos États étaient devenus de grandes crèches gardées de manière pastorale. Cet ouvrage conteste ces discours liberticides, non pour soutenir que le droit peut tout et que l'on serait en mesure de tout recommencer, mais au contraire afin d'ouvrir pleinement, à l'aide de l'outil juridique, au vertige de la liberté finie.

  • «Marcela Iacub est devenue en quelques années l'une des plus belles énigmes du paysage intellectuel français.
    Quarante ans, une réputation de «tueuse» sexy et mystérieuse, la juriste d'origine argentine dissèque de sa plume acerbe tous les sujets de société : bioéthique, prostitution, harcèlement sexuel, homoparentalité.» Voici comment Le Nouvel observateur décrit Marcela Iacub et ses chroniques publiées dans Libération entre 2003 et 2005. Libération a voulu faire intervenir des intellectuels confirmés dans les questions de société où ils apportent un éclairage neuf, un point de vue différent et critique. Les domaines où est intervenue Marcela Iacub sont ceux qui lui sont coutumiers : la famille, la sexualité, les nouvelles techniques médicales, à quoi s'ajoutent ici la question des prisons et de la santé publique. Le but de l'auteur est à la fois d'informer et, comme elle le dit elle-même, de « détourner ». Elle balaye les concensus et relance les débats. Un vrai poil à gratter.
    Les lecteurs ont été indignés, fâchés, fascinés ou étonnés, mais jamais indifférents.

    Sur commande
  • Louise Tugènes, héroïne de cette enquête insolite, nous livre les résultats de ses investigations sur ce que l'on appelle le «nouvel ordre sexuel». Liberté sexuelle ? Elle n'en est plus tout à fait sûre quand elle constate que le quart de la population carcérale en France est poursuivie pour crime sexuel et que l'on cherche à abolir la prostitution et la pornographie... Elle interroge des féministes convaincues auprès desquelles elle passe pour un suppôt du patriarcat ; elle évoque avec une certaine admiration son amie d'enfance Angèle qui s'est prostituée pour financer ses études ; elle apprend médusée que Sabine a été violée sans s'en rendre compte, ce qui ne l'a pas empêchée de se sentir psychiquement morte...
    Une vive satire des prétendues avant-gardes sexuelles qui veulent nous libérer par plus de violence policière, et de la bêtise des «intellectuels» d'aujourd'hui qui confondent raisonnement et culture du préjugé.
    Un travail de vulgarisation original par une spécialiste qui ne manque ni d'humour ni de courage.

    Sur commande
  • Aimer tue

    Marcela Iacub

    Le premier roman de Marcela Iacub se présente comme un « faux » : le livre posthume qu'aurait laissé après sa mort le psychiatre Jean-Luc Jamet. Un faux livre mais un vrai roman, où le comique le dispute au tragique, où - à la manière de Marie-France Hirigoyen dans Le Harcèlement moral - le fameux Jean-Luc Jamet raconte huit cas clinique qui sont autant d'histoires d'amour qui finissent mal, très mal.
    Aimer tue, aimer certains individus, dangereux ou cruels, peut nous détruire et saccager notre vie amoureuse.
    Ainsi Jean-Luc Jamet se bat-il pour une société plus juste dans laquelle l'amour serait prohibé et ses victimes protégées par des lois qui feraient régner une justice arbitraire et totalitaire.
    La personnalité diabolique de Jean-Luc Jamet agit sur son lecteur et le transforme peu à peu en un pervers moral. On se surprend dès lors à surveiller les faits et les gestes de chacun, de chaque proie, de chaque bourreau.
    Qui aime perd, nous dit ce livre, qui nous révèle au passage autant de leçons que de conseils pour éviter de sombrer dans l'amour absolu. Ou, bien pire au contraire, et c'est la force étrange et maléfique de ce texte, pour accepter de sombrer, si tel est notre désir amoureux.

  • « Ce recueil de chroniques publiées dans Libération a été constitué en fonction de deux critères.
    Le premier est celui de leur espérance de vie. Certains papiers que l'on publie dans les journaux sont des réponses à des événements qui ont une vie aussi longue que celle des papillons. D'autres, en revanche, ont une vocation à durer parce que l'actualité est juste une occasion pour faire émerger des pensées qui sont comme des explorations d'idées ou de théories à venir. Des idées et des théories qui auront peut-être un jour la puissance de modifier le cours de nos existences. De devenir de la Politique.
    Le deuxième critère tient à l'organisation interne de ce recueil. J'ai abandonné l'ordre chronologique pour en épouser un autre : celui des activités vitales auxquelles nous nous adonnons : jouir, obéir, aimer, haïr, etc. Ces activités qui ont l'air d'être évidentes et banales, et que j'ai essayé ici de rendre mystérieuses, complexes, fascinantes ou atroces. J'ai commencé par les activités les plus élémentaires et les plus abstraites comme exister, jouir, obéir pour aller vers d'autres qui sont plus pratiques et moins métaphysiques comme par exemple féminiser le pouvoir ou gouverner. Or, elles peuvent être lues dans n'importe quel ordre. D'autant que ces chroniques sont un appel contre l'attachement servile que nous éprouvons, contre toute forme d'ordre - y compris celui qui surgit de la pagination d'un livre. »

    Sur commande
  • M le mari

    Marcela Iacub

    Elle est belle, intelligente, et dès son premier livre remporte un vif succès. D'autres vont suivre. Elle a presque 40 ans, un mari qu'elle aime et qui la vénère. Pourtant, ce bonheur, qui a duré dix ans, sombre bientôt d'une manière effroyable. Son époux, universitaire comme elle mais sans génie, lui lance de furtifs regards de haine.
    Parallèlement, on découvre qu'un tueur en série sévit dans leur quartier. Pour sortir de son désarroi, et parce qu'elle n'a pas l'esprit à écrire, ce qui ajoute à sa détresse, elle se met à étudier le comportement mystérieux de cet assassin introuvable. Ses amis se moquent un peu de cette marotte, mais un journaliste spécialiste de faits divers, apparemment fasciné par sa culture et sa lucidité redoutable, l'engage à peaufiner son profilage, et elle le fait.
    Elle n'aurait pas dû.

    Une plongée au coeur de la psyché d'une femme bouleversée par son couple qui s'effrite, refusant une réalité qui lui échappe, et que le déni va mettre en péril.
     

  • Oedipe reine

    Marcela Iacub

    Réussir sa vengeance n'est pas à la portée de tout le monde, pense Juliette. Il faut l'intelligence d'un savant, la précision d'un archer, la patience d'une taupe. Car, pour se venger, il faut que l'offensé mette l'offenseur à sa place. C'est ainsi que Juliette tentera de se venger de Samuel, son ancien amant. Elle se servira de tout son savoir théorique et pratique en matière de sexe pour que Samuel, qui est un abuseur de femmes, soit abusé à son tour de la même manière. Cette volonté froide, cette démarche rationnelle et analytique donnera lieu à l'intrigue la plus horrible, la plus dérangeante, la plus immorale. Et ce non seulement parce que Juliette, pour être fidèle à son plan, va outrager les piliers les plus sûrs de notre culture sexuelle, mais aussi et peut-être surtout parce que ce personnage, loin d'être une folle, une criminelle, une Autre est une femme dont les raisonnements, la sensibilité, les émotions et même les expériences sont étrangement très proches des nôtres.
    À la différence d'autres récits sulfureux célèbres comme ceux de Sade, celui-ci va faire peur, va exciter, va ravager parce qu'il raconte une histoire que chacun d'entre nous pourrait désirer vivre aussi bien en prenant la place de Juliette que celle de sa malheureuse victime.

    Sur commande
empty